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dimanche 21 septembre 2014

La dissidence danse

Trois, quatre!

Etienne Chouard est passé chez Taddéi, il y a deux semaines. 4 minutes durant, il a pu faire passer son message, avant d'être assailli par Attali et sa panoplie magique de stratagèmes issus de L'Art d'avoir toujours raison de Schopenhauer. Ritournelle connue.



François Asselineau est passé chez Ruquier, hier soir. 40 minutes durant, il a du faire face aux aboiements des deux chiens de garde Caron et Salamé. Il s'en est plutôt pas mal sorti, médusant notamment un Caron avec les articles 4 et 5 de la Constitution ; et stupéfiant le duo au sujet de l'Etat Islamique financé par l'Occident.



Ces deux passages médiatiques posent la question de la dissidence et de sa stratégie. La dissidence? 

Regroupons-nous : ce sont tous ceux et toutes celles qui veulent sortir de l'euro, de l'UE, de l'OTAN. Une telle rupture avec le système économique et politique justifie le terme "dissidence". Pourtant, Salamé a raison, nous sommes certainement un bon 30% de la population.

Divisons-nous : que de clochers! c'est l'armée mexicaine... les communistes du PRCF, les identitaires de chez Ayoub, les partisans du tirage au sort, des monarchistes, les soraliens, les dieudonnistes, les anciens d'ATTAC avec Nikonoff, les positivistes de Cheminade, etc.

Irréconciliables et parfaitement antagonistes. Si parler de la dissidence est possible, c'est uniquement au regard de l'objectif premier de sortie de l'UE et de l'OTAN. Certains espèrent une mise entre parenthèse des divergences secondaires le temps d'écrire cette première page. C'est grosso modo la ligne de l'UPR, mais, plus encore, celle du rêve de Sylvain Baron.

Prendre le pouvoir est-il possible? Je ne le crois pas. Ou alors, qu'on me montre une révolution ayant fonctionné, ou une argumentation pertinente démontrant qu'elle serait possible. En 1789, les banquiers ont distribué les fusils à la petite plèbe pour chasser la vieille aristocratie du pouvoir et y placer la bourgeoisie. Le peuple a été manipulé puis domestiqué, et s'est formé le fameux "centre-gauche", c'est-à-dire la défense des grands intérêts costumée en Parti Républicain. Nous n'en sommes pas sortis. Henri Guillemin résume la situation 1789-2014 en quelques minutes :


La mafia UMPS décortiquée dès 1970 par Henri... par olivier-frisky

Toujours est-il que nous pouvons défendre nos idées. Comment s'y prendre? Nous connaissons les embûches et les peaux de banane déposées par le Pouvoir. Les stratégies divergent pour les éviter.

Face au déferlement d'anathèmes et au Grand Moulinet de la culpabilité par association, je pense que la ligne défendue par un Jean Bricmont ou un Etienne Chouard est la plus pertinente. Nous n'avons pas à nous défendre d'accusations grotesques. Asselineau est accusé d'être allé discuter chez Serge Ayoub... où est le problème? Chouard est accusé d'avoir relayé du Soral... où est le problème? En quoi ces deux faits nous imposent-ils de nous justifier de ne pas être antisémite? Ça n'a strictement aucun sens.

Il me semble essentiel de ne pas entrer dans le jeu de la justification ("si c'était à refaire, je le referais pas", "nous ne sommes pas antisémites", "je suis allé aussi au PRCF"). D'une part parce que ce ne sera jamais assez rampant pour nos chiens de garde. D'autre part parce que c'est le Verrou à faire sauter, cette politique transparente au point d'être dénudée de l'antiracisme, chevauchée par la gauche depuis qu'elle ne peut plus parler du fond et de transformation de la société. Il leur reste la moraline, et dans ce cadre, toute oreille qui dépasse est à ramener d'une façon ou d'une autre aux "heures les plus sombres de notre histoire". D'où le déferlement de Salamé et Caron à l'encontre d'Asselineau : extrême-droite, gourou, Soral, Ayoub, antisémitisme, "regrettez-vous? regrettez-vous?" , antiaméricanisme primaire, nationaliste (oh mon Dieu!), etc. D'où le matraquage d'Attali et des antifas contre Etienne Chouard.

C'est à mon avis d'autant plus important de tenir bon que le temps nous donne raison. On voit maintenant Valls et Marine le Pen la main dans la main (avec Salamé et Caron pour les soutenir) pour justifier le "déluge de feu" sur les peuples arabes au prétexte que parmi eux il y a d'affreux zozos (formés, financés et armés par l'Occident). Nous sommes intouchables sur la question du fascisme/racisme/etc. Ce sont eux, les chiens de garde, qui ont un problème avec ça. Donc : nous ne devons pas accepter d'entrer dans leur petit jeu de justification, mais établir et démontrer leur imposture.

Je conçois que cette entreprise entre en collision avec la volonté de convaincre le plus grand nombre de spectateurs. Le discours à tenir paraîtra moins consensuel et plus "sulfureux" à court terme. Mais je crois qu'au bout du chemin, ceux qui tiennent la ligne sont reconnus comme tels.

Ils nous accusent, toutes dents dehors, d'inciter à la Haine. Comme le disait Rûmî, ils ont de leur miroir enlevé la poussière. Au contraire, nous avons pour nous l'humour, l'esprit critique, et l'ouverture d'esprit, mais aussi le sang-froid et la sérénité.

Au temps jadis, on poursuivait, traquait, persécutait les hérétiques, les sorcières. D'après nos amis voltairiens laïques et démocrates, cet obscurantisme inquisitorial était très vilain. Cela ne les empêche nullement aujourd'hui, d'avoir pris la place des anciens curés, et de traquer la bête immonde un peu partout, et surtout là où elle n'a aucune chance de se cacher d'ailleurs. Le vocabulaire seul a changé, les anathèmes sont désormais : fascisme, racisme, antisémitisme, conspirationnisme, négationnisme.

De telles accusations ne peuvent salir que ceux qui les portent inconsidérément. Nous, nous avons appris à écouter et échanger avec tout le monde, y compris et surtout celles et ceux qui ne pensent pas comme nous, puisque c'est le meilleur moyen de les convaincre et/ou de tester la pertinence de nos arguments et remédier le cas échéant à leurs lacunes. Gandhi, le Mahatma, a cherché le dialogue avec Hitler. Que je sache, il n'a pas été contaminé le moins du monde par l'idéologie du Führer. L'immense travail sur soi, la satyagraha, qu'il a fait des décennies durant, avec confiance, sérénité et détermination, est un exemple. Je regarde régulièrement des vidéos d'Alain Soral, et curieusement, je n'ai jamais eu envie de prendre une batte de base-ball pour aller taper du juif dans la rue. Je regarde aussi, d'ailleurs, des vidéos de BHL, et je n'ai jamais eu envie d'acquérir des drones pour pouvoir massacrer des arabes (en les aimant). Allons jusqu'au Grand Satan : il est possible de regarder des vidéos de Robert Faurisson, et de ne pas se mettre à fabriquer des chambres à gaz qui n'auraient pas existé pour y enfourner les survivants. La sérénité et le discernement, nous avons appris à nous en servir.

Les dissidents sont révisionnistes par nature. On leur dit : "c'est comme ça!" et ils répondent : "heu? t'es sûr? on va vérifier!". C'est ce que fait tout scientifique, tout historien, tout esprit critique, tous les jours. C'est ce que tous les Pouvoirs ont persécuté (puisque ça s'attaque à leurs fondements également). Ce n'est pas parce qu'ils sont persécutés, les dissidents, qu'ils ont raison. Cela aussi, nous l'avons appris, et nous appliquons donc notre révisionnisme à nous-mêmes, nous vérifions les idées les uns des autres et vice versa. Mais, c'est parce qu'ils sont persécuteurs inquisitoriaux, les cléricaux de tous les Temps, qu'ils ont tort. C'est cela que nous devons faire comprendre pour nous défaire définitivement de l'emprise médiatique. Ce n'est pas gagné!

lundi 1 septembre 2014

Le Grand Condé est enfoncé! La Fronde gronde, la Révolution en marche

"Etre chrétien est d’autant plus criminel que l’on se rapproche le plus de la science". Suspension... Trois points. Retenez-bien ça. Vous en tirerez les conclusions.

Le Parti dit Socialiste ne mérite donc aucune indulgence, on n'est pas loin du criminel des criminels. Et pourtant! Manuel el Blanco Valls, c'est marqué dessus, la traîtrise multiséculaire du centre-gauche. Mais il y a pire. Il y a des socialistes qui représentent l'aile "gauche" du Parti, et qui sont très très énervés, vous n'imaginez pas, contre la politique de droite extrême qui est menée. On a vu à l'époque le Filoche, on l'aime bien GéGé, filer un bien mauvais coton, et quasiment pleurer à la TV, trahi qu'il était par l'Affaire Cahuzac. 

Les "Frondeurs". Ce soir, un moment d'anthologie dans le JT de David Laisse d'Or du Siècle Pujadas. Le présentateur, complotiste, nous promet la Vérité, cachée, sur les Frondeurs. Le ConSpectateur se régale d'avance et se lèche les babines. Et alors, il fallait voir ça!

Six "Frondeurs" discutent de la stratégie à adopter lors du discours de Manuel El Blanco de Rothschild Valls. Siffler? Vous n'y pensez pas!
- "On peut ne pas applaudir..."
- "Voilà."


Ouch! Hasta Siempre Camarades! La Révolution est en marche, le Socialisme, le Grand Soir! Face à ces Tornades, qu'ils paraissent pâles les Robespierre, Gandhi, Sankara, Lénine, Louise Michel, etc. 

