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dimanche 1 février 2015

Je m'accuse

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Aymeric Chauprade l'a dit, il y a en France une inquiétante 5e Colonne qui menace le pays. Manu el blanco Valls est tout à fait d'accord avec lui, et son gouvernement ça tâche s'attache à la démanteler. Kollaborons avec eux! 










Stop djihadisme! Le gouvernement édite un petit guide pratique pour reconnaître un djihadiste par quelques comportements suspects :
- organiser des réunions nocturnes (orgies et sacrifices)
- pratiquer des envoûtements - changer les "impurs" en grenouilles ou en scarabées
- lancer des maléfices
- commander aux éléments (pluie, vents, etc.)
- pratiquer l'anthropophagie
- se rendre au sabbat par la voie des airs
- renier Dieu et adorer Satan
- fabriquer des philtres d'amour
- pratiquer des danses païennes 

Bigre! Horresco referens!... ça fait froid dans le dos! D'après le gouvernement, chacune de ces pratiques ne suffit pas à caractériser un djihadiste,. L'autre jour, j'ai vu un homme changer une petite fille en canapé, mais il m'a affirmé ne pas renier Dieu et ne pas savoir danser. Vous comprenez donc l'astuce : plus on en combine des critères, et plus le risque est grand. Si vous avez le moindre doute concernant une personne de votre entourage, voici comment réagir : 
- consulter le site Stop Djihadisme
- appeler le numéro vert 0 800 00 56 96
- pousser un grand OUF! de soulagement

Et c'est ainsi que nous pouvons remercier le gouvernement. 

source
J'allais publier cet article, et d'un coup d'un seul le doute m'habite. Il y a une quenouille dans le potage. C'est mal la chasse aux sorcières! pratique barbare des temps obscurs! C'est d'autant plus mal que c'était imputable à l'Eglise. Mais nous! on a lu Voltaire... Et la Lumière fut. La Civilisation naquit. 

Le juste et noble combat du gouvernement ne peut pas ressembler, de près de loin, à cette grande chasse. Jugeons-en : 



J'ai mauvais esprit. Je persiste à penser que ça ressemble un peu. Bon... à l'époque il n'y avait pas de numéro vert. Mais on allait chercher directement le bailli. Comment se sortir de ce pétrin? En déterminant le bon et le mauvais chassé. 

Les sorcières, finalement, étaient assez sympathiques. C'étaient les féministes de l'époque. Les FEMEN même! Amies de Caroline Fourest et George Soros. Elles citaient Voltaire et ce flot de Lumière ne pouvait être toléré par les esprits complotistes de la canaille obscurantiste, laquelle a fait parler sa barbarie en persécutant les sorcières. Des résistantes! 

Les djihadistes, eux? tout le contraire! des terroristes! Ils sont méchants et vilains, et parfois même très vilains. Ils n'aiment pas Caroline ni George. Ils étaient déjà là aux heures sombres, à faire brûler les FEMEN médiévales. Ce sont les bons chassés. 


Bon. Me voilà rassuré sur la pertinence de la lutte contre le djihadisme. Alors, luttons! 

1/ ils se méfient des anciens amis qu'ils considèrent maintenant comme des "impurs"
Tout le monde est impur. Je me méfie donc de tout le monde. 

2/ ils abandonnent l'école ou la formation professionnelle car l'enseignement dispensé fait partie du complot
Je suis pour une "société sans école", et je considère en effet "l'enseignement" comme une gigantesque oeuvre de propagande depuis Jules Ferry.

3/ Ils arrêtent les activités sportives parce qu'elles sont mixtes
J'ai arrêté le tennis. 

4/ Ils changent leur tenue vestimentaire, notamment pour les filles, avec des vêtements qui cachent le corps
Je porte en effet des vêtements qui cachent le corps. Je ne savais pas que c'était étrange. En revanche, Hayat Boumedienne, apparemment, c'était plutôt le djihad en bikini... Je ne comprends pas très bien.

5/ Ils arrêtent d'écouter de la musique car elle détourne de la "mission"
J'ai arrêté d'écouter de la musique, en tout cas contemporaine, car elle détourne en effet de la "mission", c'est d'ailleurs son rôle officiel, de "divertissement" = divertir = faire diversion. 

