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vendredi 10 avril 2015

Le détail et les grossistes

Il y en a un il a remis une pièce dans le parcmètre. Enfin! un? non! une! la meute la horde antifa prête à surgir bondir sur le moindre détail de l'hystoire. 

La horde antifa... de bric de broc... tous ceux qui voient des fachos partout, des "rouges-bruns", des confusionnistes c'est le mot à la mode. Et par cet article, je vais paraître cela coule de source un défenseur de Jean-Marie Le Pen... mon compte est bon. 

Jean-Ma' il est Français depuis 1000 ans. C'est lui Lui-Même qu'il a planté les menhirs de Carnac - et là est l'origine de son surnom. Mais moi, ma mémoire me joue des tours, je ne me souviens pas d'avoir été français il y a 1000 ans. Aujourd'hui encore, je n'ai pas l'impression d'être français. Je suis? déjà ça, ce n'est pas sûr! bref!

En admettant que Jean-Ma' soit un "brun", et moi un "rouge", je ne vois pas bien en quoi je lui ressemble. Un extrait de La dialectique peut-elle casser des briques? fera la culture politique de nos amis antifas. Achtung! ne leur envoyer cette vidéo qu'avec une tablette d'aspirine. Ils y comprendront que les "bruns", c'est avec l'Etat qu'on peut les confondre, donc avec l'UMPS, donc avec les antifas. Ach so!



Cela ayant été dit. Passons au détail.

Le Pen est soumis à la Question avec un grand Q. Les chambres à gaz, un détail de l'histoire? Vous regrettez? vous regrettez? mais vous allez regretter bordel de merde?

Est-ce que vous savez comment ont été tués les Amérindiens les Congolais les Palestiniens les Vietnamiens les... ? les autres victimes de la seconde guerre mondiale? Non. Ce serait un détail de l'histoire de ces guerres génocides et autres joyeusetés de l'histoire humaine. On pourrait le dire tout à fait sereinement. Mais là! non... d'une façon? d'une autre? il n'y a que ça qui compte. Dire le contraire est un blasphème.

Et il est vrai que la chambre à gaz est la clé de voûte de la religion contemporaine. Toute oreille qui dépasse vous l'aurez remarqué est soupçonnée d'une façon l'autre de vouloir remettre en état (en quel état?) les chambres à gaz. On n'y coupe pas. C'est à ce titre que la horde antifa nous traquent tous sans relâche, approuvée par Wall Street.

Bon. Pour moi, les déclarations de Jean-Ma' sont un détail de l'histoire. Les réactions qu'il suscite en revanche! on voit sortir du bois les Inquisiteurs, les chasseurs de sorcières, etc.

Cette farce tragi-comique se termine par le meurtre du père par la fille, adulée des médias. Même Valls et Sarkozy n'auraient peut-être pas osé en faire autant.

Un côté positif, peut-être? La Religion touche à son maximum d'absurdité. La Marine, c'est marqué dessus, que c'est le Système. Ceux qui votaient jusque-là FN en pensant voter "contre le système" vont peut-être grossir les rangs abstentionnistes. Dans le même temps, le petit Moix est annoncé chez le dingo Ruquier. Ceux qui voyaient en Zemmour/Naulleau une épine pour le Système verront peut-être, de la même façon, ce que c'est que la "dissidence intégrée". Le petit Moix, ancien révisionniste devenu toutou de BHL.

C'est la fin. Dieu est mort. Nous l'avons tué. Va falloir, cette fois, en assumer les conséquences.


Gai savoir, III, 125

L'insensé - N'avez-vous pas entendu parler de cet homme fou qui, en plein jour, alluma une lanterne et se mit à courir sur la place publique en criant sans cesse : "Je cherche Dieu ! Je cherche Dieu !" - Comme il se trouvait là beaucoup de ceux qui ne croient pas en Dieu, son cri provoqua une grande hilarité. A-t-il donc été perdu ? disait l'un. S'est-il égaré comme un enfant ? demandait l'autre. Ou bien s'est-il caché ? A-t-il peur de nous ? S'est-il embarqué ? A-t-il émigré ? - ainsi criaient et riaient-ils pêle-mêle. Le fou sauta au milieu d'eux et les transperça de son regard. "Où est allé Dieu ? s'écria-t-il, je vais vous le dire ! Nous l'avons tué, - vous et moi ! Nous tous, nous sommes ses assassins ! Mais comment avons-nous fait cela ? Comment avons-nous pu vider la mer ? Qui nous a donné l'éponge pour effacer l'horizon ? Qu'avons-nous fait lorsque nous avons détaché cette terre de la chaîne de son soleil ? Où va-t-elle maintenant ? Où allons-nous ? Loin de tous les soleils ? Ne tombons-nous pas sans cesse ? En avant, en arrière, de côté, de tous les côtés ? Y a-t-il encore un haut et un bas ? N'errons-nous pas comme dans un néant infini ? Le vide ne nous poursuit-il pas de son haleine ? Ne fait-il pas plus froid ? Ne voyez-vous pas venir la nuit, toujours plus de nuit ? Ne faut-il pas allumer les lanternes avant midi ? N'entendons-nous rien encore du bruit des fossoyeurs qui enterrent Dieu ? Ne sentons-nous rien encore de la décomposition divine ? - Les dieux, eux aussi, se décomposent ! Dieu est mort ! Dieu reste mort ! Et c'est nous qui l'avons tué ! Comment nous consoler, nous les meurtriers des meurtriers ? Ce que le monde a possédé jusqu'à présent de plus sacré et de plus puissant a perdu son sang sous notre couteau - Qui nous lavera de ce sang ? Avec quelle eau pourrons-nous nous purifier ? Quelles expiations, quels jeux sacrés serons-nous forcés d'inventer ? La grandeur de cet acte n'est-elle pas trop grande pour nous ? Ne sommes-nous pas forcés de devenir nous-mêmes des dieux - ne fût-ce que pour paraître dignes d'eux ? Il n'y eut jamais action plus grandiose, et ceux qui pourront naître après nous appartiendront, à cause de cette action, à une histoire plus haute que ne fut jamais toute cette histoire." - Ici l'insensé se tut et regarda de nouveau ses auditeurs : eux aussi se turent et le dévisagèrent avec étonnement. Enfin, il jeta à terre sa lanterne, en sorte qu'elle se brisa en morceaux et s'éteignit. "Je viens trop tôt, dit-il alors, mon temps n'est pas encore accompli. Cet événement énorme est encore en route, il marche - et n'est pas encore parvenu jusqu'à l'oreille des hommes. Il faut du temps à l'éclair et au tonnerre, il faut du temps à la lumière des astres, il faut du temps aux actions, même lorsqu'elles sont accomplies, pour être vues et entendues. Cet acte-là est encore plus loin d'eux que l'astre le plus éloigné, - et pourtant c'est eux qui l'ont accompli !" - On raconte encore que ce fou aurait pénétré le même jour dans différentes églises et y aurait entonné son Requiem aeternam deo. Expulsé et interrogé, il n'aurait cessé de répondre la même chose : "A quoi servent donc ces églises, si elles ne sont pas les tombes de Dieu ?"

jeudi 18 décembre 2014

Lexique de combat #2 - Etymologie

On pense avec les mots. Et avec les pieds.



Le mot oiseau. A creuser. Mais les oiseaux sont des cons.

Le mot l'âme tranchante... qui ressemble pas par hasard semble-t-il au mot lame. On chante sur la lame. En l'enchante. Vibrant. 



Et aujourd'hui, le mot étymologie. 


Rechercher le vrai. le vrai sens, le vrai sens des mots. L'étymologie, c'est le gai savoir, la science totale, c'est l'histoire expérimentale, c'est le révisionnisme intégral, c'est l'autonomie. L'unitas multiplex. La classe! 


Tout doit en découler. Jacqouille la Fripouille en a très peur : 

"L'internet représente une menace pour ceux qui savent et qui décident. Parce qu'il donne accès au savoir autrement que par le cursus hiérarchique."
Jacques Attali

En effet! Si la canaille peut accéder au savoir, où allons-nous?

C'est l'avis de tous les philosophes milliardaires à travers l'histoire. Depuis Voltaire ("Quand la populace se mêle de raisonner, tout est perdu."). Depuis Platon, en fait. 


Nous les gueux, reprenons  les mots d'assaut. 

dimanche 30 novembre 2014

Au-delà des polémiques : postuler notre autonomie ou reproduire le système

Clément Sénéchal, Bernard-Henri Lévy et un antifa anonyme tentent d'endiguer la pandémie démocratique
Quelle histoire! quelle ébullition! Tout ça pour un lien! Un lien qui libère. Quel lien? un lien qu'Etienne Chouard a publié sur son site, vers celui d'Egalité&Réconciliation d'Alain Soral. Des années qu'on nous bassine avec ça. Je n'y ai jamais vraiment prêté attention, puisque ce n'est qu'une goutte d'eau dans le torrent d'insultes que les honnêtes gens déversent chaque jour sur nous. Quand même, ce qui me gênait, c'était que des personnes telles Bernard Friot, Frédéric Lordon, Franck Lepage, François Ruffin, Judith Bernard, etc. exhortent Etienne Chouard à supprimer ce lien par trop infamant. Cette ribambelle non exhaustive de personnalités de gauche, elles-mêmes régulièrement pourchassées par les Grands Inquisiteurs, se transformant en pourchasseurs (pour ne pas "donner le bâton pour se faire battre"), ça me désespérait à chaque fois (exemple).