Et alors question Fronde, ça se pose. Le Grand Condé est enfoncé! Cheval avec. Rayé du Dico! Fernand Nathan réécrit ses livres de propagande. La Fronde restera un épisode de l'Histoire de France, ayant eu lieu à la Rochelle, août 2014. 

C'est une bonne nouvelle. Presque un Évangile qui vient d'être donné à l'Humanité. Le Vent de l'Histoire souffle plus fort que jamais. Les cornes de Satan tombent des bœufs capitalistes comme jamais. 

Je l'avoue, j'étais un peu pessimiste ces temps-ci : 



Seule satisfaction, secondaire : nous qui n'avons pas baissé les yeux devant les insultes ("fascisme", "racisme" etc.), voir aujourd'hui Manuel El Blanco Valls et Marine Le Pen la main dans la main pour les proférer ces insultes, sur fond de "déluge de feu" sur tout ce qui n'est pas assez occidental pour eux. C'est l'heure de notre petit lait, et ça ne fait que commencer. Un peu maigre...

Mais je bats ma coulpe aujourd'hui. Vivent les "Frondeurs"!

samedi 28 décembre 2013

Les censeurs de Dieudonné vers la solution finale

Michel, le Sapin de Noël, vient de confirmer l'inversion de la courbe du chômage, décrétant dans la foulée la nouvelle organisation des saisons (hiver, été, automne, printemps) et la nouvelle température d'ébullition de l'eau (2°C, pour économiser l'énergie, mais le syndicat des fils et filles de skieurs s'inquiète). Un autre peut aussi bien cacher un humoriste.

On ne s'amusera pas plus de cette énième bouffonnerie solférienne, parce qu'un autre occupe toute l'attention de ces mêmes zigotos qui nous gouvernent : Dieudonné. En effet, Dieudonné ne fait plus rire personne depuis 2003, et c'est un grave problème pour la France. Hier, Manuel Valls a déclenché l'opération Solution Finale. Récapitulons pour ne pas capituler.


Dieudonné est aujourd'hui accusé d'être antisémite et tout simplement nazi. Va falloir y aller point par point.


Antisémitisme?

Les "débats" sur Dieudonné sont monnaie courante. Dorénavant, je n'y participe qu'à deux conditions :
1/ que les contradicteurs admettent que le Verdict puisse être contesté
2/ que le terme "antisémitisme" soit défini

La première conséquence de ces exigences est que cela m'évite de m'épuiser dans des myriades de discussions, la plupart des contradicteurs décrétant détenir la Vérité descendue sur Terre qu'on ne saurait remettre en cause (à moins d'être détraqué psychologiquement et/ou nazi soi-même) et se posent ainsi en défenseurs de la Raison (humaniste, démocrate, tolérante, Voltaire quoi), ce qui ne les empêche absolument pas, en revanche, de trouver logique de débattre sans en avoir défini les termes, puisqu'ils refusent tout aussi fréquemment de définir "antisémitisme". Résumé : on doit déclarer Dieudonné antisémite, mais on ne doit pas dire ce que signifie "antisémite". Curieux.

Pour moi, un antisémite serait quelqu'un qui prête des "qualités" à un groupe nommé "Les Juifs" et qui attribue ces qualités à tous les membres qui (d'après lui) composent ce groupe. [Petit aparté : je ne reviens pas sur le choix malheureux du mot désignant les peuples sémites, ça alourdirait encore le billet pour pas grand chose.] C'est peut-être curieux mais c'est ainsi, je définis l'antisémitisme comme un racisme anti-Juifs. Dès lors, je ne vois pas bien l'utilité d'avoir un mot spécifique qui contribue selon moi à la prospérité du racisme anti-Juifs. On nous dit : les clichés anti-Juifs sont différents des clichés anti-Arabes. Oui, mais les clichés anti-Roumains sont différents des clichés anti-Noirs, etc. A partir du moment où on entretient une spécificité, on alimente les spéculations sur cette spécificité. Bref.

Bref, ce qui serait condamnable à mes yeux, serait effectivement de prêter des "qualités" (positives ou négatives) à un groupe (humain, ou non, d'ailleurs) et d'attribuer ces "qualités" à tous les membres de ce dit-groupe. Ça, ça n'a aucun sens. C'est contraire à toute idée d'autonomie, et sans même avoir à évoquer les-heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire, ça révolte l'esprit, en tout cas le mien. Quand je dis : "condamnable", j'entends : "intellectuellement". Il ne me viendrait pas à l'esprit-encore-lui, de poursuivre en justice un raciste. Ce serait aussi contraire à toute idée d'autonomie, et une stratégie de faiblesse assez lamentable. 

Exemple : la banane de Taubira. Une telle insulte est particulièrement infantile, et a d'ailleurs été proférée par une enfant. Elle provoquerait des larmes dans une cour de maternelle. Mais, quand on est adulte, structuré, fort, et qui plus est ministre de la République, on peut avoir une réaction plus digne et plus forte, me semble-t-il. Thérèse de Lisieux : "cette multitude d'offenses ne sont qu'une goutte d'eau dans un brasier ardent." Non ? Si. Pas besoin d'un sursaut Rrrrrépublicain.


Dieudonné est-il raciste?

Répondons à la question. Dieudonné est un métisse, un pied sur deux continents, et il se pense comme un pont (cf. le préambule à La gauche vent debout?). Depuis toujours, il ridiculise les frontières arbitraires et absurdes (couleur de peau, religion, nationalité, etc.) que les homo sapiens dressent entre eux. Pour lui, ça n'a pas de sens, il le dit, il le répète. C'est à ce titre qu'il s'engage alors politiquement contre le Front National. Dieudonné incarne l'anti-racisme. Preuves :



Spectacle Mes excuses : "Avec toutes ces conneries de communautarisme... chacun chez soi ça va être n'importe quoi... ça n'a aucun sens les Blancs les Noirs les Jaunes les Tachetés... mais quand tu t'attaques au communautarisme, t'as toutes les communautés sur le dos, moi je veux pas finir comme un Apache".




Spectacle Dépôt de Bilan : "toutes ces différences, toutes ces frontières, qui nous ont mené à... rien, rien, rien du tout".




Spectacle 1905 : la différence entre le Chinois et le Vietnamien, à ne pas manquer.




Chanson Palestine : chanson métisse déracinée cosmopolite (Nougaro, jazz, tziganes, etc.) aux multiples influences, l'oeuvre d'une pensée raciste? allons!...


En dernier ressort, tout est contenu dans l'apostrophe à un Chinois dans son public (spectacle 1905) : "T'es Chinois? mais pour quoi faire?". Ce n'est pas un extrait pris au hasard, c'est toute son oeuvre qui est parsemée de cette lutte contre le communautarisme = racisme.

Au début de ses ennuis, quand il était encore parfois invité sur des plateaux pour s'expliquer, il n'a pu que répéter inlassablement que, pour lui, "les Noirs", "les Juifs", etc. ça n'existe pas.





Hélas ! pour lui, il y a l'anti-racisme et >> l'anti-racisme <<. Et ça n'a rien à voir, c'est même le contraire. Jean Baudrillard l'avait fait remarquer : il y a SOS Baleines qui veut sauver les baleines, et il y a SOS Racisme qui veut sauver le racisme.


Mais alors, quel est son crime ? 

"Il a une obsession sur les Juifs". Alors, il va falloir faire un petit peu de chronologie. Pourquoi ? Il y a quelques jours, la LICRA a annoncé qu'elle poursuivrait en justice Pierre Desproges en 2013 si son sketch sur Les Juifs sortait maintenant. C'est ce qu'elle a fait avec Dieudonné en 2003.

Là, certains se sentent un peu coincés, obligés de se démarquer des censeurs. On nous fait alors remarquer que Desproges c'est pas Dieudonné :
- Desproges était insoupçonnable
- Desproges n'a fait qu'un sketch sur cette question, et n'y est pas devenu obsessionnel

Ces deux objections ne tiennent pas.

1/ Desproges était en effet insoupçonnable, ça ne l'a pas empêché d'être soupçonné à l'époque (il se défendit des accusations d'antisémitisme en s'excusant auprès des anciens nazis de se moquer d'eux aussi peu charitablement), et ça n'empêche pas la LICRA aujourd'hui de faire ces déclarations. De plus, il faudrait expliquer en quoi Dieudonné, métisse franco-camerounais issu du duo avec Elie Semoun et militant anti-FN était soupçonnable d'être antisémite et néo-nazi en 2003. Ce n'est jamais fait, car c'est évidemment absurde. D'ailleurs, dans le sketch qui l'a fait tomber, ce qui a posé problème est le "Isra-Heil". Dieudonné assimilait Israel au nazisme. Dieudonné manifestait-il son amour du nazisme ? Ridicule.

2/ Desproges a fait un sketch sur la question, en expliquant que la Shoah était pour lui une horreur absolument incompréhensible ; et qu'il était par ailleurs agacé de la prétention de certains Juifs à détenir les clés de l'humour. Si, à l'époque, la LICRA l'avait traîné dans la boue et poursuivi en justice comme elle l'a fait pour Dieudonné, je ne pense pas que Desproges aurait dit : "ah oui, pardon, vous avez raison". C'est la censure qui fait réagir Dieudonné. Dieudonné a fait des sketchs sur tous les communautarismes, tous. Juste un exemple, dans "J'ai fait l'con", il dit : "je dois être chrétien, je m'appelle Dieudonné, qu'est-ce que je peux faire de plus? me faire enc**** par un curé?". Personne n'a essayé de faire censurer Dieudonné pour racisme anti-chrétien. Pas plus que pour racisme anti-musulman après La fine équipe du 11. Et caetera.