6/ Ils rejettent des membres de leur famille
C'est peut-être à cause de ce point que je ne vais pas être considéré comme un djihadiste

7/ Ils changent brutalement leur régime alimentaire
Oui! mais je mange toujours du pain. Je boycotte en revanche tout un tas de produits diaboliques. 

8/ Ils ne regardent plus la télévision et ne vont plus au cinéma car on y voit des images qui leur sont interdites
Ah bah ça! je ne vous le fais pas dire. L'impérialisme culturel est satanique. Du balai!

9/ Ils fréquentent assidûment des sites et des réseaux sociaux à caractère radical ou extrémiste
Et comment! cf. la liste de l'ex-presse.


Conclusion : il ne me reste plus qu'à remplir le formulaire pour me dénoncer moi-même. 

dimanche 10 novembre 2013

La tête en arrière

Des collègues écoutent Luke, un jour. Luke ? Il allait falloir devenir archéologue. C'est vieux, ça... Oui, mais pas plus que ce j'écoute maintenant. A peine quelques années plus loin que Charlie Parker ou Antonio Vivaldi, après tout. C'est un peu comme si je revoyais... puis-je savoir? un Tarantino. Antédiluvien ! le Kill Bill. Alors que M le maudit, ça reste assez récent, finalement. L'eau coule sous les ponts, mais elle coule étrangement, et, ce ne sont que tourbillons, courants et contre-courants, spirales et vortex. 


Voilà ce qui est advenu ! aux alentours de Luke j'imagine. Quelle date? 2004. Et Kill Bill? 2003-2004. C'est là... avant 2005... avant une maladie nietzschéenne (une bénédiction). Avant, je supportais tant de diableries! c'était naturel d'ailleurs. La définition de naturel : habituel. C'était l'habitude, le sens du courant, le vent de l'Histoire et ses avatars - le rock, le PS, Beigbeder, l'Europe, la mondialisation heureuse, le devoir d'ingérence et sauver le Monde, fin de l'histoire. 

Aujourd'hui, rien ne va plus parce que tout va bien. Voilà un petit paradoxe que je concède à mes anciens camarades post-modernes. Je suis devenu aussi nazi que Lars von Trier et Dieudonné. Horresco referens! La bête! la Bête!



Ah!

Je l'avoue... je suis arrivé au bout d'un chemin, la nausée les vertiges la tétanie avec. Je l'ai cru! que ça venait de moi. Au contraire, Moi ne pouvais pas être en bonne santé en évoluant dans un monde que Moi jugeais malade. Il n'y avait plus qu'à entrer dans un autre monde, prendre une tangente, s'engouffrer dans une spirale vers les cimes-vertiges, se risquer dans un des remous des contre-courants du fleuve.

Je vais marquer la rupture au référendum de 2005.

Avant :






Et caetera!

Et après :






Avec Luke, j'ai subitement vu passer cet Ancien Monde, le choc du son. Qu'il passe et repasse est inévitable, c'est le Cycle de l'eau, l'Éternel Retour. Oh! il est toujours différent à chaque passage. Kill Bill s'appelle Django, je crois. Je n'en suis pas bien sûr, pour avoir complètement coupé avec ce tchou-tchou culturel. Le courant, je ne le connais plus que par son idéologie promue toute la journée par les médiacrates.

Les eaux de ce fleuve sont limpides, tout cela me paru d'une telle cohérence, soudain. A penser avec les pieds, on finit par marcher sur la tête.

mardi 10 septembre 2013

Poutine ouakbar

La tâche ne nous est pas facilitée. Mais c'est ainsi qu'Allah est grand. Alors, affrontons la réalité. La Syrie. On en connaît qui voulaient en envoyer, du bois... pas que du bois... toutes sortes de joyeusetés mais attention ! bien propre, depuis le bureau nickel chrome d'un chef occidental... Massacrer, mais proprement. 

Chemise-ouverte-cheveux-aux-vents, pas même recoiffé de ses aventures libyennes, voulait déjà nous envoyer au casse-pipe en Syrie. Hélas, ça a traîné. Bien entendu, le prix cochonou 2011 de la Paix avait fixé une ligne rouge. Bachar pouvait tuer, ça d'accord, mais pas avec des armes chimiques, ça non. Vive la guerre bio!... On ne va quand même pas faire intervenir Monsanto dans les guerres, ce serait trop monstrueux. 

