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mercredi 12 septembre 2012

Lettre ouverte à Monsieur Millet

Monsieur Millet,

Permettez-moi de vous appeler Monsieur, j'y suis quasiment contraint par d'étranges forces qui me poussent au respect, plus encore que par mon souci, toujours présent, de la Bienséance. 

Une armée de fantastiques Géants, venus aussi bien de l'ouest que de l'est, du haut et du bas, vous attaque, courageusement, à mille contre un. Nous commençons à les bien connaître, ils nous surprennent pourtant éternellement, capables de surpasser leurs exploits à chaque bataille - et ils en mènent, des batailles. C'est qu'ils ont la machinerie moderne pour les conduire, alors que notre pauvre, pauvre, Rossinante commence à fatiguer. 

Je suis de gauche démocrate anti-raciste et internationaliste. Tout devrait donc me pousser contre vous, et dans le camp du Bien, des belles personnes, des bienpensants, des honnêtes gens, des gens de bien, et pourtant : non. Eux aussi se proclament cependant de gauche, démocrates, anti-racistes, internationalistes. 

Je le répète, les honnêtes gens en mènent, des batailles. J'ai pu comprendre, au fil des années, et des défaites, qu'ils ne parlaient pas la même langue que moi. 

Ça a débuté comme ça : Edgar Morin était attaqué pour "incitation à la haine raciale". Et pourquoi pas Gandhi, tant qu'on y est ? D'autres affaires, innombrables, du même acabit, avant et après l'affaire Morin, firent monter la crispation. Le cas Dieudonné est exceptionnel : un métis qui se pense comme tel (donc un pont entre deux continents, deux cultures, donc une négation vivante du racisme) dont le patronyme est devenu synonyme de racisme, quoi de plus tragi-comique ? Mais l'histoire est pleine de ces grands renversements, de ces transferts. Il est facile d'accuser l'Autre d'être ce que nous ne voulons pas voir que nous sommes.

Je ne vous avais encore pas lu. Je vous avais entendu, je crois, dans l'émission Ce soir ou jamais, à propos de cette désormais fameuse complainte du seul blanc. Je n'en avais rien pensé de particulier, si ce n'est que c'est une chanson qui ne peut me toucher. Je ne suis pas attentif à ces détails, je ne les remarque pas, et je suis incapable de réduire un individu à une quelconque communauté. Je crois que je suis nietzschéen par réflexe : dans "Deviens ce que tu es", le terme important est "deviens". Un Homme à la peau noire n'est pas noir tant qu'il ne l'est pas devenu. Sous le regard éhonté du colonisateur (lequel était de centre-gauche, ce conflit idéologique ne date pas d'hier, et j'estime ainsi mon positionnement tout à fait cohérent dans ma critique du racisme et du colonialisme depuis Jules Ferry jusqu'à SOS Racisme), il est devenu nègre. La négritude et le jazz font plus pour ridiculiser le colonialisme que toute la bienpensance anti-raciste réunie - et pour cause !

Ce qui m'intéresse donc chez les autres, c'est leur devenir, leur liberté, pas leur passé ni leur communauté. Je suis d'ailleurs tout à fait infirme quand il s'agit de décrire une personne, avant que cette personne ne m'ait révélé sa façon de se décrire. Quand bien même, je vis dans un quartier assez peu blanc, idem dans mon travail, je n'écoute quasiment que de la musique de nègres et de bougnoules, et j'aime ça. Je suis, je l'espère, curieux de l'Autre, et les ponts historico-géographiques qui nous permettent de les rencontrer, de les connaitre, c'est là une chance. Je ne me suis jamais interrogé, en tant que "seul blanc", et même après réflexion, ça me paraît tout à fait incongru. Obama est plus blanc que Jean Genet, non ? Ah ! j'exagère ?! C'est à cause de Nabe.