Non, ça n'a réagi que sur une question bien précise, et qui n'est pas le racisme anti-Juifs. Ce qui était inacceptable dans son sketch chez Fogiel, ce n'est pas de l'antisémitisme (il n'y en avait pas la moindre trace), c'était cette assimilation d’Israël au nazisme. Le sketch de Desproges joue avec les clichés antisémites, et on comprendrait presque que certains aient peur que ce soit pris au premier degré. Celui de Dieudonné n'est pas du tout sur ce terrain-là, il était clairement lié à une situation géopolitique. Ce qu'il dénonçait, c'était la politique d’Israël, et il voulait questionner Jamel Debbouze présent lors de l'émission, sur cette question.

Quelques mois auparavant, Edgar Morin avait commis le même "crime". Dans une tribune publiée dans Le Monde avec Sami Naïr et Danielle Sallenave, il écrivait :
" Les juifs d'Israël, descendants des victimes d'un apartheid nommé ghetto, ghettoïsent les Palestiniens. Les juifs qui furent humiliés, méprisés, persécutés, humilient, méprisent, persécutent les Palestiniens. Les juifs qui furent victimes d'un ordre impitoyable imposent leur ordre impitoyable aux Palestiniens. Les juifs victimes de l'inhumanité montrent une terrible inhumanité. Les juifs, boucs émissaires de tous les maux, "bouc-émissarisent" Arafat et l'Autorité palestinienne, rendus responsables d'attentats qu'on les empêche d'empêcher." 
Edgar Morin a été poursuivi pour incitation à la haine raciale. On a voulu le faire passer pour un Juif ayant la haine de soi, un antisémite. Pour une inquiétude inspirée de Victor Hugo ("opprimés hier, oppresseurs demain"). Que ça ne fasse pas plaisir aux oppresseurs qu'on le dise, on le comprend ; qu'on conteste cette analogie, c'est tout à fait légitime ; mais traîner dans la boue et censurer...

Dieudonné a donc fait la même chose que Morin. Dans les deux cas, il est absurde de parler d'incitation à la haine raciale, puisque ce qui est dénoncé est précisément que les victimes de la haine raciale en deviennent les vecteurs. Edgar Morin a répondu par un très bon livre (Le monde moderne et la question juive), Dieudonné avec ses armes à lui (des provocations de plus en plus provocantes). Mais, Morin, ce n'était pas très dangereux, il touchait les milieux de la sociologie de gauche, bon. Dieudonné, lui, et en interpellant Jamel... c'est autre chose. La Grande Peur, c'est les banlieues.


Le nouvel antisémitisme?

C'est là que nos sursauteurs républicains doivent changer leur fusil d'épaule. Le problème, ce n'est pas l'antisémitisme vieille France, ça c'est terminé. Non, le problème c'est l'antisémitisme nouveau, celui des banlieues où les "muslims" s'énervent contre les "feujs" qui tuent leurs frères en Palestine.

Je trouve plus que légitime qu'ils s'énervent. Je suis moi-même assez énervé (et quand je suis énervé, ça fait mal). Seulement, il y a une différence entre s'énerver contre la politique israélienne (ce qui est parfaitement légitime) et l'attribuer à tous les Juifs (ce qui n'a pas de sens). Les sursauteurs républicains nous expliquent volontiers que dans les banlieues, on n'a pas cette subtilité. Et c'est vrai, mais ni plus ni moins qu'ailleurs. Les banlieues ne sont pas peuplées d'abrutis quand les centre-villes eux seraient le repaire du raffinement et de l'intelligence. Mais il est vrai que, un peu partout, les amalgames sont faits. Cependant! il est essentiel de rappeler certains points :

1/ le CRIF, la LICRA, toutes les associations communautaires s'ingénient à assimiler sionisme et même défense inconditionnelle de la politique israélienne (même d'extrême-droite comme actuellement) et judaïsme

2/ les mêmes traitent systématiquement de "traîtres à la patrie" et d'antisémites tout Juif critique. Edgar Morin, donc, Rony Brauman, Schlomo Sand, Noam Chomsky, Jacob Cohen, Gilad Atzmon, etc. la liste est très longue des "juifs ayant la haine de soi"

3/ les mêmes encore, représentant une infime minorité de la population juive de France prétendent représenter toute la population juive de France

= > Alors, on fait tout pour que les gens fassent l'amalgame. Pire! on le fait soi-même, ce sont eux qui font la Grande Confusion. Il est absurde et hypocrite de reprocher quelque chose à quelqu'un quand on le fait soi-même. Ces associations, relayées par les médias qui ne bronchent jamais, font l'amalgame. Emmanuel Chain dans la vidéo plus haut le dit : pour lui, il est évident que s'en prendre à un colon israélien extrémiste, c'est s'en prendre aux Juifs en général. N'importe quoi !

De la même façon, si, dès qu'un Mélenchon tape sur la "finance internationale", on a 15 jours de sursaut républicain dans les médias contre l'antisémitisme nauséabond de la gauche de la gauche, quel est le message envoyé ? "finance internationale = judaïsme". Qui fait l'amalgame ? Faut pas le reprocher aux autres, ensuite.


Le chantage à l'antisémitisme

Le voilà donc le crime de Dieudonné, s'être attaqué à la politique israélienne. Pour cela, il a été évincé des médias, empêché de travailler, traîné dans la boue, harcelé judiciairement (une vingtaine de procès avant d'enfin réussir à le faire condamner), agressé avec ses enfants, son public aussi a été agressé. Il a eu le courage ou l'inconscience de répondre à ça par des provocations humoristiques. Fait rarissime.

Que Shoah nanas choque, ça peut se comprendre. Mais il s'agit d'une réponse à ceux qui essayent de le tenir par la Shoah. Il y a eu la Shoah donc, on ne critiquera pas Israël. Ah bon ? Dieudonné les tient par l'ananas. Sa résistance par le rire est très étonnante.


Jean Bricmont : de la gauche morale par clap36

Dix ans durant, le système aura tout essayé. Et nous, spectateurs, nous avons pu observer comment il fonctionne. Quelques exemples :

- France 2 affirme dans Complément d'enquête que Dieudonné a comparé Taubira a Cheetah. Grotesque. Dans l'extrait volé du spectacle Le mur, il dit que Hollande se sert de Taubira comme de Cheetah. Ca fait une petite différence, non ?
- Les journalistes ne cessent de parler de l'obsession antisémite de Dieudonné et de Soral. On a le cas exceptionnel de ce journaliste de BFMTV qui ne va chercher Alain Soral que pour lui parler d'antisémitisme, qui lui pose pendant 38 minutes des questions sur ce thème et qui finit en disant : "vous n'avez parlé que de ça!" Exceptionnelle bouffonnerie. Dieudonné parle de tout depuis 10 ans, mais les médias ne reprennent que ce qui touche à cette question. Qui est obsédé ? L'islam, le christianisme, Chavez, l'écologie, le féminisme, l'école, la laïcité, la gay pride, l'Afrique, etc. jamais un journaliste n'est venu parler de ces questions à Dieudonné, c'est dans ses spectacles, pourtant.
- Le Président de la LICRA décide que la quenelle, geste pratiqué depuis 10 ans par Dieudonné et ses fans, en toutes circonstances (bras d'honneur), est un "salut nazi inversé". Depuis, la presse parle de la quenelle, et pas un article n'oublie de préciser que ce geste est "souvent comparé à un salut nazi inversé". Pas un journaliste pour mettre en doute, pour réfléchir, pour questionner. Sur 9000 photos, on en trouve un paquet lié au judaïsme, et ça valide!
- bon, etc.


La Solution Finale

Ainsi, Manuel Valls veut en finir. Je sais bien qu'on me reprochera de parler de Solution Finale et de faire passer Valls et Cukierman pour des nazis. Je le fais parce que c'est cette analogie qui a fait tomber Dieudonné... D'un côté, elle n'était pas pertinente, et il est amusant que ce point Godwin initial, utilisé par Dieudonné, ait été renversé au point d'être désormais utilisé par ses adversaires contre lui. Y en a marre d'utiliser Hitler à tout bout de champ. Personne n'a Hitler en face de lui, aujourd'hui. D'un autre côté ? cf. Edgar Morin.

Valls veut faire interdire les spectacles de Dieudonné. Cukierman est content parce que, si on le laissait faire, "on pourrait craindre des violences". Les seules violences constatées à ce jour ont toutes été le fait  de la LDJ. Mais, Valls et Cukierman ne sont certainement pas au courant. La LDJ, ces joyeux drilles qui mènent des "expéditions punitives" et les revendiquent, contre les quenelliers, contre "les juifs ayant la haine de soi", etc. Eux, en effet, portent de la haine et de la violence. Jacob Cohen a été à deux reprises agressé par ces zozos, mais ça n'a pas ému grand monde dans le cirque médiatico-politique. Jonathan Moadab a vu sa voiture exploser, tout simplement... mais malheureusement pour lui, c'est pas des bougnoules ou des nègres, enfin des barbares quoi, qui ont fait le coup, donc tout le monde s'en fout. Pourtant, ça devrait plaire aux médias, ils pourraient en faire des tonnes sur les catégories : un journaliste! indépendant! juif! victime! mon dieu tout y est... mais non. Add. 21h48 : Et Jacky Sigaux, régisseur lumière et son de Dieudonné, rejoint la liste des "haine-de-soi" agressés.

