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dimanche 30 novembre 2014

Au-delà des polémiques : postuler notre autonomie ou reproduire le système

Clément Sénéchal, Bernard-Henri Lévy et un antifa anonyme tentent d'endiguer la pandémie démocratique
Quelle histoire! quelle ébullition! Tout ça pour un lien! Un lien qui libère. Quel lien? un lien qu'Etienne Chouard a publié sur son site, vers celui d'Egalité&Réconciliation d'Alain Soral. Des années qu'on nous bassine avec ça. Je n'y ai jamais vraiment prêté attention, puisque ce n'est qu'une goutte d'eau dans le torrent d'insultes que les honnêtes gens déversent chaque jour sur nous. Quand même, ce qui me gênait, c'était que des personnes telles Bernard Friot, Frédéric Lordon, Franck Lepage, François Ruffin, Judith Bernard, etc. exhortent Etienne Chouard à supprimer ce lien par trop infamant. Cette ribambelle non exhaustive de personnalités de gauche, elles-mêmes régulièrement pourchassées par les Grands Inquisiteurs, se transformant en pourchasseurs (pour ne pas "donner le bâton pour se faire battre"), ça me désespérait à chaque fois (exemple).

Etienne Chouard a donc craqué, signalant ses divergences idéologiques avec Alain Soral (dans un très bon article, mais inutile, parce qu'il faut n'avoir jamais rien lu de Chouard ni de Soral pour avoir pensé à une convergence idéologique entre ces deux-là), mais annonçant également la suppression de ce fumeux lien. Pour moi, ce dernier point était une erreur. Je restais sur ma ligne, celle que j'estimais d'ailleurs défendue par Etienne Chouard comme par Jean Bricmont. Il est parfaitement inutile de toute façon de s'excuser et de céder à la pression des Grands Inquisiteurs, notre attitude sera toujours suspecte à leurs yeux, et nous ne ramperons jamais assez. 

Puis, le lendemain, il revient sur sa mise au point ; la confirmant dans son essence, mais regrettant son attitude d'exclusion, prise sous la pression, manifestée par la suppression de ce fameux lien. Pour moi, c'était parfait. Pour beaucoup, c'était la catastrophe. Tentons de sabrer le nœud du problème et de voir ce qu'il y a derrière.


De mon point de vue, nous sommes confrontés à un double manque d'autonomie
1/ considérer qu'un lien vaut adhésion ; que la controverse vaut allégeance
2/ considérer que "les gens" ne sont pas assez adultes pour faire la part des choses


Un lien vaut adhésion

Un lien ne vaut pas adhésion. Rappeler de telles évidences va être pénible, mais il faut apparemment le faire. Dans le cas qui nous occupe, Chouard a trouvé une vidéo de Soral intéressante, il y renvoie. Il est pour le moins spécieux d'en conclure que Chouard épouse l'idéologie soralienne et entre ainsi dans la sphère "rouge-brune". L'inanité d'une telle vue ne décourage nullement les journalistes et antifas qui s'en donnent à cœur-joie. Répondre que sur ce site, il y a des milliers de liens, renvoyant vers des personnes aux idéologies très différentes, contradictoires, incompatibles, cela ne sert à rien. Un jour peut-être, un antifa nous expliquera comment nous pouvons être à la fois d'extrême-droite (avec Soral), d'extrême-gauche (avec Lepage) et centriste pépère (avec Rosanvallon, par exemple). Je n'y crois guère, puisque la réponse apportée est systématiquement : "confusionnisme!"

Déjà, vous l'avez remarqué, il y a -isme, horresco referens! j'en tremble encore en l'écrivant. Ça fait très peur, et c'est ce qui s'appelle la "nébuleuse", la "galaxie", la "fachosphère", etc. Nous serions des abrutis incultes et incohérents politiquement, seulement animés par la Haine et la bêtise de nos convictions, et nous nous retrouverions ainsi avec tous les autres abrutis haineux de tous horizons. Philippe Val et Marek Halter diraient de nous que nous sommes les mécontents, des hommes de ressentiment. Bref la Haine! Et les extrêmes se rejoignent quand ils voient le chiffon rouge ou le chiffon brun des haines voisines. Haine de qui? haine de quoi? attendons le diagnostic de nos bons docteurs.


La lecture accompagnée et le permis de lecture à points

Entre-temps, avançons. Cheminons. Certains se rendent en effet compte de la nullité de la position précédente, et optent alors pour l'argument n°2. "D'accord, nous sommes adultes et intelligents, nous savons faire la part des choses, et ce n'est pas parce qu'on écoute quelqu'un raciste que nous allons le devenir..." Ah? Oh! "... mais, c'est notre cas parce que nous sommes éveillés à ces questions, mais les gens qui découvrent tout ça, et qui tombent innocemment sur le site de Soral, ils vont se faire influencer." Ouf! je me disais bien qu'il y aurait un "mais"!

Je dois bien reconnaître qu'il y a toujours un je-ne-sais-quoi de prétentieux dans cette attitude qui me heurtera toujours. De toute façon, cela résiste difficilement à l'épreuve des faits. Surtout, elle pose une contradiction dans les termes qu'il faut surmonter, j'y reviendrai. 

Ce qui est proposé revient en quelque sorte à une lecture accompagnée. Le vil peuple ne serait pas assez intelligent pour comprendre ce qu'il va lire. Lire est dangereux pour la santé. Lire tue. Il faudrait se prémunir contre cela en publiant moult précautions oratoires et force avertissements. Que chaque lien soit précédé de la mention : "Inciter à la haine est très vilain, et n'oubliez pas de manger cinq fruits et légumes par jours". Peut-être pourrions-nous envisager la création d'un permis de lecture à points. Toute personne prise en flagrant délit de mal-pensance se verra retirer de 1 à 4 points, voire son permis d'un coup d'un seul dans certains cas. Des stages de récupération des points seront organisés par la LICRA. 


Le cordon sanitaire

Certains trouveront ma proposition difficile à mettre en place. Il y a fort heureusement un plus efficace moyen à disposition. Le cordon sanitaire. Il y a des pensées très mauvaises, des maladies contagieuses. Il faut établir un cordon sanitaire. Certains le pensent sincèrement. D'autres pensent que ça évitera de donner le bâton pour se faire battre (mais sans jamais se demander pourquoi celui qui a le bâton nous bat!). 

Cette logique du cordon sanitaire me parait parfaitement anti-démocratique. Dans le cas présent, c'est-à-dire réclamé par une équipe se préparant à la convocation d'une nouvelle constituante, c'est inadmissible. La logique du "cordon sanitaire" est une insulte insupportable, de mon point de vue, à l'ouverture d'esprit et à l'esprit critique. J'ai moi-même écouté ou lu Alain Soral avec lequel je ne suis évidemment pas sur la même longueur d'onde idéologique. De même, avec Adrien Abauzit, qui se pense Français donc chrétien donc de droite ; alors que moi, je me pense athée inter-nationaliste. Encore, avec Vincent Reynouard, qui se déclare nazi et qui pense que Hitler était envoyé par la providence divine... Jean Robin, qui voit des gauchistes et des islamistes partout ; François Asselineau, gaulliste s'il en est. Aucun de ceux-là, n'aura jamais pu et ne pourra jamais me convaincre d'épouser leur idéologie. C'est par les controverses que l'on a avec des personnes différentes que nous pouvons savoir où aller. Plus on écoute des gens différents et aux points de vue inattendus et plus on exerce son esprit critique. Étonnant, non? 

La logique du cordon sanitaire est d'ailleurs également une insulte insupportable au principe de réalité : que faire de tous les gens parqués derrière le cordon sanitaire et qui n'auront donc pas eu leur mot à dire dans le processus constituant? Seront-ils citoyens français? d'une République qui les aura exclu? comment diable pourraient-ils s'y reconnaître? comment pourrions-nous arriver à un "intérêt général"? Si on les fait taire, ils vont prendre les armes. C'est ça le but? pour démontrer que ce sont d'horribles fachos qui veulent s'attaquer à la République? Comment faire République après un processus d'apartheid idéologique?


Le retour des "citoyens passifs"?

L'abbé Siéyes avait sorti de la citoyenneté "active" ceux qui ne gagnaient pas assez d'argent ; la canaille nouvelle, c'est ceux qui ne pensent pas bien. Seront considérés comme citoyens actifs les citoyens qui pensent bien. Joli programme. Qui restera-t-il d'ailleurs en fin de compte parmi les citoyens actifs, une fois ce formidable travail d'épuration idéologique terminé? Connaissant l'inclinaison de la pente (qui plus est savonnée) du principe de culpabilité par association qui prévaut : plus grand monde. Ça a commencé avec les nazis. Bon. Puis, les "négationnistes" soupçonnés de ne pas condamner assez les nazis. Bon. Puis, ceux qui sont soupçonnés de ne pas condamner assez les "négationnistes". Puis, Dieudonné, Soral, etc. Puis, Etienne Chouard qui refuse de condamner Soral. Puis, Judith Bernard qui refuse de condamner Chouard. Puis... enfin etc. c'est sans fin!

Je me propose même pour participer au grand ménage. Karl Marx était un horrible antisémite qui a du régler la "question juive" avant d'écrire Le Capital. Toute personne se réclamant de près ou de loin de Marx est donc à mettre derrière le cordon sanitaire. De la même façon, Voltaire était un horrible antisémite. Et hop! tous les Voltairiens, derrière le cordon! quarantaine! isolement! en camp! pfuit!

Cette Chasse aux Sorcières, cette Grande Inquisition est sans fin. Ce ne sont pas les "Sorcières" qui décident qu'elles sont "Sorcières". Et nous devons tous avoir en tête qu'une fois identifié "Sorcière", une fois une étoile sur la veste, c'est terminé, c'est plié. Ça nous poursuivra ad vitam aeternam.

C'est ce que nous avons à dire aux amis d'Etienne Chouard attristés par sa décision de maintenir le lien infamant. C'est foutu. Etienne sera à jamais soupçonné! pire! coupable! Lien vers Soral ou pas, ça ne change rien à l'Affaire. D'ailleurs, excusez-moi, mais je navigue un peu sur son site, et que vois-je?