Vous enfoncez d'ailleurs le clou, cet été, avec vos pamphlets, et toujours la complainte du seul blanc. Mais cette fois-ci, l'acharnement médiatique contre vous dépasse l'entendement. Toute la bienpensance déglinguée rivalise d'abjection. Tout y passe : vous faites de Breivik un héros, vous êtes raciste, vous insultez la mémoire des victimes, vous êtes fasciste. Des témoins vous auraient vu à plusieurs reprises chez Marc Dutroux, et des amis d'enfance déclarent - horresco referens ! -  que vous torturiez déjà des chats pendant les récréations à l'école. 

Je ne supporte plus ces médiacrates, leur propagande et leur tartuferie, de laquelle Molière lui-même s'étonnerait. Il me fut surtout pénible d'encaisser la chronique de Fabrice d'Almeida sur France Inter, lui qui est historien, et spécialiste des médias et de la propagande. Il est lugubre, lugubre de penser qu'il peut, malgré cela, servir la plus infecte soupe propagandiste sauce Val, préparée du mélange Millet, Dieudonné, Faurisson, Céline, avec pour résultat une clownerie iconoclaste et néanmoins nazifiée.

Quant au coup de grâce, c'est bien entendu au journal Le Monde qu'il revenait de le donner. Après les sous-fifres de itélé, des Inrocks, et compagnie, c'est la maison-mère qui attaque. Trouver 119 écrivains, 119 écrivains !... pour fustiger avec Annie Ernaux votre "fascisme", aucun écrivain au monde n'aurait pu l'imaginer. Cette fois-ci, les choses sont claires, le fond est touché, la partie est terminée, Babylone est brûlée, en cendres. Les mots n'ont plus de sens. La guerre c'est la paix. 

Ils s'y mettent à 119, et pas un, pas un, pas un de ces 119 écrivains n'a compris l'ironie du titre, ne sent que l'anéantissement de la littérature par le Nouvel Ordre moral, selon votre expression, est la condition sine qua non de l'émergence d'un Breivik, et donc que la situation logique, non ironique, voudrait que ce soit un cultureux mondain et mondialiste qui fasse l'éloge de Breivik. Quant à l'écrivain, dinosaure de la littérature, les faits lui ayant donné raison (la montée de l'insignifiance conduisant entre autres à des pratiques terroristes monstrueuses), il ne peut que redoubler de virulence dans ses alertes, ce que le Nouvel Ordre moral, pour se perpétuer, ne peut que prendre comme une justification et un éloge du monstre terroriste. Le piège est terrible, et magnifiquement déjoué par l'ironie de votre titre.

Pas un de ces 119 écrivains n'a le moindre commentaire à faire sur le contenu de vos trois pamphlets. L'histoire littéraire du XXe siècle, la théorie du Spectacle, celle des simulacres de Baudrillard, le rôle de Mai 68, les relations entre les médias, le Culturel et la politique, l'industrie culturelle, l'illusion démocratique, la surestimation totalitaire, Lévi-Strauss, René Girard, rien, il n'y a rien de pertinent à dire. En un sens, je m'en félicite, et vous aussi, assurément, c'est toujours ça de "débat" et de "commentativite" en moins.

La littérature, la langue, l'altérité ? il n'y a personne non plus, ces sujets n'existent pas. Il est beaucoup plus important de chasser le racisme. Pourtant, en cherchant bien, le racisme pourrait être trouvé là où ils ne l'attendaient pas. Vos livres transpirent en effet d'une idée centrale : la défense de l'altérité et la critique de l'indifférentiation. Vous pleurez la disparition de l'Autre. C'est du racisme, ça ? C'est d'extrême-droite, ça ? Si on prend cette propagande au pied de la lettre, cela signifie alors que l'anti-racisme, c'est la tolérance de tous (ceux qui boivent du Coca, écoutent de la pop, et lisent le Da Vinci Code). Quel magnifique exploit que de tolérer le même ! Quel humanisme ! Quel raffinement ! Si j'osais, je citerais la première phrase de Bagatelles pour un massacre. Boum ! Vrang !