Il manque une base juridique à cette Solution Finale. Arno Klarsfeld y est allé de sa proposition. Depuis 10 ans, rien n'y a fait, Dieudo a gardé et augmenté son public, et celui-ci, boîte de crayons de couleurs, n'a jamais manifesté la moindre violence. Il faut pourtant absolument qualifier le trouble à l'ordre public. Notre ami Arno propose donc d'aller provoquer un trouble à l'ordre public, tout simplement. C'est de la folie furieuse.

Espérons que les fans de Dieudonné soient tous aussi forts que lui. La réponse : paix, humour et chansons. "C'est Dieudonné! c'est pour le spectacle...".




Add. 15h23

L'article est déjà long, mais j'y ajoute deux petits paragraphes, et je vous présente toutes mes confuses.


La culpabilité par association

Je suis bien obligé d'en parler, puisque c'est l'argument principal des censeurs. Dieudonné est antisémite parce qu'il est entouré d'antisémites. Il est antisémite parce qu'il est proche de Soral. D'ailleurs, Soral est antisémite parce qu'il a défendu Dieudonné. C'est pratique, ça marche dans les deux sens. Dieudonné était sur la liste antisioniste en 2004 avec l'argent des Iraniens, et sur cette liste il y avait des gens très très méchants. D'ailleurs, les Iraniens veulent la bombe atomique pour rayer Israël de la carte. Tiens, on retrouve là une manipulation médiatico-politique très amusante : Ahmadinejad n'a jamais dit qu'il voulait rayer Israël de la carte. Mais passons. La culpabilité de Dieudonné est prouvée par celle de ses relations. C'est aussi ce que dénonçait Schopenhauer dans L'art d'avoir toujours raison : principe de l'association dégradante. Dieudonné a-t-il dans ses relations des gens qui ne sont pas racistes ? Les plus obtus censeurs admettront que oui. Dès lors, Dieudonné serait-il coupable de ne pas être raciste, parce que son cousin n'est pas raciste, pas plus que l'oncle de son meilleur ami ? Non, ça ne marche pas comme ça ? Seul le racisme peut déteindre sur les amis ? pas l'anti-racisme. Ou alors, faut-il compter ? Parmi ses 300 amis, y a-t-il plus de 150 racistes pour constituer la preuve du racisme de Dieudonné ? Tout cela n'est pas très sérieux.

Autre pièce au dossier. L'amitié, oui l'amitié... de Dieudonné avec Robert Faurisson. On lit, là encore, beaucoup... j'allais dire d'âneries mais j'ai trop de respect pour Balthazar... de stupidités à ce sujet. Faurisson ? Je croyais, moi, naïvement, que le type tenait un discours religieux impossible à contredire. Vous savez du genre : Dieu existe. Va prouver le contraire! Mais va prouver, aussi, que Dieu existe... Bref, c'est un énoncé irréfutable, il est impossible d'en vérifier la véracité. Je pensais donc que Faurisson tenait ce genre de discours sur les chambres à gaz, et que cela expliquait que les honnêtes gens ne veuillent pas qu'on en parle, de peur de lui amener des adeptes. Or, il n'en est rien. Faurisson a un discours tout à fait rationnel et argumenté, qu'il est donc très facile de contredire pour qui a travaillé la période, en y amenant faits et documents historiques et scientifiques. Rien qui ne mérite censure, ostracisme, diabolisation, et encore moins de le frapper, le laisser pour mort dans un fossé, etc. L'histoire devrait suffire à éteindre le feu. Mais non... c'est l'Infréquentable. Dieudonné lui a donc remis, et c'est logique, le Prix de l'Infréquentabilité. Sur les chambres à gaz, on veut les avis des historiens, mais celui des juges et des associations, on s'en fout. Et j'enfonce le clou, en m'étonnant encore une fois de voir les prétendus démocrates défenseur de la Raison condamner le révisionnisme en tant que révisionnisme. L'histoire et la science sont, par définition, j'insiste, par définition, révisionnistes. On ne peut avancer dans nos connaissances qu'en révisant celles anciennement établies. Je pensais que le révisionnisme ne gênait que les staliniens et les tenants de toutes les "lignes officielles" de chaque époque. Il n'y a pas de ligne officielle qui tienne. Quand il y en a une, on est plus proche de l'Hystoire que de l'histoire.


Le cordon sanitaire

Corollaire : il faut, pour les honnêtes gens, établir un cordon sanitaire. Dieudonné n'en est à ce titre qu'une cible parmi d'autres. Etienne Chouard, par exemple, est frappé de la même façon, martyrisé par les "antifas" et brocardé par le Front de Gauche. Etienne Chouard, LE démocrate, coupable de penser qu'on peut discuter avec tout le monde. Personne n'a mieux que lui porté la réflexion institutionnelle et citoyenne depuis des lustres, mais à gauche, et même à gauche de la gauche, comme on dit, on s'offusque de discuter avec Etienne Chouard parce que sur son site, parmi des milliers de références, il y a un lien vers le site d'Alain Soral, et un commentaire d'un bouquin d'un type "antisémite". Toujours le Front de Gauche : Alexis Corbière a mené un vrai procès en sorcellerie à Jacques Sapir, soupçonné d'avoir déjeuné avec Marine Le Pen, un jour. Pour le Front de Gauche : Chouard, non ; Sapir, non. Et Lordon ? certainement non, encore. Cordon sanitaire ! Hygiénisme ! On leur rappelle les ascendances et descendances du courant hygiéniste où ce serait encore un violent point Godwin ? Les bouffons ! Je vous l'annonce pour finir, le prochain livre d'Alexis Corbière, préfacé par Mélenchon : "Gandhi, une vie fasciste". Hé ! oui, Gandhi a écrit une lettre à Hitler, en la débutant par "Cher ami,"... Cordon sanitaire ! 

Et pendant ce temps-là, la lutte des classes ? 

mercredi 4 décembre 2013

Les censeurs se surpassent toujours

C'est le retour d'Al Censeur.

La LICRA poursuivait en justice Alain Soral et sa maison d'édition Kontre Kulture, et la justice a tranché (momentanément, c'est en appel) :
  • Anthologie des propos contre les Juifs, le judaïsme et le sionisme, de Paul-Eric Blanrue, est interdit, envoyé au pilon
  • 4 autres livres sont caviardés, dont Le Salut par les Juifs de Léon Bloy. 
C'est remarquable à plus d'un titre. Prenons le Léon Bloy. Je venais de le lire quand le verdict est tombé. C'est un livre philosémite. Mais, je suis d'accord avec Zemmour sur ce point, ça revient presque au même d'être philosémite ou antisémite. On reconnaît des qualités à un peuple, et on les attribue à tous les individus qui le composent ; les uns positivement, les autres négativement. Je pense pour ma part que l'individu dépasse (au moins potentiellement) les déterminations qui pèsent sur lui, ethniques, religieuses, sociales, etc. Il est tout aussi absurde d'être philo-truc ou anti-machin. 

M'enfin, le Bloy, c'est autre chose. Il se place à un niveau théologique. Je découvre d'ailleurs que la théologie bloyenne est sataniste. C'est assez raide, pour nous à qui la théologie ne dit strictement plus rien. Laissons cela pour une autre fois. Son livre est clairement philosémite. Yann Moix, prix Renaudot et ancien ami de Blanrue lui-même bras droit de Faurisson (ça, c'est pour les tenants du concept de culpabilité par association), est l'un des plus fervents défenseurs du philosémitisme de Bloy. Ça n'empêche que le Bloy est caviardé pour antisémitisme, parce que certains passages sont, en effet, très agressifs et vociférants (c'est Léon Bloy). 

Yann Moix a-t-il réagi?

Le clou du spectacle, c'est que ces livres pourront toujours être édités, et sans caviardages, chez les autres maisons d'édition. Ça ressemble un peu à une justice d'exception. Quelqu'un pour nous expliquer ?


Le Blanrue! Cette fois-ci... au-dessus, c'est l'soleil, comme dit l'autre. Blanrue, bras droit répétons-le de Faurisson, a écrit ce dictionnaire des propos antisémites de Moïse à Dieudonné. Envoyé au pilon. Pourtant, c'est une arme de destruction massive pour la LICRA. Puisque celle-ci a manifestement entrepris de faire censurer tous les livres, y compris ceux datant de plusieurs centaines d'années, où des propos antisémites ont été tenus, quoi de mieux que le livre de Blanrue? Ils y sont tous répertoriés. C'est le catalogue. Tu le prends, tu vas à la 17e Chambre, et tu dis : voilà, on veut censurer tous ces livres. 

Alors, ça va faire un vide, c'est vrai. La Torah? pilonnée! Moïse à la 17e chambre, ne serait-ce pas un grand moment? Gandhi? au pilon! Hegel? ouste! Einstein? Niet! Rodinson? du balai!... Que de boulot pour les pompiers de Fahrenheit! Ce sera triste, au début, mais ensuite... que d'arbres de forêts seront épargnés par la non-réédition des écrits des Marx, Arendt, Camus, Hugo, Cioran, etc. (ils sont 500).

Les zozos cités dans cette anthologie, eux, pourraient porter plainte pour diffamation. Et Blanrue de rigoler : Soral est cité pour ses propos antisémites, Soral pourrait donc porter plainte contre Soral pour diffamation. J'en rêve! 

