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jeudi 18 décembre 2014

Lexique de combat #2 - Etymologie

On pense avec les mots. Et avec les pieds.



Le mot oiseau. A creuser. Mais les oiseaux sont des cons.

Le mot l'âme tranchante... qui ressemble pas par hasard semble-t-il au mot lame. On chante sur la lame. En l'enchante. Vibrant. 



Et aujourd'hui, le mot étymologie. 


Rechercher le vrai. le vrai sens, le vrai sens des mots. L'étymologie, c'est le gai savoir, la science totale, c'est l'histoire expérimentale, c'est le révisionnisme intégral, c'est l'autonomie. L'unitas multiplex. La classe! 


Tout doit en découler. Jacqouille la Fripouille en a très peur : 

"L'internet représente une menace pour ceux qui savent et qui décident. Parce qu'il donne accès au savoir autrement que par le cursus hiérarchique."
Jacques Attali

En effet! Si la canaille peut accéder au savoir, où allons-nous?

C'est l'avis de tous les philosophes milliardaires à travers l'histoire. Depuis Voltaire ("Quand la populace se mêle de raisonner, tout est perdu."). Depuis Platon, en fait. 


Nous les gueux, reprenons  les mots d'assaut. 

dimanche 21 septembre 2014

La dissidence danse

Trois, quatre!

Etienne Chouard est passé chez Taddéi, il y a deux semaines. 4 minutes durant, il a pu faire passer son message, avant d'être assailli par Attali et sa panoplie magique de stratagèmes issus de L'Art d'avoir toujours raison de Schopenhauer. Ritournelle connue.



François Asselineau est passé chez Ruquier, hier soir. 40 minutes durant, il a du faire face aux aboiements des deux chiens de garde Caron et Salamé. Il s'en est plutôt pas mal sorti, médusant notamment un Caron avec les articles 4 et 5 de la Constitution ; et stupéfiant le duo au sujet de l'Etat Islamique financé par l'Occident.



Ces deux passages médiatiques posent la question de la dissidence et de sa stratégie. La dissidence? 

Regroupons-nous : ce sont tous ceux et toutes celles qui veulent sortir de l'euro, de l'UE, de l'OTAN. Une telle rupture avec le système économique et politique justifie le terme "dissidence". Pourtant, Salamé a raison, nous sommes certainement un bon 30% de la population.

Divisons-nous : que de clochers! c'est l'armée mexicaine... les communistes du PRCF, les identitaires de chez Ayoub, les partisans du tirage au sort, des monarchistes, les soraliens, les dieudonnistes, les anciens d'ATTAC avec Nikonoff, les positivistes de Cheminade, etc.

Irréconciliables et parfaitement antagonistes. Si parler de la dissidence est possible, c'est uniquement au regard de l'objectif premier de sortie de l'UE et de l'OTAN. Certains espèrent une mise entre parenthèse des divergences secondaires le temps d'écrire cette première page. C'est grosso modo la ligne de l'UPR, mais, plus encore, celle du rêve de Sylvain Baron.

Prendre le pouvoir est-il possible? Je ne le crois pas. Ou alors, qu'on me montre une révolution ayant fonctionné, ou une argumentation pertinente démontrant qu'elle serait possible. En 1789, les banquiers ont distribué les fusils à la petite plèbe pour chasser la vieille aristocratie du pouvoir et y placer la bourgeoisie. Le peuple a été manipulé puis domestiqué, et s'est formé le fameux "centre-gauche", c'est-à-dire la défense des grands intérêts costumée en Parti Républicain. Nous n'en sommes pas sortis. Henri Guillemin résume la situation 1789-2014 en quelques minutes :


La mafia UMPS décortiquée dès 1970 par Henri... par olivier-frisky

Toujours est-il que nous pouvons défendre nos idées. Comment s'y prendre? Nous connaissons les embûches et les peaux de banane déposées par le Pouvoir. Les stratégies divergent pour les éviter.

Face au déferlement d'anathèmes et au Grand Moulinet de la culpabilité par association, je pense que la ligne défendue par un Jean Bricmont ou un Etienne Chouard est la plus pertinente. Nous n'avons pas à nous défendre d'accusations grotesques. Asselineau est accusé d'être allé discuter chez Serge Ayoub... où est le problème? Chouard est accusé d'avoir relayé du Soral... où est le problème? En quoi ces deux faits nous imposent-ils de nous justifier de ne pas être antisémite? Ça n'a strictement aucun sens.