Etienne Chouard a donc craqué, signalant ses divergences idéologiques avec Alain Soral (dans un très bon article, mais inutile, parce qu'il faut n'avoir jamais rien lu de Chouard ni de Soral pour avoir pensé à une convergence idéologique entre ces deux-là), mais annonçant également la suppression de ce fumeux lien. Pour moi, ce dernier point était une erreur. Je restais sur ma ligne, celle que j'estimais d'ailleurs défendue par Etienne Chouard comme par Jean Bricmont. Il est parfaitement inutile de toute façon de s'excuser et de céder à la pression des Grands Inquisiteurs, notre attitude sera toujours suspecte à leurs yeux, et nous ne ramperons jamais assez. 

Puis, le lendemain, il revient sur sa mise au point ; la confirmant dans son essence, mais regrettant son attitude d'exclusion, prise sous la pression, manifestée par la suppression de ce fameux lien. Pour moi, c'était parfait. Pour beaucoup, c'était la catastrophe. Tentons de sabrer le nœud du problème et de voir ce qu'il y a derrière.


De mon point de vue, nous sommes confrontés à un double manque d'autonomie. 
1/ considérer qu'un lien vaut adhésion ; que la controverse vaut allégeance
2/ considérer que "les gens" ne sont pas assez adultes pour faire la part des choses


Un lien vaut adhésion

Un lien ne vaut pas adhésion. Rappeler de telles évidences va être pénible, mais il faut apparemment le faire. Dans le cas qui nous occupe, Chouard a trouvé une vidéo de Soral intéressante, il y renvoie. Il est pour le moins spécieux d'en conclure que Chouard épouse l'idéologie soralienne et entre ainsi dans la sphère "rouge-brune". L'inanité d'une telle vue ne décourage nullement les journalistes et antifas qui s'en donnent à cœur-joie. Répondre que sur ce site, il y a des milliers de liens, renvoyant vers des personnes aux idéologies très différentes, contradictoires, incompatibles, cela ne sert à rien. Un jour peut-être, un antifa nous expliquera comment nous pouvons être à la fois d'extrême-droite (avec Soral), d'extrême-gauche (avec Lepage) et centriste pépère (avec Rosanvallon, par exemple). Je n'y crois guère, puisque la réponse apportée est systématiquement : "confusionnisme!"

Déjà, vous l'avez remarqué, il y a -isme, horresco referens! j'en tremble encore en l'écrivant. Ça fait très peur, et c'est ce qui s'appelle la "nébuleuse", la "galaxie", la "fachosphère", etc. Nous serions des abrutis incultes et incohérents politiquement, seulement animés par la Haine et la bêtise de nos convictions, et nous nous retrouverions ainsi avec tous les autres abrutis haineux de tous horizons. Philippe Val et Marek Halter diraient de nous que nous sommes les mécontents, des hommes de ressentiment. Bref la Haine! Et les extrêmes se rejoignent quand ils voient le chiffon rouge ou le chiffon brun des haines voisines. Haine de qui? haine de quoi? attendons le diagnostic de nos bons docteurs.


La lecture accompagnée et le permis de lecture à points

Entre-temps, avançons. Cheminons. Certains se rendent en effet compte de la nullité de la position précédente, et optent alors pour l'argument n°2. "D'accord, nous sommes adultes et intelligents, nous savons faire la part des choses, et ce n'est pas parce qu'on écoute quelqu'un raciste que nous allons le devenir..." Ah? Oh! "... mais, c'est notre cas parce que nous sommes éveillés à ces questions, mais les gens qui découvrent tout ça, et qui tombent innocemment sur le site de Soral, ils vont se faire influencer." Ouf! je me disais bien qu'il y aurait un "mais"!

Je dois bien reconnaître qu'il y a toujours un je-ne-sais-quoi de prétentieux dans cette attitude qui me heurtera toujours. De toute façon, cela résiste difficilement à l'épreuve des faits. Surtout, elle pose une contradiction dans les termes qu'il faut surmonter, j'y reviendrai. 

Ce qui est proposé revient en quelque sorte à une lecture accompagnée. Le vil peuple ne serait pas assez intelligent pour comprendre ce qu'il va lire. Lire est dangereux pour la santé. Lire tue. Il faudrait se prémunir contre cela en publiant moult précautions oratoires et force avertissements. Que chaque lien soit précédé de la mention : "Inciter à la haine est très vilain, et n'oubliez pas de manger cinq fruits et légumes par jours". Peut-être pourrions-nous envisager la création d'un permis de lecture à points. Toute personne prise en flagrant délit de mal-pensance se verra retirer de 1 à 4 points, voire son permis d'un coup d'un seul dans certains cas. Des stages de récupération des points seront organisés par la LICRA. 


Le cordon sanitaire

Certains trouveront ma proposition difficile à mettre en place. Il y a fort heureusement un plus efficace moyen à disposition. Le cordon sanitaire. Il y a des pensées très mauvaises, des maladies contagieuses. Il faut établir un cordon sanitaire. Certains le pensent sincèrement. D'autres pensent que ça évitera de donner le bâton pour se faire battre (mais sans jamais se demander pourquoi celui qui a le bâton nous bat!). 

Cette logique du cordon sanitaire me parait parfaitement anti-démocratique. Dans le cas présent, c'est-à-dire réclamé par une équipe se préparant à la convocation d'une nouvelle constituante, c'est inadmissible. La logique du "cordon sanitaire" est une insulte insupportable, de mon point de vue, à l'ouverture d'esprit et à l'esprit critique. J'ai moi-même écouté ou lu Alain Soral avec lequel je ne suis évidemment pas sur la même longueur d'onde idéologique. De même, avec Adrien Abauzit, qui se pense Français donc chrétien donc de droite ; alors que moi, je me pense athée inter-nationaliste. Encore, avec Vincent Reynouard, qui se déclare nazi et qui pense que Hitler était envoyé par la providence divine... Jean Robin, qui voit des gauchistes et des islamistes partout ; François Asselineau, gaulliste s'il en est. Aucun de ceux-là, n'aura jamais pu et ne pourra jamais me convaincre d'épouser leur idéologie. C'est par les controverses que l'on a avec des personnes différentes que nous pouvons savoir où aller. Plus on écoute des gens différents et aux points de vue inattendus et plus on exerce son esprit critique. Étonnant, non? 

La logique du cordon sanitaire est d'ailleurs également une insulte insupportable au principe de réalité : que faire de tous les gens parqués derrière le cordon sanitaire et qui n'auront donc pas eu leur mot à dire dans le processus constituant? Seront-ils citoyens français? d'une République qui les aura exclu? comment diable pourraient-ils s'y reconnaître? comment pourrions-nous arriver à un "intérêt général"? Si on les fait taire, ils vont prendre les armes. C'est ça le but? pour démontrer que ce sont d'horribles fachos qui veulent s'attaquer à la République? Comment faire République après un processus d'apartheid idéologique?


Le retour des "citoyens passifs"?

L'abbé Siéyes avait sorti de la citoyenneté "active" ceux qui ne gagnaient pas assez d'argent ; la canaille nouvelle, c'est ceux qui ne pensent pas bien. Seront considérés comme citoyens actifs les citoyens qui pensent bien. Joli programme. Qui restera-t-il d'ailleurs en fin de compte parmi les citoyens actifs, une fois ce formidable travail d'épuration idéologique terminé? Connaissant l'inclinaison de la pente (qui plus est savonnée) du principe de culpabilité par association qui prévaut : plus grand monde. Ça a commencé avec les nazis. Bon. Puis, les "négationnistes" soupçonnés de ne pas condamner assez les nazis. Bon. Puis, ceux qui sont soupçonnés de ne pas condamner assez les "négationnistes". Puis, Dieudonné, Soral, etc. Puis, Etienne Chouard qui refuse de condamner Soral. Puis, Judith Bernard qui refuse de condamner Chouard. Puis... enfin etc. c'est sans fin!

Je me propose même pour participer au grand ménage. Karl Marx était un horrible antisémite qui a du régler la "question juive" avant d'écrire Le Capital. Toute personne se réclamant de près ou de loin de Marx est donc à mettre derrière le cordon sanitaire. De la même façon, Voltaire était un horrible antisémite. Et hop! tous les Voltairiens, derrière le cordon! quarantaine! isolement! en camp! pfuit!