Mais... Horresco referens!... Le doute m'habite d'un coup d'un seul... ne serait-ce le camp occidental... je veux dire... ils auraient... par hasard... eux... trouvé que le Vietnam était trop vert et qu'un peu d'orange rendrait le paysage plus joli... les USA ne sont-ils pas les grands spécialistes de l'arme chimique ? Enfer et damnation ! à quel saint se vouer ? Mais Barack est gentil, quand même !

Bon... 21 août. Drame. On ne discute pas. C'est horrible. Mais !... pas même 10 minutes après la nouvelle... voilà-t-y pas que Fabius et le reste de la Congrégation pour la Propagation de la Foi s'amène, première cavalerie de l'histoire à arriver quasiment... pour ainsi dire... en avance... s'amènent sur tous les plateaux, et assènent ! la Vérité ! Bachar... criminel de guerre... massacre... armes chimiques ! ligne rouge... crime contre l'humanité. Et caetera !... Bla. Bla. et reblabla. 

Savait-on ce qui s'était passé ? Preuves ? Non. Tout cela n'a pas beaucoup d'importance, de toute façon, Occident = Démocratie = Bien. Pourquoi s'embarrasser ? Question rhétorique. Emballement médiatique ! frénésie guerrière ! Vengeance, punition, frappes ! la guerre !... hum... mais... c'est entendu : sans l'aimer !... Ah.

Il y a eu grains de sable. Déjà, Poutine et les chintoks étaient pas d'accord. Ce n'est rien. Poutine = fasciste, c'est facile à démontrer, et chintoks = fascistes, c'est pareil. Pas de quoi déranger du médiacrate. Plus gros : les opinions publiques sont hostiles. Aïe. Pire que tout ! le parlement anglais dit non. Et les moteurs des avions qui rugissaient déjà ! Quel dommage !

Il a donc fallu intensifier la propagande. Convaincre. Faire de la pédagogie. Quand un médiacrate parle de pédagogie, tous aux abris ! déjà, il nous prend pour des enfants (c'est dans le nom). Et voici l'arsenal pédagogique du médiacrate : 
- attendre des preuves = révisionnisme  et conspirationnisme
- défendre la souveraineté nationale = hitléro-stalinisme
- ne pas vouloir "punir" = esprit munichois

Bref... c'est simple... Bombarder la Syrie ou être nazi, il faut choisir. Comme précédemment avec la Libye. D'ailleurs, si nous, gueux et manants, sommes contre ces guerres impériales, c'est que nous soutenons Bachar et Kadhafi, et nous sommes des ennemis de la démocratie d'ailleurs nous votons pour des extrêmes qui se rejoignent. CQFD. Il n'y a plus qu'à s'incliner. 

Or, souvenirs souvenirs... quand l'UMPS accueille (plutôt l'UMP pour le coup) chaleureusement et plus Kadhafi et Bachar, à Paris, qui protestait ? Nous. Il sera donc assez difficile de faire de nous des soutiens des dictateurs que nous refusions de voir honorer ainsi. En revanche, entre ne pas recevoir un dictateur et bombarder son peuple, nous voyons une différence... 

A la réflexion, je ne vois certes pas pourquoi il serait déshonorant de recevoir Bachar, et honorable de recevoir Obama, ou d'avoir Hollande pour Président. Les pires malfaiteurs de la planète sont, incontestablement, je répète : incontestablement les dirigeants occidentaux. 

Renvoyés dans les cordes, ils ont paniqué dans cette affaire. Si bien que c'est Poutine, le monstre ! le Mal, le Diable ! qui leur donne la leçon : lui, Poutine, a attendu d'avoir des preuves, a laissé le temps à la réflexion, a cherché une solution, a tenu un langage clair ; quand les occidentaux se sont précipités la bave aux lèvres, la langue en bois, pour accuser sans la moindre preuve et faire dans la propagande pure et simple. Qui c'est qu'à l'air d'un con, maintenant ? Hollande ou Poutine ? Question rhétorique. 

