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lundi 16 décembre 2013

2005 - Acte II, Scène 1

2014 approche, et les élections européennes avec. Ces élections ne servent à rien. Mais, strictement! à rien. Le Parlement Européen n'a aucun pouvoir, et les votes de la droite et de la gauche sont à l'écrasante majorité les mêmes. Le plus absurde étant que ce Parlement sert finalement, également, à financer les cadres des partis prétendument opposés à l'UE comme le FN. 

Pour autant, ces élections auront, peut-être, un intérêt. Il faudrait pour cela qu'elles prennent un tour "référendum 2005, Acte II". 

La première scène a eu lieu chez Calvi, où Todd a affiché des esprits retrouvés après les errances "hollandisme révolutionnaire". Sortie de l'euro, souveraineté populaire, trahison des élites, euro-fascisme, tout y est passé. Ses contradicteurs, UMP, PS, EELV, étaient furieux, absolument furieux. Philippot, présent également, était exactement sur la ligne Todd, et s'est offert le luxe de citer Mendès-France, De Gaulle, Sapir. Nos amis de l'UMPS sont sortis de leurs gonds! 

Evidemment, ils ont foncé dans l'amalgame, la culpabilité par association, et le "principe de l'association dégradante" moqué en son temps par Schopenhauer. "L'axe Todd-Philippot" ! Ils n'avaient que ça à la bouche. 

L'enjeu est là, évidemment. 

Ils vont jouer cette carte à fond. Deux choses importantes, dès lors : 
1/ avec Frédéric Lordon, Jacques Sapir, et, peut-être donc, Emmanuel Todd, ne nous laissons pas, nous à gauche, tétaniser, par ces intimidations grotesques. Souveraineté populaire!
2/ nous sommes sûrs de la non-compatibilité de notre projet avec celui des "souverainistes" de droite, mais ce sujet-là est le premier... et nous ne retrouverons la souveraineté populaire que si nous allions pour cela avec eux. Ce que Chevènement et Séguin n'ont jamais su faire. Si nous échouons encore, je rappelle l'égalité démocratique : 2*20% = 55%. Nous aurons 2 camps à 20%, et les minoritaires mondialistes UMPS auront encore gagné.

On va nous faire, aussi, le coup : "L'Europe, c'est la paix". Alors, préparons nos réponses. Conférence de François Asselineau :



lundi 11 novembre 2013

Y en a marre

Et ça continue, encore et encore. Des zozos à bonnet rouge ont hué le Président le 11 novembre centenaire de 14-18. En passant, si quelqu'un peut m'expliquer pourquoi centenaire en 2013 d'un événement de 1914...

Manuel s'en prend à l'extrême-droite. Si je comprends bien, les CRS ont parqué les militants du FN présents avant les huées, mais c'est de leur faute quand même. Toujours en plein délire, la Hollandie. Le spectre du 6 février 34 plane même dans certains discours. La bête immonde est encore là. D'ailleurs, certains manifestants glissent des "quenelles", signe de leur dieudonnisme donc hitlérisme. 

"C'est la République qui est en danger!"

Y en a marre. 

On avait déjà eu ça avec "La manif pour tous", l'extrême-droite violente dans la rue, l'obscurantisme de la religion, des homophobes donc antisémites (le lien entre les deux peut sembler assez obscur, je le reconnais, mais enfin, pour les explications, prière de s'adresser à Pierre Bergé et autres), etc. Personne ne les attaquait pour ce qu'ils étaient : des gens qui défendaient une certaine conception de la famille, mais qui la défendaient de manière parfaitement hypocrite. Qui en effet parmi ces défenseurs de la Famille, vit selon les préceptes catholiques en la manière ? J'aimerais bien voir ça. Dès lors, il eut été possible de les laisser s’essouffler dans leur tartufferie, sans en faire un débat national de plusieurs mois. Mais non, il était bien plus intéressant (je vous demande pour qui), d'agiter l'épouvantail extrême-droite tout ce temps durant.

On recommence, grâce aux bonnets rouges. Au départ, l'écotaxe, dont l'idée serait de taxer les transports de manière à les réorienter vers des modes moins dispendieux en énergie. Mouais. Les bonnets rouges s'énervent, apparemment pour défendre le modèle agricole breton menacé par cette écotaxe. Alors, le modèle breton, non merci : une absurdité productiviste parmi les plus infâmes. Je n'ai clairement pas plus envie de soutenir ces bonnets rouges que précédemment la manif pour tous.

Seulement, tout cela pose un problème. 

1/ 
L'écotaxe est un pur scandale. Je ne m'étais intéressé que de très loin au Grenelle de l'Environnement dont elle est issue. Je ne vois pas comment pourrait sortir du PS ou de l'UMP des mesures réellement écologiques. Ces partis sont productivistes, croissancistes, libre-échangistes, etc. C'est plié. Ils peuvent : communiquer, mettre une ou deux rustines, un bout de scotch, communiquer beaucoup, mais ça n'ira jamais dans le bon sens. 
Qui plus est, on apprend que c'est le privé (les amis de Goldman Sachs) qui recouvrent cette taxe, et qui prennent 23% pour cela. Ahurissant ! Confondant ! Révoltant ! Infamie, félonie, etc.