Cette Chasse aux Sorcières, cette Grande Inquisition est sans fin. Ce ne sont pas les "Sorcières" qui décident qu'elles sont "Sorcières". Et nous devons tous avoir en tête qu'une fois identifié "Sorcière", une fois une étoile sur la veste, c'est terminé, c'est plié. Ça nous poursuivra ad vitam aeternam.

C'est ce que nous avons à dire aux amis d'Etienne Chouard attristés par sa décision de maintenir le lien infamant. C'est foutu. Etienne sera à jamais soupçonné! pire! coupable! Lien vers Soral ou pas, ça ne change rien à l'Affaire. D'ailleurs, excusez-moi, mais je navigue un peu sur son site, et que vois-je?

  • mention de André-Jacques Holbecq proche du parti de Dupont-Aignan, donc nationaliste donc proche du FN donc fasciste
  • un dessin de Jean-Pierre Petit pro-théorie du complot
  • mention de Bruno Boulefkhad antisémite proche de Soral et Dieudonné
  • mention de Michel Collon, antisioniste = antisémite complotiste
  • Robespierre = Terreur = Staline = fascisme
  • mention de la loi de 1973 donc antisémitisme
  • mention de Asselineau complotiste nationaliste d'extrême-droite étant allé chez Ayoub 
  • bon bref... un antifa ou un journaliste moyen a 12 000 occasions de conclure en 3 minutes qu'Etienne est un dangereux fasciste conspirationniste antisémite... 
Le lien vers Soral est un prétexte. Un prétexte parce qu'il est extrêmement important pour eux de nous faire passer pour des nazis. Comment pourraient-ils justifier (et se justifier) que nous menions un combat idéologique censé dépasser leur "démocratie" par la gauche? C'est impensable pour eux. Nous devons être fascistes pour ces gens-là. Nous n'avons pas à nous excuser, à ramper, à avoir peur, à nous tétaniser face à ces accusations aussi grotesques qu'inévitables.


Système hétéronome et postuler l'autonomie


Je suis revenu à 1789 parce que ce genre de procédés qui me paraissent parfaitement anti-démocratiques sont en effet ceux qui posent les bases de la République laïque que nous combattons, au service depuis 1789 des possédants, qui ont fait la République, mais en donnant le mot mais pas la chose. Jaurès disait que la République contenait en elle le socialisme, et qu'il fallait déplier le mot. Cela n'a jamais été fait, bien entendu. Ceux qui nous attaquent n'en ont aucune envie, manifestement. Cette République d'honnêtes gens ne m'intéresse absolument pas.

Nous entendons penser la réforme démocratique (disons plutôt la révolution). Mais pour penser la réforme, il faut réformer la pensée, comme l'a expliqué Edgar Morin. Dans ce système qui postule notre infantilisation politique, notre hétéronomie d'électeurs tout juste bon à élire nos maîtres, nous devons postuler notre autonomie.

Chaque  société, en s'auto-instituant, postule les conditions de sa possibilité. Tant que nous n'aurons pas postulé notre autonomie, nous n'aurons évidemment aucune chance de le devenir. Nos maîtres ne nous donnerons que des illusions, des ersatz d'autonomie. Et postuler notre autonomie, cela signifie postuler mon autonomie, mais aussi et surtout celles des autres.

Devenons tous des Zarathoustras. Il est là évidemment le Grand Désastre pour la Doxa (le régime de despotisme éclairé oligarchique dans lequel nous vivons et que nous avons accepté de nommer "démocratie"). Le Grand Révisionnisme. L'Histoire Expérimentale. Je mets des majuscules. C'est pour plaire, une dernière fois, aux Grands Inquisiteurs qui nous ont dans leur Grand Collimateur.

Faute de quoi, je ne vois pas de différence significative avec le comportement des honnêtes gens au pouvoir, et nous ne pourrons que reproduire le système qu'ils ont mis en place. Je n'en vois pas l'intérêt.

jeudi 11 septembre 2014

Pour une histoire expérimentale

Le Delacroix serait mieux sur une barricade qu'un billet de banque
A quoi bon le formol? A quoi peut bien servir le conservatisme? Comment traiter l'art du passé? l'Histoire? Guy Debord m'avait impressionné, entre autres choses, en racontant la remise en jeu, la remise en vie d’œuvres d'art sorties des musées et utilisées comme monnaie d'échange ou bouclier culturel dans les luttes sociales. Dans son Rapport sur la construction des situations, il raconte l'affaire de Caracas (janvier 1963) et la proposition de Bakounine de mettre les tableaux sur les barricades. Un Van Gogh aurait une seconde vie plus digne de sa première, perforé, avec le manant qui le tenait, par la Police, qu'admiré par les bourgeois hypocrites des siècles durant. 

Encore faut-il être assez vivant, assez fort, pour supporter ça. "Pouvoir planer et jouer au-dessus de la morale" comme disait Nietzsche qui ajoutait : "Comment pourrions-nous pour cela nous passer de l'art, nous passer des fous?"

Les honnêtes gens crieraient au Fou à l'Insensé devant le spectacle d'un hérétique brandissant un chef-d'oeuvre pour l'aider dans sa lutte, au risque de le détruire. Les mêmes honnêtes gens qui crièrent au Fou à l'Insensé en voyant le spectacle offert par l'auteur de ce chef-d'oeuvre. Quod erat demonstrandum. 

Les musées, c'est un truc d'honnêtes gens, c'est pour ceux qui ont compris la phrase précédente. Ce sont eux qui les construisent et les remplissent des œuvres qu'ils ont pillées après les avoir dénigrées. L'histoire, même combat. Écrite par les vainqueurs, et pour les vainqueurs. Elle sert à l'édification de la populace. 

Le Roman National! et aujourd'hui la Fable Mondialiste. Peu importe, c'est l'institution première, à l'école, de la Propagation de la Foi. De la propagande, pure et simple... de l'anti-histoire. On ne commence à faire de l'histoire qu'une fois arrivé à l'université. 

L'histoire n'est pas une enfilade de dates. C'est une méthode de raisonnement, un apprentissage de l'esprit critique, une démarche expérimentale. L'histoire peut tout englober. L'histoire porte en elle la transdisciplinarité, aujourd'hui réduite à l'état de tarte à la crème. 

Edgar Morin répétait que pour penser la révolution, il faut révolutionner la pensée. C'est là! Que d'efforts pour se défaire du Discours... Depuis tout petit, on nous l'enseigne! sans cesse dans les médias, on nous le répète! et entre nous, on le valide... 

Une connaissance n'est utile que si elle aide à mieux vivre, pensait Raoul Vaneigem. Avec l'histoire expérimentale comme méthode, on est assuré de tomber dans le mille. 

Ce thème va m'occuper un moment, je crois... 

lundi 1 septembre 2014

Le Grand Condé est enfoncé! La Fronde gronde, la Révolution en marche

"Etre chrétien est d’autant plus criminel que l’on se rapproche le plus de la science". Suspension... Trois points. Retenez-bien ça. Vous en tirerez les conclusions.

Le Parti dit Socialiste ne mérite donc aucune indulgence, on n'est pas loin du criminel des criminels. Et pourtant! Manuel el Blanco Valls, c'est marqué dessus, la traîtrise multiséculaire du centre-gauche. Mais il y a pire. Il y a des socialistes qui représentent l'aile "gauche" du Parti, et qui sont très très énervés, vous n'imaginez pas, contre la politique de droite extrême qui est menée. On a vu à l'époque le Filoche, on l'aime bien GéGé, filer un bien mauvais coton, et quasiment pleurer à la TV, trahi qu'il était par l'Affaire Cahuzac. 

Les "Frondeurs". Ce soir, un moment d'anthologie dans le JT de David Laisse d'Or du Siècle Pujadas. Le présentateur, complotiste, nous promet la Vérité, cachée, sur les Frondeurs. Le ConSpectateur se régale d'avance et se lèche les babines. Et alors, il fallait voir ça!

Six "Frondeurs" discutent de la stratégie à adopter lors du discours de Manuel El Blanco de Rothschild Valls. Siffler? Vous n'y pensez pas!
- "On peut ne pas applaudir..."
- "Voilà."


Ouch! Hasta Siempre Camarades! La Révolution est en marche, le Socialisme, le Grand Soir! Face à ces Tornades, qu'ils paraissent pâles les Robespierre, Gandhi, Sankara, Lénine, Louise Michel, etc. 

Et alors question Fronde, ça se pose. Le Grand Condé est enfoncé! Cheval avec. Rayé du Dico! Fernand Nathan réécrit ses livres de propagande. La Fronde restera un épisode de l'Histoire de France, ayant eu lieu à la Rochelle, août 2014. 

C'est une bonne nouvelle. Presque un Évangile qui vient d'être donné à l'Humanité. Le Vent de l'Histoire souffle plus fort que jamais. Les cornes de Satan tombent des bœufs capitalistes comme jamais. 