Et là, les médiacrates vont dire : "Ah ! vous voyez ! ils soutiennent Poutine en plus de Bachar, ils sont anti-démocrates !". Non. Je ne soutiens en aucun cas Poutine (sauf quand il ridiculise un milliardaire dégénéré ami des chicago boys). Pour le reste, je ne suis pas Russe. Je n'ai pas à m'occuper du cas Poutine. On me demande en revanche de voter pour le Président de la République Française. Un candidat socialiste s'y est présenté, et a été élu. J'ai très mal, à la France, et au socialisme. Jaurès ! Jaurès ! reviens !

Il se trouve que les intérêts russes sont différents et même antagonistes aux intérêts US. Il se trouve également que Poutine n'est pas un lâche, ni un employé du FMI, et qu'il défend donc les intérêts russes. Ce qui a produit un équilibre, permettant, apparemment, d'arriver à une solution qui mette tout le monde d'accord (pour le moment). 

Pour ma part, je suis plus que jamais anti-impérialiste et anti-occidental. Je me félicite de la dernière vidéo du sieur Mélenchon qui définit la France comme n'étant pas une nation occidentale. Je doute de la conséquence du sieur Mélenchon, qui appellera dès demain à voter pour le PS et ses "young leaders" praticiens et théoriciens du choc des civilisations donc de la destruction des peuples et des nations, pour que, tous, dans le monde entier, nous puissions boire du Coca Cola, manger du maïs dégénéré et regarder les films déglingués qui doivent pulluler sur les écrans et dont je ne connais heureusement pas les noms. 

Nous ne sommes pas en démocratie, le centre-gauche a toujours prétendu apporter la démocratie et les droits de l'homme et la civilisation et ta sœur aux races inférieures (coucou Jules). Difficile de faire comprendre à un médiacrate que nous ne sommes pas des hitlériens... mais nous ne plierons pas.

mardi 23 avril 2013

Phobophobie



Rendez-vous compte ! Peut-être... sûr ! même acquis avéré vérifié... validé peut-être même par le Barbier, par Chemise Blanche Ouverte allez savoir ? Les opposants au "Mariage pour tous" sont... mais au fond d'eux, sans l'avouer le reconnaitre le dire le savoir même ? ils sont en tout cas, à peine j'ose l'écrire, ils sont homophobes. 



Que des opposants s'opposent, on peut l'admettre l'entendre. Ils pensent ils peuvent ce qu'ils veulent. Mais être homophobes !? ah ! ça non... horresco referens ! C'est trop horrible. C'est surtout -phobe en fait. Il faut pas être -phobe. Ni anti-.

C'est très vilain, très méchant. Un enfant bien élevé le dirait à sa maman que le copain il est -phobe. Ce n'est pas bien, un esprit malade. C'est le Mal.

Ça se passe comme ça au pays de la sensiblerie au temps du sentimentalisme. Romantisme dégénéré ça déborde. Le tonneau des Danaïdes en est rempli. L'Anglais en perd son chapeau. Tout est vaincu les jeux sont faits. La mer est bue. 

Le -phobe, le anti-, il est contre ! contre l'Autre ! mais pas tout contre non ! au contraire... il est loin mais contre, il s'oppose, il a un ennemi, un Autre, qu'il veut c'est certain dégommer anéantir exterminer génocider. 

Homophobe ! Il n'aime pas les homosexuels. Ouh que c'est vilain ! Les homosexuels ont droit au respect, comme tout un chacun. D'ailleurs c'est le petit père Desproges qui disait : "mais qui sommes-nous pour tourner le dos aux homosexuels ?". Mais, ça le fait avec toutes les minorités c'est magique. 

Il y a que le mot "islamophobe" pour faire débat chez les médiacrates. Tous les autres -phobes  et anti- sont unanimement dénoncés comme d'horribles fascistes. Bah ! oui faut le dire quand même... islamophobe on a les médiacrates de gauche donc par définition gentils qui bombardent les musulmans pour leur bien (la démocratie les droits de l'homme et ta soeur) qui reprochent alors leur islamophobie aux médiacrates de droite donc pragmatiques qui bombardent les musulmans pour nous protéger d'eux ; et, les médiacrates se déchirent donc entre eux sur cette phobie.

