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dimanche 24 août 2014

Le Merluchon peut-il fédérer le peuple?

Le Merluchon est de retour. On le croyait définitivement perdu, le voilà qui refait surface, affublé d'une riche idée. Le bougre veut "fédérer le peuple". Diable!




Il est certain que dans le panier de crabes des alliances PC/PS, il n'allait pas fédérer grand chose. Le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas, c'était mieux... 

Il y a un hic, il risque de tomber sur un os. Hélas! Le même genre d'os sur lequel est tombé France 24 durant un banal exercice de propagande : un instant de Vérité (l'UE est une fabrication US). Le Merluchon en a lui-même fait l'expérience à plusieurs reprises. A dire certaines choses, le couperet vous tombe dessus. S'en souvient-il? de son attaque contre la "finance internationale"? 15 jours de "sursaut républicain" dans les médias contre l'antisémitisme de l'extrême-gauche. Ah bin oui. 

Le Merluchon aime Robespierre. Il ne le dit pas trop souvent. Parce qu'à le dire vraiment, ce serait un petit tour de tourniquet aussi. Même Michel Onfray donne dans l'équation Rousseau = Robespierre = Staline (Oh mon Dieu! c'est horrible). 

Résumons-nous. L'os sur lequel risque de tomber Mélenchon, sur lequel il est déjà tombé, c'est la diabolisation. Vouloir "fédérer le peuple", ça veut dire se faire traiter, jour après jour, de fasciste populiste conspirationniste antisémite unijambiste. Ça veut dire se prendre en pleine poire ce que le-dit peuple subit. Or, le Merluchon, il ne le supporte pas. Il a l'impression que ça le fait ressembler à son épouvantail préféré, Marine Le Pen. C'est pourtant absurde à plus d'un titre.

Le dernier titre en question, c'est l'axe qui se met en place : Valls-Marine-CRIF/LDJ. Rien de mieux pour décomplexer la gauche la vraie, et saborder les catégories du "centre-gauche" (les milieux d'affaires). L'antiracisme, politique transparente au point d'être obscène de la gauche morale depuis 1983 conduit tout naturellement à la justification du carnage sur Gaza et des méthodes de la LDJ, au nom (tu) du choc des civilisations. De la République de Valls au déluge de feu de Chauprade, la route est tracée.

Nous qui sommes inter-nationalistes, qui refusons tout impérialisme et tout colonialisme, n'avons pas à craindre les anathèmes du Pouvoir. Certains, chez Merluchon, l'ont compris par parcelles :


Mais, à mon avis, jamais intégralement. On les trouvera à se justifier de ne pas être ceci, de ne pas être cela ; on les trouvera à traquer le fascisme partout où il n'a pourtant aucune chance d'être, plutôt que de s'en prendre au vrai Pouvoir, celui de l'Argent. L'Argent, pourtant, n'a pas d'origine, de religion ni de race. L'Argent n'existe pas. Ce n'est que le Sang du Pauvre, comme l'a écrit Léon Bloy. L'Argent n'a pas d'idéologie non plus, il aime tout aussi bien les néo-nazis de Kiev que les fous furieux du Levant Islamique. Prolétaires de tous les pays? Il suffit de rester droit dans les sabots de Karl, et les anathèmes tombent d'eux-mêmes. Mélenchon peut-il être l'homme de la situation? Rien n'est moins sûr...

Sinon? Il ne nous reste qu'à espérer que le rêve de Sylvain Baron prenne vie... Rien n'est moins sûr non plus. 

vendredi 15 août 2014

Une nation qui ne colonise pas est infailliblement vouée au socialisme

Le titre est de Renan. Ernest Renan, le grand penseur, le voltairien, le type affranchi des superstitions voyez-vous... le centre-gauche dans toute sa splendeur, le propagandiste des milieux d'affaires. Figurez-vous qu'à l'époque, les choses étaient dites plus clairement qu'aujourd'hui. Renan et ses amis "honnêtes gens", qui rivalisaient tous de mépris pour la canaille, la populace, ont bâti notre République en expliquant le plus simplement du monde que c'était le régime qui permettait le mieux la défense des grands intérêts. Rousseau l'avait compris par anticipation, c'est pourquoi, entre autres, il était détesté et persécuté par l'Encyclopédie. Et nous, on a tout gobé de la propagande banquière. 

Hier, par dépit et par faiblesse, je tombe sur BFM TV. C'est un peu les Renan de l'époque, si on veut, BHL TV quoi... Les curés qui y sévissent sont certes affolés par le cataclysme de la retraite d'un tapeur de ballon, mais ils n'oublient tout de même pas de faire l'édification des ploucs en matière d'économie. On y parle de déflation. La déflation, parait-il, menace l'Europe. Diantre! C'est quoi la déflation? c'est les prix qui baissent, nous disent les curés. Les gueux qui écoutent ne comprennent pas : "tant mieux si les prix baissent!". Non, faux! nul! rien compris! c'est d'ailleurs pour ça que ce sont des manants. Dieu soit loué, les curés de BHL TV sont là pour prêcher la Bonne Parole. 

Si les prix baissent, le Consommateur, au lieu de Consommer, va attendre en espérant que les prix baissent encore. C'est épouvantable. Pire encore! horresco referens... le Consommateur va peut-être même en arriver à penser que cet i-phone zx7 à écran thermonucléaire, il n'en a finalement pas besoin. Horreur! Consommer moins? mais à quoi cela servirait-il, alors, de bombarder (en les aimant) les bougnoules et d'exploiter (en les aimant) les nègres? A rien! juste pour le fun, et encore, on n'aurait plus la tête à ça... Une telle catastrophe ne se peut concevoir. 

Un pays qui ne colonise pas est infailliblement voué au socialisme. Le stade suprême du capitalisme est l'impérialisme. 

lundi 27 janvier 2014

La question humaine et le fascisme


Souffler. 

Respirer. 

Garder son sang-froid. 



Depuis le référendum de 2005, j'ai l'impression de ne tirer que contre "mon camp". C'est-à-dire, je n'ai pas de camp, si ce n'est ceux desquels je rêve de m'échapper. Autonomie! Je refuse de faire partie d'un groupe qui m'accepterait comme membre, disait l'autre. L'autonomie? sort pas de nulle part! demande des conditions... travailler sur les structures sociales, d'où cette illusion, parfois, de faire partie de la gauche. Hélas! ce qui s'auto-définit comme "gauche" ne dit plus rien sur les structures sociales, d'une, et n'a de toute façon plus les mêmes arrières-pensées (une sorte de mystique de l'autonomie, à la Rousseau, Robespierre, Jaurès). Alors, selon la loi contre la christianisme édictée par l'Antéchrist, c'est pas la droite la plus coupable, pas même la gauche, mais bien la gauche de la gauche qui est la criminelle des criminelle. Je n'ai pas à faire le procès de la droite, il est d'ores et déjà contenu dans chacune de mes phrases, éclatant. Je dois faire, refaire, sans cesse, inlassablement et impitoyablement, celui de mes camarades.



C'est usant, mais nécessaire. Le cas Dieudonné est éreintant. Se faire traiter d'antisémite, négationniste, conspirationniste, négationniste du négationnisme, rouge-brun-vert, fasciste, etc. n'est pas de tout repos. Bien entendu, ça ne m'atteint pas, personnellement, et ça aurait plutôt tendance à m'amuser, et selon les cas, à me paraître autant de médailles&décorations. C'est un peu notre légion d'honneur à nous. "Rouge-brun!!!" Bingo! Je remercie ma famille, mes amis, mes entraîneurs, et le Dalaï-Lama. "Antisémite!!!!" Je ne sais quoi dire devant cet honneur que vous me faîtes et qui récompense toute ma carrière. Il y a des gugusses, dans notre genre, qui ne se laissent pas facilement intimider par les anathèmes. Lars von Trier : "Nous, les nazis". Mais, après la bouffonnerie, l'échange. Et là? comment parler, comment se disputer, avec quelqu'un qui n'a que l'anathème au bout de la langue ou des doigts? C'est ça, qui est difficile et désespérant. 

Hier se tenait la manifestation "Jour de colère". A titre personnel, je déteste les manifestations, et celle-ci m'est apparue suspecte dès le départ. Le plus gros travail d'investigation a été mené par... cherchez un peu... Le Monde? Le Figaro? Libé? Canal+? Le Canard? non! non! non! par François Asselineau (ici, là et là), qui a montré plusieurs choses, successivement : 
  • site Internet localisé dans une société-écran à Panama (gné?)
  • financements?
  • focalisation sur le gouvernement et Hollande... rien sur ce qui fait l'Empire (dette? UE? OTAN?)
  • confusionnisme entre des thèmes légitimes et des sous-marins UMP/FN
  • organisé finalement par le "Printemps français" calqué sur les "Printemps arabes" de funeste mémoire
  • "Jour de colère" est une expression maintes fois utilisée dans divers pays, toujours dans le but de déstabiliser des régimes politiques 
  • et puis, repoussoir absolu de la présence de Riposte Laïque/LDJ... y a anguille

Bref, ça ne me disait rien qui vaille. Je pense certes que la condition première d'un renouveau est une sorte de CNR 2.0 qui consisterait à fédérer les 2*20%=55% qui s'opposent à la Banque, mais, s'opposent aussi entre eux (gauche contre droite). Toutefois coalition n'est pas confusion. 

