J’écris souvent que la question de l’époque est celle du langage. Un jour, j’essaierai de relier tout ce qu’il y a à relier sur ce sujet. Pas aujourd’hui. Nous sommes soi-disant dans une société de liberté et de débat dans laquelle les opinions contraires peuvent s’affronter démocratiquement. Arnaque ! tromperie ! duperie ! Ce n’est pas qu’il faille comparer notre société à d’autres dans le monde ou dans le temps et dire : « nous sommes pires ! ». C’est simplement reconnaître qu’il y a aujourd’hui des souffrances ; et, que les souffrants sont privés de parole pour les exprimer.
Ils en sont privés par absence de mots, de vocabulaire, de littérature aux sens strict et large en même temps. Il y a un marché florissant de la culture… mais quels mots trouve-t-on chez ces marchands ? 100 000 Musso vendus ne feront jamais 1 Antonin Artaud.