Mais, pour le reste, il faut surtout pas être -phobe. Et ça peut vous prendre de bon matin. On en reparle tantôt... Moi, je pense que ça cache un peu quelque chose gros comme maison cette chasse aux -phobes. Je ne suis pas homosexuel. C'est vrai je m'étais jamais posé la question mais non. Mais du coup, si je devais réfléchir au pourquoi de la chose et l'expliquer ? immédiatement me voilà "homophobe". Je ne suis pas chrétien, donc christianophobe (mais ça, tout le monde s'en fout). Je ne suis pas musulman, donc islamophobe. Je ne mettrai pas les pieds au McDo, donc anti-américain. 

En fait ce que j'aime moi, ce qui ne me fait pas peur : la différence ! l'altérité encore. Internationaliste vous voyez ? ça veut dire il y a des nations, différentes, on va au-delà..., mais il y a des nations. Même chanson avec les individus. On est pas "tous pareils", on est tous différents. C'est ça. L'égalité en droits quand on aura accepté la différence. Pas demain la veille...

Le top du top ? c'est le bon globish ! J'aurais du dire "la panacée". Mais je veux faire in. Dans le sens du vent. Rose des vents inutile, un seul vent souffle désormais : Globish ! Globish ! Globish ! Touche pas à mon pote qui est comme moi. Verstehen sie ? Tous pareils : noirs, jaunes, rouges, blancs, verts, on s'en fout tant qu'on bouffe les mêmes pétrotomates dégénérée dans les burgers qu'on regarde les mêmes films écoute les mêmes musiques. Déracinement. Preuve : la terre ne ment pas = Pétain. Ni lieu, ni date. Ou-topos hors du temps. Alors que moi ! pauvre diable ! je pense Histoire je pense Géographie. Étymologie et toponymie. Cultures ! et à bas la Culture avec un grand Q. 

J'apprends chez Rûmî - parce que je ne suis pas (négation) Rûmî. Rûmî daté et localisé, culturalisé aussi. Ce n'est pas moi, c'est un Autre, donc j'apprends. J'apprends chez Nietzsche - parce que je ne suis pas (négation) Nietzsche... daté... localisé... etc. ! Si moi = Rûmî, Rûmî ne me sert plus à rien. Il faut qu'il y ait des autres... des ponts... à traverser. 

Des Autres ! ganz andere ! du sacré autant dire ! des frontières... des valeurs... tout boulets archaïques désuets obsolètes... inefficaces et arriérées superstitions de nos jours. Il est bon ton big mac ? Super cette série (US) ! Imperator !

La gomme d'utilité publique ! gommez ces différences que je ne saurais voir ! Tartuffes par myriades. Tolérance ! Tolérance ! Tolérance ! Tout aimer, tout supporter, tout accepter. Relativité et inexistentialisme sont les mamelles de l'indifférence. Indifférent aux différences. On ne les voit plus, pardon ! on ne veut plus les voir. Qu'elles disparaissent ! Musulman oui, mais modéré ! catholique d'accord, mais moderne ! citoyen investi, mais centriste... Du juste milieu c'est ce qu'il faut. Allez pas commencer à dépasser d'un côté ou de l'autre. Pro-palestinien c'est toléré mais achtung ! à pas la franchir la ligne sinon chaud ananas chaud abricot... Vive la demi-mesure.

Je vous perds je le sens... je reviens. Étalées nivelées tapies les différences, ne reste d'un individu l'autre que du sentimentalisme comme relation. Tous pareils donc si tu me critiques tu m'insultes. Tous pareils faut qu'on soit, alors si on trouve des différences rien ne va plus. Et voilà ce que sont les -phobes : ils trouvent des différences. Sorcières à brûler au plus vite ! Lions gazelles kif kif. Imagine-t-on la gazelle porter plainte pour incitation à la haine raciale ? Les lions sont insolvables, toute façon.