Je l'avoue, j'étais un peu pessimiste ces temps-ci : 



Seule satisfaction, secondaire : nous qui n'avons pas baissé les yeux devant les insultes ("fascisme", "racisme" etc.), voir aujourd'hui Manuel El Blanco Valls et Marine Le Pen la main dans la main pour les proférer ces insultes, sur fond de "déluge de feu" sur tout ce qui n'est pas assez occidental pour eux. C'est l'heure de notre petit lait, et ça ne fait que commencer. Un peu maigre...

Mais je bats ma coulpe aujourd'hui. Vivent les "Frondeurs"!

mardi 5 août 2014

Hitler a-t-il créé Israël?

En voilà une question qu'elle est bonne! Au départ, c'est une simple vidéo :



Vous remarquerez la musique qui fait peur, et tutti quanti. Bon. Au départ, je ne la regarde même pas, le sujet ne m'intéressant pas - j'y reviendrai. Mais je lis des commentaires qui ont beau être le tout-venant des lieux communs pour honnêtes gens, je ne parviens ni à m'y habituer ni à y être indifférent. Alors, il y avait tout ou presque : "théorie du complot" bien entendu, "conspirationnisme", "fascisme", "négationnisme" et, je crois, "unijambisme" mais ce n'est pas certain. Et alors, ce n'était pas dit en passant, une fois, comme ça... non! asséné répété amplifié martelé des dizaines de fois le long du fil. 

Je n'ai pas souvent l'occasion d'approuver Gilles-William Goldnadel, mais quand il a dit : "dès qu'on parle des Juifs, les gens ont les fils qui se touchent", il avait bien raison. Quel manque de sang-froid! de sérénité! pour déverser un tel torrent d'insultes (sans jamais, par ailleurs, étayer) dès qu'un pan le plus petit soit-il de la Religion est touché... 

Et Coluche, alors? Il va voir les films sur les chiens d'aveugles, alors qu'il n'est ni chien, ni aveugle. Un peu de distanciation et de discernement ne ferait pas de mal. Un peu de neutralité, même si notre Employé de Banque qui fait office de Président l'a condamnée, la neutralité, en même temps qu'il a célébré le début (le début! je répète : le début!) de la Première Guerre Mondiale. 

Avant, on disait des hérésies, on commettait des blasphèmes. De nos jours, on est théoricien du complot et négationniste. Les cléricaux ont simplement changé de costume. Bon. 

Tiens, au fait! pourquoi ne suis-je pas négationniste? Pour la simple raison que je me fous de la Seconde Guerre Mondiale comme de l'an 40. Et pourquoi je m'en fous? C'est comme pour l'alcool, cette histoire. Les raisons, au départ? obscures ou instinctives ou... bref! peu importe. Mais ensuite, c'est par sociopathie. Il est quasiment obligatoire de boire de l'alcool, donc très peu pour moi, merci. Il est quasiment obligatoire de penser "World War II", donc très peu pour moi. Livres, films, articles, Programmes Scolaires, on ne voit que ça! Alors que personne ne s'intéresse aux guerres baussenques. Pire encore, dès qu'une mouche vole de travers, on la compare à Hitler. Hitler est partout. Ras-le-bol. Donc, quand je me suis intéressé à l'histoire, ça a été à tout sauf cette période. De ce fait, je ne suis pas négationniste.

M'y intéresserais-je un tant soit peu? immédiatement je serais "négationniste". Ce qui ne veut rien dire, rappelons-le, si ce n'est "révisionniste". Or, révisionniste, je le suis concernant tous les sujets, sans exception aucune*. Présentez-moi une théorie? on vérifie! on révise! Je ne vois pas pourquoi, sur ce sujet-là, il en serait autrement (et à mon avis, seul le manque de sang-froid pousse les honnêtes gens à isoler ce sujet des autres). Cela ne veut pas dire que je serais d'accord avec Faurisson, c'est certainement même le contraire. Mais ça veut dire que, pour moi, l'histoire officielle est synonyme de propagande. C'est un peu dur à comprendre pour les honnêtes gens, qui, de la même façon, ne comprennent pas qu'en s'opposant à la guerre en Libye, on ne soutient pas Kadhafi pour autant. Bref.

Tout ça pour dire que je ne sais pas grand chose de cette période. Je regarde malgré tout cette vidéo, par acquit de conscience. Ce que cet Edwin Black présente me parait tout à fait logique. Ne faites pas de pareils bonds! Logique, pure et simple. Vous avez d'un côté des gens, sionistes, qui veulent fonder un "Etat juif" (et donc y attirer les Juifs) ; vous avez de l'autre côté un gugusse qui manifestement a une dent contre les Juifs, voudrait s'en débarrasser et "purifier" son Allemagne bien aryenne, mon Dieu. Voilà des ennemis qui ont tout intérêt à s'entendre. Qu'ils aient pu traiter dans le sens de la création d'un "Etat juif" est le contraire de l'absurdité. Ce serait le "contrat de transfert" dont parle M. Black. Je n'en avais jamais entendu parler, et je ne sais pas s'il a eu une réalité concrète. Je laisse ceux qui sont intéressés par la question faire les recherches nécessaires.

Moi, ce qui m'intéresse, ce sont les hurlements et vociférations citées plus haut dès qu'on évoque quelque chose comme ça. Dans la Religion de la Shoah, qui bloque tout dans son référentiel des zeurléplusombres, le Diable s'appelle Hitler, et on l'invoque tous les cat'matins pour diaboliser untel ou untel. Alors évidemment, l'idée d'un "pacte avec le Diable"... Horresco referens!... Il ne faut pas en parler. Même si c'est vrai, il ne faut pas en parler. Une telle attitude étonnera les athées primaires (les voltairiens, disons) qui pensaient en avoir fini avec la religion en extirpant le christianisme. Que nenni! Toutes les composantes de la religion sont là. Bel et bien. 

Zarathoustra nous manque!



* Exemple de révisionnisme : la Première Guerre Mondiale

Bah oui, François nous raconte une petite légende fort sympathique. Mais, moi, j'aime le travail d'Henri Guillemin, L'autre avant-guerre, où on essaye de comprendre pourquoi les honnêtes gens, le centre-gauche, les milieux d'affaires, soit les idoles de François, ont conduit les peuples européens dans ce suicide général. Non, parce que, sinon, personne n'a jamais compris, dans l'histoire officielle... Des millions de morts, sans raison aucune, mince alors. Nous, révisionnistes, nous cherchons...



dimanche 30 mars 2014

Faut-il charger la mule?

La MUL, ou Marche Ultra-Légère me revient aux oreilles. L'idée est de marcher le plus léger possible. Soit. L'argument (l'un des) : le poids c'est la peur. 

Ce qu'on emporte reflète nos peurs. C'est tout à fait exact. Mais, la peur est utile, de même que la douleur. 

L'idée est alors de faire le tri entre les bonnes et les mauvaises peurs. De quoi convoquer les Inconnus. 



Bref. J'emporte toujours plus et trop. Donc, j'ai peur. Par exemple, j'ai peur du froid. Ou, de la soif. Je reviens quasiment systématiquement avec 1 litre d'eau encore dans mon sac. J'ai sans doute peur, aussi, de l'oubli, de la confusion... d'où les images et les mots. Mais les mots, eux, ne pèsent rien dans le sac.

Peur aussi, peut-être, de mon ignorance... d'où mes recherches d'informations sur les plantes les animaux les lieux les roches etc. Elles non plus ne pèsent rien. Sauf en pensées. Or, "la pensée pèse" est un pléonasme.

Et le chemin vers l'autonomie? de quoi faut-il se délester? de quels objets? de quelles pensées?

Je crois que je suis encore bien faible. Mais, je chemine. Un passage de Also sprach Zarathustra m'est aussi revenu aux yeux :

Et c'est toujours à contre-cœur que j'ai demandé mon chemin, cela me fut toujours contraire! J'ai toujours préféré interroger et essayer les chemins eux-mêmes.
Essayer et interroger, ce fut là toute ma façon de marcher: et, envérité, il faut aussi apprendre à répondre à de pareilles questions !Car ceci est de mon goût : ce n'est ni un bon, ni un mauvais goût,mais c'est mon goût, dont je n'ai ni à être honteux ni à me cacher.
"Cela est maintenant mon chemin, - où est le vôtre?" Voila ce que je répondais à ceux qui me demandaient "le chemin". Car le chemin - le chemin n'existe pas.
Ainsi parlait Zarathoustra.

Peut-être ne suffit-il pas de cheminer, mais de savoir qu'on chemine et plus encore qu'on chemine sur son propre chemin. Son propre chemin, son chemin boueux vers le cœur (Bernanos). Peut-être?

mercredi 29 janvier 2014

La théorie du genre n'existe pas ? genre!

La situation devient explosive.

La parole est à Charles Péguy :
"Il importe peut-être, il importe évidemment que les républicains l'emportent sur les royalistes, ou les royalistes sur les républicains, mais cette importance est infiniment peu, cet intérêt n'est rien en comparaison de ceci : que les républicains demeurent des républicains ; que les républicains soient des républicains." (Notre jeunesse, p. 116)

Bon. Moi, ça m'a marqué. Voyez, c'est un peu la fin qui ne justifie pas les moyens. Les moyens sont la fin. Ou, pour faire un clin d’œil à mes amis situationnistes (s'il en reste encore qui ne soient ni morts ni renégats-canal-plusisés) : on ne combat pas l'aliénation avec des moyens aliénés. 