Attention, ce n'est pas fini. Blanrue avait déjà édité ce livre précédemment, avec comme sur-titre "Le monde contre soi" et une préface de... Yann Moix. Cette édition-là n'est pas en cause. Pire, ou mieux! elle lui avait value d'être invité au B'ni B'rith, la franc-maçonnerie juive, ce qui assez logique parce que, en effet, son travail est considérable pour témoigner de l'antisémitisme à travers les siècles et les cultures. Où est Yann Moix?

A la LICRA, ils n'ont pas compris, cette subtilité des choses, je crois. Ils tenaient là la Liste des Infréquentables. Et, au lieu de pilonner les Infréquentables, ils pilonnent la Liste. Que c'est con, un censeur. Et après, ils vont devoir refaire tout le boulot de Blanrue...


A moins que l'objectif poursuivi par ces attaques en justice ne soit que de nuire à Soral, et non pas vraiment de faire un travail sérieux sur l'antisémitisme dans l'histoire, et lutter contre la pensée raciste/communautariste. Mais j'ai vraiment mauvais esprit...


Pourtant, que resterait-il de la Littérature, si on en expurgeait tous les auteurs qui "incitent à la haine raciale" et "nient un crime contre l'humanité" y compris postérieur à l'écriture du livre ? Rien. 

jeudi 21 novembre 2013

Ne fais pas de pareils bonds! Le tireur fou

Ne fais pas de pareils bonds! Houba! Houba! ils sont contents... Joie et allégresse! Ils s'en donnent à cœur-joie. C'est presque mieux, il faut bien le dire, que le miracle... mais historique... de l'équipe de France de foot - excusez du peu.

Un tireur fou, en cavale quelques jours durant. D'abord, ils n'ont rien compris : mais pourquoi diable attaquer des médias et une banque? Comprennent pas... tu m'étonnes! Puis, il a été attrapé : de type européen, il est devenu bougnoule, ce qui amuse beaucoup les adversaires de l'islamisation de la France, mais surtout, c'est un réchauffé! Le type revient du diable-vauvert, d'une affaire bouleversifiante datant de 20 ans, quand des gusses des "milieux autonomes", de "l'ultra-gauche" avaient provoqué 5 morts à la Nation. C'est qu'on peut convoquer du monde... experts en tous genres... bla! bla! et reblabla... le pied! 

L'hystoire en marche
C'est exceptionnel, c'est extraordinaire, hystorique! disons-le... Ah! ça leur plaît, aux médias. Ne fais pas de pareils bonds!

Et puis, il y a les lettres. Un théoricien du complot un tantinet pointilleux soupçonnerait BFMTV de les avoir écrites eux-mêmes, ces lettres. Pour l'heure, on ne les connaît pas, mais on connaît l'avis du Procureur dessus. C'est confus, c'est délirant, fou, paranoïaque. Ah? Nommez-moi un journaliste qui va prendre du recul et mettre en doute ce jugement sur les écrits de notre ami tireur! J'attends. Argent comptant. 

Contents... qu'ils sont contents! Que nous dit-on et nous dira-t-on en boucle des journées durant? Que le tireur fustige le capitalisme, et donc les banques ; mais aussi les employés des banques (les médias) ; et encore les conséquences dans les banlieue, et à l'international de cette propagande impérialiste. Bon. Et ça, c'est donc du délire paranoïaque, de la folie pure. Ne fais pas de pareils bonds!

Le bruit et la fureur
Où est la folie? le fusil! mais sur le contenu? Il suffit d'avoir "lu Marx et Lautréamont" comme on disait dans La dialectique peut-elle casser des briques? pour partager le contenu. Suivre Pasolini, dans sa dénonciation du vrai fascisme (la société de consommation)...  Très cohérent tout cela. Mais pas par les armes! c'est mon côté Gandhi (ahimsa) et Robespierre ("personne n'aime les missionnaires armés").

Heureusement, on a les médias pour créer et entretenir la grande confusion. Le tireur fou tient un discours fou. Les médias (sont un peu juges et parties, dans cette histoire, non?), c'est la liberté d'expression, la démocratie, la Rrrrrépublique, le Bien. Vite! un sursaut Rrrrrrrépublicain! Luttons contre les extrêmes qui se rejoignent et qui menacent la société. Ne fais pas de pareils bonds!

Un tireur d'ultra-gauche bien suspect
En dehors, évidemment, du coup du fusil, on peut jeter un sort à ce tireur soi-disant d'ultra-gauche. Son rôle dans l'affaire de la Nation? Extrêmement suspect! Peut-être certains pousseront-ils plus loin les investigations, mais c'est très louche. Et voici donc un féroce adversaire du "grand capital" qui trouve le moyen de tirer sur un assistant photographe... on a déjà trouvé plus glorieux, dans le genre lutte des classes. Même "action directe", c'est dire...

A cause de lui, toute pensée encore anti-impérialiste va subir un retour de flamme en règle, sur le plan de la paranoïa, sur le plan du radicalisme ; ce qui complètera avantageusement (ça dépend pour qui) le retour de flamme par l'autre versant - l'anti-racisme, l'anti-fascisme. On n'est pas aidé!


Avant d'en finir, il y en a d'autres qui bondissent partout, grimpent au rideau, etc. Les experblablas de la criminologie, les vendeurs de caméras de surveillance, de tests ADN, de fichages en tous genres, bref les agents du meilleur des mondes qui jubilent de voir leur sale came portées aux nues. A qui profite le crime?...

Les perdants? les anticapitalistes.
Pas aux anti-capitalistes conséquents, en tout cas. Ne fais pas de pareils bonds!

mercredi 12 septembre 2012

Lettre ouverte à Monsieur Millet

Monsieur Millet,

Permettez-moi de vous appeler Monsieur, j'y suis quasiment contraint par d'étranges forces qui me poussent au respect, plus encore que par mon souci, toujours présent, de la Bienséance. 

Une armée de fantastiques Géants, venus aussi bien de l'ouest que de l'est, du haut et du bas, vous attaque, courageusement, à mille contre un. Nous commençons à les bien connaître, ils nous surprennent pourtant éternellement, capables de surpasser leurs exploits à chaque bataille - et ils en mènent, des batailles. C'est qu'ils ont la machinerie moderne pour les conduire, alors que notre pauvre, pauvre, Rossinante commence à fatiguer. 

Je suis de gauche démocrate anti-raciste et internationaliste. Tout devrait donc me pousser contre vous, et dans le camp du Bien, des belles personnes, des bienpensants, des honnêtes gens, des gens de bien, et pourtant : non. Eux aussi se proclament cependant de gauche, démocrates, anti-racistes, internationalistes. 

Je le répète, les honnêtes gens en mènent, des batailles. J'ai pu comprendre, au fil des années, et des défaites, qu'ils ne parlaient pas la même langue que moi. 

Ça a débuté comme ça : Edgar Morin était attaqué pour "incitation à la haine raciale". Et pourquoi pas Gandhi, tant qu'on y est ? D'autres affaires, innombrables, du même acabit, avant et après l'affaire Morin, firent monter la crispation. Le cas Dieudonné est exceptionnel : un métis qui se pense comme tel (donc un pont entre deux continents, deux cultures, donc une négation vivante du racisme) dont le patronyme est devenu synonyme de racisme, quoi de plus tragi-comique ? Mais l'histoire est pleine de ces grands renversements, de ces transferts. Il est facile d'accuser l'Autre d'être ce que nous ne voulons pas voir que nous sommes.

Je ne vous avais encore pas lu. Je vous avais entendu, je crois, dans l'émission Ce soir ou jamais, à propos de cette désormais fameuse complainte du seul blanc. Je n'en avais rien pensé de particulier, si ce n'est que c'est une chanson qui ne peut me toucher. Je ne suis pas attentif à ces détails, je ne les remarque pas, et je suis incapable de réduire un individu à une quelconque communauté. Je crois que je suis nietzschéen par réflexe : dans "Deviens ce que tu es", le terme important est "deviens". Un Homme à la peau noire n'est pas noir tant qu'il ne l'est pas devenu. Sous le regard éhonté du colonisateur (lequel était de centre-gauche, ce conflit idéologique ne date pas d'hier, et j'estime ainsi mon positionnement tout à fait cohérent dans ma critique du racisme et du colonialisme depuis Jules Ferry jusqu'à SOS Racisme), il est devenu nègre. La négritude et le jazz font plus pour ridiculiser le colonialisme que toute la bienpensance anti-raciste réunie - et pour cause !

Ce qui m'intéresse donc chez les autres, c'est leur devenir, leur liberté, pas leur passé ni leur communauté. Je suis d'ailleurs tout à fait infirme quand il s'agit de décrire une personne, avant que cette personne ne m'ait révélé sa façon de se décrire. Quand bien même, je vis dans un quartier assez peu blanc, idem dans mon travail, je n'écoute quasiment que de la musique de nègres et de bougnoules, et j'aime ça. Je suis, je l'espère, curieux de l'Autre, et les ponts historico-géographiques qui nous permettent de les rencontrer, de les connaitre, c'est là une chance. Je ne me suis jamais interrogé, en tant que "seul blanc", et même après réflexion, ça me paraît tout à fait incongru. Obama est plus blanc que Jean Genet, non ? Ah ! j'exagère ?! C'est à cause de Nabe.

Vous enfoncez d'ailleurs le clou, cet été, avec vos pamphlets, et toujours la complainte du seul blanc. Mais cette fois-ci, l'acharnement médiatique contre vous dépasse l'entendement. Toute la bienpensance déglinguée rivalise d'abjection. Tout y passe : vous faites de Breivik un héros, vous êtes raciste, vous insultez la mémoire des victimes, vous êtes fasciste. Des témoins vous auraient vu à plusieurs reprises chez Marc Dutroux, et des amis d'enfance déclarent - horresco referens ! -  que vous torturiez déjà des chats pendant les récréations à l'école. 