  • mention de André-Jacques Holbecq proche du parti de Dupont-Aignan, donc nationaliste donc proche du FN donc fasciste
  • un dessin de Jean-Pierre Petit pro-théorie du complot
  • mention de Bruno Boulefkhad antisémite proche de Soral et Dieudonné
  • mention de Michel Collon, antisioniste = antisémite complotiste
  • Robespierre = Terreur = Staline = fascisme
  • mention de la loi de 1973 donc antisémitisme
  • mention de Asselineau complotiste nationaliste d'extrême-droite étant allé chez Ayoub 
  • bon bref... un antifa ou un journaliste moyen a 12 000 occasions de conclure en 3 minutes qu'Etienne est un dangereux fasciste conspirationniste antisémite... 
Le lien vers Soral est un prétexte. Un prétexte parce qu'il est extrêmement important pour eux de nous faire passer pour des nazis. Comment pourraient-ils justifier (et se justifier) que nous menions un combat idéologique censé dépasser leur "démocratie" par la gauche? C'est impensable pour eux. Nous devons être fascistes pour ces gens-là. Nous n'avons pas à nous excuser, à ramper, à avoir peur, à nous tétaniser face à ces accusations aussi grotesques qu'inévitables.


Système hétéronome et postuler l'autonomie


Je suis revenu à 1789 parce que ce genre de procédés qui me paraissent parfaitement anti-démocratiques sont en effet ceux qui posent les bases de la République laïque que nous combattons, au service depuis 1789 des possédants, qui ont fait la République, mais en donnant le mot mais pas la chose. Jaurès disait que la République contenait en elle le socialisme, et qu'il fallait déplier le mot. Cela n'a jamais été fait, bien entendu. Ceux qui nous attaquent n'en ont aucune envie, manifestement. Cette République d'honnêtes gens ne m'intéresse absolument pas.

Nous entendons penser la réforme démocratique (disons plutôt la révolution). Mais pour penser la réforme, il faut réformer la pensée, comme l'a expliqué Edgar Morin. Dans ce système qui postule notre infantilisation politique, notre hétéronomie d'électeurs tout juste bon à élire nos maîtres, nous devons postuler notre autonomie.

Chaque  société, en s'auto-instituant, postule les conditions de sa possibilité. Tant que nous n'aurons pas postulé notre autonomie, nous n'aurons évidemment aucune chance de le devenir. Nos maîtres ne nous donnerons que des illusions, des ersatz d'autonomie. Et postuler notre autonomie, cela signifie postuler mon autonomie, mais aussi et surtout celles des autres.

Devenons tous des Zarathoustras. Il est là évidemment le Grand Désastre pour la Doxa (le régime de despotisme éclairé oligarchique dans lequel nous vivons et que nous avons accepté de nommer "démocratie"). Le Grand Révisionnisme. L'Histoire Expérimentale. Je mets des majuscules. C'est pour plaire, une dernière fois, aux Grands Inquisiteurs qui nous ont dans leur Grand Collimateur.

Faute de quoi, je ne vois pas de différence significative avec le comportement des honnêtes gens au pouvoir, et nous ne pourrons que reproduire le système qu'ils ont mis en place. Je n'en vois pas l'intérêt.

vendredi 28 novembre 2014

Couvrez donc ce lien que je ne saurais voir

Ajout du 29/11 : Etienne Chouard vient de publier une suite à sa mise au point. Il revient sur sa décision de supprimer le lien mais pas sur son article. Ça me semble parfait. Cet article n'a plus lieu d'être, mais je le maintiens :

______


J'ai beau être matinal... Ca fait mal un peu de lire ça en rentrant. De lire quoi? De lire ça. Un article d'Etienne Chouard en forme de mise au point. Je n'ai pas grand'chose à dire de l'article en lui-même, assez remarquable. Chouard y écrit l'évidence, il n'est pas sur la même ligne idéologique que Soral. Soral est effectivement un personnage assez peu engageant, pour ne pas en dire plus (et on pourrait en dire, mais est-ce bien utile en plein Soralgate?) ; et, si jamais unité résistante il y eu dans ce pays, cela ne saurait dire d'étouffer tous les désaccords, parfois profonds, souvent abyssaux. 

De ce côté-là, rien à dire. Non, ce qui me porte un coup,  c'est la décision, au-delà de cet article tout à fait légitime, de supprimer le lien infamant. Rappel des faits : 

1/ Sur son site, Etienne Chouard publie de nombreux, des milliers de liens vers d'autres sites, vidéos, articles, etc. Parmi cette myriade de référence, une vidéo de Soral. 

2/ Journalistes et antifas prennent prétexte de ce lien pour inclure Etienne Chouard dans la "fachosphère". Il faut vraiment être journaliste ou antifa pour ne rien comprendre à l'ouverture d'esprit et à l'esprit critique. Partager une vidéo ne signifie pas épouser une idéologie. Faut-il encore rappeler pareilles évidences? Il le faut!

3/ Pressions en tous genres, qui ne m'intéressent pas, mais d'autres, dont j'ai déjà parlé, de Lepage, Friot, etc. sur l'ami Chouard pour qu'il enlève ce lien...

4/ Etienne Chouard maintient le cap, reste debout, et tient bon. Ligne que je juge parfaite, adoptée également par Jean Bricmont

5/ M6R. Etienne Chouard le signe, beaucoup de "gentils virus" aussi. Au M6R, manigances pour établir un "cordon sanitaire", de mettre Chouard derrière, parce qu'il refuse de condamner Soral. Puis, on veut la peau de ceux qui refusent de condamner Chouard. Et ainsi de suite, dans une magnifique logique d'épuration idéologique.


Et donc, aujourd'hui, le lien est supprimé

Je comprends la lassitude qu'il a du ressentir. L'embarras sans doute d'emmener un élan dans une impasse : devoir nous justifier sans cesse de ne pas être d'horribles fachos. Mais dans cette impasse, ce n'est pas lui qui nous y emmène... Il n'est pas coupable de cela.

Retirer ce lien, c'est céder à un chantage grotesque. On ne peut d'ailleurs espérer en tirer aucun bénéfice. Il le poursuivra ad vitam aeternam ce lien. On lui dira : "oui, ce lien a été retiré après des mois, sous la pression, mais il reste les liens vers Asselineau l'europhobe conspirationniste gnagnagna, vers E. Mullins l'horrible antisémite blabla". C'est plié! mort! foutu! Des milliers de casseroles déjà accrochées. Terminé.

Il est extrêmement important pour eux que nous passions pour fascistes. Ils y parviendront quoiqu'il arrive. C'est peine perdue. C'est leur survie idéologique qui est en jeu.

Au contraire, ce lien retiré, ils vont se sentir pousser des ailes, et redoubler de "vigilance démocrate", de "sursaut républicain", d' "alertes antifas"... Grotesque cirque!

Il serait bien plus pertinent, amusant, et efficace de contre-attaquer sur leur terrain. Nos amis sont à coup sûr des amis de Voltaire et/ou Marx, deux horribles antisémites donc fachos. Nous pouvons donc établir un cordon sanitaire derrière lequel nous devons tenir toute personne citant Marx et/ou Voltaire. Hé oui...

Il faut absolument tenir debout. Tepa nous donne une bonne leçon, après avoir été convoqué par la police suite à une plainte de la LICRA :


Tepa revient sur la plainte de la LICRA - Meta TV par metatvofficiel


Car :


samedi 8 novembre 2014

Vers le révisionnisme intégral

Robert Faurisson est un petit joueur. Je répète : Robert Faurisson est un petit joueur. Aussi incroyable que cela paraisse, nous sommes en train de prendre conscience que nous allons plus loin que lui. Plus loin que celui dont il ne faut pas dire le nom, plus loin que celui qui a une loi à son nom, la lex faurissonia, la loi Fabius-Gayssot. Plus loin que le diable! C'est pourtant là que nous sommes. Les antifas et Caroline Fourest s'étranglent. 

Comment en sommes-nous arrivés là? 

Depuis l'Affaire Dieudonné, nous avons découvert que nous étions d'horribles islamo-fascistes antisémites. Nous n'avons pas compris immédiatement. Comment? Mais non! nous sommes de gauche! antiracistes! démocrates! républicains! droits de l'homme! etc.!... pas fachos!... 

Et puis il y a eu le référendum de 2005. Beaucoup n'avaient encore rien compris, j'en faisais partie, et ont voté OUI, tout en voyant celles et ceux qui ont voté NON se faire traiter de nationalistes = fascistes. 

Arrivés en 2014, plus rien de tout cela n'est possible. Nous avons tellement cheminé vers l'autonomie! Mais cheminé dans tous les sens... tous azimuts! perdue la boussole, le compas, pas d'équerre! Vous avez suivi mon regard. 

Une expression est apparue - le débunkage (de très très bons sur metatv) - que je n'aime pas, puisqu'elle est dans la langue de l'occupant, mais qui a le mérite de bien faire comprendre ce qu'elle veut dire. Il existe un mot en langue française, pour cela : le révisionnisme. Alerte rouge! Terrain glissant. 

Le révisionnisme, c'est l'attitude normale du scientifique, du sceptique, de la personne qui doute et veut vérifier par soi-même. Le révisionnisme, c'est l'autonomie. 

Le mot est tabou parce que l'impérialisme bâti autour du totem Hitler l'a rendu synonyme de "négationnisme" = antisémitisme = nazisme. Et de fait, toute oreille dépassant de l'impérialisme est coupée pour l'un des -ismes qui ramènent au Führer. Il y a de plus en plus d'oreilles à couper. 

Par exemple, si quelqu'un s'interroge sur la version officielle de l'avion abattu en Ukraine, on dira que c'est un complotiste donc négationniste donc nazi. Ça se passe comme ça chez... 

Le mot est tabou mais nous sommes ce qu'il porte. Nous avons écouté Henri Guillemin sur La Commune, par exemple, ou sur L'autre avant-guerre : c'est du révisionnisme. Nous arrivons au 11 novembre : des millions de morts vont être célébrés - nous aimerions que quelqu'un nous explique pourquoi ils sont morts. Ah! heu?! bon! question suivante!