Cependant, l'Agence Info Libre a couvert en direct cette manifestation. Le plus intéressant est ce qui s'est produit à la fin et après la dispersion. Il restait quelques centaines de personnes, bloquées place Vauban, et des zozos (des témoins disent : des flics en civils) ont commencé à s'en prendre aux CRS, qui ont alors encerclé les manifestants. Et là, les vidéos de l'Agence Info Libre sont éloquentes :







Ils ont été bloqués des heures durant dans le froid et sous la pluie, sans explication. Emmenés dans des cars de la police, sans connaître la destination. A l'arrivée, on entend, je crois Jonathan Moadab dire : "c'est Shoah de Claude Lanzmann". Dans le car, les manifestants rigolards et taquins sont gazés. Pas au Zyklon B, mais au lacrymo. Dehors, sous la pluie, et derrière des barbelés, 200 personnes parquées. Quelle sale impression! malaise... 

Ce matin, dans les médias, on entend parler de la menace de l'extrême-droite. De qui se moque-t-on? On ne se moque pas, on est sérieux. 

C'est en vain qu'on chercherait des consciences de gauche, parce que les gens de gauche ont une conscience, sont des consciences, s'élever contre ces images sidérantes. Trop occupés à leur combat antifa de pacotille. 

Evidemment, on entendrait en revanche hurler à l'évocation de l'analogie avec la Solution Finale. Moi, aujourd'hui, je revois La question humaine, le film de Nicolas Klotz. 

Ce que démontre ce film, et ce qu'illustrent les événements d'hier soir, c'est que le nazisme n'est qu'une manifestation de nos sociétés industrielles de consommation. Une manifestation diabolisée (parce que diabolique), qui permet de dédouaner... le gros arbre dégueulasse qui cache la forêt. Les flics en civils, ils ont fait ce qu'on leur a demandé. De l'autre côté, les CRS, ils ont fait leur boulot. Et il y avait des chauffeurs de bus, qui ont emmené les manifestants là où on leur a dit, et il y a bien quelqu'un qui a décidé d'envoyer le gaz dans le car, et d'autres gendarmes qui ont notifié la garde à vue à ces manifestants, sans pourtant être capables de leur expliquer pourquoi. Chacun fait son job. Et nous ne sommes que "des chiffres dans des graphiques que dressent des imbéciles" (Debord). La société, appelons-la mondialiste aujourd'hui, a supprimé la question humaine. Des rapports déshumanisés dans un monde de croissance, productivité, efficacité. Désarticulés nous sommes, segmentés les problèmes, "des logiques implacables mais toujours pas de sens". 

Il est là, le fascisme! TELEPOLIS!



Mais ça, c'est l'empire de la gauche morale. Elle se dégrade d'ailleurs à vue d’œil. En 2005, un collectif d'historiens pouvait publier un appel "Liberté pour l'histoire" contre la Loi Gayssot. Aujourd'hui, s'opposer à la loi Gayssot est devenu nauséabond. La faillite, la déroute, la Bérézina de l'antifascisme de pacotille est complète et totale. La France "Black Blanc Beur" dont ils se gargarisaient chante aujourd'hui la Marseillaise, un ananas à la main, et ils sont terrorisés. 

A suivre...

vendredi 27 septembre 2013

Texte, prétexte, contexte - l'éducation du populo

Il y a les bons auteurs et il y a les mauvais auteurs. Les bons auteurs, ce sont des ordures mais ils écrivent le Bien. Les mauvais auteurs, ils écrivent bien, mais ce sont des ordures.

Une nouvelle fois le cas Céline sur la table, et comment ne pas se lasser? Évoquer Céline, et regarder le tournant, on vous y attend. C'est fatal. Il y a des degrés, mais on vous y attend. C'est inévitable. Faut pas en faire une référence littéraire, c'est une ordure. 

Tôt ou tard, mais plutôt tôt, on vous fera le coup de l'antisémitisme. C'est insupportable. Les plus anars estimeront qu'on peut lire Céline à condition de placer 300 pages de préface sur les heures les plus sombres de notre histoire. Les cheveux poussent à l'intérieur de la tête. 

Dans ses pamphlets, le génie de Céline bing ! bang ! éclate de toutes parts, direct à l'intérieur de la tête de l'insensé(e) tenant l’œuvre entre les mains. Jamais personne n'a écrit comme ça, ni n'écrira comme ça. Mais! c'est antisémite blabla. Et alors ? Ce que Céline pensait, lui avait à l'assumer, à y faire face, il est mort, on ne peut plus le lui demander, l'affaire est classée. On s'en fout, qu'il ait été le plus grand antisémite de tous les temps. On est quand même libre de ne pas le devenir, rien qu'en le lisant. La grande peur des bienpensants! (je joue avec le feu, là). Que le populo se laisse influencer par de mauvaises lectures. Parce qu'il a été antisémite, il faudrait le ranger au placard. 

C'est la même avec tout ce qui dérange l'Ordre Moral. Prenons Rousseau. On est bien obligé de l'apprendre à l'école, mais passé à la moulinette démocrateuse. Que reste-t-il du texte de Rousseau? Rien. Et le médiacrate n'oubliera pas de rappeler qu'il a été un homme détraqué, qu'il a abandonné ses enfants, peut-être même les a-t-il mangés, que son fils s'appelle Robespierre et son petit-fils Staline, et caetera! Au prétexte que Rousseau écrivait contre l'Ordre Moral, son texte est passé par pertes et profits. Rousseau, il écrit bien, mais c'est une ordure : tu as compris populo?

Au contraire, prenons Voltaire. En voilà un qui a été utile à l'Ordre Moral moderne comme le vent au moulin. Vive le despotisme éclairé, le >>centre-gauche<< et tutti quanti. Voltaire, c'est magnifique : la philosophie, le Progrès, la tolérance (la tolérance!), les Lumières (les Lumières!). Ah! En revanche, il était détestable en tous points, menteur, négrier, enfin je ne fais pas la liste. Voltaire, c'est une ordure, mais il écrit le Bien : tu as compris populo? Le reste? à remettre dans le contexte. Passez, muscade!

Céline n'avait-il pas dit :
Je suis ! tu es ! nous sommes des ravageurs, des fourbes, des salopes ! » Jamais on dira ces choses-là. Jamais ! Jamais ! Pourtant la vraie Révolution ça serait bien celle des Aveux, la grande purification !

Mais la Bienpensance a des lunettes à filtres. Un rouge qui leur permet de regarder les dissidents : ils ne savent voir que leurs travers ; un bleu qui leur permet de regarder les bienpensants : ils ne savent voir que leur grandeur. De grands tartufes...

Vivement le permis de lecture à points.

dimanche 21 juillet 2013

"Le jazz est le seul communisme qui a réussi"

Phrase de Nabe... jamais vu qu'il ait expliqué ça. Mais, moi, j'ai entendu Guillemin citer Bernanos, lequel s'en prenait aux communistes qui commettaient l'erreur de poursuivre le bien-être matériel (matérialiste) au lieu de la liberté spirituelle. Pour Bernanos, en gros, les communistes sont des gueux qui se partagent le gâteau du capitalisme... sont très proches des capitalistes, finalement. Tout aussi matérialistes et productivistes, en effet. Tous ceux qui me touchent les ont toujours renvoyé dos-à-dos, les capitalistes et les communistes. Tous ont l'arrière-pensée accrochée au socialisme : que l'individu puisse accomplir sa destination, des diableries pareilles, cf. Rousseau, Robespierre, Jaurès, Nietzsche, tous aussi divers les uns que les autres, mais rejoints sur cette ligne. 

Et c'est vrai, les jazzmen, ce sont des gueux, mais ce qu'ils ont mis en commun, c'est leur liberté spirituelle... se sont pas intéressés du bien-être matérialiste... c'est pour ça que ça a réussi. 

Au contraire, de nos jours, les rappeurs eux ne pensent qu'aux grosses voitures, chaînes en or, tutti quanti... voilà pourquoi ça n'a pas de sens... ce qu'ils remarquent en multipliant les formules de politesse ! pure et simple hypocrisie qui ne peut qu'enfoncer le clou.

Sert à rien d'être rappeur, autant être banquier directement.

samedi 25 mai 2013

Nation. République. Souveraineté.

- France TV offre 25 minutes de publicité au FN et ose prétendre : "le FN a le vent en poupe". On apprend ainsi que le vent parle... les journalistes c'est du vent ! ils soufflent tant qu'ils peuvent dans la voile du FN. Dans le même temps, à peine une idée de gauche est-elle émise, les mêmes journalistes crient hurlent au populisme - négationnisme - conspirationnisme - antisémitisme. Le "droit d'ingérence" est-il critiqué ? l'employé de Lagardère décoche la flèche : dire les "otaniens", et les "états-uniens" en lieu et place de "américains", c'est être "anti-américain primaire". 



- Zemmour défend la souveraineté nationale, contre le fameux "droit d'ingérence". Et Mélenchon ? Mélenchon le chaviste ! Bah Mélenchon, il baisse pavillon. Comme dit René Balme, il est atlantiste. René Balme, traité évidemment de conspirationniste-etc. Et qui a des nouvelles de Maxime Gremetz ? 




- Une élue verte s'en prend à La Marseillaise. Pas ma tasse de thé La Marseillaise, mais ça n'empêche l'analyse historique. Dans un grand délire digne des plus tordus des "conspirationnistes" (c'est boomerang ces insultes), elle y trouve un appel à la xénophobie (pardon ?) et fait le lien avec les récents événements de Londres (exceptionnel !). On aurait en effet trouvé dans la chambre des "terroristes", en plus d'une rutilante carte de membre "Al Qaeda - le jihad en mobylette", une version de La Marseillaise chantée par Hitler lui-même.