Vous vous affirmez au fil des pages comme défenseur de la biodiversité des idées et des cultures. Grâce notamment à Péguy, j'en comprends bien les implications. Je me disais internationaliste - mais pour aller à la rencontre, et au-delà des nations, il faut bel et bien que les nations existent. L'inter-nationalisme, ce n'est pas le mondialisme, c'en est le contraire : l'échange dans l'altérité d'un côté, et la communication globish de l'autre. 

J'en finis, maintenant. Les honnêtes gens ne sont pas démocrates, ils sont voltairiens ; ils ne sont pas internationalistes, ils sont mondialistes ; ils ne sont pas de gauche, ils sont l'instrument de résignation sociale du capitalisme financier. Pasolini nous répèterait que là est le vrai fascisme. C'est pourquoi il est extrêmement important pour eux que leurs opposants passent pour fascistes, d'extrême-droite, racistes. 

Nous le savons. Soyons les plus forts. Enfilons le heaume de Mambrin. Et en avant !

"En avant. […] Puissé-je ne rien garder à mes semelles de tout ce que je quitte, et ne rien emporter que mes belles douleurs, mes belles conquêtes, toutes mes victoires sur moi-même en tant de combats où j’ai été vaincu selon le monde, défait par la laideur et révolté par le bruit. […] En avant !"
André Suarès

Très cordialement,

mercredi 15 août 2012

Au hasard, Balthazar !

Le Balthazar du Pilat
En croisant par hasard cet asinus hier, je repensai par la même occasion à ce grand film de cinématographe - il tenait au terme - de Robert Bresson. Au hasard, Balthazar : le titre seul évoque mille et une choses. Tout âne s'appelle Balthazar et tant pis pour les autres. Voilà déjà une affaire réglée. "Au hasard, Balthazar", c'est la devise des comtes des Baux. Bah ! ils ont pris ce nom par toponymie : Bale égale escarpement, les Baux de Provence donc sur lesquels ils comptaient bien régner. Il leur fallait toutefois un parrain, un patron, une légende à la hauteur, quelque chose quoi... Bautezar était tout indiqué (Balthazar). Ne manquait plus alors qu'une devise. Un petit calembour, ça ne déplaisait pas au Cavanna de l'époque, mais ça avait en plus une force un peu magique racontent les historiens. Et on vous le dit depuis tout petit : le Moyen-âge était peuplé d'arriérés mentaux superstitieux et enfouis dans les Ténèbres - Voltaire ouakbar ! Croyez-le à la fin ! Je m'égare. 

Leur calembour, donc, sorte de méthode Coué vouée au défi, à l'audace (et on retrouve nos Voltairiens : Danton-de-l'audace-encore-de-l'audace-toujours-de-l'audace) : a l'hasart Bautezar (des spécialistes en vieux provençal confirmeront l'orthographe d'époque). 


Au hasard, Balthazar !

Et vous n'imaginez pas ce que furent les guerres baussenques. Oh ! on n'est pas loin du byzantinisme. Ce ne furent que guerres, mariages et diplomaties. Que les Baux menèrent non sans afficher un certain esprit de résistance, assez jovial si on en croit leur devise, envers les Catalans leurs ennemis. 

Bon, les Baux ont été vaincus, terrassés, liquidés, démantelés. C'est encore plus beau, j'ose le dire. Et c'est assurément à cet esprit-là que Bresson a voulu rendre hommage pour ce film qui va montrer la Douleur du Monde. Le Monde est Douleur, c'est entendu - on peut le parcourir avec enthousiasme et panache, se sacrifier et s'en remettre au hasard - et d'autres diraient à Dieu. 

Question Douleur, il se pose le Bresson. Ce destins croisés Marie - Balthazar (puisque l'âne fricote avec l'âne) ne ménage aucun suspense : on y va tout droit. La chemin est tout tracé. D'une déception l'autre, d'une souffrance à l'autre et le terminus : la mort. Bresson c'est un peu Bernanos au cinéma. On va vers le cœur, et par les chemins les plus boueux qui soient. L'efficacité, la rapidité, la modernité sont balayées comme autant de dévoiements.  C'est cet abruti de jeune sur sa mobylette : "C'est chouette un âne, c'est rapide, moderne."  