Nous ne prenons d'ailleurs pas pour argent comptant ce que Guillemin raconte : nous sommes capable de réviser le révisionnisme. 

Nous avons identifié le discours médiatique comme une grande farce et colossale propagande. Il en va de même avec les leçons d'histoire, géographie, éducation civique à l'école. L'une des premières choses que j'ai apprise en fac histoire a été l'utilisation de l'histoire et de la géographie comme instrument de propagande par la IIIe République. Mais, comme par miracle, la Ve la notre de République, elle, elle ne ferait pas de propagande. Bon. Bien sûr que si. 

Avec toutes les figures de la "dissidence", nous avons appris à déconstruire le discours impérialiste. On pense avec les mots. Le mot "démocratie" :



Il faut bien comprendre que ce travail-là, c'est du révisionnisme intégral :
- la démocratie, c'est ça!
- heu? t'es sûr? on peut vérifier?

Tout le discours contemporain est à réviser. Toute l'histoire qu'on nous enseigne est à réviser. On nous bassine avec le "négationnisme" de Faurisson. Mais Faurisson n'est jamais qu'un révisionniste monomaniaque d'un sujet tabou. Je ne suis absolument pas compétent pour discuter des thèses de Faurisson, et ça ne m'intéresse pas de le devenir (je ne vois pas bien ce que ça change à l'horreur). En revanche, il faut faire tomber le tabou, parce que c'est lui qui nous paralyse.

Prenons la guerre en Irak. 1 million de morts. Imaginons qu'un gugusse se pointe à la télé et dise qu'il y a eu 100 000 morts. Personne n'en aurait rien à faire! d'ailleurs personne ne sait combien cette guerre a fait de morts. Moi-même j'ai dit "1 million", mais ne sais pas dans quelle mesure ce chiffre est crédible ou non. Mais, on s'en fout. Pas de condamnation pour ça.

Prenons la guerre civile du Congo provoquée, comme toutes les guerres en Afrique, par l'Occident. Congo, 6 millions de morts. Personne n'en a rien à foutre! d'ailleurs, personne ne le sait. On peut négationner ces morts sans aucun problème, et sans courir le moindre risque judiciaire ni "moral". Tout humour noir, si j'ose dire, est permis.

Les Indiens d'Amérique? Allez-y! c'est bon! dites ce que vous voulez... Aimé Césaire avait raison de dire que ce qui choque, c'est que les victimes soient des Européens blancs. La décapitation de Foley, c'est 15 jours de samba médiatique. Mais décapitez du bougnoule, et je vous garantis que vous ne ferez pas une ligne dans le plus ringard des canards.

J'appelle ça du racisme. C'est pour cette raison que nous n'avons pas à nous tétaniser quand l'impérialisme veut nous faire culpabiliser et nous faire croire que nous sommes racistes. C'est l'impérialisme qui est raciste! Regardons-nous : Etienne Chouard, Dieudonné, Jacob Cohen, Tepa, François Asselineau, Kemi Seba, Gilad Atzmon, Alain Soral, Marion Sigaut, Salim Laïbi, jean Bricmont, etc. Déjà, personne n'est d'accord avec personne dans cette dissidence, et puis c'est nous la boîte de crayons de couleurs. Nous démontrons l'anti-racisme.

Le tabou doit donc tomber, et nous pouvons reprendre le pouvoir sur les mots. Tout vérifier, inlassablement. Faire de l'histoire. Faire, vraiment, de l'histoire. Faire de l'histoire expérimentale. Ecrire notre constitution. Tout réviser!

L'impérialisme a voulu agiter l'épouvantail Faurisson pour nous décourager, il n'a réussi qu'à nous permettre de ringardiser Faurisson. Nous sommes beaucoup plus loin. Nous sommes dans le révisionnisme intégral. Et ça, c'est beaucoup plus fort!

dimanche 21 septembre 2014

La dissidence danse

Trois, quatre!

Etienne Chouard est passé chez Taddéi, il y a deux semaines. 4 minutes durant, il a pu faire passer son message, avant d'être assailli par Attali et sa panoplie magique de stratagèmes issus de L'Art d'avoir toujours raison de Schopenhauer. Ritournelle connue.



François Asselineau est passé chez Ruquier, hier soir. 40 minutes durant, il a du faire face aux aboiements des deux chiens de garde Caron et Salamé. Il s'en est plutôt pas mal sorti, médusant notamment un Caron avec les articles 4 et 5 de la Constitution ; et stupéfiant le duo au sujet de l'Etat Islamique financé par l'Occident.



Ces deux passages médiatiques posent la question de la dissidence et de sa stratégie. La dissidence? 

Regroupons-nous : ce sont tous ceux et toutes celles qui veulent sortir de l'euro, de l'UE, de l'OTAN. Une telle rupture avec le système économique et politique justifie le terme "dissidence". Pourtant, Salamé a raison, nous sommes certainement un bon 30% de la population.

Divisons-nous : que de clochers! c'est l'armée mexicaine... les communistes du PRCF, les identitaires de chez Ayoub, les partisans du tirage au sort, des monarchistes, les soraliens, les dieudonnistes, les anciens d'ATTAC avec Nikonoff, les positivistes de Cheminade, etc.

Irréconciliables et parfaitement antagonistes. Si parler de la dissidence est possible, c'est uniquement au regard de l'objectif premier de sortie de l'UE et de l'OTAN. Certains espèrent une mise entre parenthèse des divergences secondaires le temps d'écrire cette première page. C'est grosso modo la ligne de l'UPR, mais, plus encore, celle du rêve de Sylvain Baron.

Prendre le pouvoir est-il possible? Je ne le crois pas. Ou alors, qu'on me montre une révolution ayant fonctionné, ou une argumentation pertinente démontrant qu'elle serait possible. En 1789, les banquiers ont distribué les fusils à la petite plèbe pour chasser la vieille aristocratie du pouvoir et y placer la bourgeoisie. Le peuple a été manipulé puis domestiqué, et s'est formé le fameux "centre-gauche", c'est-à-dire la défense des grands intérêts costumée en Parti Républicain. Nous n'en sommes pas sortis. Henri Guillemin résume la situation 1789-2014 en quelques minutes :


La mafia UMPS décortiquée dès 1970 par Henri... par olivier-frisky

Toujours est-il que nous pouvons défendre nos idées. Comment s'y prendre? Nous connaissons les embûches et les peaux de banane déposées par le Pouvoir. Les stratégies divergent pour les éviter.

Face au déferlement d'anathèmes et au Grand Moulinet de la culpabilité par association, je pense que la ligne défendue par un Jean Bricmont ou un Etienne Chouard est la plus pertinente. Nous n'avons pas à nous défendre d'accusations grotesques. Asselineau est accusé d'être allé discuter chez Serge Ayoub... où est le problème? Chouard est accusé d'avoir relayé du Soral... où est le problème? En quoi ces deux faits nous imposent-ils de nous justifier de ne pas être antisémite? Ça n'a strictement aucun sens.

Il me semble essentiel de ne pas entrer dans le jeu de la justification ("si c'était à refaire, je le referais pas", "nous ne sommes pas antisémites", "je suis allé aussi au PRCF"). D'une part parce que ce ne sera jamais assez rampant pour nos chiens de garde. D'autre part parce que c'est le Verrou à faire sauter, cette politique transparente au point d'être dénudée de l'antiracisme, chevauchée par la gauche depuis qu'elle ne peut plus parler du fond et de transformation de la société. Il leur reste la moraline, et dans ce cadre, toute oreille qui dépasse est à ramener d'une façon ou d'une autre aux "heures les plus sombres de notre histoire". D'où le déferlement de Salamé et Caron à l'encontre d'Asselineau : extrême-droite, gourou, Soral, Ayoub, antisémitisme, "regrettez-vous? regrettez-vous?" , antiaméricanisme primaire, nationaliste (oh mon Dieu!), etc. D'où le matraquage d'Attali et des antifas contre Etienne Chouard.

C'est à mon avis d'autant plus important de tenir bon que le temps nous donne raison. On voit maintenant Valls et Marine le Pen la main dans la main (avec Salamé et Caron pour les soutenir) pour justifier le "déluge de feu" sur les peuples arabes au prétexte que parmi eux il y a d'affreux zozos (formés, financés et armés par l'Occident). Nous sommes intouchables sur la question du fascisme/racisme/etc. Ce sont eux, les chiens de garde, qui ont un problème avec ça. Donc : nous ne devons pas accepter d'entrer dans leur petit jeu de justification, mais établir et démontrer leur imposture.

Je conçois que cette entreprise entre en collision avec la volonté de convaincre le plus grand nombre de spectateurs. Le discours à tenir paraîtra moins consensuel et plus "sulfureux" à court terme. Mais je crois qu'au bout du chemin, ceux qui tiennent la ligne sont reconnus comme tels.

Ils nous accusent, toutes dents dehors, d'inciter à la Haine. Comme le disait Rûmî, ils ont de leur miroir enlevé la poussière. Au contraire, nous avons pour nous l'humour, l'esprit critique, et l'ouverture d'esprit, mais aussi le sang-froid et la sérénité.

Au temps jadis, on poursuivait, traquait, persécutait les hérétiques, les sorcières. D'après nos amis voltairiens laïques et démocrates, cet obscurantisme inquisitorial était très vilain. Cela ne les empêche nullement aujourd'hui, d'avoir pris la place des anciens curés, et de traquer la bête immonde un peu partout, et surtout là où elle n'a aucune chance de se cacher d'ailleurs. Le vocabulaire seul a changé, les anathèmes sont désormais : fascisme, racisme, antisémitisme, conspirationnisme, négationnisme.