- Onfray dit qu'il dégomme les 3 religions, mais passe son temps à n'en dézinguer qu'une, entrant dans le jeu du cirque médiatique. Mais faisons-lui crédit de son athéisme intégral... jusqu'à un certain point ! car l'entendre dire qu'il combat toutes les illusions, et n'en admet aucune, et dix de der... Non ! Il n'est pas "athée républicain". Je veux dire républicain au sens le plus médiocre du mot. Les contes et légendes mises sur pied pour se substituer à l'ancienne et obsolète morale chrétienne, il plonge dedans à pieds joints. Il aime les Lumières !






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Parce qu'il y a des mots... je croyais qu'ils faisaient sens, moi... un sens de gauche. Nation, République, Démocratie, Souveraineté, Laïcité. Renversés ces mots !

Mais c'est où la gauche ? Il y en a qui mélangent : Voltaire et Rousseau, Danton et Robespierre, etc. Il y a ceux plus subtils qui repoussent Rousseau, qui repoussent Robespierre, pour glorifier les figures de Voltaire et Danton. Ces deux catégories remplissent les médias et les partis politiques convenables. 

"Un pays bien organisé est celui où le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui, et le gouverne." - Voltaire



Et la troisième catégorie, ceux qui se détachent de Voltaire, et qui puisent en effet chez Rousseau, chez Robespierre... la vraie gauche, celle qui entend permettre que les consciences s'éveillent, celle qui espère trouver les règles d'organisation sociale autorisant l'émancipation individuelle... tout est toujours fait pour la détruire. La calomnie est un moyens parmi les plus sûrs...


"La plus grande partie de nos concitoyens - la plus grande partie - est réduite par l'indigence à ce suprême degré d'abaissement, où l'Homme, uniquement occupé de survivre, est incapable de réfléchir aux causes de sa misère et aux droits que la nature lui a donné." - Robespierre


Dieu soit loué ! on a trouvé la Terreur à lui mettre sur le dos. Nul doute qu'aujourd'hui, Robespierre aurait lui aussi sa carte de membre "Al Qaeda - le jihad en mobylette"... et les médiacrates - chiens de gardes des "honnêtes gens" dormiraient sur leurs deux oreilles...

samedi 27 avril 2013

Tirer dans le tas, oui ! chanter et s'amuser, non !

Grâce à CQFD - Ce qu'il faut détruire !... je découvre, mais deux mois en retard, un texte aussi court que grandiose. Un texte... de Christine, tout sourire, CriCri. Christine Tasin : agrégée de lettres classiques, et d'une, co-présidente de Riposte Laïque, et de deux, présidente de Résistance Républicaine, et de trois. CriCri publie sur boulevard Voltaire, le site de Bob ! Robert Ménard... dont l'idée est de défendre la liberté d'expression. Voltaire ! Le zozo qui a tout fait pour faire enfermer... assassiner... Rousseau dont les idées lui déplaisaient au plus haut point. Voltaire !... l'idole de tous les "honnêtes gens" - les possédants... de La Fayette à BHL... le funeste centre-gauche au mépris infini pour la populace... 

Quand j'entends Voltaire, je sors mon révolver. 

Bob m'énervait déjà avant, malgré quelques coups d'éclats. C'est donc chez lui que CriCri se lâche. Tout cela n'est pas le fruit du hasard. Belle lurette qu'elle clame sa haine de l'islam et des musulmans un peu partout, on la connaît... Sous le patronage ô combien convenable de Voltaire-République-Laïcité, elle peut tout se permettre.

Citations : 

Je préviens : c'est incroyable.

Allons-y :
"Contentons-nous, d’abord, de faire un rêve. Devant la montée du rejet de l’islam dans la population, nos élus ont mis en place une commission d’enquête parlementaire sur la compatibilité entre l’islam et la République, après celle sur le voile intégral dans la rue. Celle-ci a prouvé que l’islam n’était pas une simple religion mais un système politique d’essence totalitaire mettant en danger la démocratie, la cohésion nationale, l’égalité hommes-femmes, la liberté d’expression et le droit de ne pas croire…
Nos gouvernants, en toute cohérence, ont alors voté une loi interdisant la pratique de l’islam sur notre sol, la vente du coran et l’enseignement de celui-ci"
Rassurez-vous : 
"mais ont garanti, bien entendu, la liberté de croire en Dieu, qu’il s’appelle Allah ou pas."
Merci, CriCri. On continue...
"Les musulmans, qu’ils soient Français ou pas, auront donc le choix. S’ils veulent rester en France, ils seront dans un pays où disparaîtra toute visibilité de l’islam, le voile, le kami, l’abattage rituel, les boucheries halal, les prénoms musulmans, les mosquées… Les nés-musulmans pourront alors librement abdiquer l’islam et devenir apostats ou pratiquer leur culte de façon totalement privée, chez eux, sans en faire état. Si cela ne leur convenait pas, ils auraient le droit de gagner un des 57 pays musulmans de la planète où règne la charia. À cela s’ajoutera un moratoire sur l’immigration s’accompagnant de mesures de préférence nationale pour les prestations sociales, afin de supprimer l’appel d’air permanent qu’elles suscitent. Bien sûr, il faudra ou sortir de l’Union Européenne ou la faire exploser puisqu’elle voudra nous empêcher de faire la loi chez nous, et reconstituer une Europe des nations."
Les musulmans auront donc le choix... de quoi se plaint-on ? Êtes-vous bien échauffés ? le pompon !
"Bien sûr, il y aura contestations, émeutes et même menaces terroristes. Le pouvoir y mettra fin grâce à sa détermination sans faille, et, s’il faut sacrifier quelques extrémistes pour redonner à 65 millions d’habitants paix et protection, il faudra faire savoir que l’armée, dépêchée à chaque menace, n’hésitera pas à tirer dans le tas. C’est terrible, mais il n’y aura pas d’autre solution pour calmer le jeu et imposer notre loi."
Vous avez bien lu : TIRER DANS LE TAS. Pauvre CriCri qui doit assumer cela : "c'est terrible, mais". Soyons assurés qu'elle aura du mal à dormir 1 ou 2 nuits, mais enfin, il faut ce qu'il faut. Tirer dans le tas.

Alors je suis assez déconnecté des médias, mais je suppose qu'à découvrir ce texte deux mois plus tard, il n'a pas fait scandale chez les médiacrates. Les mêmes médiacrates qui s'acharnent à traiter à peu près tout le monde de fasciste antisémite conspirationniste négationniste mangeurs d'enfants. CriCri est-elle victime, partout où elle se rend, d'arrêtés municipaux pour la refouler ? Apparemment, il vaut mieux appeler au massacre de masse de musulmans que chanter une chanson pour dénoncer quelques commerçants de la mémoire. Intéressant...

samedi 23 mars 2013

La démocratie folklorisée par la Shoah

L'arc démocratique. En joue ! Tirez ! (photo)
Daniel Cohn-Bendit publie un petit livre posant la question de la suppression des partis politiques. Il ne manque pas d'air, puisqu'il me semble qu'entre mai 68 et ce livre, il a largement vécu par et pour le système politique et ses partis, alors que la critique "anar" comme il dit mène tout droit à la suppression des partis, sans détour ni parenthèse... tout droit.

D'ailleurs, il parle de Simone Weil - c'était déjà sur la table à l'époque, non ? Bref, je ne vois pas l'intérêt du livre de Cohn-Bendit, mais prenons le sujet. A la suite de Rousseau, de Simone Weil, de Castoriadis, et d'autres, nous nous posons la question de la démocratie, à opposer absolument au "gouvernement représentatif" qui est notre régime. Simone Weil a raison : imagine-t-on le peuple donner son opinion comme dans les cahiers de 1789 ? Impossible. Désormais, seul le référendum lui demande de dire "OUI" ou "NON", et quand il dit "NON", c'est "OUI" quand même. Et ça, c'est ce qu'on appelle la "démocratie". 

Bon.


Voilà donc pourquoi il y a toute une réflexion citoyenne autour de ces questions (voir le Plan C), à mon avis plus légitime que celle de notre ami Dany. Mais Dany, il passe à la TV, contrairement à Etienne Chouard. Ça permet au système de jouer à se faire peur.

Il explique chez Taddéi que Ségolène / Trierweiler ou Fillon / Copé, ça justifie qu'on supprime les partis. Personne ne lui a posé la question du référendum de 2005... Non... non... c'est juste une histoire de tweets. La révolution dispose donc de bases solides : sous les pavés : le vent. Un peu d'agitation, pour rien. 

Mais cette agitation, c'est déjà trop. Immédiatement, Chantal Delsol, philosophe, comme Bernard-Henri Lévy, monte sur un grand cheval. On ne peut pas jouer avec ces questions. C'est très dangereux.

Elle montre, et c'est normal puisque c'est une philosophe, là où le peuple peut jouer (bac à sable) et là où il ne le peut pas (cour des grands). Simone Weil pouvait, en son temps, écrire un texte sur la suppression des partis politiques. C'était même un texte très beau. On ne savait pas, à l'époque, on était encore innocent. Mais après Hitler, ce n'est plus possible. 

On ne va quand même pas faire du beau après Hitler ! Ce serait insensé.

C'est-à-dire... Simone Weil avait raison, dans sa Note sur..., mais on ne peut plus avoir raison après la Shoah. Tant pis ! C'est une fausse démocratie, mais tant pis ! Il ne faut plus chercher la vraie. Oh ! ce serait mieux... c'est vrai... que le peuple s'émancipe... mais c'est trop risqué, ça doit rester un rêve puéril. Il vaut beaucoup mieux que les philosophes guident le peuple vers la Lumière. C'est plus sûr, surtout quand on est philosophe. 

Ainsi, à quiconque ressort la question démocratique, les belliqueux tenants du fameux "arc démocratique" le criblent des flèches que sont les crimes d'Hitler. C'est pratique...