Illustration : le traitement révoltant réservé aux 262 personnes mises en garde à vue de manière parfaitement arbitraire dimanche soir en fin du "Jour de colère". On s'en fout que les "Républicains" l'emportent sur "l'extrême-droite" si les "Républicains" utilisent des procédés d'extrême-droite. 

Au fil des années, l'imposture des "Républicains" m’apparaît toujours plus insupportable. Exemples à la pelle : 
- la liberté d'expression est totale, mais avec des limites
- en France, on est taxé de nazis à la première oreille qui bouge, mais en Ukraine, les nazis (et pour le coup c'est vrai) de Svoboda, c'est super (parce qu'ils sont euro-atlantistes anti-russes)
- il faut tuer Bachar (qui ne mérite pas d'être sur Terre) mais quand des jeunes de banlieue partent en Syrie, ça ne va plus
- etc. je ne prendrai pas tous les sujets un par un, le Pouvoir est complètement décrédibilisé

Le drame, de mon point de vue, est que, face à degré de confiance proche de zéro envers le système, il n'y a que la fameuse fumeuse "opposition de gauche" chère à Mélenchon. L'homme qui dit que les Républicains ayant gagné, les autres n'ont qu'à "fermer leur gueule" (sic). Péguy!

Reprenons "Jour de colère". Je n'ai aucune sympathie pour la plupart des groupes ayant défilé, même s'il y avait, je crois, des "Citoyens constituants", Alain Benajam, les sympathiques journalistes indépendants de l'Agence Info Libre, et quelques quenelliers rigolards. M'enfin, dans cet attelage hétéroclite, je ne m'émeus pas particulièrement de la bataille rangée qui a eu lieu entre la LDJ et les supporteurs du PSG (je trouve ça très bien qu'ils se battent entre eux, à la limite, ça les occupe). J'ai le plus grand mépris pour l'idéologie de Riposte Laïque. Et quand je vois Civitas ou le Printemps Français, un frisson parcourt mon épine dorsale.

Mais ce n'est pas le sujet. Le sujet c'est le rejet d'un système politique brinquebalant.

La gauche ayant abandonné tout discours de transformation des structures sociales, elle est devenue la gauche morale. Mais, parler de "valeurs", c'est déjà une posture de droite. Et les "valeurs" de gauche seront toujours plus faibles que les "valeurs" de droite. "Alors, vous allez être au chômage, vous trouverez jamais de boulot, mais par pitié ne soyez pas homophobes!" A un moment donné, le prolo au chomdu va répondre : "what the fuck?!", précisément, et en anglais, parce qu'il parle la langue. 

Aujourd'hui, la gauche morale antiraciste est terrassée. Je m'en réjouis parce que c'était une imposture. Je m'en inquiète parce que la gauche morale a redonné vigueur à... la droite morale. Et, je le répète, la droite morale sera forcément supérieure à la gauche morale. C'est son métier, les valeurs. 


Mariage pour tous

La gauche morale nous a expliqué que c'était une histoire d'égalité. J'ai quasiment boycotté ce débat à l'époque, considérant qu'il était anecdotique (sociétal) et qu'il était plus urgent et essentiel de parler de social. J'avais simplement dit que de mon point de vue, c'était plutôt une histoire de liberté (je préfère le mot : autonomie). L('im)posture de la gauche morale renforce la posture de la droite morale. Je m'explique : 
- le mariage consacrait l'union d'un homme et d'une femme
- la gauche morale dit : oui mais si deux hommes ou deux femmes s'aiment, ils doivent avoir les mêmes droits...
- la droite morale dit : dans ce cas, pourquoi dire non à la polygamie, l'inceste, la zoophilie
- la gauche morale dit : c'est pas pareil

Mais moi je dis : si, c'est pareil. L'ancienne loi liait le mariage à la procréation. La droite morale prétendait que c'était la loi divine, ou la loi ancestrale, ou la tradition, en bref : c'est comme ça c'est pas autrement. Cet argument ne tient pas. Pas besoin de convoquer Castoriadis pour comprendre que c'est nous qui écrivons nos lois et que c'est à nous de décider. C'est pas parce que ça a été comme ça des siècles durant que ça doit rester comme ça. Ils utilisent le même argument pour s'opposer à la construction de mosquées en France, en prétextant que la France est chrétienne, c'est comme ça c'est pas autrement. Avec un tel raisonnement, personne n'aurait jamais construit d'église en France, parce que la tradition à l'époque n'était pas chrétienne. Bref, absurdité. 

Mais... du coup... si on change notre référence... si le mariage doit maintenant consacré l'amour entre individus, simplement... alors sous quel argument le mariage devrait-il se limiter à deux hommes ou deux femmes, et non pas trois hommes et deux femmes, un homme et une chèvre... 

Là, ce serait vraiment le "mariage pour tous"! Moi, qui n'en ai rien à foutre du mariage, soit dit en passant, je suis sur cette ligne anarchiste : l'Etat n'a pas à nous dire avec qui on peut ou non se marier, point. Point presque final, parce que la limite est évidemment la protection des mineurs, et le consentement de toutes les parties (cela dit, prouver le consentement d'une chèvre, va falloir s'accrocher, mais je rêve sur ce point d'un retour aux pratiques médiévales avec les procès menés contre des animaux, il faut leur accorder un statut juridique). 

Cette position autonomiste, assumée, ne manquera pas de révolter la droite morale. Mais dans les faits : j'ai du mal à imaginer une déferlante de zoophilie... je ne crois pas que les bases de la société s'écrouleraient. De telles pratiques resteraient bien entendu extrêmement marginales, on s'en fout complètement, et on passe à autre chose. 

Alors que l('im)posture de la gauche morale prétendument égalitaire, elle, nourrit par sa faiblesse argumentative, la contre-argumentation de la droite morale, agrémentée de fantasmes délirants. 


La théorie du genre à l'école

On ne change presque pas de thème. Farida Belghoul a lancé un appel à des Journées de Retrait de l'Ecole pour protester contre l'enseignement de la théorie du genre à l'école. Le gouvernement répond très mal. On nous dit carrément : "la théorie du genre n'existe pas". C'est se foutre du monde !

Qu'est-ce qui se dit ? Il y a des différences biologiques entre les filles et les garçons, mais il y a, en plus, des représentations sociales et des stéréotypes qui confinent les filles dans des rôles, les garçons dans d'autres rôles. C'est grâce à la "théorie du genre" que tout un travail de déconstruction de ces stéréotypes a pu être mené depuis plusieurs décennies. La théorie du genre existe, et heureusement.

La droite morale nous reproche, en fait, de rendre floue l'évidence. Mais oui! trois fois oui! Il n'y a pas d'évidence qui tienne. Ça, c'est ma posture révisionniste classique. J'emploie le mot à dessein histoire de m'aliéner absolument tout le monde avec cet article. Je ré-explique quand même que l'histoire est par essence révisionniste, que la science est par essence révisionniste, elle révise sans cesse les théories pré-existantes. On aura beau me dire 10 000 fois qu'il est évident qu'une fille aime le rose et un garçon aime le bleu, je ne verrai jamais ce qu'il y a d'évident à cela. Je ne vois pas ce qu'il y a d'évident à ce qu'un homme soit patron et une femme secrétaire. La science, elle sert à remettre en questions les pseudo-évidences. 

Au lieu de dire ça, de tenir un discours rationnel, scientifique, et autonome, la gauche morale serpente, louvoie, blablate. "Mais non, on fait pas la théorie du genre, d'ailleurs la théorie du genre n'existe pas". 

Rendons ici hommage aux travaux de Judith Butler. La droite morale nous dit : "ah ! ça vient des USA". Alors, ça ne vient pas des USA comme le Macdo (où est la droite morale, là?) ou le Coca. Non, ça vient des USA parce qu'en France, on a arrêté de penser. Judith Butler a pris la suite, finalement, du travail de déconstruction, ça aurait pu venir de France, si on avait poursuivi Derrida. Mais, tout était déjà chez Simone de Beauvoir : "on ne naît pas femme, on le devient". Et tout était déjà, plus archaïquement, chez Nietzsche reprenant Pindare : "Deviens ce que tu es." Notre biologie ne suffit pas à nous expliquer. 

Y a besoin de louvoyer pour expliquer ça ? 

En niant l'influence des gender studies, et derrière, finalement, de toute la philosophie et la science rationnelles, la gauche morale ouvre une brèche, mais géante, dans son argumentaire, et, s'offre comme profondément suspecte aux yeux de la droite morale, qui remplit cette suspicion de délires du genre incitation à l'homosexualité, que sais-je? Mais quand les intentions de l'autre ne sont pas claires, il est légitime d'extrapoler.