De telles accusations ne peuvent salir que ceux qui les portent inconsidérément. Nous, nous avons appris à écouter et échanger avec tout le monde, y compris et surtout celles et ceux qui ne pensent pas comme nous, puisque c'est le meilleur moyen de les convaincre et/ou de tester la pertinence de nos arguments et remédier le cas échéant à leurs lacunes. Gandhi, le Mahatma, a cherché le dialogue avec Hitler. Que je sache, il n'a pas été contaminé le moins du monde par l'idéologie du Führer. L'immense travail sur soi, la satyagraha, qu'il a fait des décennies durant, avec confiance, sérénité et détermination, est un exemple. Je regarde régulièrement des vidéos d'Alain Soral, et curieusement, je n'ai jamais eu envie de prendre une batte de base-ball pour aller taper du juif dans la rue. Je regarde aussi, d'ailleurs, des vidéos de BHL, et je n'ai jamais eu envie d'acquérir des drones pour pouvoir massacrer des arabes (en les aimant). Allons jusqu'au Grand Satan : il est possible de regarder des vidéos de Robert Faurisson, et de ne pas se mettre à fabriquer des chambres à gaz qui n'auraient pas existé pour y enfourner les survivants. La sérénité et le discernement, nous avons appris à nous en servir.

Les dissidents sont révisionnistes par nature. On leur dit : "c'est comme ça!" et ils répondent : "heu? t'es sûr? on va vérifier!". C'est ce que fait tout scientifique, tout historien, tout esprit critique, tous les jours. C'est ce que tous les Pouvoirs ont persécuté (puisque ça s'attaque à leurs fondements également). Ce n'est pas parce qu'ils sont persécutés, les dissidents, qu'ils ont raison. Cela aussi, nous l'avons appris, et nous appliquons donc notre révisionnisme à nous-mêmes, nous vérifions les idées les uns des autres et vice versa. Mais, c'est parce qu'ils sont persécuteurs inquisitoriaux, les cléricaux de tous les Temps, qu'ils ont tort. C'est cela que nous devons faire comprendre pour nous défaire définitivement de l'emprise médiatique. Ce n'est pas gagné!

samedi 6 septembre 2014

Tout doit devenir rouge

Les "Frondeurs" ayant été tranchés... place au sérieux! Quant à François, laissons-le tranquille... l'affaire est entendue. j'ai peur qu'il se suicide. 

Bon. La Révolution. Elle est où? elle est déjà là! Pour le comprendre, une conférence gesticulée du Réseau Salariat avec Franck Lepage

L'idée? en finir avec les mots d'ordre de la "vraie gauche" (ceux qui sont à gauche des "Frondeurs", c'est dire s'ils sont à gauche!), complètement envahis de l'idéologie capitaliste. "Taxer le capital" est une idée de droite. 

Le moyen? faire la contre-histoire de la "démocratie". Depuis 1789, et la prise de pouvoir de la Banque sur l'aristocratie... Ecouter Guillemin. Et revenir en 1945 pour écouter Friot. Les retraites! Le pied dans la porte du Capital! Le salaire à vie. Exit le "marché de l'emploi".




Tout doit devenir rouge!





C'est le logo du Réseau Salariat et ses cubes. Le blanc (marché de l'emploi) - rouge (salaire continué = retraite) - blanc (profit) doit devenir rouge - rouge - rouge (salaire à vie). Explications dans la conférence.





Alors attention! On va nous faire le coup! Le coup du "populisme"! le coup du "fascisme"! et peut-être même vont-ils sortir le joker en entendant le mot "parasite" que Friot attribue à une fonction, évidemment, et non à des personnes, mais allez faire comprendre ça à un chien de garde... Pourquoi? On ne nous laissera pas faire. Parce que nous n'avons rien à attendre des politiciens professionnels. On ne s'attaque pas à la Banque et à ses employés impunément. Comment cela va-t-il se passer?

dimanche 4 mai 2014

Pour une gauche de gauche, ignorons l'Epouvantail

Dans un monde sensé... Nous ne sommes pas dans un monde sensé. Le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas! Tant mieux, aussi. Un Moulin n'est pas seulement un moulin, c'est aussi un Géant. 

Je reviens. Dans un monde sensé, quelqu'un comme Frédéric Lordon n'aurait pas à se justifier perpétuellement de ne pas être un facho. Il a raison. Une table n'est pas un papillon et la guerre n'est pas la paix. On n'imagine pas (et on a peut-être tort) Attila se présentant comme défenseur de la Paix et de la Liberté. 

Evidemment, aujourd'hui, le Dictionnaire est rayé de la carte! supprimé! inversé! Si bien que ce sont d'immenses précautions qu'il faut prendre, si on veut avoir un espoir d'être compris. Je ne fais généralement pas cet effort, peut-être. En fait, je préfère largement l'attitude de Lars von Trier accusé d'être pro-nazi et qui entonne "Nous, les nazis..." ; ou encore celle de Dieudonné, accusé 100 fois par jour d'être antisémite et qui réalise le film L'Antisémite. De telles bouffonneries, loin d'être des aveux, remettent à leur triste place les Censeurs et Inquisiteurs; mais, pas aux yeux de tout le monde. 

Parfois, il faut expliquer les choses clairement. Et les expliquer comme si on parlait à un journaliste de 7 ans (ou même de 77 ans). 

Je me sens de gauche. Je définis ce que j'entends par là : je suis pour l'extension perpétuelle du domaine de l'autonomie. Est autonome celui ou celle qui définit ses propres lois. Est autonome celle ou celui qui a pu se libérer des contraintes qui pèsent sur sa personne. Exemple de contrainte : "Dieu a dit, tu feras ceci ou cela." Le but de l'action politique, de gestion de la cité, est donc de permettre autant que possible à chaque citoyen(ne) de devenir lui-même (elle-même), d'accomplir sa destination comme on ne dirait plus aujourd'hui. Bref d'être maître de sa vie. Pour que cela soit possible, il faut organiser la société de manière à réduire toujours plus l'indigence, l'exploitation, qui sont d'ailleurs très inégalement réparties parmi les êtres humains. D'où la lutte des classes.

Pause. Personne ne prononce plus ces termes "lutte des classes". Aujourd'hui, la lutte des classes est impossible, et le terme même est impossible. C'est comme ça. C'est fini. L'hyperclasse a gagné. Il n'y a plus d'exploités, mais des défavorisés. On ne peut ni ne veut se battre pour des gens qu'ont pas eu de bol. Conséquence : l'échiquier politique dans son intégralité médiatique est de droite. Plus ou moins charitable, la droite : les uns veulent donner un peu plus de miettes aux pauvres (pardon, aux revenus modestes) que les autres. Mais, c'est la droite, du PS au FN. On sent bien que le FDG voudrait être de gauche, mais il est pris dans un jeu institutionnel (et idéologique, aussi) qui fait qu'il rentre toujours au bercail au lieu de tirer les conséquences de ses analyses parfois justes. 

Face à constat, moi, de gauche, je n'ai plus qu'à m'opposer à tout ça. Or, un parti semble s'opposer aux mêmes (UMPS) : le Front National. Qu'est-ce que le Front National? Un parti bien pratique qui a été mis en avant dans les médias le jour où le Parti Socialiste a abandonné toute velléité de gauche : il a fallu remplacer le discours sur les structures économiques et sociales par un nouveau marqueur de "gauche" (les guillemets sont désormais obligatoires) : l'antiracisme. Ça ne pouvait fonctionner que si la droite était raciste. Donc, le Front National. Un magnifique épouvantail, avec un leader qui adore par ailleurs cette posture : Jean-Marie Le Pen. Aucune chance, strictement aucune, pour lui d'arriver au pouvoir (il ne voulait d'ailleurs pas), mais de quoi faire tourner la politique nationale autour de cet ogre malfaisant. En deux étapes, le raisonnement : 
1/ Le Pen = Hitler
2/ Quiconque semble s'approcher de Le Pen s'approche donc de Hitler

Voilà comment interdire, de fait, toute une série de prises de position, par peur de ressembler au Croquemitaine. Le Parti Communiste était contre l'immigration massive (voulue par le patronat), mais cette position est devenue impossible, néo-nazie. Jaurès disait la nation indispensable à l'avènement du socialisme, mais cette position est devenue impossible, néo-nazie. Et caetera. Stratégie de la tétanisation des forces de gauche.

Changement de configuration avec Marine Le Pen. Comme toujours, on peut se demander si c'est Marine qui fait le changement, ou si c'est le changement qui fait Marine. C'est secondaire par rapport aux objectifs de cet article. Je passe. Marine Le Pen, elle, veut prendre le pouvoir. L'hypothèse est déjà plus crédible, avec 30 ans de saccage alterné par ses deux opposants : le PS et l'UMP. De quoi faire frémir dans les chaumières. Si bien que, même ceux qui admettent l'aveu de Jospin : "l'antifascisme est du théâtre" ; même ceux-là sont sur le pied-de-guerre pour lutter contre le FN. Le raisonnement, lui, est toujours le même :
1/ Le Pen = Hitler
2/ Quiconque semble s'approcher de Le Pen s'approche donc de Hitler

Bon. La diabolisation qui fonctionnait bien, déborde de toutes parts. D'abord parce que la gauche a déserté la "gauche". C'est difficile à suivre? Les classes "populaires" comme disent les gens importants, les travailleurs et les travailleuses, ont compris que les partis de "gauche" (en réalité de droite) les trahissaient. Ils ne votent plus ni PC ni PS. Deuxième point : de moins en moins de monde croit en cette pseudo alternance droite-gauche. Le succès (relatif) de Bayrou à l'époque était le baroud d'honneur d'un anti-UMPS dans le système. C'est tombé à l'eau, avant d'avoir eu l'occasion de couler à pic. Du coup, la plupart des citoyen(ne)s de ce pays sont opposés aussi bien à l'UMP qu'au PS, et souvent même au système "démocratique" en lui-même. 

Les coups contre l'UMPS ne viennent donc plus uniquement de l’Épouvantail qu'ils avaient installé pour ça. Ils viennent de toutes parts. Donc, il faut diaboliser tous azimuts, aussi. Et c'est ainsi que : 
- François Asselineau, qui se rêve en nouveau de Gaulle, est systématiquement assimilé au FN
- Etienne Chouard est sommé de retirer un lien vers le site de Alain Soral au prétexte que celui-ci blabla
- les "citoyens constituants" sont traités de fascistes dans une manifestation de gauche
- Jacques Sapir subit des procès en sorcellerie de la part d'Alexis Corbières du FDG
- Frédéric Lordon est systématiquement renvoyé au FN quand il explique qu'il faut sortir de l'UE
- etc.

Toute idée non convenable, qui ne rentre pas dans le cadre médiatique UMPS, est assimilée au FN = Hitler. 