C'est toujours la même opposition autour de laquelle nous tournons : Voltaire contre Rousseau ou l'élite contre le peuple. 

Avec la même hypocrisie insensée au passage. Pour Voltaire, le christianisme, c'est vraiment un truc de faquins, mais c'est très bien que les gueux croient, ça les empêche d'aller piocher dans la fortune qu'il a accumulée. Pour Delsol, c'est très joli Simone Weil, mais il vaut beaucoup mieux que le peuple écoute Patrick Cohen, ça évite qu'il se prenne à... penser par lui-même... à être philosophe...

mercredi 16 janvier 2013

La gauche pour tous ?

La gauche pour tous, c'est une cuiller à soupe d'anarchisme, et une cuiller à soupe de pensée réactionnaire, matin, midi, et soir. 

Le mariage pour tous. Voilà un sujet qui ne m'intéresse pas. Le mariage, tout court, n'est certes pas mon thème de prédilection. Les pires difficultés... je vous assure... pour imaginer ça comme revendication. En fin de repas, alors d'accord ! au moment de la digestion, je veux bien, mais pas au moment de l'apéro, pas à jeun... pire encore... Imagine-t-on une meute de loups affamés enfin trouver la trace d'un caribou (c'est tombé sur lui) arrêter la chasse et préférer débattre de la couleur du pelage des uns et des autres ? Pour le caribou, c'est cadeau ! Pour l'ennemi sans nom sans visage de François Hollande (souvenez-vous), c'est cadeau !

Bref.

Or, on en parle, et parle, et bla, bla, et reblabla. Une demi-heure de ces débats, quinze jours à s'en remettre. 

Et je considère par ailleurs ce genre de sujets comme le plus parfait enfumage de la part du >> centre-gauche << (les affairistes), toujours prompts à trouver du sociétal et/ou du national pour éviter que la canaille ne se penche de trop près à la question sociale. Pas intéressé... d'une... volonté de ne pas participer à un écran de fumée... de deux.

Pourtant, aujourd'hui, j'y vais. Il faut dire que je passe par plusieurs états, et que, comme souvent finalement, je suis plus énervé par ceux qui sont supposés partager mon point de vue, que par les adversaires idéologiques. Mais quel point de vue d'abord ? Celui qu'on a du haut de la Montagne Anarcorehak. En route...

Est-ce que je suis pour ou contre le mariage homosexuel ? Je m'en fous. Je me fous du mariage. Je trouve que la loi n'a pas à définir avec qui ni à combien on peut se marier. C'est-à-dire que la formule "mariage pour tous", je dis banco ! Pourquoi limiter le mariage à deux personnes ? Ministre Taubira dit : le mariage, c'est le couple. Point. Ah ! pardon ! Sic transit gloria mundi, amen. Jusque-là, c'était un homme et une femme. Qui avait décidé ça ? Aujourd'hui ça peut aussi être deux femmes, ou deux hommes. Qui décide ? Ministre Taubira et compagnie. Ministre Taubira veut pas des trouples (berk), mais personne ne sait pourquoi. Deux femmes s'aiment, elles ont donc le droit de se marier. Et si... ils s'aiment à trois ? Là, non. Argument zéro. C'est comme ça. Je signale que nous ne sommes pas des petits enfants, que nous écrivons nos lois, et qu'il n'y a pas de "c'est comme ça" qui tienne. Que ce soit Dieu ou Ministre Taubira, nous pouvons remettre en cause, questionner la légitimité des choses. A quoi bon combattre l'obscurantisme des religions, si c'est pour produire le même, estampillé modernité, certifié progressiste, etc. ? Cornélius défends-moi ! L'institution imaginaire de la société - l'autonomie...  C'est Chomsky, aussi : l'anarchisme consiste à exiger de l'Autorité qu'elle se justifie, et si elle n'y parvient pas, à la surmonter. Et pour le coup, je serais curieux de savoir par quels raisonnements logiques on peut arriver à la position de Ministre Taubira.

J'ajoute qu'il ne s'agit pas au-dessus d'une défense ou d'une promotion de la polygamie, loin s'en faut. De même que l’État n'a pas à nous dire ce que nous devons penser, il n'a pas à mon sens à nous dire avec qui nous pouvons nous marier. Après, chacun pense ce qu'il veut, chacun vit comme il l'entend, ce qui ne pourra pas nous empêcher de critiquer ou combattre des pensées, des modes de vie. Je ne vois pas pourquoi on devrait avoir peur de pensées, de comportements, différents, marginaux, "déviants".

Ainsi, les partisans du "mariage pour tous", n'assument pas cette formule.  Ils pensent "mariage homosexuel" et ils disent "mariage pour tous". Pardi ! ce serait discriminant, ce serait stigmatisant, de dire "mariage homosexuel". Mariage pour tous, c'est plus fun (berk), on est tous égaux, on a tous les mêmes droits, ce qui compte c'est l'amour, après la pluie le beau temps et pierre qui roule n'amasse pas mousse. Les opposants, qui ne voient pas plus loin, eux, que le bout de leur tradition, ont cependant raison de brandir la polygamie, etc. etc. C'est la conséquence logique de la formule "mariage pour tous". Les partisans, autruches qui s'ignorent, protestent : dialogue de sourds, très lassant quand on a des oreilles.

Il y en a un que j'aime écouter, c'est Eric Zemmour. Il explique, puisqu'il a lu et compris les critiques du capitalisme depuis Marx jusqu'à Michéa aujourd'hui, que le Capital a besoin de détruire les Institutions sociales, la liberté économique passe par les libertés individuelles, libertaires et libéraux sont les deux faces de la même pièce. C'est vrai. C'est le grand drame de la gauche, la vraie. Lutter contre l'Eglise c'est bien gentil, ça sert le Capital. Lutter contre de Gaulle c'est bien gentil, ça sert le Capital. Mai 68 c'est bien gentil, ça sert le Capital. La nation, la famille, à la trappe ! c'est le Capital qui se frotte les mains. Famille, Religion, Nation, Tradition, sont autant de freins au matérialisme consommateur le plus dégénéré. Que des saletés nauséabondes et moyenâgeuses qui font penser aux pauvres hères qu'il y autre chose dans la vie que le dernier i-pod 45.

Et que voyons-nous ? notre bon ami Monsieur Soros payer des prostituées ukrainiennes (françaises à l'occasion) pour venir asperger quelques familles qui s'opposent au "mariage pour tous". Que voyons-nous ? Monsieur Bergé trouver très bien que l'ouvrier loue ses bras et par conséquent très bien que les femmes puissent louer leur ventre. Liquidation générale ! Tout doit disparaitre ! Tout peut se vendre. Il sera fait exception de ce qui existe à l'état naturel. C'est la blague quasiment réalisée de Michéa : il sera bientôt légal de vendre du cannabis, mais illégal de cultiver des plants de tomates non autorisés par Monsanto, si bien que nous devrons cacher nos plants de tomate illégaux derrière des plants de cannabis.

Léon BLOY (L'Invendable) :
- Bon Dieu ou bon diable ! c'est toujours ça de vendu !
Exclamation d'un vendeur de la rue, jet de lumière sur le XXe siècle. Dieu et le diable sont hors de cause et de plus en plus. Leur affirmation ou leur négation fut un jeu pour l'âge puéril de l'Humanité. Devenue raisonnable enfin, la race humaine vendra... exclusivement. Elle vendra tout. - Malheur à celui qui donne ! Malheur à la Jérusalem de ceux qui donnent ! Malheur à moi !...
Est-ce bien
malheur qu'il faut dire ?

Résumons-nous :
1/ je dépasse par l'extrême-gauche les "modernes" "progressistes" partisans du mariage homosexuel

2/ je mesure les conséquences de cet anarchisme, qui peut aider (qui aide depuis deux siècles) à faire progresser la marchandisation générale du monde

Alors, il est facile d'égratigner les gratinés qui se déguisent en oiseau, en lapin, en tarte aux cerises pourquoi pas ? pour défiler contre le mariage pour tous et assènent les lieux communs et les absurdités les plus fantastiques. Mais, de mon point de vue anarco-réac, ce ne sont que des lieux communs du XIXe siècle, des lieux communs de vaincus, de poisson pêché qui redouble de frétillements avant de mourir. Les dangereux ? Pas eux.

Non, les dangereux, ce sont ceux qui assènent les lieux communs du XXIe siècle. C'est Canal+ (à qui je dédie cette phrase d'Audiard) qui fait passer, avec un côté fun (berk), sympa (berk), la Propagande du Capital. Pierre Bergé et ses moutons.



3/ la gauche ne devrait donc jamais oublier que la priorité est de créer les conditions sociales d'émancipation individuelle (et avec une arrière-pensée à la Jaurès, à la Rousseau, à la Robespierre : "sous le régime capitaliste, l'individu est enfoncé dans la matière jusqu'au cœur, sous l'écrasement économique et sous l'obsession militaire. Je veux essayer de construire une cité d'espérance où l'Homme s'aperçoit que les étoiles existent." (Jaurès))... Se libérer de l'emprise de la religion, de la famille, de l’État, etc. : oui ! pour tomber dans les griffes de la Banque : non !

Faute de quoi, en plus de nouveaux pas vers la marchandisation du corps, validés par le silence au moins, on s'escrime sur ce sujet somme toute assez périphérique, pour mieux ne pas voir la guerre au Mali ("guerre contre le terrorisme", "war on terror" c'est mieux en anglais, encore, comique de répétition assez lassant), le saccage du droit du travail, et autres diableries qui remettent bien plus furieusement en cause les idées de liberté, d'égalité, de laïcité, de progrès, tant vantées par la pensée dominante à propos de ce "mariage pour tous".