Alors voilà, dans le sens du vent, on a peur des -phobes. Si on joue à leur jeu, on peut les appeler les phobophobes. Si juste au passage, mes amis de gauche pouvaient arrêter d'utiliser des arguments pareils, ces lignes n'auraient pas été écrites pour rien.

samedi 12 janvier 2013

De l'hallali au hari-kari : le ramdam des manants, le tohu-bohu de la canaille


Laurent LOUIS dissout le MLD et réclame un... par JaneBurgermeister


Nous avions déjà tout : 
=> la suppression des partis politiques (Simone Weil, Note sur la suppression générale des partis politiques)
=> les germes démocratiques (Cornelius Castoriadis)

=> la volonté générale (Jean-Jacques Rousseau)

=> le tirage au sort (Etienne Chouard)


Mais, c'est bien la première fois, à ma connaissance, que cela vient d'un élu. Laurent Louis, belge de son état, qui s'était jusque-là fait remarquer à nos oreilles par ses diatribes contre les réseaux pédophiles, passe à un niveau beaucoup plus systématique. 

Plus de parti, plus d'argent, plus de lobby ! Quel est donc cet insensé ?



Les attaques à son encontre vont certainement redoubler. C'est qu'il ne faudrait pas que la populace, la canaille, les gueux, les ploucs, les fous et les insensés, nous quoi - il ne faudrait pas que la populace vienne à suivre cette idée. Big Pharma subirait tant de dommages, les élus seraient mis au chômage, le corbeau en perdrait son fromage. Horresco referens ! Je ne puis le croire... Un parlement tiré au sort ! Rendez-vous compte... il serait peuplé de manants !

Ce serait vraiment trop horrible.

lundi 15 août 2011

Melancholia

C'est le titre qui convient au moment, c'est le titre adéquat, le titre correspondant, le révélateur, signifiant le moment. C'est le titre de la situation, le titre de l'époque, de le cri-hi-hi-ise, de la Chute. C'est encore le titre de l'homme, de l'homme perdu parmi les robots. Lars convoque, évoque, encore, toujours, encore et encore le grand Andreï, mais il est mort hélas ! Je veux dire : il est éternel c'est entendu, mais éternellement assassiné. Le Grand Assassin, mais c'est l'Indifférence, mais c'est encore le monde qui fait le malin, le Malin. 

On les parsème le long des autoroutes, ces œuvres d'art qui sont là pour prouver que l'art existe, cependant qu'elles ne doivent surtout pas perturber l'attention de l'automobiliste. C'est un fait exprès. Les panneaux ne les signalisent pas encore : "ART - circulez, rien à voir". C'est implicite, acquis, on ne revient pas dessus, un lieu commun. Elles méritent en effet de ne pas détourner le regard, ces flèches ne transperceront jamais rien. Elles ont leur place. Plus loin encore, le Chevalier trouvera non plus de l'authentique, mais du vrai, non plus du toc, mais du vrai, non plus du l'art, mais de l'Art. Une profonde et ténébreuse forêt, menaçante à dire vrai, angoissante, sombre si sombre, étouffante, semble en défendre l'accès. Ceux qui vont si vite, trop vite, sur l'autoroute de l'information n'en imaginent rien d'autre que l'extraordinaire noirceur. Les lents Chevaliers sont rares. Et, horresco referens, seuls. Mélancoliques depuis leur forêt, alors qu'ils observent ce monde lumineux. Que voient-ils ? 

Oui, Lars, oui, une longue limousine bloquée sur une route campagnarde trop sinueuse ; plutôt : une trop longue limousine bloquée sur une route campagnarde sinueuse. En lieu et place d'un procès de l'arriération rurale, c'est bien celui de la dégénérescence moderniste que nous entendons mener. On les ramassera à la pelle, les amoureux convaincus que c'est la route qu'il faut changer. Nous, pas. Bien au contraire. Melancholia chante tout cela.

Notez que l'inverse se vérifie également. Les chevaux sont interdits au Temple de la Civilisation. C'est en limousine exclusivement que l'on se rend aux Marches, alors que ce n'est qu'à cheval qu'on gagne le village. Le symbole est presque trop beau, il aurait fallu l'inventer. Gloire à cette journaliste qui cru bon d'interroger Lars von Trier sur le romantisme allemand, ses origines allemandes, son goût pour l'esthétique nazie. L'exceptionnelle réponse de l'Artiste lui valut l'exclusion du Festival (gloire aux organisateurs). Il est à sa place, dans les ténèbres.