Moi-même, il m'arrive très souvent d'être soupçonné d'être favorable au FN. De telles accusations sont parfaitement insensées et grotesques et je les traite comme cela d'une manière générale. Mais aujourd'hui, répondons-y.

1/ je suis démocrate au sens : tirage au sort des représentants (Etienne Chouard), et suppression des partis politiques (Simone Weil). Conséquence : je suis opposé à tout parti politique, quel qu'il soit, et ce simple fait devrait me dispenser de me positionner sur l'un d'entre eux, par exemple le FN. A la limite, je concède une bienveillance toute relative pour des partis confidentiels et exclus des médias (POI, UPR, M'PEP, PRCF, ...)

2/ le FN n'a jamais eu le pouvoir. Ce point aussi devrait me dispenser d'avoir à me positionner sur ce parti. Il est extraordinaire de tant déblatérer sur un parti qui n'a aucune responsabilité directe dans la situation dans laquelle nous sommes. Tout le temps passé à parler du FN est du temps durant lequel les responsables et coupables sont oubliés. Mes flèches vont à l'UMP et au PS.

3/ si le FN arrive un jour au pouvoir, c'est que le système l'aura voulu. C'est, en effet, ce qu'on peut commencer à penser, tant le FN est promu dans les médias désormais. Mais cet état de fait n'est en aucun cas une surprise ni une nouveauté. Le système (moyen de défense des grands intérêts des "honnêtes gens") est prêt à promouvoir n'importe quel régime, tant qu'il défend, justement, les grands intérêts. La monarchie quand il faut, la République quand ça permet d'avoir des chambres de notables, convenables, mais aussi le fascisme quand la populace commence à se mêler de ce qui ne la regarde pas. Qui a grossi les rangs pétainistes? Le centre-gauche, les milieux d'affaires. C'est la thèse de Guillemin d'une continuité d'Adolphe Thiers à Adolf Hitler. La clé, c'est l'Argent. L'extrême-droite était antisémite en 1940, d'accord, mais elle est plus nationaliste qu'antisémite, et l'Action Française était plus avec de Gaulle qu'avec Pétain. En revanche; le centre-gauche est "Républicain", d'accord, mais tant que la République pouvait préserver leurs intérêts. Si c'est Pétain et Hitler qui tiennent les rennes, hop! pas de problème. Et, en fait, on retrouve la définition communiste du fascisme : "le fascisme est la dictature terroriste ouverte des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins, les plus impérialistes du capital financier" (Dimitrov). Pasolini ne disait pas autre chose, d'ailleurs. Donc, même si le FN arrive un jour au pouvoir, ce serait un épiphénomène d'un problème plus large qui est précisément celui contre lequel la gauche devrait se battre dès aujourd'hui : le capitalisme.

4/ Il me semble qu'il suffit de lire n'importe quel article de ce journal en ligne pour comprendre que mon positionnement politique est loin d'être le même que Marine Le Pen qui prétend qu'il y a des bateaux entiers qui arrivent peuplés de Mohamed Merah. Mais si ce ce point n'est pas clair, je peux donner des précisions aux journalistes de moins de 7 ans.

lundi 14 avril 2014

Lepage ne convaincra pas Chouard

J'apprécie autant, je crois, le travail de Franck Lepage et celui d'Etienne Chouard. L'un comme l'autre m'ont été très précieux pour décrypter les lieux communs de la politique d'aujourd'hui. C'est même vraiment emballant, de quoi dépasser par la gauche tout ce qui existe. Bref, une vraie piste!

Lepage parle récemment de diverses choses, dans une émission, et on l'interroge sur Soral. Bon. Je trouve que ce qu'il en dit est ce qu'il dit de plus faible, au sens fort du mot, si j'ose dire. La preuve : il utilise les catégories de l'adversaire, du système, pour discréditer Soral. Lui pourtant si fort, pour le coup, pour dénoncer les catégories imposées par le système pour nous empêcher de penser. C'est bien Lepage qui nous fait remarquer qu'il n'y a plus d'exploités, mais des défavorisés, et qui dévoile les conséquences funestes de ce tour de passe-passe sémantique. Leçon n°1 : refuser les catégories de l'adversaire.

Et alors dans le genre tarte à la crème gratinée : l'antifascisme et l'antiracisme. A titre personnel, je me fous pas mal de savoir si Soral est "facho", "raciste", "antisémite", "voleur de poules", ou encore assassin d'ours polaires. Ce qui m'intéresse est : ce qu'il dit dans ses vidéos est-il vrai ou faux? Point! Après, je suis assez grand pour tirer les conclusions qui s'imposent. Pas besoin de curés pour me dire de ne pas écouter la mauvaise parole parce que... 

D'où Lepage qui dérive sur Chouard. Parce que Chouard, parmi ses milliers de liens sur son site, en a un vers E&R. Lepage raconte qu'ils ont essayé, lui, Friot, Ruffin, de convaincre Chouard d'enlever ce lien. Et on sent qu'il trouve assez logique que Chouard se prenne les antifas en pleines dents (ou à pleines dents). 

C'est très faible. Evidemment, à écrire ce genre d'article, je vais être suspect de soralisme. C'est absurde, mais ma sympathie pour le travail de Dieudonné me condamnera auprès du Saint Tribunal. Toute une série de raisons fait que je suis bien loin d'être soralien, que je n'exposerai pas ici parce qu'il n'y a pas à se justifier et que cette discussion n'a de toute façon pas lieu d'être : Soral ne propose rien, si ce n'est voter Marine Le Pen, ce qui est une absurdité sans nom. En revanche, il amasse, parce que ceux qui devraient proposer ne le font pas.

Etienne Chouard, lui, propose. Et, pour le coup, je veux bien me lancer "citoyen constituant". Ce en quoi, au risque de me répéter, j'ai l'impression de dépasser par la gauche le Front de gauche, qui propose une constituante mais élue, au lieu de celle tirée au sort, que nous souhaitons. Si j'avais été sur Paris ce 12 avril 2014, j'aurais donc pu être chassé d'une manifestation de gauche au cri de : "Les nazis dehors! Les nazis dehors!", au titre que je suis "citoyen constituant" donc chouardien donc visiteur d'un site sur lequel on trouve un lien vers E&R. Mais : C'EST QUOI CE DÉLIRE?!




J'aimerais demander à Lepage : 
Chouard explique qu'il a mis un lien vers Soral parce que seul Soral parle de certaines choses. 1/ est-ce vrai? je veux dire, ne peut-on pas trouver les mêmes choses chez d'autres auteurs/penseurs/etc.? et 2/ ces choses valent-elles la peine, oui ou non?

Le reste (ces infos viennent d'un "facho"), ne sommes-nous pas assez grands, autonomes (Castoriadis!) pour juger par nous-mêmes du personnage Soral? Je vais très régulièrement sur E&R, et, bizarrement, je ne suis pas devenu raciste... De la même façon, je lis aussi des articles du Figaro, et c'est pas demain la veille que l'UMP aura ma voix. Quant à Libé, on y trouve aussi, parfois, des informations, mais je ne vais pas me mettre à vendre des affiches Apple à 50€ parce que la Société de Consommation c'est trop cool en fait. Asselineau donne des conférences remarquables, mais je n'ai pas fondé le club des nostalgiques de Charles Pasqua. En fait, le discernement, ça existe.

Pas chez les journalistes, pas chez les chiens de garde du système, c'est vrai. Pas chez ceux qui fabriquent des épouvantails - parce que le fascisme n'existe pas en France en 2014, il est uniquement théâtralement monté par le système (Ah! ils l'aiment leur Marine!). Que les "antifas" participent à petit jeu ne me réjouit pas, et j'hésite entre les hypothèses qui expliquent ce qui m’apparaît absurde (et Pasolini ou Baudrillard nous avaient averti de cet antifascisme sans fascisme). Tous ces gens peuplent finalement le camp retranché dont Obamus Golmansaxus est le centurion. D'ailleurs, UMPS et antifas sont systématiquement d'accord pour taper sur toute oreille anti-impérialiste qui dépasse. 

Je ne suis pas plus poutinien que soralien, pas plus assadien que kadhafiste. Mais, je suis anti-impérialiste, ce qui ne me semble pas incongru pour quelqu'un de gauche, mais ce qu'il est impossible d'être, dans ce pays, sans être taxé, en résumé, de "facho". 

Seulement, de plus en plus nombreux nous sommes à ne plus nous tétaniser (grâce aussi à Lordon) quand l'UMPS, les médias ou les antifas nous traitent de nazis. 

Bref, Franck! que ce lien de Chouard l'empêche de passer à Canal+, je le conçois, c'est même une médaille... mais que ça te pose un tel problème!?... Pendant ce temps, les honnêtes gens se marrent : nous nous roulons dans la farine entre nous.

dimanche 30 mars 2014

Le parti de l'abstention - la vraie démocratie

Battre un record sans rien faire, aucun sportif au monde ne l'aurait fait. 

Et pourtant, à chaque élection, ou presque, le record est battu. C'est l'occasion de sempiternelles leçons de maintien sur les droits et les devoirs du citoyen, mon cul sur la commode. Que ces leçons viennent des honnêtes gens, c'est dans l'ordre des choses. Qu'elles viennent, au contraire, des "citoyens", c'est plus triste. 

- "Si tu ne votes pas, tu ne fais rien". 

- "Si tu ne votes pas, tu laisses la droite passer".

- "Si tu ne votes pas, le Croquemitaine FN va passer".

- Et caetera. 


Les morts pour la démocratie

Bon. On entend aussi, et c'est le plus dramatique : "Des gens sont morts pour avoir le droit de vote, et se battent encore pour ça dans d'autres pays." 

Le fait que des homines sapientes sapientes (au moins) se soient battus pour quelque chose ne fait pas la valeur de la chose. Petit point godwin pour plaire aux honnêtes gens : des homines sapientes sapientes (au moins) se sont battus pour l'avènement du nazisme! Devons-nous en conclure que faire entrave au nazisme, c'est une trahison inadmissible envers les amis d'Himmler et les zozos d'aujourd'hui en Ukraine? Même un homo sapiens (tout court) comprendrait l'absurdité de la chose. Alors, pourquoi nous bassine-t-on avec ça?