Je ne supporte plus ces médiacrates, leur propagande et leur tartuferie, de laquelle Molière lui-même s'étonnerait. Il me fut surtout pénible d'encaisser la chronique de Fabrice d'Almeida sur France Inter, lui qui est historien, et spécialiste des médias et de la propagande. Il est lugubre, lugubre de penser qu'il peut, malgré cela, servir la plus infecte soupe propagandiste sauce Val, préparée du mélange Millet, Dieudonné, Faurisson, Céline, avec pour résultat une clownerie iconoclaste et néanmoins nazifiée.

Quant au coup de grâce, c'est bien entendu au journal Le Monde qu'il revenait de le donner. Après les sous-fifres de itélé, des Inrocks, et compagnie, c'est la maison-mère qui attaque. Trouver 119 écrivains, 119 écrivains !... pour fustiger avec Annie Ernaux votre "fascisme", aucun écrivain au monde n'aurait pu l'imaginer. Cette fois-ci, les choses sont claires, le fond est touché, la partie est terminée, Babylone est brûlée, en cendres. Les mots n'ont plus de sens. La guerre c'est la paix. 

Ils s'y mettent à 119, et pas un, pas un, pas un de ces 119 écrivains n'a compris l'ironie du titre, ne sent que l'anéantissement de la littérature par le Nouvel Ordre moral, selon votre expression, est la condition sine qua non de l'émergence d'un Breivik, et donc que la situation logique, non ironique, voudrait que ce soit un cultureux mondain et mondialiste qui fasse l'éloge de Breivik. Quant à l'écrivain, dinosaure de la littérature, les faits lui ayant donné raison (la montée de l'insignifiance conduisant entre autres à des pratiques terroristes monstrueuses), il ne peut que redoubler de virulence dans ses alertes, ce que le Nouvel Ordre moral, pour se perpétuer, ne peut que prendre comme une justification et un éloge du monstre terroriste. Le piège est terrible, et magnifiquement déjoué par l'ironie de votre titre.

Pas un de ces 119 écrivains n'a le moindre commentaire à faire sur le contenu de vos trois pamphlets. L'histoire littéraire du XXe siècle, la théorie du Spectacle, celle des simulacres de Baudrillard, le rôle de Mai 68, les relations entre les médias, le Culturel et la politique, l'industrie culturelle, l'illusion démocratique, la surestimation totalitaire, Lévi-Strauss, René Girard, rien, il n'y a rien de pertinent à dire. En un sens, je m'en félicite, et vous aussi, assurément, c'est toujours ça de "débat" et de "commentativite" en moins.

La littérature, la langue, l'altérité ? il n'y a personne non plus, ces sujets n'existent pas. Il est beaucoup plus important de chasser le racisme. Pourtant, en cherchant bien, le racisme pourrait être trouvé là où ils ne l'attendaient pas. Vos livres transpirent en effet d'une idée centrale : la défense de l'altérité et la critique de l'indifférentiation. Vous pleurez la disparition de l'Autre. C'est du racisme, ça ? C'est d'extrême-droite, ça ? Si on prend cette propagande au pied de la lettre, cela signifie alors que l'anti-racisme, c'est la tolérance de tous (ceux qui boivent du Coca, écoutent de la pop, et lisent le Da Vinci Code). Quel magnifique exploit que de tolérer le même ! Quel humanisme ! Quel raffinement ! Si j'osais, je citerais la première phrase de Bagatelles pour un massacre. Boum ! Vrang !

Vous vous affirmez au fil des pages comme défenseur de la biodiversité des idées et des cultures. Grâce notamment à Péguy, j'en comprends bien les implications. Je me disais internationaliste - mais pour aller à la rencontre, et au-delà des nations, il faut bel et bien que les nations existent. L'inter-nationalisme, ce n'est pas le mondialisme, c'en est le contraire : l'échange dans l'altérité d'un côté, et la communication globish de l'autre. 

J'en finis, maintenant. Les honnêtes gens ne sont pas démocrates, ils sont voltairiens ; ils ne sont pas internationalistes, ils sont mondialistes ; ils ne sont pas de gauche, ils sont l'instrument de résignation sociale du capitalisme financier. Pasolini nous répèterait que là est le vrai fascisme. C'est pourquoi il est extrêmement important pour eux que leurs opposants passent pour fascistes, d'extrême-droite, racistes. 

Nous le savons. Soyons les plus forts. Enfilons le heaume de Mambrin. Et en avant !

"En avant. […] Puissé-je ne rien garder à mes semelles de tout ce que je quitte, et ne rien emporter que mes belles douleurs, mes belles conquêtes, toutes mes victoires sur moi-même en tant de combats où j’ai été vaincu selon le monde, défait par la laideur et révolté par le bruit. […] En avant !"
André Suarès

Très cordialement,

lundi 25 juillet 2011

L'homicide par indifférence

Ernest Hello
Je mentionnai déjà Ernest Hello à propos du langage, il y a quelques temps de cela. Je récidive aujourd'hui à un autre sujet, il éclaire en effet d'un jour différent mes prises de positions christo-controdostoïevskiennes (encore une preuve de mon modernisme rampant avec ces contractions conceptuelles) :
  • "Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font"
  • Inversion de : "Plus j'aime l'humanité en général, moins j'aime les gens en particulier"
La troisième partie du recueil de textes (Du néant à Dieu) intitulée "L'amour du néant pour l’Être", et notamment les pages 140 à 150, contient un coup d'épée magistral. Le premier de ces textes par moi jugés majeurs est L'homicide par omission : l'indifférence. Avant de faire place à ce cher Ernest, une illustration tirée de l'autoroute de l'information. Qu'un attentat survienne et fasse 90 morts, et c'est la consternation générale, l'émotion nécessaire. Certes, si l'auteur n'est pas barbu comme espéré secrètement, l'événement suscitera beaucoup moins de commentaires et réactions, mais enfin, tout de même ! C'est que l'acte est reconnu, revendiqué, officialisé, éclatant. Il arrive à la conscience de tous, et immédiatement.

Pourtant, et déjà ai-je évoqué ce sujet avec le Werther de Goethe, si ma mémoire est bonne (comme la fonction rechercher de ce blog permettra au lecteur rigoureux de le vérifier, c'est beau la technologie), et, aussi, avec l'ami Thoreau. Le premier :
Ah ! ce ne sont pas vos grandes et rares catastrophes, ces inondations qui emportent vos villages, ces tremblements de terre qui engloutissent vos villes, qui me touchent : ce qui me mine le cœur, c’est cette force dévorante qui est cachée dans toute la nature, qui ne produit rien qui ne détruise ce qui l’environne et ne se détruise soi-même… c’est ainsi que j’erre plein de tourments. Ciel, terre, forces actives qui m’environnent, je ne vois rien dans tout cela qu’un monstre toujours dévorant et toujours ruminant.
Les souffrances du jeune Werther, p. 49

Le second :
Une fois suffit. Du moment que le principe nous est connu, qu'importe une myriade d'exemples et d'applications ? Pour le philosophe, toute nouvelle, comme on l'appelle, est commérage, et ceux qui l'éditent aussi bien que ceux qui la lisent ne sont que commères attablées à leur thé.
Walden ou la vie dans les bois, Gallimard, p. 111

Aucun être vivant ne peut vivre sans la mort d'autres êtres vivants. Rien d'original là-dedans, depuis l'ami Héraclite, mais ce sont les conclusions qui manquent, toujours.

Je retrouve ce même sujet avec Hello, mais en moins romantique, et en plus spirituel. Voici : 

"Homicide ! Que cette chose est rare en apparence ! Qu'elle est fréquente, en réalité ! L'homicide sans le savoir nous coudoie dans toutes les rues. Que de gens regardent avec horreur et mépris les homicides reconnus, déclarés, les homocides officiels, qui sont homicides eux-mêmes et homicides profondément ! On est homicide par pensée, par parole, par action et par omission. L'homicide par omission est le plus inaperçu et par là même le plus fréquent de tous.
Quel livre on ferait sous ce titre : les crimes par omission ! Crimes non pas seulement oubliés, mais inconnus ! inconnus des criminels, quelquefois inconnus des victimes. Crimes qui font mourir et qui ne font pas de bruit ; crimes qui comptent pour rien dans notre actuel aveuglement et qui diront leurs noms dans la vallée de Josaphat : - J'avais faim et vous ne m'avez pas donné à manger...
L'homicide par omission : l'indifférence, in Du néant à Dieu, éditions du Sandre, p. 140

Qu'il désigne en victimes principales de l'indifférence le malheur et le génie ne pourra que me renforcer dans la conviction d'être sur le même chemin que lui. Ces lignes parlent. Le texte suivant : La responsabilité du silence. Dois-je faire un dessin ? Il ne suffit pas de ne pas "faire le mal", il s'agit encore de s'accuser du mal qu'on a laissé faire, de celui qu'on n'a pas repéré encore. Alors celui-ci s'élèverait 
"peut-être à des hauteurs morales tout à fait extraordinaires" qui, "ayant découvert dans sa vie les crimes par omission aurait l'étrange courage et la sublime intelligence de s'en repentir d'une façon digne d'eux". 
Je retrouve mon Louis-Ferdinand Céline quand il vitupère :
Je suis ! tu es ! nous sommes des ravageurs, des fourbes, des salopes ! Jamais on dira ces choses-là. Jamais ! Jamais ! Pourtant la vraie Révolution ça serait bien celle des Aveux, la grande purification !