=> il y avait donc un boulevard, à gauche, je répète : à gauche, pour voler dans les plumes, ruer dans les brancards, tirer à boulets rouges sur le pouvoir UMP/PS. Nul besoin de défendre le modèle breton pour cela. Jacques Sapir a proposé une taxe qui permettrait réellement de relocaliser la production. Il est vrai que Jacques Attali et consorts rivalisent de bassesse pour faire passer Sapir pour un conseiller de Marine Le Pen. Bref. On peut être contre le modèle breton et contre le gouvernement. On peut le dire clairement. Je pense y être parvenu à l'instant. Or, qu'a fait Mélenchon, et la gauche avec lui ? Insulter les bonnets rouges, parce qu'ils sont de droite voire d’extrême-droite donc fascistes. Tiens le petit Alexis Corbières du Parti de Gauche est de ceux qui font passer Sapir pour un économiste d'extrême-droite. Ce doit être un hasard. En gros, Mélenchon choisit. Et il nous avait prévenu de cela. Il combat le FN, et s'il lui reste du temps, il veut bien écrire une phrase ou deux contre Goldman Sachs. 

Tout cela n'est pas sans conséquence. Puisqu'il n'y a depuis l'élection de Hollande aucune opposition radicale, cohérente et de gauche à son (in)action, toute contestation est poussée vers... le FN. C'est logique. 


2/
Non seulement on les y pousse par absence de réelle opposition de gauche, mais qui plus est, on a tellement peur à gauche de Hitler=SS qu'au moindre doigt qui se lève, on crie on hurle c'est l'extrême droite c'est la bête immonde qui revient. Baudrillard nous disait que c'était faire beaucoup trop d'honneur à l'extrême droite que de considérer toute pensée originale comme étant d'extrême droite. Mais on fonce. Tous les jours, de nouveaux gusses sont accusés d'être des nouveaux Hitler. 

Y en a marre. 

 
Aujourd'hui, c'est Dupont-Aignan qui me parait être sur la ligne la plus raisonnable : on nous vend un combat République vs extrême droite, mais c'est pas ça le débat ! la question, c'est : que vont foutre les criminels économiques demain à l’Élysée ? On sait pas, la gauche pensera encore à insulter trois abrutis à bonnet rouge.

Une porte de sortie pourrait venir. Chevènement qui revient avec son livre, pourrait organiser une coalition avec Mélenchon et Dupont-Aignan qui demanderait l'organisation d'un référendum sur l'Union Européenne. Les débats feraient rage. Et ce serait une façon de rebattre les cartes. Sinon?

dimanche 10 novembre 2013

La synthèse - de l'antifascisme à Davos, la gauche a disparu

Ce matin, en sus des activités normales pour un Jour du Seigneur, j'écoute le petit père Chevènement chez Ruquier. Celui-là est très nettement au-dessus de la ligne de flottaison politique mais a ceci d'énervant qu'il semble ne rien vouloir faire pour que nous sortions du marasme. Par exemple, il avoue que sa "candidature pédagogique" de 2012 n'a pas fait bouger les lignes, mais il demeure indulgent pour Hollande et ses acolytes. Chevènement donnerait presque envie d'être démocrate et de voter pour lui, mais on sent bien qu'il ne fait que la moitié du chemin. Même Dupont-Aignan va un peu plus loin... Bref, je reste pro-sortilège. 

En revanche, un certain Felix Marquardt m'a étonné. Je ne le connaissais pas. Ses propos édifiants m'ont poussé à me renseigner, un peu. 

Je tombe déjà là-dessus :


Le capitalisme impérialiste trouve l'anticapitalisme comme allié. Ils ont les mêmes valeurs, les mêmes objectifs. C'est rarement prouvé de manière aussi claire. Un rappeur fait le trait d'union entre Marquardt et Besancenot. Mokless, cosignataire avec Marquardt et un journaliste de Canal+ (comme par hasard) d'une tribune publiée dans Libé (comme par hasard) intitulée "Barrez vous". Mokless, apparement figure antifa. Mokless, invité par Marquardt à Davos, au forum économique mondial. Bin tiens...

Tout est là. Les antifas/rappeurs sont américains (j'entends impérialistes). Ils se battent contre un fascisme qui n'existe pas, ce qui leur permet de frapper (physiquement, moralement, juridiquement) toute voix anti-impérialiste. C'est démontré par les faits depuis longtemps. Mais nous avons le bonheur de trouver en Felix la synthèse parfaite. Il porte d'ailleurs la tenue de synthèse : cravate et compagnie, mais baskets rouges Nike, slogan sur les manchettes de la chemise, boutons Superman.



Emmanuel Ratier publie quelques faits et documents sur ce bon monsieur. Étonnant, non ?


Il faudrait donc se barrer. Personnellement, je n'ai rien contre le voyage, ni contre l'exil. Certains rêvent en effet de départ, et c'est très bien. Ce n'est pas mon cas, ayant choisi plutôt une pérégrination intérieure. Peu importe.