Conclusion : le >> centre-gauche << libéral-libertaire (libéral pour rire, libertaire pour rire, mais c'est encore autre chose), c'est le meilleur moyen de tomber dans la gueule du loup. D'une opposition l'autre...

samedi 12 janvier 2013

De l'hallali au hari-kari : le ramdam des manants, le tohu-bohu de la canaille


Laurent LOUIS dissout le MLD et réclame un... par JaneBurgermeister


Nous avions déjà tout : 
=> la suppression des partis politiques (Simone Weil, Note sur la suppression générale des partis politiques)
=> les germes démocratiques (Cornelius Castoriadis)

=> la volonté générale (Jean-Jacques Rousseau)

=> le tirage au sort (Etienne Chouard)


Mais, c'est bien la première fois, à ma connaissance, que cela vient d'un élu. Laurent Louis, belge de son état, qui s'était jusque-là fait remarquer à nos oreilles par ses diatribes contre les réseaux pédophiles, passe à un niveau beaucoup plus systématique. 

Plus de parti, plus d'argent, plus de lobby ! Quel est donc cet insensé ?



Les attaques à son encontre vont certainement redoubler. C'est qu'il ne faudrait pas que la populace, la canaille, les gueux, les ploucs, les fous et les insensés, nous quoi - il ne faudrait pas que la populace vienne à suivre cette idée. Big Pharma subirait tant de dommages, les élus seraient mis au chômage, le corbeau en perdrait son fromage. Horresco referens ! Je ne puis le croire... Un parlement tiré au sort ! Rendez-vous compte... il serait peuplé de manants !

Ce serait vraiment trop horrible.

samedi 10 novembre 2012

Danger ! Toxique ! Littérature.

Voyage au bout de la nuit est un livre très dangereux et très toxique. Frédérique Leichter-Flack veut bien qu'on le lise, mais avec un pharmacien sur son épaule. Le populo passera désormais son permis littéraire en lecture accompagnée.

On fera exception pour l'ado, qui est un abruti qui ne comprend rien - pas même la haine, et qui pourra donc lire le livre. La haine : il n'y a que ça dans le Voyage, chef-d’œuvre, d'accord, mais toxique.

Mme de Stael à propos de Robespierre : "ses traits étaient ignobles, ses veines étaient d'une couleur  verdâtre, il professait sur l'inégalité des rangs et des fortunes les idées les plus absurdes".

Frédérique s'offusque que Céline fustige les guerres même révolutionnaires. Michelet : le volcan révolutionnaire jetait ses étincelles sur le monde entier, l'océan révolutionnaire qui déborde, bla, bla, et reblabla. En effet, nous n'admettons pas ces guerres girondines menées pour razzia ainsi que pour tranquillité intérieure - cf. Henri Guillemin.

Céline n'aime pas les Lumières. Pardi ! Voltaire : "Un pays bien organisé est celui où le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui, et le gouverne." Votre >> démocratie << est strictement et dans ses fondements, une oligarchie. Nous ne l'aimons pas.

Il n'aime pas la culture. Avec un grand Q - cf. Franck Lepage. Nous non plus.

Il n'aime pas la démocratie. Nous non plus - cf. Etienne Chouard.

En effet, le Voyage est toxique pour les honnêtes gens, plus encore peut-être que Bagatelles pour un massacre.

Guillemin parle de Rousseau, ça vaut pour Céline, et pour tous les pestiférés :

""Vivant ou mort, il les inquiètera toujours." Qui ça, "les" ? Bah ! les sages quoi, les raisonnables, les avisés, les gens de bien, les honnêtes gens..."

"Vous avez entendu ces trois textes, il est évident qu'il y a un ton populaire, un ton peuple, c'est pourquoi Monsieur Ferdinand Brunetière, le grand critique de la Revue des deux mondes, quand il avait parlé de Jean-Jacques, avait dit : "c'est un homme qui par ses origines est peuple, peuple au sens le plus fâcheux du mot". Vous avez compris, c'est un infréquentable, enfin quelqu'un qui n'est pas admissible parmi les gens de bien."


Et une petite citation de Céline : 
"Le vrai rideau de fer, c'est entre les riches et les miteux. Les questions d'idées sont vétilles entre fortunes égales. L’opulent nazi et l'administrateur de Suez, ils parcourent les mêmes golfs, ils ouvrent la chasse ensemble, ils soupent à Saint Moritz. Mais nous là, hâves, penailleux, trimards, mégotiers, revendicateurs, allez... à la niche."

vendredi 31 août 2012

Yabon Breivik



Je commence par ce célèbre andante de Mozart, rien de tel pour me détendre - j'en ai quelque peu besoin. Je me sens parfois trop réactif, ou réactionnaire. J'entends et ça me fait réagir, mais nerveusement. Je me sens d'une intolérance extraordinaire, c'est vrai. "Réactionnaire et intolérant", un journaliste du Nouvel Obs' qui passerait par là verrait donc ce blog comme un lieu, un site fasciste d'extrême-droite. C'est qu'à l'Obs', on a la catégorie nuancée. 

Oh ! j'ai trouvé des alliés. Je vais aggraver mon cas : ils sont généralement croyants, que dis-je croyants ? ce serait déjà terrible ! mais intégristes. Je le raconte ici ou là, dernièrement à propos de Léon Bloy et Thelonious Monk. D'ailleurs, j'aime Céline, Nietzsche, je suis les vidéos d'Alain Soral. J'aime aussi Dieudonné, Etienne Chouard, Rousseau et Robespierre. Bingo ! pour notre observateur qui conclura sans frémir au rouge-brun. Mais si c'est un journaliste du Point qui passe, il sanctionnera rouge-brun-vert, en découvrant toutes les bougnouleries qui parsèment ce lieu.

Je voulais parler d'alliés. Ernest Hello, je le rappelle : 
La grande haine des Saints contre le mal est une des magnificences qui au dernier jour raviront les hommes et les anges. Cette grande haine est un des sentiments les plus inintelligibles à l'homme corrompu. Cette grande haine est l'éclair que la pureté fait dans la nuit en brandissant son glaive.
Si l'on me demandait quel chemin prendre pour faire la paix dans les âmes, je répondrais peut-être : le chemin de l'horreur. Ce qui manque le plus ce n'est pas l'amour du bien, c'est l'horreur du mal. L'horreur du mal !
Voilà. Je dois bien l'avouer, ma haine du mal me paraît vraiment démesurée - et tant mieux. L'un des Mal parmi les pires : le Spectacle.

La règle de base est bien celle-ci : tout ce qui passe à la TV est dégénéré. Il faut obligatoirement à un moment donné se faire taper dessus par la médiacratie pour valoir quelque chose, c'est une règle fatale, nécessaire mais non suffisante. 


Je ne connais qu'à peine Richard Millet. Je l'ai entendu avouer son angoisse de "seul blanc dans le métro". Quand j'entends ça, je pense : je n'ai jamais ressenti une telle chose et ne partage pas son conservatisme identitaire, j'y suis même totalement étranger. Mais le bienpensant, lui, crie au racisme et par conséquence : censure, mort médiatique, sociale, etc. M'enfin, ce n'était pas un coup de tonnerre dans la flûte de champagne. Même Lars von Trier (sur Lui la Paix) et sa somptueuse ironie au Festival de Cannes a fait beaucoup mieux.

Seulement voilà, c'est la rentrée. Et la rentrée encore, ce ne serait rien, mais la rentrée littéraire ! Ah ! ça !... c'est du sérieux, du niveau... disons... pas tout à fait les Jeux Olympiques... mais pas loin quand même. En termes d'impact, c'est la même catégorie que le championnat de contrôles anti-dopage annuel du mois de juillet sur les routes de France, peut-être. C'est dire si les journalistes sont sur le pied-de-guerre, prêts à dégainer !

Ce ne seront que prix, auto-congratulations, promotions, marketing, chiffres de vente, plateaux TV, échanges de bons procédés, honnêtes gens, belles personnes, bref, Spectacle. Mettons nos mots à nous : zéro, nul, pitoyable, lamentable, éhonté. 

Mais que serait une rentrée littéraire sans polémique de la rentrée littéraire ? Rien. Donc, polémiquons. Ils sont sûrs de gagner. C'est facile quand tu joues tout seul et que tu fixes les règles : si tu veux gagner tu gagnes. 

Richard Millet publie donc deux pamphlets, Langue fantôme suivi de Éloge littéraire d'Anders Breivik, et De l'antiracisme comme terreur littéraire. C'est parfait ! si parfait qu'on pourrait croire à une opération sous faux-drapeau menée par la médiacratie. Mais Millet a l'air trop honnête. Si ç'avait été Beigbeder, le complot était évident ! prouvé, même.

La polémique étant créée, le malotru malpensant est convoqué au tribunal, c'est-à-dire sur le plateau. C'est i-télé qui sonne la charge. Je crois (mais je peux me tromper, méconnaissant très largement ce petit monde) que c'est le groupe Canal+. L'esprit Canal... quelle pire abjection faussement progressiste et véritablement bienpensante ?


Cet entretien est sidérant. 

Les journalistes ne comprennent rien : 
- pas le titre
- pas les extraits qu'ils lisent
- pas les réponses de Millet

"Vous vous rendez compte que vous êtes en train d'en faire un héros ?" Plaît-il ? 

Ces journalistes se croiraient en droit de faire le procès de Dostoïevski ! Il a raison Millet. Auraient-ils Shakespeare devant eux : "êtes-vous antisémite ?" Rimbaud : "vos fugues et vos poèmes, ce sont des provocations et des coups médiatiques, non ?" 