D'un âne à une âme, il n'y a qu'un pont. 

Et personne, plus personne pour le franchir.

Comme dans chacun de ses films, le parcours de Marie-Balthazar est un chemin de croix. Vaincus ! Terrassés eux aussi. Moi, ça me rappelle Suarès cette histoire : 
"En avant. […] Puissé-je ne rien garder à mes semelles de tout ce que je quitte, et ne rien emporter que mes belles douleurs, mes belles conquêtes, toutes mes victoires sur moi-même en tant de combats où j’ai été vaincu selon le monde, défait par la laideur et révolté par le bruit. […] En avant !"
Que de laideur et de bruit, en tant de cages, de fouets, de vitesse, de trahisons, de cynisme, de violences !... en fait, ce bruit et cette laideur tendent à être universels. Il y a aussi les démissionnaires. Mais il y a ceux qui s'accomplissent, vont au bout de leur destination. C'est leur destain. Quitte à le vivre, autant le vivre en l'aimant assez pour être capable de vouloir le vivre, le revivre, le revivre éternellement - Zarathoustra défends-moi ! Au hasard des souffrances et des désillusions, on les retrouve - qui ? mais Marie ! mais Balthazar ! Les Saints !

A vrai dire, on ne sait pas de quoi souffrent tous ces protagonistes. Bresson s'en fout. Et nous aussi. Ils souffrent. Conséquence de quoi ? voir le film. Nous, nous ressentons, avant d'essayer de comprendre. Je crois que ça aurait fait plaisir au cinéaste. Pendant que "les années passent", il ne filme que les pattes de Balthazar - parce qu'évidemment ça pourrait être n'importe qui ou n'importe quoi. Les pierres elles-mêmes doivent souffrir. 


Bresson est bernanosien c'est entendu. Mais je n'ai jamais vu des références à Léon Bloy - mon inculture en est sans doute la cause. Mais ce film est bloyen. La Femme pauvre, bien entendu, qui se termine par cette invraisemblable phrase : 
"Il n'y a qu'une tristesse, c'est de n'être pas des SAINTS."

Alors voilà, Marie, dans ce monde de Tartufes modernes et cyniques sans valeurs, est une Sainte qui sacrifie aux cérémonies de son Amour. Balthazar, "rétrograde et ridicule", est un Saint. Leur sort est fatalement tragique dans un monde où "le billet de banque et le culot, l'aplomb suffisent" (le vieux Grigou). 

Mais, Marie ni Balthazar ne sont tristes. Ils affrontent la Douleur. Le grand Louis Armstrong les comprendrait :


jeudi 17 septembre 2009

Les mots qui ne passent pas

Il faut que je fasse cet effort, je crois, de préciser mon propos. Loin de moi l'idée d'insulter qui que ce soit, je suis trop gandhiste pour cela - oui Gandhi, celui qui écrivit une lettre à Hitler en l'appelant "Cher ami". Que les amateurs de rock ne se sentent donc pas menacés par mes articles. C'est Dostoïevski qui a tout compris en disant : "Plus j'aime l'humanité en général, moins j'aime les gens en particulier, comme individus". Et inversement (dans mon cas). Ma misanthropie est telle que je pardonne tout à tout le monde. Aucune animosité, donc. C'est qu'il y a des mots qui sont un peu trop compris comme synonymes aujourd'hui : critique, provocation, opinion, insulte, etc.

Au Moyen-Age, il y avait ce qu'on appelait des Controverses. Des types défendaient des points de vue opposés sur des questions qui les passionnaient et la violence des "disputations" n'avait d'égale que leur sérénité. Mais c'était le temps des ténèbres (sic). Aujourd'hui, on est dans la célébration et la promotion obligatoire. Par exemple, quelqu'un qui n'est pas sarkozyste est anti-sarkozyste, et c'est mal d'être anti. Quand on parle d'un sujet, il ne faut en dire que du bien ; sinon on démontre son intolérance (sic). Il y a deux gugusses que j'admire assez pour ça : Zemmour et Naulleau qui arrivent (ce sont les seuls !) à dire du mal non pas de leur interlocuteur, mais de leur œuvre. C'est-à-dire à critiquer et dire ce qu'ils pensent. La pertinence de leur propos, c'est autre chose. Mais les rares fois où l'interlocuteur ne refuse pas le débat en prétextant que c'est provocateur ou insultant, la discussion est intéressante.