Conclusion

Nous assistons peut-être aux derniers jours de la gauche morale. Plus personne ne croit encore en son discours : ni la droite morale (pléonasme), ni la gauche sociale, ni la gauche morale elle-même qui ne parvient plus à assumer ses positions. 

Avant de péricliter, il est normal qu'elle se crispe. Il est donc à craindre une escalade de violence entre la gauche morale et la droite morale. Les dindons de la farce, comme d'habitude : la gauche sociale. 

Une solution pour éviter ça : ne pas céder à la tétanisation. Lordon défends-nous!

lundi 27 janvier 2014

La question humaine et le fascisme


Souffler. 

Respirer. 

Garder son sang-froid. 



Depuis le référendum de 2005, j'ai l'impression de ne tirer que contre "mon camp". C'est-à-dire, je n'ai pas de camp, si ce n'est ceux desquels je rêve de m'échapper. Autonomie! Je refuse de faire partie d'un groupe qui m'accepterait comme membre, disait l'autre. L'autonomie? sort pas de nulle part! demande des conditions... travailler sur les structures sociales, d'où cette illusion, parfois, de faire partie de la gauche. Hélas! ce qui s'auto-définit comme "gauche" ne dit plus rien sur les structures sociales, d'une, et n'a de toute façon plus les mêmes arrières-pensées (une sorte de mystique de l'autonomie, à la Rousseau, Robespierre, Jaurès). Alors, selon la loi contre la christianisme édictée par l'Antéchrist, c'est pas la droite la plus coupable, pas même la gauche, mais bien la gauche de la gauche qui est la criminelle des criminelle. Je n'ai pas à faire le procès de la droite, il est d'ores et déjà contenu dans chacune de mes phrases, éclatant. Je dois faire, refaire, sans cesse, inlassablement et impitoyablement, celui de mes camarades.



C'est usant, mais nécessaire. Le cas Dieudonné est éreintant. Se faire traiter d'antisémite, négationniste, conspirationniste, négationniste du négationnisme, rouge-brun-vert, fasciste, etc. n'est pas de tout repos. Bien entendu, ça ne m'atteint pas, personnellement, et ça aurait plutôt tendance à m'amuser, et selon les cas, à me paraître autant de médailles&décorations. C'est un peu notre légion d'honneur à nous. "Rouge-brun!!!" Bingo! Je remercie ma famille, mes amis, mes entraîneurs, et le Dalaï-Lama. "Antisémite!!!!" Je ne sais quoi dire devant cet honneur que vous me faîtes et qui récompense toute ma carrière. Il y a des gugusses, dans notre genre, qui ne se laissent pas facilement intimider par les anathèmes. Lars von Trier : "Nous, les nazis". Mais, après la bouffonnerie, l'échange. Et là? comment parler, comment se disputer, avec quelqu'un qui n'a que l'anathème au bout de la langue ou des doigts? C'est ça, qui est difficile et désespérant. 

Hier se tenait la manifestation "Jour de colère". A titre personnel, je déteste les manifestations, et celle-ci m'est apparue suspecte dès le départ. Le plus gros travail d'investigation a été mené par... cherchez un peu... Le Monde? Le Figaro? Libé? Canal+? Le Canard? non! non! non! par François Asselineau (ici, là et là), qui a montré plusieurs choses, successivement : 
  • site Internet localisé dans une société-écran à Panama (gné?)
  • financements?
  • focalisation sur le gouvernement et Hollande... rien sur ce qui fait l'Empire (dette? UE? OTAN?)
  • confusionnisme entre des thèmes légitimes et des sous-marins UMP/FN
  • organisé finalement par le "Printemps français" calqué sur les "Printemps arabes" de funeste mémoire
  • "Jour de colère" est une expression maintes fois utilisée dans divers pays, toujours dans le but de déstabiliser des régimes politiques 
  • et puis, repoussoir absolu de la présence de Riposte Laïque/LDJ... y a anguille

Bref, ça ne me disait rien qui vaille. Je pense certes que la condition première d'un renouveau est une sorte de CNR 2.0 qui consisterait à fédérer les 2*20%=55% qui s'opposent à la Banque, mais, s'opposent aussi entre eux (gauche contre droite). Toutefois coalition n'est pas confusion. 

Cependant, l'Agence Info Libre a couvert en direct cette manifestation. Le plus intéressant est ce qui s'est produit à la fin et après la dispersion. Il restait quelques centaines de personnes, bloquées place Vauban, et des zozos (des témoins disent : des flics en civils) ont commencé à s'en prendre aux CRS, qui ont alors encerclé les manifestants. Et là, les vidéos de l'Agence Info Libre sont éloquentes :







Ils ont été bloqués des heures durant dans le froid et sous la pluie, sans explication. Emmenés dans des cars de la police, sans connaître la destination. A l'arrivée, on entend, je crois Jonathan Moadab dire : "c'est Shoah de Claude Lanzmann". Dans le car, les manifestants rigolards et taquins sont gazés. Pas au Zyklon B, mais au lacrymo. Dehors, sous la pluie, et derrière des barbelés, 200 personnes parquées. Quelle sale impression! malaise... 

Ce matin, dans les médias, on entend parler de la menace de l'extrême-droite. De qui se moque-t-on? On ne se moque pas, on est sérieux. 

C'est en vain qu'on chercherait des consciences de gauche, parce que les gens de gauche ont une conscience, sont des consciences, s'élever contre ces images sidérantes. Trop occupés à leur combat antifa de pacotille. 

Evidemment, on entendrait en revanche hurler à l'évocation de l'analogie avec la Solution Finale. Moi, aujourd'hui, je revois La question humaine, le film de Nicolas Klotz. 

Ce que démontre ce film, et ce qu'illustrent les événements d'hier soir, c'est que le nazisme n'est qu'une manifestation de nos sociétés industrielles de consommation. Une manifestation diabolisée (parce que diabolique), qui permet de dédouaner... le gros arbre dégueulasse qui cache la forêt. Les flics en civils, ils ont fait ce qu'on leur a demandé. De l'autre côté, les CRS, ils ont fait leur boulot. Et il y avait des chauffeurs de bus, qui ont emmené les manifestants là où on leur a dit, et il y a bien quelqu'un qui a décidé d'envoyer le gaz dans le car, et d'autres gendarmes qui ont notifié la garde à vue à ces manifestants, sans pourtant être capables de leur expliquer pourquoi. Chacun fait son job. Et nous ne sommes que "des chiffres dans des graphiques que dressent des imbéciles" (Debord). La société, appelons-la mondialiste aujourd'hui, a supprimé la question humaine. Des rapports déshumanisés dans un monde de croissance, productivité, efficacité. Désarticulés nous sommes, segmentés les problèmes, "des logiques implacables mais toujours pas de sens". 

Il est là, le fascisme! TELEPOLIS!



Mais ça, c'est l'empire de la gauche morale. Elle se dégrade d'ailleurs à vue d’œil. En 2005, un collectif d'historiens pouvait publier un appel "Liberté pour l'histoire" contre la Loi Gayssot. Aujourd'hui, s'opposer à la loi Gayssot est devenu nauséabond. La faillite, la déroute, la Bérézina de l'antifascisme de pacotille est complète et totale. La France "Black Blanc Beur" dont ils se gargarisaient chante aujourd'hui la Marseillaise, un ananas à la main, et ils sont terrorisés. 

A suivre...

samedi 4 janvier 2014

Histoire de sang-froid - peuple vs. oligarchie

C'est une chose étonnante que les enchantements des magiciens. Fausses valeurs! mots délirants... Pour nous, mortels, ils paraissent monstres les plus vilains. Ils nous volent tout. Et, ils nous font croire qu'ils nous donnent tout. Ah! ce sont tout de même de drôles de gens. 

Oh! cette fausse lumière, diess verfälschte Licht, oh! cet air enfumé! diese verdumpfte Luft! Ici l'âme jusqu'à son altitude - n'a le droit de voler! nicht fliegen darf!

L'Intérieur appelle au Désordre. Ne fais pas de pareils bonds! nicht fliegen! Manuel Valls hésitation? non! distingue le sain du malsain. Sain? manifester jusqu'à risques physiques encourus. Quelle étonnante Inversion. Pour qui, les risques physiques? Petite liste des victimes du Désordre Sain : ici, là, encore là, là également, toujours là, et puis là, là aussi, ailleurs encore, ailleurs toujours, c'est pas fini, on ne faiblit pas, encore et encore, etc. Voilà ce qui est sain. Moi, ça me donne envie de calculer la surface de Dieu. 

La Justice va se faire condamner. Ne fais pas de pareils bonds! nicht fliegen! Christiane aimez-vous les uns éventuellement les autres Taubira ne nous aime pas. Tristesse! Nous sommes "irresponsables", "pervers", "incultes", en espérant pouvoir cumuler ces qualités. C'est nébuleux. Plus flou encore, si c'est d'yeux possible, nous sommes "complices, après coup, d'un crime contre l'humanité". Ce serait amusant, je trouve, d'expliciter un peu le concept. Nous, un peu incultes, ne comprenons pas comment c'est possible. Toutefois, je veux bien essayer. Mme Taubira, peut-on penser que vous êtes complice, après-coup, de la colonisation, en participant à un gouvernement ayant rendu hommage à Jules Ferry? J'ai bon, j'ai compris le truc? 