Millet est quasiment sommé d'avouer qu'il va quitter Gallimard. Et qu'il regrette ses fautes, ses horribles péchés !

"Vous êtes raciste ?" La réponse de Millet est très claire, mais quel médiacrate peut comprendre ça ?

"Vous le regrettez ce titre ?" 

"Est-ce que vous regrettez l'émotion que ça suscite ?"

"Est-ce que vous êtes un écrivain d'extrême-droite ?"


Millet est-il raciste, d'extrême-droite ? On s'en fout ! Pourquoi ? Parce que nous, lecteurs, sommes capables de quoi ? de discernement. Étonnant, non ? Comment l'élite du peuple, celle qui nous délivre l'Information, qui nous éduque, nous assomme d'experts (experts blabla !), de spécialistes et de représentants, pourrait-elle s'y résoudre ? La populace, il faut lui délivrer la bonne pensée, sinon ce serait quoi ? l'anarchie ?... la révolution ?... le communisme ?... la démocratie ?... Allons allons !

En fin de compte, de quoi s'agit-il ? Moi, ça ne me dérange pas de vivre dans un monde où les autres ne pensent pas, ne ressentent pas comme moi. Athée jusqu'au bout des ongles, j'aime plus que tout côtoyer intellectuellement les grands croyants des diverses religions. De gauche radicale, je ne crois pas que le monde entier puisse le devenir, et ne le pense pas souhaitable. Cosmopolite, je n'ai pas le désir infantile que tous soient cosmopolites. Millet ne l'est pas - et alors ? La seule question qui m'intéresse est : est-il un grand écrivain ? En revanche, j'ai de plus en plus de mal à tolérer (...) les apôtres de la Tolérance qui condamnent tout écart à la bienpensance. Tartufes ! Soyons les plus forts !

mardi 31 juillet 2012

Les grands renversements

Quand on pense au cas Dieudonné !... Que le nom sorte, et une foule d'exorcistes se met à l’œuvre. C'est amusant comme chaque époque s'affaire à sa chasse aux sorcières ; et comme chaque époque raille pourtant les chasses aux sorcières des époques précédentes, toutes plus "barbares" les unes que les autres. Dieudonné est devenu synonyme de racisme. C'est à hurler de rire ! Au XXIIe siècle, ils nous prendront vraiment pour des abrutis (sans comprendre qu'ils seront en train de faire la même chose, assurément, avec les Dieudonné de l'époque). 

Dieudonné est un métisse, un pied sur deux continents, et il se pense comme tel. Depuis toujours, il ridiculise les frontières arbitraires et absurdes (couleur de peau, religion, nationalité, etc.) que les homo sapiens dressent entre eux. Pour lui, ça n'a pas de sens, il le dit, il le répète. C'est à ce titre qu'il s'engage politiquement contre le Front National. Dieudonné incarne l'anti-racisme. Hélas ! pour lui, il y a l'anti-racisme, et il y a >> l'anti-racisme <<. Et ça n'a rien à voir, c'est même le contraire. 

Pour l'anti-racisme, l'individu n'est pas réductible à son groupe, sa communauté, sa religion, sa race, n'importe quoi... il est autonome. Toutes les hiérarchies entre groupes humains sont donc absurdes et auto-centrées. Voir Les civilisations ne se valent pas : en effet elles ne se valent pas, mais aucune d'elles ne peut juger les autres (elle ne saurait le faire qu'avec ses propres critères).

En réalité, >> l'anti-racisme << combat tout autre chose que le racisme : la xénophobie. C'est-à-dire que l'anti-racisme a dérivé par sentimentalisme en anti-xénophobie. Exemple : critiquer Coca Cola, Hollywood et Monsanto, c'est faire de l'anti-américanisme, et c'est très mal. Autre exemple : dire du mal de l'islam, c'est intolérable. Or, je ne vois pas, moi, à quel titre nous devrions penser du bien de toutes les cultures du monde. Je vois même plutôt pourquoi nous devrions en penser du mal. Critique tous azimuts. Bien entendu, si la critique ne touche que "les autres" et ne se retourne jamais contre soi, c'est une pensée assez faible - mais la faiblesse n'est pas encore interdite par la loi. On pourrait même dire qu'elle est encouragée : lois mémorielles, tolérance obligatoire, rappels intempestifs des "heures les plus sombres de notre histoire".

Or, où est le racisme aujourd'hui ? Dans le "choc des civilisations" qui dit encore trop son nom, et c'est pourquoi les bienpensants préfèrent les "Printemps arabes". L'idée est la suivante : l'Occident (de occir) c'est la Démocratie et les Droits de l'Homme, il doit les apporter aux peuples arriérés. Ah ! ce n'est pas présenté comme du racisme... C'est de l'humanisme, comprenez-vous. Il est édifiant de regarder les argumentations des colonialistes à l'époque : elles sont exactement les mêmes que celles d'aujourd'hui pour attaquer l'Irak, la Libye, la Syrie, etc. Strictement les mêmes : apporter la religion de l'époque, et maintenir l'ordre. C'est l'alliance des grands intérêts (quelles formidables razzias !) et des bons sentiments. En passant, il faut quand même signaler que le racisme est toujours dénoncé chez les nazis, mais on l'oublie dans l'impérialisme britannique ou dans le colonialisme français... c'était pourtant le même.

Il n'est pas étonnant que ce soient les mêmes qui, prêtres de >> l'anti-racisme <<, sont sur la brèche pour l'ingérence humanitaire. Il n'est pas non plus étonnant qu'ils entendent éliminer médiatiquement ceux qui :
- sont réellement anti-racistes
- exercent une liberté d'expression et un esprit critique contre notre société et pas seulement celles ailleurs ou d'avant

Ils sont légion ces grands renversements. Jaurès a pu passer pour anti-patriote, Robespierre pour un tyran, Rousseau encore aujourd'hui est considéré comme le grand-père des totalitarismes... Toujours les mêmes dans l'entreprise de diabolisation : les voltairiens. Ce qui arrive à Dieudonné, c'est déjà ce qu'ils ont fait à Rousseau. Comme dit Henri Guillemin : à force d'avoir été traqué, il a pu finir détraqué. Ces gens ne supportent pas que d'autres soient réellement ce que eux prétendent être. Des Tartufes !

dimanche 27 mai 2012

Expert bla bla !

Deux nourritures me donnent des boutons : les arachides, et les experts. Les arachides, je comprends qu'elles passent pour la plupart de mes coreligionnaires... mais les experts !... comment leur nocivité n'est-elle pas universellement admise ! reconnue ! entendue, acquise... on n'en parle plus, c'est fini, terminé !

Au lieu de ça, ce ne sont que rivalités pour les supporter. Elle a bonne presse aussi, la tolérance. Et nous y sommes tellement accoutumés, à leur présence. Il faut dire : nous avons été bien dressés.

Ah ! on en demande et redemande de la parole d'expert ! certifiée... validée... conforme ! réglementaire et tout, sérieuse ô combien ! oh ! ah ! lumineuse ! implacable ! logique ! démontrée...

Mais oui, en voulons-nous en voilà de la propagande ! de la belle langue de bois, du jargon techniciste... ce ne sont qu'entourloupes et emberlificotages, du parler Robot. Montrez-nous encore, abreuvez-nous encore de ces Phares de l'humanité, et Gloires du Progrès, nous aimons tant ça.

La palme, là on ne tient plus, elle revient à l'expert économiste. Comme antinomie, ça se pose : expert économiste. Article 1 : tout individu se présentant comme "expert économiste" devra porter un nez rouge et un chapeau pointu. 

Petit tour par l'étymologie : 
"Espert, du lat. class. expertus « éprouvé, qui a fait ses preuves », part. passé de experiri « éprouver, faire l'essai, tenter de réaliser »; expert par réfection étymologique"
L'économiste ne fait aucun essai, ne tente rien, ne prouve rien et, je vais l'ajouter avec plus de mauvaise foi que de souci d'exactitude, n'éprouve rien. Son habileté serait assurément plus difficile à démontrer que le Théorème de Fermat. Par définition, un économiste n'est pas un expert. N'importe quel licencié de l'industrie a plus de connaissance pratique que notre >> expert << économiste. Ne s'étonneront de les voir systématiquement valider le sinistre jeu bankster "Pile je gagne, face tu perds" que ceux qui ne se sont jamais renseignés sur leur situation d'employés de banque ou plus simplement encore de banquiers. Il n'y a plus beaucoup d'excuses à cela aujourd'hui entre les films de Pierre Carles, les livres (celui de Mauduit, dernier en date), le travail d'ACRIMED, etc. 

Passons, donc. Et relions. C'est la figure même de l'expert qui doit être détruite. Ma réflexion sur ce sujet a commencé avec la lecture de l’œuvre d'Edgar Morin, penseur de la complexité qui en dénonçait très bien les dangers : l'hyper-spécialisation et l'hermétisme de plus en plus poussés. A chaque sujet, ou plutôt micro-sujet, son spécialiste, hyper-pointu, mais analphabète sur les micro-sujets de ses comparses. Le développement des connaissances risquant de nous les faire perdre et d'amener à la dictature de l'expert. Le citoyen de base n'a pas les moyens de comprendre les enjeux, il faut donc laisser la décision à ceux qui savent. Par exemple : les employés de Goldman Sachs (exemple choisi au hasard).

En fait, ce problème n'est que la réactualisation d'un vieux problème. Ça a toujours été le même. C'est celui de la démocratie. Il y a ceux qui >> savent << qui ont peur de ceux qui ne savent pas. Les >> Républicains << n'ont pas donné le droit de vote aux femmes pendant 1 siècle parce qu'ils avaient peur d'elles, soumises selon eux aux curés. Il y avait le Parti Intellectuel dénoncé par Charles Péguy comme étant le pire pouvant exercer sa domination. Aujourd'hui, on a notre ami BHL qui nous explique doctement que la démocratie, c'est quand on a le temps, sinon, il faut que quelqu'un passe au-dessus (lui, par exemple). 