Quand on pense qu'une ligne de Hello suffit, qu'un plan de Tarkosvki suffit, l'immense flux de culture décadente a de quoi rendre, mélancolique.

dimanche 10 avril 2011

Horresco referens

Il en fut un qui oubliait d’être Laocoon. Ce sera donc mon saint patron. Lao qui ? Laocoon ! La guerre de Troie ! Que ce brave homme ait oublié d’être con, sa seule qualité de prêtre de Neptune suffirait à le démontrer mais il se trouvera des esprits tatillons qui estimeront qu’il en faut davantage, le moine ne faisant pas l’habit – ces esprits soi-disant tatillons confondent d'ailleurs les moines et les prêtres : où allons-nous ‽ Je pourrais balayer ces objections d’un gasquet de la main, mais je préfère relever le gant que je ne portais assurément pas : quitte à perdre au tennis, autant ne pas pratiquer l'auto-handicap.
  Ainsi les rusés Achéens ont-ils avant de partir laissé sur la plage un Cheval – il mérite sa majuscule, ce cheval est le cheval – en offrande à Athéna : courageux mais pas téméraires, mieux valait à leurs yeux s’assurer les bonnes grâces de la Déesse pour rentrer par la mer. Les Troyens hésitent mais finissent par faire rentrer Cheval en la ville au lieu de le brûler comme des sauvages. La suite est connue et voilà ce qu’il en coûte de se comporter en civilisé. « Et alors ? » me direz-vous, soucieux de bien comprendre où je veux en venir et gardant encore un espoir que je veuille en venir quelque part, naïfs que vous êtes.
  Et alors mon ami Laocoon avait prévenu, grave et sentencieux comme tous les prêtres de Neptune connus à travers les siècles, et ils furent nombreux : « Timeo Danaos, et dona ferentes » ! C’était sagement s’exprimer. Je crains les Grecs, et même quand ils apportent des présents. Évidemment ! Le plus invraisemblable dans cette histoire, c’est que notre ami, sans même avoir jamais lu Les mains sales, n’en est pas resté au Verbe mais a bel et bien empoigné son javelot pour le lancer dans le Chêne sacré. Le Chêne sacré est Cheval, concluront ceux qui suivent. « Mais, de par mon bâton à physique ! objecteront ceux qui ont lu aussi bien Virgile qu’Alfred Jarry, l’auteur n’hésite-t-il pas entre le chêne, le pin et le sapin ? » Si, l’auteur hésite, mais là, à ce moment précis, il parle de chêne et ce n’est tout de même pas pour rien que je vous parle de ce passage et non d’un autre : que vaudrait cette histoire avec du pin sacré ‽ Elle ne passionnerait guère que les théo-anthropophages catholiques.
  Ces bavardages intempestifs, bien qu'un temps festifs, me gênent dans ma narration et la décence impliquerait qu’ils cessassent séance tenante : ces agissements sont choquants. Je reprends, après avoir placé un imparfait du subjonctif. Le javelot se plante, Cheval sonne creux, les Troyens s’en moquent, voire ne le remarquent même pas, les fous. Un esclave grec confirme la thèse du sacrifice à Athéna. Là dessus, notre prêtre hérétique immolait son taureau avec toute l’évidence de la chose que cela suppose. Ici, je vais laisser chanter Virgile (L’Enéide, chant II, vers 204-224) pour des événements d’une extrême gravité qui décideront les Troyens à faire rentrer Cheval (lisez cette parenthèse après l’extrait si vous n’avez rien compris : cet épisode les décide à faire rentrer Cheval puisque le prêtre qui s’y opposait a été puni ! Est-ce clair ? Dorénavant, suivez !) :