Avec Vers la paix par l'horreur, c'est mon Mahatma Gandhi qui me revient. Hello :
[...] Si l'on me demandait quel chemin prendre pour faire la paix dans les âmes, je répondrais peut-être : le chemin de l'horreur. Ce qui manque le plus ce n'est pas l'amour du bien, c'est l'horreur du mal. L'horreur du mal !

Typique attitude du Satyagraha. Je dirais en langage moderniste que c'est une évidence seconde. Il faut à cette Vérité qu'elle fasse un tour complet du cerveau pour se révéler évidente. Au premier regard, non. Hello ajoute :
La grande haine des Saints contre le mal est une des magnificences qui au dernier jour raviront les hommes et les anges.
Cette grande haine est un des sentiments les plus inintelligibles à l'homme corrompu. Cette grande haine est l'éclair que la pureté fait dans la nuit en brandissant son glaive. 

L'homme corrompu, autant dire l'homme, tout court. Celui qui confond amour des pécheurs et amour du péché. "Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font". Cela vient d'être démontré, non pas pour le criminel officiel, mais pour chacun d'entre nous. De là une grande indulgence envers les criminels, aussi grande que la haine qui doit s'abattre sur le crime. Or, pour l'humanité corrompue, c'est l'inverse qui se produit : le criminel (officiel) est laminé, pendant que le crime lui est oublié. Les personnes sont aussi vite dénoncées, insultées, attaquées que les faits passés sous silence.

Aujourd'hui, la situation a ceci d'encore plus délicat que la tolérance fait office de système de pensée. Toute violence verbale est jugée quasiment fasciste, et la moindre petite critique est perçue comme une insulte, du mépris, et de l'arrogance. Haïr le mal est dans ces conditions la quadrature du cercle. Impossible. L'empire du moindre mal, ça vous dit quelque chose ? De même, la violence anti-système sera immédiatement (quoique les média jouent là un grand rôle) perçue et dénoncée par tous (attentats, désobéissance civile, etc.) ; mais jamais la violence, pourtant incomparable, par laquelle le système, le pouvoir en place se perpétue, celle-là ne sera même pas identifiée comme telle, alors dénoncée, combattue... en rêve !


Résumons-nous : 

Le crime est partout, mais notre premier regard n'en discerne qu'une infime partie, nous poussant à clouer au pilori le criminel ainsi identifié. En oubliant l'immense majorité des crimes, nous oublions notre propre responsabilité, et notre haine se déplace du crime vers le criminel. En fait, je crois que la meilleure façon de me faire comprendre, c'est encore : 
Indifférence = SS !

    samedi 26 mars 2011

    Le loup y sera. Les colibris aussi (espérons-le).

    La catastrophe. La Chute. 

    Comme disait Léon, il y a des moments où ce qui se passe est à faire vomir les volcans.

    La violence de la dégringolade n'a d'égale que l'achèvement de la soumission. C'est vraiment la fin, les Mayas avaient raison, le périphérique nord sera fermé à la circulation en 2012, la fin du Monde. 

    J'étais on-ne-peut plus opposé à Sarkozy en 2007, je comprenais toutefois l'adhésion (rupture, volontarisme, etc.) qu'il pouvait susciter, tout en étant persuadé qu'elle serait déçue. Aujourd'hui en revanche, il me semble absolument impensable d'imaginer, même un pistolet sur la tempe, voter pour lui. C'est la Bérézina. Et pourtant, il s'en trouvera encore, des soutiens. Je ne comprends pas. Je ne sais pas, peut-être des gens qui croient qu'il expulse vraiment ces voleurs de poules de manouches (au lieu de leur payer des vacances en Roumanie et le voyage du retour), qu'il éradique les paradis  fiscaux, qu'il sauve notre politique sociale, qu'il vole au secours de ces pauvres Libyens, que... Tout cela me paraît la plus franche absurdité qui soit, il est im-po-ssible d'y croire, manifestez-vous bête curieuse, expliquez.

    Tant pis pour Guignol, on ne va pas pleurer sur son sort. Mais sur ce qu'il nous laisse, un pays dans un état lamentable. Cette guerre libyenne équivaut à un acte de décès. Des dizaines et dizaines de décisions (une prime pour le Traité de Lisbonne) auraient à mon avis justifié une prise de l’Élysée ou du Fouquet's (c'est pareil), mais celle-là... Terrible. 

    Il aura suffit que notre philosophe à chemise ouverte aille ne pas la salir là-bas pour que la propagande classique et éculée s'enclenche. Elle est ridicule et grotesque, et assez peu subtile pour ne pas s'y attarder plus longtemps que ne le fait Jean Bricmont. Et pourtant, on ne sent aucune réaction. Comme si nous n'étions pas en train de bombarder un pays, un de plus. Comme si c'était vraiment pour sauver des civils. Déroutant. 

    En revanche, comme la situation dégénèrera inévitablement, l'hostilité à cette agression militaire ira grandissante. Et qui récoltera les fruits politiques de l'affaire ? Ceux qui s'y sont opposés, à savoir : personne, sauf le Front National. (L'extrême gauche est inaudible). C'est la catastrophe. UMP et PS ont déserté tout discours économique et social. UMP et PS n'ont plus aucune crédibilité lorsqu'ils parlent de valeurs (de droite, ou de gauche). UMP et PS désertent toute logique de politique étrangère. Le désert Libyen serait-il celui de leurs électeurs qu'ils le mériteraient amplement. Mais qui va bien pouvoir voter pour eux ?
    La part du colibri

    Quel boulevard ! C'est désolant. C'est l'histoire du sauteur sans parachute qui ne peut même plus dire "jusque-là tout va bien". Ça ne va plus. Comment se sortir de là ? Quand tout est foutu, il ne reste plus que l'histoire gandhiste du colibri, contée par Pierre Rabhi :

    mercredi 2 mars 2011

    Bilan idéologique

    Mammon par George Frederic Watts
    Je viens de lire le dernier livre d'Alain Soral : Comprendre l'Empire - Demain la gouvernance globale ou la révolte des Nations ?
    C'est un petit livre très intéressant (mais Soral est meilleur à l'oral, niveau écriture, ce n'est pas ça) qui répond très bien à son titre - l'Empire est dévoilé - sans donner aucune leçon. On (les censeurs) essaye de faire passer ce livre et son auteur pour quelqu'un d'extrême-droite, ce qui est une parfaite absurdité : il est passé au FN, mais en provenance du PCF, et il faut vraiment être gravement formaté par le discours UMPS pour y voir quelqu'un d'extrême-droite nouvel exemple des extrêmes qui se rejoignent.

    Personnellement, je n'y ai pas appris grand'chose, j'avais déjà décortiqué avec des auteurs plus proches de moi idéologiquement d'ailleurs (Debord, Castoriadis, Chomsky, etc.) le système de domination des banksters, la société du Spectacle, l'oligarchie politico-médiatique, l'imposture de la gauche "morale", etc. En revanche, il me pousse à la réflexivité idéologique. 

    L'anti-impérialisme amène logiquement, en tout cas chez Soral, vers la religion (en l'occurrence l'islam, puisque le catholicisme est mort), et la nation. Or, au départ, instinctivement, voilà deux notions contre lesquelles je pense. Athéisme et internationalisme étaient à la base de ma réflexion. Pourtant, il m'est vite apparu de plus en plus évident que le capitalisme fonde ses cathédrales (piteuses) sur les décombres de toutes les structures qui conduisent ailleurs que vers la consommation. Mai 68, par exemple : c'est très bien de liquider la Famille, la Patrie, le PCF... mais ce sont autant de barrières nous séparant de Mammon qui tombent. Et Démocratie = Marché. Tout ce qui fait obstacle à la consommation, toute éthique, finalement, toute spiritualité, toute transcendance, est à détruire, pour vivre ici et maintenant dans cet hédonisme consommateur (dégénéré, et même sataniste : c'en serait risible, mais on pourrait presque dire que la religion majoritaire mais non avouée dans la société du Spectacle est le satanisme). 

    Une expression est largement revenue à la mode : "être l'idiot utile". Laissons les serviteurs impériaux l'employer à tort et à travers, mais elle nous sert à comprendre comment en portant de belles valeurs de gauche, on sert en réalité le capitalisme financier globalisé. Un exemple simple : l'immigration. Qui a voulu l'immigration ? La gauche ? Pas du tout : le grand patronat, au contraire, pour exploiter une main-d'œuvre pas chère, et faire pression à la baisse sur les salaires de tous. Ça me pose problème. Non pas, bien entendu, pour vouloir fermer le pays, renvoyer les étrangers chez eux, que sais-je ? mais pour savoir qui on sert. On comprend alors pourquoi Besancenot est extrêmement utile au système. Comment ne pas tomber dans cette contradiction quand ses valeurs servent les porteurs des valeurs contraires ?

    Bref... je ne pense pas avoir changé depuis les temps de mes premières consciences politiques il y a une dizaine d'années, je comprends simplement mieux aujourd'hui qui je suis. Athée, oui, mais plus proche des mystiques soufis, de Gandhi, de Nietzsche, de chrétiens comme Léon Bloy ou Georges Bernanos, que de tous les mécréants modernistes et matérialistes (socialistes ou libéraux) qui peuplent notre période contemporaine. Internationaliste, d'accord, mais à mille lieues de l'idéologie des élites néo-nomades ("gauche kérosène" comme dit Michéa). Il est donc évident que je ne vais pas devenir nationaliste musulman, mais c'est clairement de spiritualité et d'ancrage territorial qu'il faut parler, pour opposer un Principe égal (au moins) mais contraire au Principe capitaliste de satisfaction promise (et non tenue) des désirs.