Tout cela a une longue perspective historique. Les >> experts << aujourd'hui se réfèrent systématiquement à Voltaire, non sans raison. Voltaire m'a toujours paru suspect pour son attirance vers le despotisme éclairé et son mépris corrélé de la "populace". Rousseau n'était pas sur cette ligne, mais nos >> experts << en dignes héritiers de Voltaire ont fait de Rousseau le grand-père de Robespierre lui-même grand-père de Staline. D'après les liquidateurs du Peuple, parler du Peuple c'est du "populisme" soit quasiment du "fascisme" de mangeurs d'enfants et d'assoiffés de sang. Voltaire, si souvent cité par le si bon Henri Guillemin : "Un pays bien organisé est celui où le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui, et le gouverne." Passez, muscade !

Et vous savez quoi ? On n'a pas besoin de Voltaire contre la religion. De toute façon, la religion, c'est fini... les sacralités sont ailleurs aujourd'hui. L'athéisme doit être radical. Aller à la racine. Cornélius Castoriadis nous a donné les armes théoriques de l'autonomie politique. Nous faisons société et nous écrivons nos lois. Nous pouvons le faire : nous devons le faire. Toute hétéronomie est à rejeter. On s'en fout ! que ce soit Dieu, le Roi, l'Expert, qui nous gouverne. Nous ne voulons pas être gouvernés. 

A ce stade, seuls les démocrates pourront me suivre. Ça implique en effet de faire confiance au Peuple, à l'éducation populaire, à l'éducation du peuple, par le peuple, pour le peuple. Il faut admettre que le citoyen est compétent. C'est difficile.

C'est pour cela qu'un échange avec une écolière m'a fait particulièrement plaisir, alors que nous construisions une montgolfière : 
- et tu en as déjà construit beaucoup des montgolfières ?
- non, jamais ! c'est la première...
- ah bon ! mais alors comment tu as autant d'expérience ?

Ça m'a fait très plaisir, non pas pour mon cas personnel, mais pour ce que ça veut dire du mythe de l'expertise. Je ne suis pas expert. Mais un petit travail, quelques renseignements pris, quelques recherches documentaires effectuées, et quelques essais réalisés permettent de (s'auto-)former et de devenir compétent. Nous sommes face à Alain Minc comme cette petite fille face à moi : nous fabriquons nous-même l'imposture dans laquelle l'expert nous enfermera. Il est tout à fait illégitime de se sentir incompétent.

L'adulte, de manière bien plus générale que l'enfant, se postule incompétent. En un sens, c'est un signe de sagesse, parce qu'il est vrai que la liste est infinie de ce que nous ignorons. Mais c'est virtuellement faux. Il est à la portée de n'importe qui de devenir compétent sur un sujet de son choix, à la condition d'y travailler, de chercher, d'avoir conscience de son ignorance et de ne pas la tenir pour grave : on a le droit de se tromper et c'est justement en vérifiant ses idées et corrigeant ses erreurs que nous progressons. Mais, l'adulte, il a subi le schéma descendant tout son parcours scolaire durant, et toute la journée à la télévision. Les voltairiens des deux derniers siècles lui ont très bien enseigné la résignation sociale.

Rien n'est fait pour que nous prenions conscience de notre capacité à construire notre savoir. Pourtant, le faisant, nous retrouvons par la même occasion : 
- du plaisir
- des connaissances
- du lien et de la transmission
- de l'estime de soi
- de la curiosité, de l'éveil à son environnement
- de l'autonomie intellectuelle, et politique

Quand Franck Lepage et ses amis organisent des ateliers de désintoxication du langage, il n'y a pas besoin d'avoir lu Marcuse, il n'y a pas besoin d'être un linguiste hors pair, un sémiologue internationalement reconnu. Il suffit d'avoir un vécu, et de tiquer sur certains mots et expressions... et de construire tous ensemble un corpus, des lignes, une logique, du sens même pour se bâtir une force d'auto-défense intellectuelle. Dans mon métier, il n'y a pas une journée sans qu'un gamin ne débarque pour m'apprendre quelque chose sur une expérience que je peux pourtant avoir déjà faite des centaines de fois ; tous deviennent la démonstration que chacun peut construire du savoir.

C'est très bien qu'il y ait des scientifiques très pointus qui travaillent dans leurs laboratoires avec de grands moyens sur l'effet Venturi par exemple. C'est autre chose, beaucoup plus signifiant politiquement, que nous, le Peuple, s'éduque de lui-même. C'est possible, et c'est ça, la démocratie. Nous pouvons, le Peuple, écrire nos lois. C'est tout le sens du combat mené par Étienne Chouard.

La tête du mouton qui tombe doit donner envie de se poser la question.

dimanche 13 mai 2012

D'une opposition l'autre - 1er épisode

Il n'aura pas fallu longtemps. Le jour-même de la passation de pouvoirs, Hollande allume la mèche et la vend. Rien encore de concret, pas encore de détricotage social, ni d'entourloupe économique, pas plus que de félonie institutionnelle. Non, du symbolique.

Le premier acte de son quinquennat sera donc de rendre hommage à Jules Ferry. On entend déjà pleurer dans les chaumières. Les rédactions ont préparé leur dossier tout le week-end, soyons-en assurés. Nous en aurons pour notre argent de la >> République << : éducation ! lois laïques ! jeunesse ! démocratie ! n'en jetez plus !... Ce ne seront que des "Oh !" et des "Ah !". Jules Ferry. 

Mais ce Jules-là (il y en avait d'ailleurs beaucoup d'autres du même acabit à cette époque, on disait même "Les Jules"), nous l'avons dans notre collimateur. Je maudissais le >> centre-gauche << le 7 mai. Jules incarne le >> centre-gauche <<. C'est comme ça, il y a des gens qui incarnent, ils le veulent tellement, ils sont tout entier occupés à incarner, la France, ceci, cela, pour Ferry c'est >> centre-gauche <<. Je rappelle que cela signifie pour nous : extrême-droite. Et comme je sais que c'est difficile à admettre, et que je ne voudrais pas être lapidaire, voici : 

1/ du lapidaire : le >> centre-gauche << ! Mais oui ! Ferry-famine ! Les Versaillais ! La République pour de rire ! La générosité des races supérieures de coloniser les races inférieures ! Yabon Ferry ! 




Résumons-nous : ces gens-là se sont précipités au pouvoir pour éviter une République rouge (populaire, socialiste), ils ont fabriqué une République (voltairienne) pour de rire, en lui donnant une image modernisée et progressiste pour la faire accepter ; ils ont remplacé le curé par l'instituteur (et c'est en effet positif) de manière à ce que ce soit l'instituteur qui enseigne la résignation sociale au peuple. Ce bilan-là ne sera pas fait. Effectivement, cet homme n'est pas dangereux (pour les gens de bien, les gens qui ont du bien).

Sic transit gloria mundi, amen.

vendredi 19 décembre 2008

Resweber, Les pédagogies nouvelles

La pédagogie change de perspective aux XVIIe et XVIIIe siècles alors que l’enfant est enfin posé comme sujet libre et autonome (Ph. Ariès).

Les courants pédagogiques

I/ La pédagogie négative

On s’interroge sur la liberté, avec une inspiration pédagogique : on pose la question des fins de l’éducation. Rousseau et son fameux « Laissez croître. » fonde la pédagogie sur la liberté individuelle et érige le transfert en loi de tout apprentissage, en pariant sur l’absence de méchanceté de l’homme. On nie donc les valeurs héritées du passé et cette éducation repose sur la « seconde lecture » (lecture rétrograde) : la clé de l’expérience n’est donnée qu’à la fin car l’essentiel n’est pas le principe mais son bien-fondé. Hegel, Goethe, Freud et Heidegger s’y inscrivent pour dévoiler une vérité menacée de se voiler sous l’ordre de la mesure, norme, regard économique. L’éducateur est le lieu-tenant de la marge, de l’inconscient.

Certains sont plus libertaires (école de Hambourg) : Tolstoï ouvre une école en 1849 ; Neill fonde l’école de Summerhill en 1920. On pousse le laisser-croître jusqu’au laisser-faire. K. Lewin estime que si le mode autoritaire provoque l’anxiété, le laisser-faire génère de l’angoisse et il préconise un mode démocratique, entre les deux.

II/ L’anti-pédagogie

La tradition hippocratique et socratique identifie savoir et santé, ignorance et maladie. Et comme savoir et santé renvoient à des normes édictées par la société, l’anti-pédagogie dénonce une structure insidieuse d’enfermement (Foucault), un agent reproducteur de la société de consommation (Illich), un instrument de reproduction sociale (Bourdieu) et un ensemble de procédures excluant l’enfant de son désir (Boujedra, Scherer, Celma, Mannoni). Du moins ce courant critique-t-il les techniques, méthodes et programmes de la pédagogie classique. Le groupe remplace le maître, l’enseignant devient secrétaire du groupe (dans la pratique, c’est plus difficile).