La Presse appelle à la Censure. Ne fais pas de pareils bonds! nicht fliegen! Christophe Barbier hygiénique est le plus rigolo d'entre eux. Les Chinois arrivent bien à brider, si j'ose dire, l'Internet! Pourquoi ne le pourrions-nous pas? 


Quelques pauvres hères se tiennent debout. Jean Bricmont, par exemple : 
"On me demande d’au moins condamner ou critiquer ses "dérives". Il n’en est pas question. Je ne dirai jamais rien contre un individu qui n’a pour lui que sa parole et qui a contre lui tous les faux-culs, toute la bien-pensance, toute la puissance de l’Etat et des médias. Je dirai peut-être ce que je pense de Dieudonné le jour où toutes les attaques légales contre lui cesseront."

D'autres, la plupart, se joignent à la meute. Je cherchais une illustration d'une meute s'acharnant sur une proie, pour dire l'indécence que je ressens quand je vois que d'honnêtes gens, après ce lamentable spectacle d'une Puissance de feu contre un homme seul, se sentent obligés de venir donner un petit coup de griffes supplémentaire, de manière à s'assurer que la proie y est restée. Hélas! je découvrais une vidéo forçant le respect pour le règne animal et la misanthropie tout à la fois.



Étonnant, non?

Toujours est-il, voir le Pouvoir se déchaîner, et jusqu'à en devenir complètement timbré, est un bien triste spectacle. Le rire instauré par la Proie constitue assurément, pour le moment, une soupape salutaire.  Le sang-froid de certains, tels Alain Benajam publiant la magnifique quenelle ci-dessus, pourra aider également. Pourtant, il va bien falloir en sortir un jour où l'autre...

Nous n'avons plus qu'à sursauter républicainement. Démocratie = tirage au sort.



P.-S. : ce n'était pas joli joli, Mme Taubira, de mêler Aimé Césaire à cette affaire. Pour mémoire :


mercredi 18 décembre 2013

La gauche vent debout ?

C'est dur, d'être de gauche. Déjà, c'est difficile de savoir ce que ça veut dire. Je partirais bien d'une phrase de Robespierre pour définir ma vision de la gauche, mais on traquera la personnalité et la biographie de Robespierre au lieu de se positionner sur la phrase en question. La phrase :
"La plus grande partie de nos concitoyens est réduite par l'indigence à ce suprême degré d'abaissement, où l'Homme, uniquement occupé de survivre, est incapable de réfléchir aux causes de sa misère et aux droits que la nature lui a donné."

Traduction : agir sur les structures économiques et sociales qui permettent l'autonomisation maximale des individus, objectif des objectifs, et j'ajoute : pour qu'ils deviennent ce qu'ils sont. 

Ah! Ah! Nietzsche, après Robespierre. Rouge-brun! Passons encore sur les insultes. 

Et je précise. Deviens ce que tu es. Cela signifie que je ne suis pas ce que je suis, tant que je n'ai pas eu la volonté de le devenir. J'illustre : quelqu'un à la peau noire n'est pas Noir tant qu'il ne se pense pas, qu'il ne se définit pas comme Noir. L'autonomie est un maître-mot : être porteur de ses propres normes. Je ne mange pas du pain "libre-arbitre", absurdité démontrée par tant de grands philosophes ; mais toutes les déterminations du monde n'empêchent pas la volonté de puissance. 

Partant, il est inenvisageable et il n'est pas envisagé de réduire un individu à un groupe auquel il serait supposé appartenir. Plus encore, on ne saurait réduire un individu à ce même individu. Il est un devenir, il n'est pas une fin en soi, Nietzsche parlait de l'homme comme d'un pont, et cela me rappelle une très belle phrase de Jean-Pierre Vernant : 
"Entre les rives du même et de l'autre, l'Homme est un pont."

Pourquoi ce petit préambule ? Pour expliquer les raisons pour lesquelles je ne serai jamais intimidé, jamais tétanisé face aux accusations de racismes en tous genres. J'aime trop les couleurs, les ponts, les "hasards", les différences, l'altérité, l'histoire, les "accidents", les chemins se faisant en marchant. 


Or, de nos jours, les accusations de "racisme" tombent dans un véritable déluge. J'y vois une raison principale : la déliquescence sociologique et politique de la "démocratie" suite aux abandons successifs de souveraineté populaire provoque une agitation morale censée différencier une droite et une gauche. La lutte des classes ayant été abandonnée, la gauche a joué la carte d'un fascisme/racisme de la droite pour s'en démarquer, faisant oublier que le vrai "fascisme", comme l'ont fait remarquer des Pier-Paolo Pasolini, Guy Debord ou Jean Baudrillard résidait bien plutôt dans la Société de consommation. Société à laquelle est ralliée la gauche officielle, mais elle n'est pas homophobe, rassurons-nous.

C'est tous les jours. Et ça touche tout le monde. La première affaire à m'avoir interpellé (mais pas la première en date) fut celle touchant Edgar Morin, traîné dans la boue à l'époque pour incitation à la haine raciale, etc. pour un article jugé trop pro-Palestinien. Edgar Morin, l'homme de l'éthique de la compréhension, attaqué pour antisémitisme! C'était grotesque. J'ai découvert par la suite que ce n'était pas un cas isolé. Mais, depuis, les attaques insensées de ce style sont toujours plus nombreuses. Je ne les passerai pas toutes en revue.


Cette semaine, Roger Cuckierman, Président du CRIF, s'ingénie à propager la Grande Confusion. L'antisémitisme monte. Depuis le temps qu'il monte, il va bientôt falloir le regarder évoluer avec le téléscope Hubble. A moins? à moins! que, entre les épisodes où il monte, il baisse! Mais ça, on ne l'entend jamais dire, donc ça ne doit pas exister. Ce qui n'est pas dit n'existe pas, donc l’antisémitisme monte continuellement. D'ailleurs, aucun journaliste ne le reprend là-dessus, donc c'est Vérité. Les journalistes demandent en revanche : comment l'expliquez-vous? Et Cuckierman de répondre : l'extrême-gauche, et le "Front de gauche, surtout", a "l'élégance" (on appréciera) de ne pas se dire "antisémite", mais de se dire ouvertement "antisioniste", ce qui créé un climat général d'antisémitisme. Il ajoute d'autres choses dont je parle déjà trop souvent.

Personnellement, je ne suis pas au Front de gauche. Je reconnais quelques mérites à Mélenchon, sur les retraites, sur "le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas", sur le Dalaï-lama, sur les médias, bon... Mais je me trouve beaucoup plus à gauche, sur la croissance, l'Europe, la politique étrangère, et la question fondamentale des institutions. Bref, si je devais me convaincre de voter à nouveau, ce serait certainement vers le Front de gauche, mais il y a loin que je remette les pieds dans l'isoloir. 

Toutefois, quand le Front de gauche et ses sympathisants se font insulter de la sorte, j'estime que cela mérite une réponse. Ne la voyant pas venir (et il est vrai que Mélenchon est à l'étranger), je poste un commentaire à son billet d'actualité sur son blog  : 

Bonjour M. Mélenchon,
De Bogota, une information vous aura peut-être (je pense que non) échappé. Le Président du CRIF s'ingénie à traîner dans la boue l'extrême-gauche en général, le "Front de Gauche, surtout" où l'antisionisme pullulerait, et l'antisionisme n'est, pour lui, que de l'antisémitisme "élégant".
Il est insupportable de se faire insulter de la sorte. Non pas que ces attaques puissent salir les gens "de gauche" ou "d'extrême-gauche". Mais ça participe d'une stratégie globale qui devrait déshonorer ceux qui l'emploient, mais dont nous devons au contraire déplorer le succès. C'est l'amalgame (nous, à gauche, nous participerions à un "climat général d'antisémitisme"), la culpabilité par association, ou ce que Schopenhauer appelait le "principe de l'association dégradante". Tous les jours, de nouveaux gugusses sont accusés d'être fascistes, antisémites, mangeurs d'enfants ou assassins d'ours polaires. Ces accusations insensées servent à exclure toute une série de thèmes du débat, voire des personnes. Vous avez par exemple subi pareilles flèches lors de l'affaire "Finance internationale - Moscovici".
Frédéric Lordon, sur les questions européennes et économiques, invite la gauche à porter ses valeurs et ses principes, et éviter la tétanisation, piège du système : "Ah! vous êtes contre l'euro, vous êtes comme le FN!". Non! Nous défendons nos valeurs - la souveraineté populaire.
Idem, face aux accusations du CRIF. Une réponse ?...

