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mardi 30 décembre 2014

Mise au ban et banc rompu

Bancs en cage à Angoulême
Angoulême nous passe le bonjour. Oh! bien malgré elle... son Maire qui a fait tout le boulot!... une idée de génie mise en application car c'est pas le tout de l'avoir l'idée, faut oser. Et un Maire un Elu (sur Lui la Paix)? Tout! c'est à ça qu'on les reconnait. 

Mettre des bancs en cage. Ça parait absurde, dit comme ça... et pourtant-y réfléchissant bien, ça se tient. Les bancs publics attirent parfois le public, et parmi ce public, parfois de bien vilains manants... jusqu'à, horresco referens! jusqu'à des SDF. 

Source
Vous me permettrez bien une digression, ce sera la première d'une longue série. Des SDF. Des Sans... Quel remarquable chef-d'oeuvre de langue de bois! Des clochards? Oh mon Dieu non! un vrai mot! quelle horreur! Non parce que clochard... je suis désolé... le TILF est hors-ligne... je suis orphelin étymologiste que je suis... je me contenterai de pistes... clochard donc, celui qui attendait la fin du marché (la cloche) pour récupérer ce qu'il restait à récupérer... les glaneurs en vérité... voilà un mot admirablement chargé de sens, d'histoire, et de vie. Certains avaient leurs surnoms... "Petit Fol", "La Pansue"... etc. Tout ce dont la modernité a peur, tiens! Donc : SDF. Définition par lacune. Je propose qu'on raye le mot élu du dictionnaire pour le remplacer par ESV (Etre Sans Vergogne) et le mot journaliste remplacé par SEC (Sans Esprit Critique).

Je reviens. Notre ESV d'Angoulême ne souhaite pas que des clochards prennent place sur les bancs publics. Et c'est bien normal, les clochards ne participent pas à la croissance. Donnant-donnant... L'ESV met les bancs en cage. Les bancs ne servent donc plus à rien? Non, mais c'est joli des cages métalliques. Oui. 

Bancs Goldman Sachs dits "à sapins de Noël"
Ce faisant, fouinant par-ci par-là, nous tombons sur un artiste qui avait déjà imaginé la chose, avec des bancs payants. Des petits pics en forme de "sapin de Noël" ornent le tablier, empêchant le gueux de passage de s'asseoir (à moins que... bon...) jusqu'à ce qu'il ait payé sa taxe, rentrant les sapins. Ne restait plus qu'à offrir à Goldman Sachs la concession de tous les bancs "publics". Banco!

D'un banc à une banque, il n'y a qu'un Q. Justement. Le "sapin de Noël" nous y ramène. Et c'est heureux, car ces deux-là n'auraient jamais dû être séparés. Qu'est-ce qu'une banque? banca, un comptoir de vente, une table, un banc. Ce qu'on cassait quand le banquier faisait faillite (bancarotta, "banc rompu"), car on était énervé au Moyen-Age. De nos jours civilisés il va sans dire, quand le banquier fait faillite : "Mais bien entendu mon bon monsieur, prenez ceci est notre argent..." 

Exèdre à Rhodes
Mais qu'est-ce qu'un banc? Le banc remonte à la plus haute Antiquité, aurait dit Alexandre Vialatte. C'est exact, mais alors, le banc ne s'appelait pas banc, mais "exèdre". Encore un coup des grecs me direz-vous! Heureusement que les banques modernes et civilisées leur rendent désormais la monnaie de leur pièce en les réduisant en esclavage approuvé par Berlin et le FMI. Oui, un coup des Grecs! exedros "qui est dehors". Ces bougres, pour la palabre, envoyaient les gens dehors, ils les mettaient au ban, en banlieue si vous préférez. En dehors des cercles de pouvoir, mon Dieu. Sur un banc, car une sorte de demi-cercle était prévu à cette effet où l'on pouvait s'asseoir (sans payer, à l'époque). 

Mettre les bancs en cage. Vincent Auriol l'avait dit. "Les banques je les ferme, les banquiers je les enferme." On apprend par ailleurs que les banquiers néerlandais vont désormais prêter serment devant Dieu. Magnifique. Et devant le Peuple? Non. C'est en réalité le Peuple qui prête serment devant les banquiers, et c'est bien normal, encore une fois, ils créent à partir de rien ex nihilo. Et si on rechigne, ils nous mettent au ban. L'Argent, "le Sang des Pauvres".

lundi 16 février 2009

On traine sur les plages, on finit par devenir bronzé


Je n'étais pas allé au ciné depuis le Louise-Michel... Mais comment aurais-je pu accepter de rater le dernier film d'Agnès Varda, Les plages d'Agnès ? Depuis que la péronnelle m'a fait découvrir Les glaneurs et la glaneuse, c'est quelqu'un que j'admire. Agnès, pas la péronnelle. Bref. Je ne connais pas bien sa filmographie, ce qui me faisait craindre de ne pas comprendre un certain nombre d'allusions de ce film auto-filmographique. C'est probablement ce qui s'est passé, mais je ne saurais en parler, évidemment. Ce que je peux dire en revanche, c'est que c'est encore un film extraordinaire, et que la Varda est un personnage qui sait rendre passionnant tout ce qu'elle semble croiser.


Il y en a qui a du rester trop longtemps à la plage, si l'on en croit Berlusconi, c'est Obama. J'ai déjà du laisser paraître un septicisme certain à son encontre, pour ne pas dire davantage. Mais je n'avais pas réussi à écrire, ou à vouloir écrire, jugeant souvent le sujet assez anecdotique, ce que je pensais de son élection et de l'obamania. Il y en a un autre qui l'a fait, lui. Avec un style qui est le sien, formidable et qui conduit à tous les excès que vous ne manquerez pas de constater, mais enfin, il y va. C'est Marc-Edouard Nabe et son dernier tract : Enfin Nègre ! Le petit Nabe n'est pas pour rien dans mon envie de découvrir les grands jazzmen. Ce n'est pas facile de se lancer dans cette forêt noire, mais quelques premières écoutes ces dernières semaines annoncent de vraies claques. Je me demande si je ne vais pas en arriver rapidement à détester le rock, moi aussi. Tout ceci est pour le moins étonnant.


Et c'est ainsi que l'eau c'est la vie - Aman Iman disent les Touaregs.