Eduquer : donner forme à son désir… c’est une pédagogie de l’éveil, de l’imaginaire, de la créativité, de l’étonnement. Elle cherche la libération des sujets par une relation dynamique et réciproque. Elle se démarque de l’école et de son savoir institué (paideia) et y substitue un modèle sacral. L’alibi est politique : c’est une contestation continuelle de la forme acquise, au nom du désir, qui est visée

III/ La pédagogie institutionnelle

Parallélisme également entre curabilité et éducabilité avec 2 orientations : une psychanalytique (F. Oury, A. Vasquez) et l’autre socio-analytique (groupe de Gennevilliers) après la scission en 62 du GTE de Freinet. Mais, au lieu de s’offusquer de la condition de l’école milieu où se fonde l’image de la société globale ; la pédagogie institutionnelle y voit une chance : elle insiste sur le rôle des institutions internes (groupe-classe, tiers médiateur) où s’investissent l’angoisse. C’est ainsi qu’elle entend, elle aussi, produire l’inconscient (pédagogie par objectifs). L’utopie fouriériste d’autogestion la travaille : il existerait une institution meilleure, sinon idéale échappant aux effets Lukacs (ignorance des conditions d’apparition de l’institution), Weber (chape normative de l’appareil organisationnel) et Mülhmann (refoulement des finalités premières). Cela pose la question de l’analyse institutionnelle. Il n’y a point d’éducation (e-ducere) sans un processus de désubjectivisation.

IV/ La pédagogie thérapeutique

Le pédagogue est à la fois prêtre et médecin, selon qu’on l’interprète au plan réel, imaginaire ou symbolique. Discours médical et pédagogique se veulent une grammaire pour déchiffrer les symptômes. Alors on s’interroge sur ce que cache cette monstration : c’est la pédagogie thérapeutique.

C. Rogers et la méthode non-directive : il encourage le client à s’exprimer librement, à devenir ce qu’il est et à accéder à un désir qu’il s’est interdit. L’apprentissage scolaire est aussi une catharsis, un moyen de libérer les blocages. Quant à D. Winnicott, il théorise cette pédagogie : le holding remplace la sympathie rogérienne. Une surface imaginaire permet au sujet de constituer le self ; il en constitue d’autres car la loi du désir consiste à lâcher prise pour d’autres surfaces. Le sujet peut s’abriter derrière un faux self. L’opérateur qui assure le passage entre faux et vrai self est le jeu, le squiggle game. Apprendre : se surprendre soi-même au jeu de la prise. J.-L. Moreno (« psychodrame ») met lui l’accent sur l’éducation à la spontanéité avec le théâtre impromptu. S’en inspirent les nouveaux groupes thérapeutiques (W. Reich, A. Lowen, A. Janov, H. Laborit…) qui insistent sur le corps redressé, décontracté, libéré sexuellement. D’Hippocrate et Socrate à Rousseau, il faut que l’ignorance soit un mal pour justifier la violence du pédagogue qui impose la loi de sa vérité

V/ La dynamique de groupe

Freinet et le conseil de coopérative en est l’esquisse. Le modèle : le T. Group. L’idée est d’aboutir à une mise en perspective des rapports d’attraction et des rapports de rejet que constituent le tissu social (sociogramme de Moreno). Et cela pour corriger les déficiences affectives du lien social, en permutant les rôles. Diverses grammaires existent, non exclusives les unes des autres. En milieu scolaire, on voit alors l’enseignant comme un « facilitateur » et le groupe non directif. Le but est d’acquérir la capacité d’acquérir des connaissances. Par rapport à la pédagogie institutionnelle, il y a une finalité critique et politique de libération de l’imaginaire. Avec une métaphore d’unité du groupe, la fonction du leader pose problème : son autorité repose sur ses aptitudes à faire surgir et canaliser les interactions du groupe. Cette pédagogie peut sembler abriter une démission mais reste essentielle sous 3 conditions : y recourir pour débloquer les préjugés ; comme réflexion sur l’avenir professionnel ; ou comme jeux pédagogiques.

VI/ Pédagogie et psychanalyse

La polémique en 1909 entre F. W. Foerster et O. Pfister pose la question du bon usage de la psychanalyse en pédagogie. A. Adler apporte beaucoup sur la relation pédagogique, le projet de vie, l’importance de l’intersubjectivité en éducation. Le transfert peut s’interpréter à la lumière de la psychanalyse (A. Aichhorn). Cependant, le pédagogue, même thérapeute, n’est pas psychanalyste. La psychanalyse est en amont : ce qui va du « ça » des pulsions au moi censé en émerger. L’éducation est en aval : ce qui va du sur-moi au moi. Si l’expérience psychanalytique vise au remodelage de l’inconscient, l’éducation tente de rationaliser le surmoi. L’apprentissage par transfert commande le transfert d’apprentissage (transmission incitative ou maïeutique). Et puis les deux disciplines usent de la parole vraie. Le père fixe l’enfant au double sens du principe (arche) et de la fin (telos) et la parole éducative en sera une répétition spécifique, au sens non de redite mais de reprise.


L’expérience pédagogique


I/ Les impératifs pédagogiques

Freud et Piaget ont pensé par stades mais cette logique s’appuie sur un langage mixte : induit de l’observation, construit par l’éducateur ; et langage second qui occulte le langage premier du rythme. On peut penser les blocages affectifs ou intellectuels comme une perte de cadence… Par ailleurs, le sujet des pédagogies nouvelles gagne à être interprété en termes de processus de subjectivisation (Foucault). Et Dolto a raison de distinguer dans l’imago du corps les couches d’une double écriture : l’image basique du narcissisme structure l’image dynamique ; l’imago articule la dimension réelle du schéma corporel à la dimension symbolique de la figure.

Comment avoir raison de la résistance ? La motivation est renforcée par le dépassement de la résistance ; elle relève de l’affectif qui est le terreau de toute cognition (Piaget, Vygotski). Ainsi la formule de Lacan : « ne pas céder sur son désir » = on est motivé si on perçoit le motif du désir (le plaisir de devenir autre que soi-même).

La relation est le moteur de la formation ; les pédagogies nouvelles rompent avec le modèle sophistique d’une pédagogie du mensonge (Kierkegaard). Le maître est le symbole de l’ailleurs ; la relation est donc à trois termes et il y a un constant travail de distanciation. Et Nietzsche disait que connaître, c’est habiter un inconnu, transformé, du fait de cette habitation, en lieu familier (Le Gai Savoir, 355). Qu’on insiste sur la croissance, l’assimilation, la fonction transitionnelle de la pédagogie se trouve au carrefour et les pédagogies nouvelles empruntent autant au modèle incitatif ou maïeutique qu’au modèle appropriatif


II/ Au carrefour des théories et des pratiques

Les pédagogies fondamentales

Rudolf Steiner – théorie pédagogique axée sur le développement total. Il pense en termes de processus relationnels : phase d’imitation, phase de création, puis jugement libre. 3 dimensions en interaction : l’action l’expérience esthétique, la contemplation (admirateur de Goethe). Cf. Ecole Waldorf.

L. S. Vygotski donne une synthèse des repères régulateurs nécessaires. Pensée, sensibilité, langage et corps sont indissociables. C’est une pédagogie de la médiation ; il utilise la notion de « zone proximale de développement » l’intervention devant « élever » l’enfant, en se basant sur le niveau de compétences en sommeil de la zone intermédiaire.

Henri Wallon – l’initiateur des pédagogies nouvelles. Président en 1946 de la commission qui rédige le plan Langevin-Wallon. Il conçoit une Ecole unique en 3 cycles jusqu’à 18 ans. C’est un projet autour de l’enfant, autou c’est la culture à laquelle il faut élever l’enfant.

Jean Piaget – le développement de l’enfant. Il distingue 4 stades. Le sujet épistémique, par son savoir, se construit en construisant le monde ; il a le pouvoir de maîtriser les éléments de son environnement.

J. S. Bruner complète l’approche cognitive de Piaget par l’accent qu’il met sur les interactions sociales et les contextes culturels (le langage).




Les pédagogies appliquées

Maria Montessori – le courant sensualiste (Condillac). L’enfant apprend à habiter le monde. L’image du corps et le renversement de la relation entre l’enfant et l’adulte sont la base de méthode. Le détour par le jeu est nécessaire à la constitution du je.

Olivier Decroly – développement de la relation. L’implication de l’enfant dans le rapport social, la découverte de sa personnalité comme partie prenante (inter-esse) de la société est le moteur de l’éducation. Influence empiriste et associationiste !

L’école nouvelle d’Antony (le Père Castor) emploie largement « l’expérience tâtonnante » de Freinet.

A. S. Neill – l’expérience de la libération. Neill transcrit sur le plan de la pédagogie la distinction nietzschéenne entre les forces actives et les forces réactives. Les idéaux religieux ou progressistes étouffent la libre expression de la vie. « L’autodétermination, en matière d’éducation, a une valeur infinie. »

L’école de Barbiana – climat de responsabilité et liberté. L’école doit devenir un lieu de partage d’une culture débordant les savoirs académiques. Mais, à la différence de l’école de Summerhill, il y a une éducation à la citoyenneté. L’éthique pédagogique de l’abbé Don Lorenzo est inséparable d’une prise de conscience politique.

Célestin Freinet – méthode naturelle. Développer harmonieusement les facultés de l’individu, en équilibre avec son milieu. Le pivot de la méthode : le plaisir de pouvoir et d’agir (expérience tâtonnante). Quelques techniques d’action : l’expression libre, la vie de travail et le travail sur la vie, le besoin logique de connaître et de classer, le besoin artistique de représenter… sont utilisées entre les travaux d’atelier et les activités intellectuelles correspondantes. Le groupe (fratrie subie devenue communauté) permet à l’enfant de transformer en œuvre la réalisation technique. Freinet a fondé en 1944 l’école moderne française.

Les CEMEA de Gisèle de Failly (1936) : carrefours entre théorie et pratique ; formation de cadres, etc.


On ne naît pas sujet, on le devient et on n’a jamais fini de le devenir.