Bon. L'occasion, aussi, de revenir sur la "démocratie" (résumé complet ici). Ça commence à être rabâché ici, mais l'élection ce n'est pas la démocratie, mais son contraire : l'aristocratie, et de nos jours, l'aristocratie par l'argent soit la ploutocratie. Qu'il est dur de se faire comprendre! Deux siècles de propagande sur ce mot "démocratie". Avant 1789, tout le monde savait ça. En tant que démocrate, je ne vais plus voter. 

Cette position est très rarement comprise. A ceux qui s'étonnent, je suggère de réfléchir à ceci : les bâtisseurs du système "démocratique" avaient en horreur la démocratie (la vraie). Ces Voltairiens, qu'on peut retrouver toute l'histoire de la République durant, ne peuvent pas avoir donné à la canaille ce qui les révulsait! 

Aujourd'hui, l'abstentionniste est accusé d'être un "citoyen passif". Tiens, c'est d'ailleurs ce qu'avait inventé l'abbé Sieyès : distinguer les citoyens actifs des citoyens passifs. Lui, c'était selon leur argent. Et, comme le rappelait Guillemin, c'était un chef-d'oeuvre d'humour noir puisque ceux qu'on appelait passifs, étaient ceux qui n'avaient pas le droit de vote. 

Depuis Sieyès, les honnêtes gens se sont ralliés au suffrage universel, à l'époque de Thiers, parce qu'ils ont compris alors que c'était le meilleur moyen de préserver les grands intérêts. 

Des "citoyens passifs" au référendum de 2005, on voit bien que la ligne directrice, c'est qu'on ne demande pas son avis à la populace. Mais on le lui fait croire. 

Les leçons de morale ne fonctionneront plus.

mercredi 19 mars 2014

Le poisson d'avril démocratique

Il y a quelques semaines, le parle ment a décidé de reconnaître le vote blanc. Le parle ment a peur de l'abstention. Comme d'habitude, il s'agit d'une entourloupe. Le vote blanc sera effectivement décompté séparément des votes nuls ; mais, il ne sera pas pris en compte dans les suffrages exprimés. Or, c'est bien la seule chose qui puisse compter : 

Election => le vote blanc l'emporte => on renvoie à la maison tous les candidats, éliminés, et on organise une nouvelle élection, jusqu'à ce qu'un candidat finisse par l'emporter. 

Mais ça, il est évidemment strictement impossible qu'un parle ment le décide. On voit rarement un crocodile se présenter dans une maroquinerie, comme rappelait l'autre...

Donc, une blague. Les Elus (sur Eux la Paix!) espèrent peut-être ainsi faire réduire l'abstention de 1 ou 2 points. Magnifique. Mais attention, cela ne saurait empêcher nos Elus (sur Eux la Paix!) de dispenser des leçons de maintien à travers le monde sur les bonnes manières de consulter le peuple...

Mais le plus beau : l'entrée en vigueur de la Blague... le 1er avril

Fabuleux! ça se passe de commentaire.

Mais en voici, quand même!...


samedi 28 décembre 2013

Les censeurs de Dieudonné vers la solution finale

Michel, le Sapin de Noël, vient de confirmer l'inversion de la courbe du chômage, décrétant dans la foulée la nouvelle organisation des saisons (hiver, été, automne, printemps) et la nouvelle température d'ébullition de l'eau (2°C, pour économiser l'énergie, mais le syndicat des fils et filles de skieurs s'inquiète). Un autre peut aussi bien cacher un humoriste.

On ne s'amusera pas plus de cette énième bouffonnerie solférienne, parce qu'un autre occupe toute l'attention de ces mêmes zigotos qui nous gouvernent : Dieudonné. En effet, Dieudonné ne fait plus rire personne depuis 2003, et c'est un grave problème pour la France. Hier, Manuel Valls a déclenché l'opération Solution Finale. Récapitulons pour ne pas capituler.


Dieudonné est aujourd'hui accusé d'être antisémite et tout simplement nazi. Va falloir y aller point par point.


Antisémitisme?

Les "débats" sur Dieudonné sont monnaie courante. Dorénavant, je n'y participe qu'à deux conditions :
1/ que les contradicteurs admettent que le Verdict puisse être contesté
2/ que le terme "antisémitisme" soit défini

La première conséquence de ces exigences est que cela m'évite de m'épuiser dans des myriades de discussions, la plupart des contradicteurs décrétant détenir la Vérité descendue sur Terre qu'on ne saurait remettre en cause (à moins d'être détraqué psychologiquement et/ou nazi soi-même) et se posent ainsi en défenseurs de la Raison (humaniste, démocrate, tolérante, Voltaire quoi), ce qui ne les empêche absolument pas, en revanche, de trouver logique de débattre sans en avoir défini les termes, puisqu'ils refusent tout aussi fréquemment de définir "antisémitisme". Résumé : on doit déclarer Dieudonné antisémite, mais on ne doit pas dire ce que signifie "antisémite". Curieux.

Pour moi, un antisémite serait quelqu'un qui prête des "qualités" à un groupe nommé "Les Juifs" et qui attribue ces qualités à tous les membres qui (d'après lui) composent ce groupe. [Petit aparté : je ne reviens pas sur le choix malheureux du mot désignant les peuples sémites, ça alourdirait encore le billet pour pas grand chose.] C'est peut-être curieux mais c'est ainsi, je définis l'antisémitisme comme un racisme anti-Juifs. Dès lors, je ne vois pas bien l'utilité d'avoir un mot spécifique qui contribue selon moi à la prospérité du racisme anti-Juifs. On nous dit : les clichés anti-Juifs sont différents des clichés anti-Arabes. Oui, mais les clichés anti-Roumains sont différents des clichés anti-Noirs, etc. A partir du moment où on entretient une spécificité, on alimente les spéculations sur cette spécificité. Bref.

Bref, ce qui serait condamnable à mes yeux, serait effectivement de prêter des "qualités" (positives ou négatives) à un groupe (humain, ou non, d'ailleurs) et d'attribuer ces "qualités" à tous les membres de ce dit-groupe. Ça, ça n'a aucun sens. C'est contraire à toute idée d'autonomie, et sans même avoir à évoquer les-heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire, ça révolte l'esprit, en tout cas le mien. Quand je dis : "condamnable", j'entends : "intellectuellement". Il ne me viendrait pas à l'esprit-encore-lui, de poursuivre en justice un raciste. Ce serait aussi contraire à toute idée d'autonomie, et une stratégie de faiblesse assez lamentable. 

Exemple : la banane de Taubira. Une telle insulte est particulièrement infantile, et a d'ailleurs été proférée par une enfant. Elle provoquerait des larmes dans une cour de maternelle. Mais, quand on est adulte, structuré, fort, et qui plus est ministre de la République, on peut avoir une réaction plus digne et plus forte, me semble-t-il. Thérèse de Lisieux : "cette multitude d'offenses ne sont qu'une goutte d'eau dans un brasier ardent." Non ? Si. Pas besoin d'un sursaut Rrrrrépublicain.


Dieudonné est-il raciste?

Répondons à la question. Dieudonné est un métisse, un pied sur deux continents, et il se pense comme un pont (cf. le préambule à La gauche vent debout?). Depuis toujours, il ridiculise les frontières arbitraires et absurdes (couleur de peau, religion, nationalité, etc.) que les homo sapiens dressent entre eux. Pour lui, ça n'a pas de sens, il le dit, il le répète. C'est à ce titre qu'il s'engage alors politiquement contre le Front National. Dieudonné incarne l'anti-racisme. Preuves :



Spectacle Mes excuses : "Avec toutes ces conneries de communautarisme... chacun chez soi ça va être n'importe quoi... ça n'a aucun sens les Blancs les Noirs les Jaunes les Tachetés... mais quand tu t'attaques au communautarisme, t'as toutes les communautés sur le dos, moi je veux pas finir comme un Apache".




Spectacle Dépôt de Bilan : "toutes ces différences, toutes ces frontières, qui nous ont mené à... rien, rien, rien du tout".




Spectacle 1905 : la différence entre le Chinois et le Vietnamien, à ne pas manquer.




Chanson Palestine : chanson métisse déracinée cosmopolite (Nougaro, jazz, tziganes, etc.) aux multiples influences, l'oeuvre d'une pensée raciste? allons!...


En dernier ressort, tout est contenu dans l'apostrophe à un Chinois dans son public (spectacle 1905) : "T'es Chinois? mais pour quoi faire?". Ce n'est pas un extrait pris au hasard, c'est toute son oeuvre qui est parsemée de cette lutte contre le communautarisme = racisme.

Au début de ses ennuis, quand il était encore parfois invité sur des plateaux pour s'expliquer, il n'a pu que répéter inlassablement que, pour lui, "les Noirs", "les Juifs", etc. ça n'existe pas.





Hélas ! pour lui, il y a l'anti-racisme et >> l'anti-racisme <<. Et ça n'a rien à voir, c'est même le contraire. Jean Baudrillard l'avait fait remarquer : il y a SOS Baleines qui veut sauver les baleines, et il y a SOS Racisme qui veut sauver le racisme.


Mais alors, quel est son crime ? 

"Il a une obsession sur les Juifs". Alors, il va falloir faire un petit peu de chronologie. Pourquoi ? Il y a quelques jours, la LICRA a annoncé qu'elle poursuivrait en justice Pierre Desproges en 2013 si son sketch sur Les Juifs sortait maintenant. C'est ce qu'elle a fait avec Dieudonné en 2003.

Là, certains se sentent un peu coincés, obligés de se démarquer des censeurs. On nous fait alors remarquer que Desproges c'est pas Dieudonné :
- Desproges était insoupçonnable
- Desproges n'a fait qu'un sketch sur cette question, et n'y est pas devenu obsessionnel

Ces deux objections ne tiennent pas.