Quelques minutes à peine après la publication, ce message a été supprimé du blog. N'ayant toujours pas obtenu de réponse à ma demande d'explications, je considère que c'est de la censure pure et simple. 

J'estime que cela pose un problème assez grave. Quelles qu'en soient les raisons...

J'attends de pied ferme celui ou celle qui entendra démontrer que mon corpus idéologique peut ressembler à celui d'une quelconque extrême-droite, raciste et fasciste. Pour autant, je goûte assez peu que, Israël, ayant été touchée par des pluies diluviennes, décide de déverser les eaux retenues par ses barrages dans la bande de Gaza. Et hop! Cuckierman prendrait cela pour de l'antisionisme ou "antisémitisme élégant". Qui va protester contre cet amalgame indigne ? Pas Besancenot, il s'était mis à pleurer à la TV. Pas Mélenchon non plus, apparemment. Qui, alors ? 

Changeons de sujet. L'UE. Dès qu'un économiste iconoclaste s'en prend à l'euro, on lui rétorque : "Front National!" Est-ce par hasard si Alexis Corbière du FdG a donné dans le procès en sorcellerie contre Jacques Sapir? Qui donc va protester contre l'amalgame indigne fait entre la défense de la souveraineté populaire, de la souveraineté monétaire, et un fantasme d'extrême-droite, raciste, fasciste ? Pas Besancenot. Pas Mélenchon non plus. Qui, alors ? 

On sait très bien qui. A se demander si ça n'arrange pas les officiels de la gauche.

dimanche 10 novembre 2013

La tête en arrière

Des collègues écoutent Luke, un jour. Luke ? Il allait falloir devenir archéologue. C'est vieux, ça... Oui, mais pas plus que ce j'écoute maintenant. A peine quelques années plus loin que Charlie Parker ou Antonio Vivaldi, après tout. C'est un peu comme si je revoyais... puis-je savoir? un Tarantino. Antédiluvien ! le Kill Bill. Alors que M le maudit, ça reste assez récent, finalement. L'eau coule sous les ponts, mais elle coule étrangement, et, ce ne sont que tourbillons, courants et contre-courants, spirales et vortex. 


Voilà ce qui est advenu ! aux alentours de Luke j'imagine. Quelle date? 2004. Et Kill Bill? 2003-2004. C'est là... avant 2005... avant une maladie nietzschéenne (une bénédiction). Avant, je supportais tant de diableries! c'était naturel d'ailleurs. La définition de naturel : habituel. C'était l'habitude, le sens du courant, le vent de l'Histoire et ses avatars - le rock, le PS, Beigbeder, l'Europe, la mondialisation heureuse, le devoir d'ingérence et sauver le Monde, fin de l'histoire. 

Aujourd'hui, rien ne va plus parce que tout va bien. Voilà un petit paradoxe que je concède à mes anciens camarades post-modernes. Je suis devenu aussi nazi que Lars von Trier et Dieudonné. Horresco referens! La bête! la Bête!



Ah!

Je l'avoue... je suis arrivé au bout d'un chemin, la nausée les vertiges la tétanie avec. Je l'ai cru! que ça venait de moi. Au contraire, Moi ne pouvais pas être en bonne santé en évoluant dans un monde que Moi jugeais malade. Il n'y avait plus qu'à entrer dans un autre monde, prendre une tangente, s'engouffrer dans une spirale vers les cimes-vertiges, se risquer dans un des remous des contre-courants du fleuve.

Je vais marquer la rupture au référendum de 2005.

Avant :






Et caetera!

Et après :






Avec Luke, j'ai subitement vu passer cet Ancien Monde, le choc du son. Qu'il passe et repasse est inévitable, c'est le Cycle de l'eau, l'Éternel Retour. Oh! il est toujours différent à chaque passage. Kill Bill s'appelle Django, je crois. Je n'en suis pas bien sûr, pour avoir complètement coupé avec ce tchou-tchou culturel. Le courant, je ne le connais plus que par son idéologie promue toute la journée par les médiacrates.

Les eaux de ce fleuve sont limpides, tout cela me paru d'une telle cohérence, soudain. A penser avec les pieds, on finit par marcher sur la tête.

dimanche 27 octobre 2013

Sonate d'automne dans les Bauges II

N.-D. de Bellevaux sous la Lune
D'abord la musique.





Pécloz, Armène


Et puis schve-schve... schve-schve. Oh! je sais ce que vous allez dire. Mais on n'imagine pas ce que peut donner un schve couplé en 4. Ce son des feuilles mortes fraîchement tombées sur le sol, maltraitées encore par les séries de 4 pas de tous ces randonneurs scrupuleux - droite, gauche, droite, gauche... J'en étais là, pas pour longtemps puisqu'il faut toujours avancer, j'en étais là en pensant par mes pieds au titre de l'article. Sonate II (Sonate I ici). 


Le Pécloz en descendant de l'Armène

Je suis anti-américain, vous le savez bien, puisqu'il n'est pas né celui qui me fera boire du Coca, chanter les louanges de Monsanto, j'en passe en me questionnant sur le temps écoulé depuis le dernier film hollywoodien que je suis allé voir. Il n'en faut pas plus pour être anti-américain primaire. Posant le pied suivant à terre, c'est Philippe Val qui vient à mon esprit, l'âme tranchante qui m'habite, un peu merle moqueur. L'effroi s'empare de moi. Si Val a raison, étant donné mon anti-américanisme avéré, je suis antisémite. Horresco referens! D'après Val, USA = cosmopolitisme = juifs. Bon. Yabon Coca. 
Je note la subtilité du raisonnement, sans m'en étonner, puisqu'un intellectuel du centre-gauche comme Val ne peut que ça, être subtil. D'ailleurs, c'est un voltairien, autant dire que ses paroles sont Lumière. Il cite Nietzsche et Spinoza tous les matins au petit-déjeuner! Il va sans dire que faut pas être con pour comprendre le conatus.


Mont-Blanc depuis le Pécloz, un âne sur la tête, supposé annoncé la pluie pour demain, validé par Météo France (n'en jetez plus)

Je me sens mal embarqué, mais je pose l'autre pied. L'horreur! quand le raisonnement du sieur Val me paraît corroboré par d'autres faits. J'apprécie Siné, "ordure antisémite" d'après Asko-copain-Val. J'aime beaucoup Dieudonné, "ordure antisémite" d'après Siné. De là : Dieudonné = (ordure antisémite)². Et Céline! (ordure antisémite)^3. Et Lars von Trier qui "comprend Hitler"... l'affaire est pliée.


Montée en forêt

Alors, pour me racheter, si c'est Dieu possible, je rends hommage à ces grands films que je n'ai pas vus, mais qui furent assez grands pour mériter une suite. Je ne les cite pas, vous les connaissez mieux que moi.


Force chocards, moult chamois

Donc, Sonate d'automne dans les Bauges II, le retour. Imagine-t-on Sonate pathétique II ? Satantango II ? Les chants de Maldoror II ? Je dérape encore... ce sont ces satanées feuilles jonchant le sol légèrement humide. A chaque fois que je pose le pied gauche, je pars en vrille. 


Roche Torse

C'est quoi la gauche ? Voici une petite historiette, toute petite, un petit dialogue de rien du tout. Pour cette fois.
- type du centre-droit : Ah voilà! on a découvert des mines de phoslyxium au Congo, il faut les coloniser!
- l'emmerdeur : euh? oui? d'accord, c'est très bien le phoslyxium (encore que, si on réfléchit bien...) mais c'est pas très gentil pour les Congolais
- gusse du centre-gauche : c'est tout à fait exact, oublions le phoslyxium (tu parles) mais colonisons quand même le Congo, pour leur apporter la Démocratie, les Droits de l'homme, la Civilisation, les Lumières
- l'emmerdeur : ah! c'est tout à fait altruiste, me voilà rassuré!


Rassuré... un pas de plus... pas rassuré pour un sou, l'emmerdeur... Centre-gauche et centre-droit rivalisent heureusement d'astuce pour le canaliser. Celui-là, il faut qu'il paraisse être réactionnaire, névrosé, paranoïaque, conspirationniste, négationniste, fasciste, intégriste, etc. faut pas qu'il bouge! pas du tout!



Bauges automnales


L'Empire du moindre mal, c'est quoi? Vous le voyez le lac en surfusion? Renseignez-vous! il n'est pas gelé, il est prêt à l'être d'un coup d'un seul au moindre mouvement de l'eau. Ça y est? Vous les voyez les cavaliers dans le lac? Aucun ne doit bouger. Pas le moins du monde, aucun... absolu. Le moindre con qui bouge la jambe, la patte, c'est fini... tous prisonniers des glaces... tous foutus.



Trélod, Arcalod




Et nous, nous pensons être dans ce satané lac, pétrifiés de peur à l'idée d'être pétrifiés de glace, au moindre mouvement. Alors que... schve-schve... schve-schve... il faut poser les pieds, l'un l'autre l'un... Et caetera.
Descente en forêt
Et on termine...


Rideau - retour