Je reviens à mes moutons. Je critique le rock. Mais c'est aussi une musique que j'aime. Je n'enverrai jamais aux orties Noir Désir, PJ Harvey, The Brian Jonestown Massacre, The Dandy Warhols, Led Zep, etc. Et même, il y a des morceaux de Coldplay que j'aime. Simplement, quand je pense, je pense aussi (et surtout) contre moi-même. On imagine facilement quelqu'un qui adore le chocolat penser qu'il ne faut pas en manger.

Alors je ne prends pas de pincettes. C'est bien beau d'aimer quelque chose, mais parfois ce quelque chose est recouvert ou caché par de multiples écrans de fumée et il faut dézinguer le reste pour y accéder. C'est mon parcours. J'ai du faire un travail critique et mon auto-critique pour accéder à la littérature (une certaine littérature), pour accéder aux chants soufis, pour accéder au jazz. J'ai du détruire des idoles. Je devrai encore le faire. Voilà ce qu'il faut comprendre, pas que je profère des insultes. Il ne suffit pas de clamer son amour, il faut aussi aller comprendre pourquoi c'est considéré, comme dit Nabe, comme des "déchets nucléaires".

On peut me reprocher du mépris et de la condescendance. Évidemment. Je peux me le permettre. Parce que je suis à terre, sous terre, avec tous les vaincus de ce monde. La condescendance de ceux qui ont tout perdu, ont tout faux, n'ont aucune chance de gagner, et surtout aucune volonté pour cela. Mes seules victoires sont celles remportées sur moi-même. Avec les autres, je ne suis pas en compétition. Cette condescendance est une ironie adressée à moi-même. Je prends de haut ce qui m'écrase. En avant... ahah


En avant. […] Puissé-je ne rien garder à mes semelles de tout ce que je quitte, et ne rien emporter que mes belles douleurs, mes belles conquêtes, toutes mes victoires sur moi-même en tant de combats où j’ai été vaincu selon le monde, défait par la laideur et révolté par le bruit. […] En avant !
André Suarès


Le pauvre Marchenoir était de ces hommes dont toute la politique est d'offrir leur vie, et que leur fringale d'Absolu, dans une société sans héroïsme, condamne, d'avance, à être perpétuellement vaincus.
Léon Bloy

jeudi 30 juillet 2009

Pas d'Equerre II

Eh bien oui, Pas d'Equerre a survécu à une première glaciation et entame donc sa période II. J'aimerais toujours mener à bien le petit Horresco Referens, mais c'est reporté sine die.


Beaucoup de choses en suspense... Il faudra bien un jour parler de livres qui resteront très importants dont je vais faire l'énumération des auteurs pour me souvenir qu'il me faut y revenir : Léon Bloy (pour Le Désespéré ; et Exégèse des lieux communs), Georges Bernanos (Monsieur Ouine), Antonin Artaud (Héliogabale ou l'anarchiste couronné), Jean Genet (Le Bagne, Les Nègres), le comte de Lautréamont (Les chants de Maldoror), Luigi Pirandello (Un, personne et cent mille), André Suarès (Voyage du Condottière), tous récemment lus ; mais aussi les livres de Marc-Edouard Nabe ; et je ne crois pas avoir mentionné Louis-Ferdinand Céline, pourtant lu il y a plus longtemps, non plus... A chaque fois transpercé par l'Oeuvre.


Et que dire des mystiques persans ? Hussein Mansour al-Hallâdj (son Diwân est fabuleux) ; ou Djalâl od-Din Rûmî dont je vais attaquer le deuxième tiers du considérable Mathnawi (La Quête de l'Absolu). Qu'en dire ? Réponse à la fin de l'été, sans doute...