On entend cependant des discussions étonnantes à ce propos. On voit des UMPS s'offusquer, chanter la déchirure du déracinement, la souffrance que ces jeunes doivent ressentir, l'impasse dans laquelle ils doivent se trouver en leur pays pour vouloir en partir. C'est étonnant. C'est étonnant, parce que cela ne vient jamais sur le tapis quand on parle des Maliens qui viennent en nos contrées. Ce qui déchire le cœur quand François quitte famille, village, pays pour aller en Australie, est occulté quand c'est Fatoumata qui vient en France.

Bien davantage! c'est magnifique l'immigration massive. S'y opposer serait raciste et fasciste. Nous y revoilà! Pour que Bouygues ait des négros pas chers sur ses chantiers, il faut que Besancenot traite de fasciste toute personne s'interrogeant sur le déracinement. Et chez Mermet, on prévient : qui parle terroir est pétainiste. Marquardt et Besancenot, même pas l'alliance de la carpe et du lapin, mettent à jour la dissonance cognitive des "démocrates" impérialistes.

Il ne nous reste donc plus qu'à prêcher dans le désert, pour des valeurs écologiques d'autonomie et d'altérité. Je me souviens de la phrase de Vernant, tiens :

"Entre les rives du même et de l'autre, l'Homme est un pont."

mercredi 12 octobre 2011

Se passera-t-il quelque-chose ?

Les 17% de l'ami Montebourg sont une drôle de surprise. Au moment où Jean-Claude Michéa publie Le complexe d'Orphée. Interdiction de se retourner... Le simple fait de parler de "démondialisation", à la suite de Jacques Sapir, et Emmanuel Todd, équivaut à réveiller un immense volcan. A partir de ce jour, on peut de nouveau penser. Nous le faisions, nous, de notre côté. Nous n'espérions rien des politiciens. Peut-être sommes-nous si proches du mur que penser leur redevient possible. 

Montebourg pose dans sa lettre trois questions, aux impétrants. Aux impétrants. Il fallait le faire - prononcer ce mot. Todd pense que Aubry ou Hollande, bien qu'hostiles idéologiquement, seront obligés, contraints de se gauchir et de répondre en actes à ces questions, à défaut d'y répondre en paroles. Je suis sceptique. 

Il y en a un autre, l'ami Mélenchon, qui lui a répondu en paroles. En effet, sur ces 3 (4) points, il me semble qu'ils sont sur la même longueur d'onde. Il me semble que l'ami Dupont-Aignan (qui a répondu lui aussi) le serait aussi. Que l'ami Chevènement, aussi. Et ça fait beaucoup d'amis. Ajoutons donc l'ennemie Le Pen. De toute façon, nous n'avons pas besoin d'être amis, ni d'être d'accord. Paulo, Paul Ricoeur : 
"Est démocratique, une société qui se reconnaît divisée, c’est-à-dire traversée par des contradictions d’intérêt et qui se fixe comme modalité, d’associer à parts égales, chaque citoyen dans l’expression de ces contradictions, l’analyse de ces contradictions et la mise en délibération de ces contradictions, en vue d’arriver à un arbitrage."

Ah oui, Franck Lepage a raison de dire que cette définition de la démocratie, c'est autre chose que : "aller voter". Michéa encore pour la façon que nous avons (pas moi parce que je m'en fous) de désigner les équipes de France : "les Bleus" a remplacé "les Tricolores". Les trois couleurs du drapeau tricolore symbolisait l'unitas multiplex, quelque part (et même ailleurs), les divergences, les contradictions, les conflits qui traversaient la société française pour la constituer. Aujourd'hui que nous appelons notre régime "démocratique", nous n'avons plus qu'une seule et unique couleur (bleu), symbole de la fausse alternance unique que le Spectacle politique nous offre. Un coup PS, un coup UMP. Mais le premier n'est pas socialiste, le second n'est pas populaire, les deux sont oligarchiques. 

Alors, se reconnaître divisés. Il faut bien commencer. Se reconnaître, déjà. Liquider cette idée selon laquelle toute personne parlant du peuple serait populiste et démagogue. Les démocrates actuels sont des démocrates sans peuple, ce qui ne manque pas de piquant. Nous existons, en tant que peuple, en tension, mais comme peuple, qui doit se déterminer dans et par l'expression de ces tensions. De là une possible reprise de contrôle démocratique de nos politiques économiques et sociales.

Amis et ennemis de droite et de gauche, et on sait depuis 2005 que ces amis et ennemis sont majoritaires, il est possible de demander tous ensemble une Constituante. Tout le reste, toutes les autres questions, sont secondaires et relatives à ce préalable. Ces amis et ennemis de droite et de gauche semblent avancer chacun dans son appareil vers 2012. Ils pourraient se rassembler pour désigner un candidat inconnu (ou la chèvre Biquette) dont le rôle et unique rôle serait de convoquer une Constituante par tirage au sort et de démissionner immédiatement. Ça semble peu probable. Je vois là la condition à laquelle je pourrais avoir envie de voter en 2012. Sinon, on attendra l'apocalypse.