    Le crépuscule de toutes les idoles, en somme, vers la Vérité. Voilà comment je comprends mon athéisme : mystique. Tout le reste en découle. Tiens, Edgar Morin vient de sortir La Voie. "Marcheur, il n'y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant", je parie qu'il y est cité...


    "Oh Jeanne, quel drôle de chemin il m'a fallu prendre, pour aller vers toi !" - Michel dans Pickpocket de Robert Bresson

    jeudi 17 septembre 2009

    Les mots qui ne passent pas

    Il faut que je fasse cet effort, je crois, de préciser mon propos. Loin de moi l'idée d'insulter qui que ce soit, je suis trop gandhiste pour cela - oui Gandhi, celui qui écrivit une lettre à Hitler en l'appelant "Cher ami". Que les amateurs de rock ne se sentent donc pas menacés par mes articles. C'est Dostoïevski qui a tout compris en disant : "Plus j'aime l'humanité en général, moins j'aime les gens en particulier, comme individus". Et inversement (dans mon cas). Ma misanthropie est telle que je pardonne tout à tout le monde. Aucune animosité, donc. C'est qu'il y a des mots qui sont un peu trop compris comme synonymes aujourd'hui : critique, provocation, opinion, insulte, etc.

    Au Moyen-Age, il y avait ce qu'on appelait des Controverses. Des types défendaient des points de vue opposés sur des questions qui les passionnaient et la violence des "disputations" n'avait d'égale que leur sérénité. Mais c'était le temps des ténèbres (sic). Aujourd'hui, on est dans la célébration et la promotion obligatoire. Par exemple, quelqu'un qui n'est pas sarkozyste est anti-sarkozyste, et c'est mal d'être anti. Quand on parle d'un sujet, il ne faut en dire que du bien ; sinon on démontre son intolérance (sic). Il y a deux gugusses que j'admire assez pour ça : Zemmour et Naulleau qui arrivent (ce sont les seuls !) à dire du mal non pas de leur interlocuteur, mais de leur œuvre. C'est-à-dire à critiquer et dire ce qu'ils pensent. La pertinence de leur propos, c'est autre chose. Mais les rares fois où l'interlocuteur ne refuse pas le débat en prétextant que c'est provocateur ou insultant, la discussion est intéressante.

    Je reviens à mes moutons. Je critique le rock. Mais c'est aussi une musique que j'aime. Je n'enverrai jamais aux orties Noir Désir, PJ Harvey, The Brian Jonestown Massacre, The Dandy Warhols, Led Zep, etc. Et même, il y a des morceaux de Coldplay que j'aime. Simplement, quand je pense, je pense aussi (et surtout) contre moi-même. On imagine facilement quelqu'un qui adore le chocolat penser qu'il ne faut pas en manger.

    Alors je ne prends pas de pincettes. C'est bien beau d'aimer quelque chose, mais parfois ce quelque chose est recouvert ou caché par de multiples écrans de fumée et il faut dézinguer le reste pour y accéder. C'est mon parcours. J'ai du faire un travail critique et mon auto-critique pour accéder à la littérature (une certaine littérature), pour accéder aux chants soufis, pour accéder au jazz. J'ai du détruire des idoles. Je devrai encore le faire. Voilà ce qu'il faut comprendre, pas que je profère des insultes. Il ne suffit pas de clamer son amour, il faut aussi aller comprendre pourquoi c'est considéré, comme dit Nabe, comme des "déchets nucléaires".

    On peut me reprocher du mépris et de la condescendance. Évidemment. Je peux me le permettre. Parce que je suis à terre, sous terre, avec tous les vaincus de ce monde. La condescendance de ceux qui ont tout perdu, ont tout faux, n'ont aucune chance de gagner, et surtout aucune volonté pour cela. Mes seules victoires sont celles remportées sur moi-même. Avec les autres, je ne suis pas en compétition. Cette condescendance est une ironie adressée à moi-même. Je prends de haut ce qui m'écrase. En avant... ahah


    En avant. […] Puissé-je ne rien garder à mes semelles de tout ce que je quitte, et ne rien emporter que mes belles douleurs, mes belles conquêtes, toutes mes victoires sur moi-même en tant de combats où j’ai été vaincu selon le monde, défait par la laideur et révolté par le bruit. […] En avant !
    André Suarès


    Le pauvre Marchenoir était de ces hommes dont toute la politique est d'offrir leur vie, et que leur fringale d'Absolu, dans une société sans héroïsme, condamne, d'avance, à être perpétuellement vaincus.
    Léon Bloy

    mercredi 21 mai 2008

    En vrac, quelques nouvelles

    Coluche dirait : "Encore un nouveau pas en avant de la connerie. Mais dites-moi, dites-moi, jusqu'où s'arrêteront-ils ?" Et justement, Coluche est l'une des "stars" qu'Adecco utilise dans une campagne de pub vantant les ressources humaines que chacun d'entre nous possède et qu'Adecco peut donc exploiter. Mais Adecco ne recule devant rien, et utilise également Gandhi pour cette même campagne. Stupéfiant. Comme dans le cas des Galeries Lafayette, ce cynisme-là est trop fort pour nous, semble-t-il. Comment peut-on tolérer ce genre de choses ?

    Et revoilà la bêtise de Robert Redeker. Ce philosophe avait commis une tribune dans le Figaro s'en prenant à l'Islam et son "maître de haine" Mahomet. A l'époque, malheureusement, un ahuri l'avait menacé de mort sur internet, ce qui avait fait dire à nos philosophes médiatiques adorés tout un tas de sottises étourdissantes. Ils nous sommaient en effet de soutenir Redeker sans émettre la moindre critique concernant sa tribune, c'est-à-dire qu'il fallait sauver la liberté d'expression, et pour cela ne pas en faire usage. Intéressant. Pourtant, cette tribune est crapuleuse et indigne. Tout comme l'emploi du terme "fatwa" contre Redeker alors qu'il n'y en a jamais eu d'énoncée (ces philosophes ne savent pas, manifestement, ce qu'est une fatwa, ou alors ils ont envie de faire peur, sciemment...). Mais chut. Aujourd'hui, Redeker multiplie les points Godwin et se cache derrière la violence de Voltaire contre la religion pour pouvoir dire ce qu'il veut. Ce qu'il ne comprend pas, c'est que ce n'est pas la violence du propos qui gêne, mais sa bêtise. Il est vrai que ses contradicteurs ne le lui font que rarement remarquer. Du coup, les opposants à Redeker passent pour des adversaires de la liberté d'expression et amis de l'islamisme. Stupide. Le débat peut et doit être violent entre les différents courants philosophiques et religieux, mais rien n'indique qu'il doive être idiot et malhonnête.

    Un événement positif, pour une fois : voilà-t-il pas qu'un texte de Rimbaud a été découvert, alors que cela faisait 60 ans qu'aucun texte de lui ne l'avait été. C'est, parait-il, une découverte littéraire de première importance qui remet en question beaucoup de ce qu'on savait de sa vie et de son œuvre. Si je ne m'abuse, c'est aussi le premier texte en prose de Rimbaud. Il aurait ainsi inauguré une carrière journalistique dans "Le progrès des Ardennes" avec ce texte intitulé Le rêve de Bismarck, fin novembre 1870 dans un contexte de guerre avec la Prusse. En tout cas, ce texte est vraiment époustouflant dans son style. Quand on pense qu'il avait alors 16 ans...
    Et puis un petit peu de musique ! Le nouvel album des Dandy Warhols, ...Earth To The Dandy Warhols..., est disponible en streaming sur leur site et, après quelques écoutes, tient tout à fait ses promesses. Ils parviennent à être fidèles à eux-mêmes sans se répéter ni répéter une nouvelle fois ce qu'on a déjà mille fois entendu ; et malgré les différences d'ambiance selon les titres, une cohérence et un univers se dégagent pour en faire probablement l'album rock de l'année.
    Et l'Univers, justement, pour finir... Dans sa revue de nouvelles scientifiques, Jean Zin traite d'une étude qui m'a particulièrement intéressé. C'est cette idée d'un Univers jumeau du notre qui aurait précédé celui-ci. En fait, le temps est infini, il n'y a donc ni origine ni fin et l'Univers alterne donc phases d'expansion et phases de contraction. En résumé : "Ainsi, notre Univers, sans être une réplique exacte de son jumeau, avec en particulier une histoire différente (c'est moi qui souligne), lui ressemblerait beaucoup." C'est-à-dire que le possible est plus riche que le réel, comme disait déjà Ilya Prigogine : de la multitude des possibles, un seul va se réaliser, mais rien n'indique que dans le futur Univers jumeau, ce soit ce même possible qui soit réalisé. Ces découvertes des sciences physiques me semblent toujours confirmer la thèse de Nietzsche sur l'éternel retour. Puisque le temps est infini et la matière finie, la matière repasse inévitablement par les mêmes états, et ce à l'infini. Ce qui est a donc déjà été et sera de nouveau ; mais sans qu'il n'y ait là un quelconque déterminisme (ce paradoxe est peut-être difficile à comprendre) : place à la volonté de puissance, au choix libre qu'il faut faire pour l'éternité...

    dimanche 16 mars 2008

    Pour un athéisme radical




    La première version n'a rien de satisfaisant, je la publie cependant en espérant - même si j'en doute - qu'elle soit critiquée, ce qui m'aiderait à l'améliorer.