1/ Desproges était en effet insoupçonnable, ça ne l'a pas empêché d'être soupçonné à l'époque (il se défendit des accusations d'antisémitisme en s'excusant auprès des anciens nazis de se moquer d'eux aussi peu charitablement), et ça n'empêche pas la LICRA aujourd'hui de faire ces déclarations. De plus, il faudrait expliquer en quoi Dieudonné, métisse franco-camerounais issu du duo avec Elie Semoun et militant anti-FN était soupçonnable d'être antisémite et néo-nazi en 2003. Ce n'est jamais fait, car c'est évidemment absurde. D'ailleurs, dans le sketch qui l'a fait tomber, ce qui a posé problème est le "Isra-Heil". Dieudonné assimilait Israel au nazisme. Dieudonné manifestait-il son amour du nazisme ? Ridicule.

2/ Desproges a fait un sketch sur la question, en expliquant que la Shoah était pour lui une horreur absolument incompréhensible ; et qu'il était par ailleurs agacé de la prétention de certains Juifs à détenir les clés de l'humour. Si, à l'époque, la LICRA l'avait traîné dans la boue et poursuivi en justice comme elle l'a fait pour Dieudonné, je ne pense pas que Desproges aurait dit : "ah oui, pardon, vous avez raison". C'est la censure qui fait réagir Dieudonné. Dieudonné a fait des sketchs sur tous les communautarismes, tous. Juste un exemple, dans "J'ai fait l'con", il dit : "je dois être chrétien, je m'appelle Dieudonné, qu'est-ce que je peux faire de plus? me faire enc**** par un curé?". Personne n'a essayé de faire censurer Dieudonné pour racisme anti-chrétien. Pas plus que pour racisme anti-musulman après La fine équipe du 11. Et caetera.

Non, ça n'a réagi que sur une question bien précise, et qui n'est pas le racisme anti-Juifs. Ce qui était inacceptable dans son sketch chez Fogiel, ce n'est pas de l'antisémitisme (il n'y en avait pas la moindre trace), c'était cette assimilation d’Israël au nazisme. Le sketch de Desproges joue avec les clichés antisémites, et on comprendrait presque que certains aient peur que ce soit pris au premier degré. Celui de Dieudonné n'est pas du tout sur ce terrain-là, il était clairement lié à une situation géopolitique. Ce qu'il dénonçait, c'était la politique d’Israël, et il voulait questionner Jamel Debbouze présent lors de l'émission, sur cette question.

Quelques mois auparavant, Edgar Morin avait commis le même "crime". Dans une tribune publiée dans Le Monde avec Sami Naïr et Danielle Sallenave, il écrivait :
" Les juifs d'Israël, descendants des victimes d'un apartheid nommé ghetto, ghettoïsent les Palestiniens. Les juifs qui furent humiliés, méprisés, persécutés, humilient, méprisent, persécutent les Palestiniens. Les juifs qui furent victimes d'un ordre impitoyable imposent leur ordre impitoyable aux Palestiniens. Les juifs victimes de l'inhumanité montrent une terrible inhumanité. Les juifs, boucs émissaires de tous les maux, "bouc-émissarisent" Arafat et l'Autorité palestinienne, rendus responsables d'attentats qu'on les empêche d'empêcher." 
Edgar Morin a été poursuivi pour incitation à la haine raciale. On a voulu le faire passer pour un Juif ayant la haine de soi, un antisémite. Pour une inquiétude inspirée de Victor Hugo ("opprimés hier, oppresseurs demain"). Que ça ne fasse pas plaisir aux oppresseurs qu'on le dise, on le comprend ; qu'on conteste cette analogie, c'est tout à fait légitime ; mais traîner dans la boue et censurer...

Dieudonné a donc fait la même chose que Morin. Dans les deux cas, il est absurde de parler d'incitation à la haine raciale, puisque ce qui est dénoncé est précisément que les victimes de la haine raciale en deviennent les vecteurs. Edgar Morin a répondu par un très bon livre (Le monde moderne et la question juive), Dieudonné avec ses armes à lui (des provocations de plus en plus provocantes). Mais, Morin, ce n'était pas très dangereux, il touchait les milieux de la sociologie de gauche, bon. Dieudonné, lui, et en interpellant Jamel... c'est autre chose. La Grande Peur, c'est les banlieues.


Le nouvel antisémitisme?

C'est là que nos sursauteurs républicains doivent changer leur fusil d'épaule. Le problème, ce n'est pas l'antisémitisme vieille France, ça c'est terminé. Non, le problème c'est l'antisémitisme nouveau, celui des banlieues où les "muslims" s'énervent contre les "feujs" qui tuent leurs frères en Palestine.

Je trouve plus que légitime qu'ils s'énervent. Je suis moi-même assez énervé (et quand je suis énervé, ça fait mal). Seulement, il y a une différence entre s'énerver contre la politique israélienne (ce qui est parfaitement légitime) et l'attribuer à tous les Juifs (ce qui n'a pas de sens). Les sursauteurs républicains nous expliquent volontiers que dans les banlieues, on n'a pas cette subtilité. Et c'est vrai, mais ni plus ni moins qu'ailleurs. Les banlieues ne sont pas peuplées d'abrutis quand les centre-villes eux seraient le repaire du raffinement et de l'intelligence. Mais il est vrai que, un peu partout, les amalgames sont faits. Cependant! il est essentiel de rappeler certains points :

1/ le CRIF, la LICRA, toutes les associations communautaires s'ingénient à assimiler sionisme et même défense inconditionnelle de la politique israélienne (même d'extrême-droite comme actuellement) et judaïsme

2/ les mêmes traitent systématiquement de "traîtres à la patrie" et d'antisémites tout Juif critique. Edgar Morin, donc, Rony Brauman, Schlomo Sand, Noam Chomsky, Jacob Cohen, Gilad Atzmon, etc. la liste est très longue des "juifs ayant la haine de soi"

3/ les mêmes encore, représentant une infime minorité de la population juive de France prétendent représenter toute la population juive de France

= > Alors, on fait tout pour que les gens fassent l'amalgame. Pire! on le fait soi-même, ce sont eux qui font la Grande Confusion. Il est absurde et hypocrite de reprocher quelque chose à quelqu'un quand on le fait soi-même. Ces associations, relayées par les médias qui ne bronchent jamais, font l'amalgame. Emmanuel Chain dans la vidéo plus haut le dit : pour lui, il est évident que s'en prendre à un colon israélien extrémiste, c'est s'en prendre aux Juifs en général. N'importe quoi !

De la même façon, si, dès qu'un Mélenchon tape sur la "finance internationale", on a 15 jours de sursaut républicain dans les médias contre l'antisémitisme nauséabond de la gauche de la gauche, quel est le message envoyé ? "finance internationale = judaïsme". Qui fait l'amalgame ? Faut pas le reprocher aux autres, ensuite.


Le chantage à l'antisémitisme

Le voilà donc le crime de Dieudonné, s'être attaqué à la politique israélienne. Pour cela, il a été évincé des médias, empêché de travailler, traîné dans la boue, harcelé judiciairement (une vingtaine de procès avant d'enfin réussir à le faire condamner), agressé avec ses enfants, son public aussi a été agressé. Il a eu le courage ou l'inconscience de répondre à ça par des provocations humoristiques. Fait rarissime.

Que Shoah nanas choque, ça peut se comprendre. Mais il s'agit d'une réponse à ceux qui essayent de le tenir par la Shoah. Il y a eu la Shoah donc, on ne critiquera pas Israël. Ah bon ? Dieudonné les tient par l'ananas. Sa résistance par le rire est très étonnante.


Jean Bricmont : de la gauche morale par clap36

Dix ans durant, le système aura tout essayé. Et nous, spectateurs, nous avons pu observer comment il fonctionne. Quelques exemples :

- France 2 affirme dans Complément d'enquête que Dieudonné a comparé Taubira a Cheetah. Grotesque. Dans l'extrait volé du spectacle Le mur, il dit que Hollande se sert de Taubira comme de Cheetah. Ca fait une petite différence, non ?
- Les journalistes ne cessent de parler de l'obsession antisémite de Dieudonné et de Soral. On a le cas exceptionnel de ce journaliste de BFMTV qui ne va chercher Alain Soral que pour lui parler d'antisémitisme, qui lui pose pendant 38 minutes des questions sur ce thème et qui finit en disant : "vous n'avez parlé que de ça!" Exceptionnelle bouffonnerie. Dieudonné parle de tout depuis 10 ans, mais les médias ne reprennent que ce qui touche à cette question. Qui est obsédé ? L'islam, le christianisme, Chavez, l'écologie, le féminisme, l'école, la laïcité, la gay pride, l'Afrique, etc. jamais un journaliste n'est venu parler de ces questions à Dieudonné, c'est dans ses spectacles, pourtant.
- Le Président de la LICRA décide que la quenelle, geste pratiqué depuis 10 ans par Dieudonné et ses fans, en toutes circonstances (bras d'honneur), est un "salut nazi inversé". Depuis, la presse parle de la quenelle, et pas un article n'oublie de préciser que ce geste est "souvent comparé à un salut nazi inversé". Pas un journaliste pour mettre en doute, pour réfléchir, pour questionner. Sur 9000 photos, on en trouve un paquet lié au judaïsme, et ça valide!
- bon, etc.


La Solution Finale

Ainsi, Manuel Valls veut en finir. Je sais bien qu'on me reprochera de parler de Solution Finale et de faire passer Valls et Cukierman pour des nazis. Je le fais parce que c'est cette analogie qui a fait tomber Dieudonné... D'un côté, elle n'était pas pertinente, et il est amusant que ce point Godwin initial, utilisé par Dieudonné, ait été renversé au point d'être désormais utilisé par ses adversaires contre lui. Y en a marre d'utiliser Hitler à tout bout de champ. Personne n'a Hitler en face de lui, aujourd'hui. D'un autre côté ? cf. Edgar Morin.