Or voici que de Ténédos, sur des flots paisibles, deux serpents aux orbes immenses, (je frémis en faisant ce récit), glissent sur la mer, et côte à côte gagnent le rivage. Poitrines dressées sur les flots, avec leurs crêtes rouge sang, ils dominent les ondes; leur partie postérieure épouse les vagues, et fait onduler en spirales leurs échines démesurées. L'étendue salée écume et résonne ; déjà ils touchaient la terre ferme, leurs yeux brillants étaient teintés de sang et de feu, et, d'une langue tremblante, ils léchaient leurs gueules qui sifflaient. À cette vue, nous fuyons, livides. Eux, d'une allure assurée, foncent sur Laocoon. D'abord, ce sont les deux corps de ses jeunes fils qu'étreignent les deux serpents, les enlaçant, les mordant et se repaissant de leurs pauvres membres. Laocoon alors, arme en main, se porte à leur secours. Les serpents déjà le saisissent et le serrent de leurs énormes anneaux. Deux fois, ils lui ont entouré la taille, deux fois autour du cou, ils ont enroulé leurs échines écailleuses, le dominant de la tête, la nuque dressée. Aussitôt de ses mains, le prêtre tente de défaire leurs nœuds, ses bandelettes souillées de bave et de noir venin. En même temps il fait monter vers le ciel des cris horrifiés : on dirait le mugissement d'un taureau blessé fuyant l'autel, et secouant la hache mal enfoncée dans sa nuque.
   Imagine-t-on spectacle plus effrayant ‽ Je frémis d’horreur en le racontant. Horresco referens.
Enfin ! Enfin nous y voilà. Ces chroniques – que Vialatte, Desproges et Cavanna, plantes qui fleuriraient partout où on les porterait, me pardonnent, je leur rendrai hommage partout où je marcherai – n’auront d’autre but que de frémir en racontant comment l’Homme déroge à la Bienséance, car l'Homme ne fait que déroger à la Bienséance. C’est pourquoi je couve une misanthropie galopante (Rossinante oblige). Je me propose donc de jouer ce rôle : passer la moitié de mon temps à méditer au sommet du mont Ararat, et l’autre moitié à écarteler les insensés en place publique. Un tel programme n’apparaitra démesuré qu’à celui qui ne sait rien des aventures du Chevalier à la triste figure, parcourant la Mancha au nom de sa Dulcinée, auteur de mille folies uniquement animé par cet objectif ; avouons-le : il a ouvert la voie. Ce n’était plus que combats contre géants, errances, enchantements et désenchantements, littérature, amour imaginaire et fidélité. Car l’Homme erre et c’est pourquoi lui vient à tout moment l’idée de vivre sa vie telle une odyssée et pire encore, de la raconter. Nietzsche disait assez que l’on pense avec ses pieds. On ne connaît pas diablerie plus vraie. On voit par là que la différence entre l’Homme et l’animal n’est plus ce qu’elle était et même que les animaux semblent avoir repris l’avantage : l’Anglais arrête de manger son chapeau pour le mettre à ses pieds ; l’araignée fait des bonds dans sa toile, et tombe puisque sa toile est verticale ; le mille-pattes, fier de sa nouvelle et incontestable supériorité, envisage l’invasion de l’Iran. A l’inverse, les poissons en sont pour leurs frais, pour la plus grande joie d’Ordralfabétix ; quant aux oiseaux, ils demeurent aussi cons que Chaval le prétendait : ils préfèrent utiliser leurs ailes. Pauvres pauvres oiseaux.
 Partout je poursuivrai les profanateurs de la Bienséance, et la sentence sera terrible, assénée sous forme de points exclarrogatifs, je veux dire d'interrobangs : ‽ Ce symbole provient de la superposition du point d’exclamation (un o surmonté d’un i) et du point d’interrogation (un q surmontant un o) et fut inventé en 1962 par le sieur Martin K. Speckter sur lequel la déesse Shiva – sans la moindre raison, nous considérerons que Shiva est une déesse et non un dieu – devait veiller avec attention tant cet apport est considérable pour l’humanité même si elle ne s’en est pas rendue compte, toujours pas. Il est en effet de première évidence que cet interrobang est le signe de ponctuation par excellence de qui se prétend défenseur de la Bienséance. A la furieuse question : « Que fait l’Homme ? », on ne saurait répondre qu’en s’interrogeant autant qu’en s’exclamant. Car l’homme est stupéfiant et ne parlons pas de la femme. Ces chroniques ne seront donc plus qu’interrobangs en pagaille, livrés partout où ce sera nécessaire et non pas seulement là où l’obligation de réserve l’eut permis. J’aime l’obligation de réserve.