Il me semble essentiel de ne pas entrer dans le jeu de la justification ("si c'était à refaire, je le referais pas", "nous ne sommes pas antisémites", "je suis allé aussi au PRCF"). D'une part parce que ce ne sera jamais assez rampant pour nos chiens de garde. D'autre part parce que c'est le Verrou à faire sauter, cette politique transparente au point d'être dénudée de l'antiracisme, chevauchée par la gauche depuis qu'elle ne peut plus parler du fond et de transformation de la société. Il leur reste la moraline, et dans ce cadre, toute oreille qui dépasse est à ramener d'une façon ou d'une autre aux "heures les plus sombres de notre histoire". D'où le déferlement de Salamé et Caron à l'encontre d'Asselineau : extrême-droite, gourou, Soral, Ayoub, antisémitisme, "regrettez-vous? regrettez-vous?" , antiaméricanisme primaire, nationaliste (oh mon Dieu!), etc. D'où le matraquage d'Attali et des antifas contre Etienne Chouard.

C'est à mon avis d'autant plus important de tenir bon que le temps nous donne raison. On voit maintenant Valls et Marine le Pen la main dans la main (avec Salamé et Caron pour les soutenir) pour justifier le "déluge de feu" sur les peuples arabes au prétexte que parmi eux il y a d'affreux zozos (formés, financés et armés par l'Occident). Nous sommes intouchables sur la question du fascisme/racisme/etc. Ce sont eux, les chiens de garde, qui ont un problème avec ça. Donc : nous ne devons pas accepter d'entrer dans leur petit jeu de justification, mais établir et démontrer leur imposture.

Je conçois que cette entreprise entre en collision avec la volonté de convaincre le plus grand nombre de spectateurs. Le discours à tenir paraîtra moins consensuel et plus "sulfureux" à court terme. Mais je crois qu'au bout du chemin, ceux qui tiennent la ligne sont reconnus comme tels.

Ils nous accusent, toutes dents dehors, d'inciter à la Haine. Comme le disait Rûmî, ils ont de leur miroir enlevé la poussière. Au contraire, nous avons pour nous l'humour, l'esprit critique, et l'ouverture d'esprit, mais aussi le sang-froid et la sérénité.

Au temps jadis, on poursuivait, traquait, persécutait les hérétiques, les sorcières. D'après nos amis voltairiens laïques et démocrates, cet obscurantisme inquisitorial était très vilain. Cela ne les empêche nullement aujourd'hui, d'avoir pris la place des anciens curés, et de traquer la bête immonde un peu partout, et surtout là où elle n'a aucune chance de se cacher d'ailleurs. Le vocabulaire seul a changé, les anathèmes sont désormais : fascisme, racisme, antisémitisme, conspirationnisme, négationnisme.

De telles accusations ne peuvent salir que ceux qui les portent inconsidérément. Nous, nous avons appris à écouter et échanger avec tout le monde, y compris et surtout celles et ceux qui ne pensent pas comme nous, puisque c'est le meilleur moyen de les convaincre et/ou de tester la pertinence de nos arguments et remédier le cas échéant à leurs lacunes. Gandhi, le Mahatma, a cherché le dialogue avec Hitler. Que je sache, il n'a pas été contaminé le moins du monde par l'idéologie du Führer. L'immense travail sur soi, la satyagraha, qu'il a fait des décennies durant, avec confiance, sérénité et détermination, est un exemple. Je regarde régulièrement des vidéos d'Alain Soral, et curieusement, je n'ai jamais eu envie de prendre une batte de base-ball pour aller taper du juif dans la rue. Je regarde aussi, d'ailleurs, des vidéos de BHL, et je n'ai jamais eu envie d'acquérir des drones pour pouvoir massacrer des arabes (en les aimant). Allons jusqu'au Grand Satan : il est possible de regarder des vidéos de Robert Faurisson, et de ne pas se mettre à fabriquer des chambres à gaz qui n'auraient pas existé pour y enfourner les survivants. La sérénité et le discernement, nous avons appris à nous en servir.

Les dissidents sont révisionnistes par nature. On leur dit : "c'est comme ça!" et ils répondent : "heu? t'es sûr? on va vérifier!". C'est ce que fait tout scientifique, tout historien, tout esprit critique, tous les jours. C'est ce que tous les Pouvoirs ont persécuté (puisque ça s'attaque à leurs fondements également). Ce n'est pas parce qu'ils sont persécutés, les dissidents, qu'ils ont raison. Cela aussi, nous l'avons appris, et nous appliquons donc notre révisionnisme à nous-mêmes, nous vérifions les idées les uns des autres et vice versa. Mais, c'est parce qu'ils sont persécuteurs inquisitoriaux, les cléricaux de tous les Temps, qu'ils ont tort. C'est cela que nous devons faire comprendre pour nous défaire définitivement de l'emprise médiatique. Ce n'est pas gagné!

samedi 20 septembre 2014

La racisme est autorisé!