Valls veut faire interdire les spectacles de Dieudonné. Cukierman est content parce que, si on le laissait faire, "on pourrait craindre des violences". Les seules violences constatées à ce jour ont toutes été le fait  de la LDJ. Mais, Valls et Cukierman ne sont certainement pas au courant. La LDJ, ces joyeux drilles qui mènent des "expéditions punitives" et les revendiquent, contre les quenelliers, contre "les juifs ayant la haine de soi", etc. Eux, en effet, portent de la haine et de la violence. Jacob Cohen a été à deux reprises agressé par ces zozos, mais ça n'a pas ému grand monde dans le cirque médiatico-politique. Jonathan Moadab a vu sa voiture exploser, tout simplement... mais malheureusement pour lui, c'est pas des bougnoules ou des nègres, enfin des barbares quoi, qui ont fait le coup, donc tout le monde s'en fout. Pourtant, ça devrait plaire aux médias, ils pourraient en faire des tonnes sur les catégories : un journaliste! indépendant! juif! victime! mon dieu tout y est... mais non. Add. 21h48 : Et Jacky Sigaux, régisseur lumière et son de Dieudonné, rejoint la liste des "haine-de-soi" agressés.

Il manque une base juridique à cette Solution Finale. Arno Klarsfeld y est allé de sa proposition. Depuis 10 ans, rien n'y a fait, Dieudo a gardé et augmenté son public, et celui-ci, boîte de crayons de couleurs, n'a jamais manifesté la moindre violence. Il faut pourtant absolument qualifier le trouble à l'ordre public. Notre ami Arno propose donc d'aller provoquer un trouble à l'ordre public, tout simplement. C'est de la folie furieuse.

Espérons que les fans de Dieudonné soient tous aussi forts que lui. La réponse : paix, humour et chansons. "C'est Dieudonné! c'est pour le spectacle...".




Add. 15h23

L'article est déjà long, mais j'y ajoute deux petits paragraphes, et je vous présente toutes mes confuses.


La culpabilité par association

Je suis bien obligé d'en parler, puisque c'est l'argument principal des censeurs. Dieudonné est antisémite parce qu'il est entouré d'antisémites. Il est antisémite parce qu'il est proche de Soral. D'ailleurs, Soral est antisémite parce qu'il a défendu Dieudonné. C'est pratique, ça marche dans les deux sens. Dieudonné était sur la liste antisioniste en 2004 avec l'argent des Iraniens, et sur cette liste il y avait des gens très très méchants. D'ailleurs, les Iraniens veulent la bombe atomique pour rayer Israël de la carte. Tiens, on retrouve là une manipulation médiatico-politique très amusante : Ahmadinejad n'a jamais dit qu'il voulait rayer Israël de la carte. Mais passons. La culpabilité de Dieudonné est prouvée par celle de ses relations. C'est aussi ce que dénonçait Schopenhauer dans L'art d'avoir toujours raison : principe de l'association dégradante. Dieudonné a-t-il dans ses relations des gens qui ne sont pas racistes ? Les plus obtus censeurs admettront que oui. Dès lors, Dieudonné serait-il coupable de ne pas être raciste, parce que son cousin n'est pas raciste, pas plus que l'oncle de son meilleur ami ? Non, ça ne marche pas comme ça ? Seul le racisme peut déteindre sur les amis ? pas l'anti-racisme. Ou alors, faut-il compter ? Parmi ses 300 amis, y a-t-il plus de 150 racistes pour constituer la preuve du racisme de Dieudonné ? Tout cela n'est pas très sérieux.

Autre pièce au dossier. L'amitié, oui l'amitié... de Dieudonné avec Robert Faurisson. On lit, là encore, beaucoup... j'allais dire d'âneries mais j'ai trop de respect pour Balthazar... de stupidités à ce sujet. Faurisson ? Je croyais, moi, naïvement, que le type tenait un discours religieux impossible à contredire. Vous savez du genre : Dieu existe. Va prouver le contraire! Mais va prouver, aussi, que Dieu existe... Bref, c'est un énoncé irréfutable, il est impossible d'en vérifier la véracité. Je pensais donc que Faurisson tenait ce genre de discours sur les chambres à gaz, et que cela expliquait que les honnêtes gens ne veuillent pas qu'on en parle, de peur de lui amener des adeptes. Or, il n'en est rien. Faurisson a un discours tout à fait rationnel et argumenté, qu'il est donc très facile de contredire pour qui a travaillé la période, en y amenant faits et documents historiques et scientifiques. Rien qui ne mérite censure, ostracisme, diabolisation, et encore moins de le frapper, le laisser pour mort dans un fossé, etc. L'histoire devrait suffire à éteindre le feu. Mais non... c'est l'Infréquentable. Dieudonné lui a donc remis, et c'est logique, le Prix de l'Infréquentabilité. Sur les chambres à gaz, on veut les avis des historiens, mais celui des juges et des associations, on s'en fout. Et j'enfonce le clou, en m'étonnant encore une fois de voir les prétendus démocrates défenseur de la Raison condamner le révisionnisme en tant que révisionnisme. L'histoire et la science sont, par définition, j'insiste, par définition, révisionnistes. On ne peut avancer dans nos connaissances qu'en révisant celles anciennement établies. Je pensais que le révisionnisme ne gênait que les staliniens et les tenants de toutes les "lignes officielles" de chaque époque. Il n'y a pas de ligne officielle qui tienne. Quand il y en a une, on est plus proche de l'Hystoire que de l'histoire.


Le cordon sanitaire

Corollaire : il faut, pour les honnêtes gens, établir un cordon sanitaire. Dieudonné n'en est à ce titre qu'une cible parmi d'autres. Etienne Chouard, par exemple, est frappé de la même façon, martyrisé par les "antifas" et brocardé par le Front de Gauche. Etienne Chouard, LE démocrate, coupable de penser qu'on peut discuter avec tout le monde. Personne n'a mieux que lui porté la réflexion institutionnelle et citoyenne depuis des lustres, mais à gauche, et même à gauche de la gauche, comme on dit, on s'offusque de discuter avec Etienne Chouard parce que sur son site, parmi des milliers de références, il y a un lien vers le site d'Alain Soral, et un commentaire d'un bouquin d'un type "antisémite". Toujours le Front de Gauche : Alexis Corbière a mené un vrai procès en sorcellerie à Jacques Sapir, soupçonné d'avoir déjeuné avec Marine Le Pen, un jour. Pour le Front de Gauche : Chouard, non ; Sapir, non. Et Lordon ? certainement non, encore. Cordon sanitaire ! Hygiénisme ! On leur rappelle les ascendances et descendances du courant hygiéniste où ce serait encore un violent point Godwin ? Les bouffons ! Je vous l'annonce pour finir, le prochain livre d'Alexis Corbière, préfacé par Mélenchon : "Gandhi, une vie fasciste". Hé ! oui, Gandhi a écrit une lettre à Hitler, en la débutant par "Cher ami,"... Cordon sanitaire ! 

Et pendant ce temps-là, la lutte des classes ? 

samedi 23 mars 2013

La démocratie folklorisée par la Shoah

L'arc démocratique. En joue ! Tirez ! (photo)
Daniel Cohn-Bendit publie un petit livre posant la question de la suppression des partis politiques. Il ne manque pas d'air, puisqu'il me semble qu'entre mai 68 et ce livre, il a largement vécu par et pour le système politique et ses partis, alors que la critique "anar" comme il dit mène tout droit à la suppression des partis, sans détour ni parenthèse... tout droit.

D'ailleurs, il parle de Simone Weil - c'était déjà sur la table à l'époque, non ? Bref, je ne vois pas l'intérêt du livre de Cohn-Bendit, mais prenons le sujet. A la suite de Rousseau, de Simone Weil, de Castoriadis, et d'autres, nous nous posons la question de la démocratie, à opposer absolument au "gouvernement représentatif" qui est notre régime. Simone Weil a raison : imagine-t-on le peuple donner son opinion comme dans les cahiers de 1789 ? Impossible. Désormais, seul le référendum lui demande de dire "OUI" ou "NON", et quand il dit "NON", c'est "OUI" quand même. Et ça, c'est ce qu'on appelle la "démocratie". 

Bon.


Voilà donc pourquoi il y a toute une réflexion citoyenne autour de ces questions (voir le Plan C), à mon avis plus légitime que celle de notre ami Dany. Mais Dany, il passe à la TV, contrairement à Etienne Chouard. Ça permet au système de jouer à se faire peur.

Il explique chez Taddéi que Ségolène / Trierweiler ou Fillon / Copé, ça justifie qu'on supprime les partis. Personne ne lui a posé la question du référendum de 2005... Non... non... c'est juste une histoire de tweets. La révolution dispose donc de bases solides : sous les pavés : le vent. Un peu d'agitation, pour rien. 

Mais cette agitation, c'est déjà trop. Immédiatement, Chantal Delsol, philosophe, comme Bernard-Henri Lévy, monte sur un grand cheval. On ne peut pas jouer avec ces questions. C'est très dangereux.

Elle montre, et c'est normal puisque c'est une philosophe, là où le peuple peut jouer (bac à sable) et là où il ne le peut pas (cour des grands). Simone Weil pouvait, en son temps, écrire un texte sur la suppression des partis politiques. C'était même un texte très beau. On ne savait pas, à l'époque, on était encore innocent. Mais après Hitler, ce n'est plus possible. 

On ne va quand même pas faire du beau après Hitler ! Ce serait insensé.

C'est-à-dire... Simone Weil avait raison, dans sa Note sur..., mais on ne peut plus avoir raison après la Shoah. Tant pis ! C'est une fausse démocratie, mais tant pis ! Il ne faut plus chercher la vraie. Oh ! ce serait mieux... c'est vrai... que le peuple s'émancipe... mais c'est trop risqué, ça doit rester un rêve puéril. Il vaut beaucoup mieux que les philosophes guident le peuple vers la Lumière. C'est plus sûr, surtout quand on est philosophe. 

Ainsi, à quiconque ressort la question démocratique, les belliqueux tenants du fameux "arc démocratique" le criblent des flèches que sont les crimes d'Hitler. C'est pratique...

C'est toujours la même opposition autour de laquelle nous tournons : Voltaire contre Rousseau ou l'élite contre le peuple. 

Avec la même hypocrisie insensée au passage. Pour Voltaire, le christianisme, c'est vraiment un truc de faquins, mais c'est très bien que les gueux croient, ça les empêche d'aller piocher dans la fortune qu'il a accumulée. Pour Delsol, c'est très joli Simone Weil, mais il vaut beaucoup mieux que le peuple écoute Patrick Cohen, ça évite qu'il se prenne à... penser par lui-même... à être philosophe...