C'est la fin de l'antiracisme! C'est une bonne nouvelle, nous allons peut-être pouvoir passer aux choses sérieuses et à la lutte des classes. Révolution et socialisme. 

La surprise vient du croque-mort de cette idéologie transparente : Manuel Valls. L'Homme qui lutte contre la Haine! Ecoutez et regardez-moi ça :



Étonnant, non?

Passons sur la laïcité. Je croyais que les signes ostensibles ou ostentatoires ou... on ne sait pas très bien... mais ils avaient dit que ce n'était pas gentil et même vilain et méchant. Et caetera... un autre jour, la laïcité...

Passons sur la soumission de l'appareil d'Etat à une communauté, ahurissante. Un autre jour.

Aujourd'hui, ce qui m'étonne, c'est ce racisme revendiqué. Le racisme pour lutter contre la Haine. Je suis un peu débile, je ne comprends pas tout.

Quel racisme? me direz-vous. Passons sur le rôle d'avant-garde attribué une nouvelle fois à une communauté. Un autre jour, aussi.

Les Français juifs incarnent l'optimisme et la fierté. Mais, tous les Français juifs. Si jamais vous croisez, dans la rue, un Français juif... déjà, comment le reconnaître?... Pardi! c'est évident, c'est l'optimisme et la fierté en mouvement. Si vous croisez un tel individu, et qu'il n'est ni optimiste ni fier, c'est qu'il n'est pas Français juif.

Supposons un joyeux drille qui voudrait porter la contradiction à notre premier ministre - je dis "notre", il s'agit d'un abus de langage. Ce joyeux drille dirait : "Les Français juifs incarnent la bêtise et la soumission". Hurlements! Vociférations! Procès! Sursaut Républicain! La Bête Immonde, la Haine ne passeront pas!

Le racisme, dites-le à Manuel El Blanco Valls, nous le définissons ainsi : attribuer à une communauté (supposée) des qualités propres. Les juifs sont ceci, les noirs sont cela, les femmes sont bidule, les "socialistes" sont cons, etc. Comme si cette (supposée) communauté était homogène et tous les individus supposés la composer affublés des mêmes caractéristiques, positives ou négatives. Si on est capable d'attribuer des qualités à tous les membres d'une communauté, on peut tout aussi bien leur attribuer des défauts.

Imaginons qu'un gugusse arrive, et dise que les juifs aiment l'argent et ont le sens des affaires. Antisémitisme! illico... Grand Tourniquet. Tiens mais, un tel individu existe, il s'appelle Jacques Attali. Mais lui, il a le droit. Et c'est normal, c'est lui, et ses amis UMPS, qui décident qui a le droit, qui n'a pas le droit.

Nous, nous subissons, mais nous réfléchissons. Et, bien que Manuel El Blanco Valls nous accuse d'incarner la Haine, le racisme nous révulse et nous hérisse les poils. Il est vrai que nous ne ressentons pas le besoin de nous regrouper en association de pleurnicheurs et pleurnicheuses pour mettre au coin les méchants et méchantes et leur réclamer de l'argent. Il est vrai que nous n'entendons pas réduire notre corpus idéologique à la traque aux insultes de maternelles. Mais nous, la populace, la piétaille, la boîte de crayons de couleurs, les travailleurs et travailleuses de tous les pays, nous ne lasserons jamais de dénoncer la tartuferie de nos pères-la-morale.

Nous ne connaissons que deux catégories : l'individu, l'humanité. Les frontières arbitraires entre les deux pôles nous sont insignifiantes. Il va bien falloir, non pas qu'ils le comprennent, mais que nous le comprenions tous, pour l'affirmer haut et fort, et cesser de nous intimider quand ils nous lancent des anathèmes. Le racisme, c'est eux. Ils viennent de l'autoriser.

lundi 11 novembre 2013

Y en a marre

Et ça continue, encore et encore. Des zozos à bonnet rouge ont hué le Président le 11 novembre centenaire de 14-18. En passant, si quelqu'un peut m'expliquer pourquoi centenaire en 2013 d'un événement de 1914...

Manuel s'en prend à l'extrême-droite. Si je comprends bien, les CRS ont parqué les militants du FN présents avant les huées, mais c'est de leur faute quand même. Toujours en plein délire, la Hollandie. Le spectre du 6 février 34 plane même dans certains discours. La bête immonde est encore là. D'ailleurs, certains manifestants glissent des "quenelles", signe de leur dieudonnisme donc hitlérisme. 

"C'est la République qui est en danger!"

Y en a marre. 

On avait déjà eu ça avec "La manif pour tous", l'extrême-droite violente dans la rue, l'obscurantisme de la religion, des homophobes donc antisémites (le lien entre les deux peut sembler assez obscur, je le reconnais, mais enfin, pour les explications, prière de s'adresser à Pierre Bergé et autres), etc. Personne ne les attaquait pour ce qu'ils étaient : des gens qui défendaient une certaine conception de la famille, mais qui la défendaient de manière parfaitement hypocrite. Qui en effet parmi ces défenseurs de la Famille, vit selon les préceptes catholiques en la manière ? J'aimerais bien voir ça. Dès lors, il eut été possible de les laisser s’essouffler dans leur tartufferie, sans en faire un débat national de plusieurs mois. Mais non, il était bien plus intéressant (je vous demande pour qui), d'agiter l'épouvantail extrême-droite tout ce temps durant.

On recommence, grâce aux bonnets rouges. Au départ, l'écotaxe, dont l'idée serait de taxer les transports de manière à les réorienter vers des modes moins dispendieux en énergie. Mouais. Les bonnets rouges s'énervent, apparemment pour défendre le modèle agricole breton menacé par cette écotaxe. Alors, le modèle breton, non merci : une absurdité productiviste parmi les plus infâmes. Je n'ai clairement pas plus envie de soutenir ces bonnets rouges que précédemment la manif pour tous.

Seulement, tout cela pose un problème. 

1/ 
L'écotaxe est un pur scandale. Je ne m'étais intéressé que de très loin au Grenelle de l'Environnement dont elle est issue. Je ne vois pas comment pourrait sortir du PS ou de l'UMP des mesures réellement écologiques. Ces partis sont productivistes, croissancistes, libre-échangistes, etc. C'est plié. Ils peuvent : communiquer, mettre une ou deux rustines, un bout de scotch, communiquer beaucoup, mais ça n'ira jamais dans le bon sens. 
Qui plus est, on apprend que c'est le privé (les amis de Goldman Sachs) qui recouvrent cette taxe, et qui prennent 23% pour cela. Ahurissant ! Confondant ! Révoltant ! Infamie, félonie, etc.

=> il y avait donc un boulevard, à gauche, je répète : à gauche, pour voler dans les plumes, ruer dans les brancards, tirer à boulets rouges sur le pouvoir UMP/PS. Nul besoin de défendre le modèle breton pour cela. Jacques Sapir a proposé une taxe qui permettrait réellement de relocaliser la production. Il est vrai que Jacques Attali et consorts rivalisent de bassesse pour faire passer Sapir pour un conseiller de Marine Le Pen. Bref. On peut être contre le modèle breton et contre le gouvernement. On peut le dire clairement. Je pense y être parvenu à l'instant. Or, qu'a fait Mélenchon, et la gauche avec lui ? Insulter les bonnets rouges, parce qu'ils sont de droite voire d’extrême-droite donc fascistes. Tiens le petit Alexis Corbières du Parti de Gauche est de ceux qui font passer Sapir pour un économiste d'extrême-droite. Ce doit être un hasard. En gros, Mélenchon choisit. Et il nous avait prévenu de cela. Il combat le FN, et s'il lui reste du temps, il veut bien écrire une phrase ou deux contre Goldman Sachs. 

Tout cela n'est pas sans conséquence. Puisqu'il n'y a depuis l'élection de Hollande aucune opposition radicale, cohérente et de gauche à son (in)action, toute contestation est poussée vers... le FN. C'est logique. 


2/
Non seulement on les y pousse par absence de réelle opposition de gauche, mais qui plus est, on a tellement peur à gauche de Hitler=SS qu'au moindre doigt qui se lève, on crie on hurle c'est l'extrême droite c'est la bête immonde qui revient. Baudrillard nous disait que c'était faire beaucoup trop d'honneur à l'extrême droite que de considérer toute pensée originale comme étant d'extrême droite. Mais on fonce. Tous les jours, de nouveaux gusses sont accusés d'être des nouveaux Hitler. 

Y en a marre. 

 
Aujourd'hui, c'est Dupont-Aignan qui me parait être sur la ligne la plus raisonnable : on nous vend un combat République vs extrême droite, mais c'est pas ça le débat ! la question, c'est : que vont foutre les criminels économiques demain à l’Élysée ? On sait pas, la gauche pensera encore à insulter trois abrutis à bonnet rouge.

Une porte de sortie pourrait venir. Chevènement qui revient avec son livre, pourrait organiser une coalition avec Mélenchon et Dupont-Aignan qui demanderait l'organisation d'un référendum sur l'Union Européenne. Les débats feraient rage. Et ce serait une façon de rebattre les cartes. Sinon?