mercredi 21 mai 2008

En vrac, quelques nouvelles

Coluche dirait : "Encore un nouveau pas en avant de la connerie. Mais dites-moi, dites-moi, jusqu'où s'arrêteront-ils ?" Et justement, Coluche est l'une des "stars" qu'Adecco utilise dans une campagne de pub vantant les ressources humaines que chacun d'entre nous possède et qu'Adecco peut donc exploiter. Mais Adecco ne recule devant rien, et utilise également Gandhi pour cette même campagne. Stupéfiant. Comme dans le cas des Galeries Lafayette, ce cynisme-là est trop fort pour nous, semble-t-il. Comment peut-on tolérer ce genre de choses ?

Et revoilà la bêtise de Robert Redeker. Ce philosophe avait commis une tribune dans le Figaro s'en prenant à l'Islam et son "maître de haine" Mahomet. A l'époque, malheureusement, un ahuri l'avait menacé de mort sur internet, ce qui avait fait dire à nos philosophes médiatiques adorés tout un tas de sottises étourdissantes. Ils nous sommaient en effet de soutenir Redeker sans émettre la moindre critique concernant sa tribune, c'est-à-dire qu'il fallait sauver la liberté d'expression, et pour cela ne pas en faire usage. Intéressant. Pourtant, cette tribune est crapuleuse et indigne. Tout comme l'emploi du terme "fatwa" contre Redeker alors qu'il n'y en a jamais eu d'énoncée (ces philosophes ne savent pas, manifestement, ce qu'est une fatwa, ou alors ils ont envie de faire peur, sciemment...). Mais chut. Aujourd'hui, Redeker multiplie les points Godwin et se cache derrière la violence de Voltaire contre la religion pour pouvoir dire ce qu'il veut. Ce qu'il ne comprend pas, c'est que ce n'est pas la violence du propos qui gêne, mais sa bêtise. Il est vrai que ses contradicteurs ne le lui font que rarement remarquer. Du coup, les opposants à Redeker passent pour des adversaires de la liberté d'expression et amis de l'islamisme. Stupide. Le débat peut et doit être violent entre les différents courants philosophiques et religieux, mais rien n'indique qu'il doive être idiot et malhonnête.

Un événement positif, pour une fois : voilà-t-il pas qu'un texte de Rimbaud a été découvert, alors que cela faisait 60 ans qu'aucun texte de lui ne l'avait été. C'est, parait-il, une découverte littéraire de première importance qui remet en question beaucoup de ce qu'on savait de sa vie et de son œuvre. Si je ne m'abuse, c'est aussi le premier texte en prose de Rimbaud. Il aurait ainsi inauguré une carrière journalistique dans "Le progrès des Ardennes" avec ce texte intitulé Le rêve de Bismarck, fin novembre 1870 dans un contexte de guerre avec la Prusse. En tout cas, ce texte est vraiment époustouflant dans son style. Quand on pense qu'il avait alors 16 ans...
Et puis un petit peu de musique ! Le nouvel album des Dandy Warhols, ...Earth To The Dandy Warhols..., est disponible en streaming sur leur site et, après quelques écoutes, tient tout à fait ses promesses. Ils parviennent à être fidèles à eux-mêmes sans se répéter ni répéter une nouvelle fois ce qu'on a déjà mille fois entendu ; et malgré les différences d'ambiance selon les titres, une cohérence et un univers se dégagent pour en faire probablement l'album rock de l'année.
Et l'Univers, justement, pour finir... Dans sa revue de nouvelles scientifiques, Jean Zin traite d'une étude qui m'a particulièrement intéressé. C'est cette idée d'un Univers jumeau du notre qui aurait précédé celui-ci. En fait, le temps est infini, il n'y a donc ni origine ni fin et l'Univers alterne donc phases d'expansion et phases de contraction. En résumé : "Ainsi, notre Univers, sans être une réplique exacte de son jumeau, avec en particulier une histoire différente (c'est moi qui souligne), lui ressemblerait beaucoup." C'est-à-dire que le possible est plus riche que le réel, comme disait déjà Ilya Prigogine : de la multitude des possibles, un seul va se réaliser, mais rien n'indique que dans le futur Univers jumeau, ce soit ce même possible qui soit réalisé. Ces découvertes des sciences physiques me semblent toujours confirmer la thèse de Nietzsche sur l'éternel retour. Puisque le temps est infini et la matière finie, la matière repasse inévitablement par les mêmes états, et ce à l'infini. Ce qui est a donc déjà été et sera de nouveau ; mais sans qu'il n'y ait là un quelconque déterminisme (ce paradoxe est peut-être difficile à comprendre) : place à la volonté de puissance, au choix libre qu'il faut faire pour l'éternité...

vendredi 2 mai 2008

La Princesse de Clèves dans La société de consommation

Qui a lu La Princesse de Clèves ? Et La société de consommation ? Pas moi en tout cas, mais je le regrette et tenterai d'y remédier un jour ou l'autre. Mais ces livres ont probablement assez peu de lecteurs de nos jours pour qu'ils soient traînés dans la boue sans que ça n'émeuve les foules en délire ! La Princesse de Clèves, d'abord, subit régulièrement les attaques - avec un ton et un sourire en coin qui manifestent la certitude de triompher - répétées de celui qui est devenu notre Président de la République. En effet, en effet mesdames et messieurs les jurés, lire de pareilles vieilleries (écrites, et ça n'est pas sans rajouter au grotesque de ce livre, par une femme) aujourd'hui n'a aucun sens, c'est qu'on a autre chose à faire (lire les infos dans le journal de référence 20 minutes ; regarder la Star Ac ; se coucher tôt pour se lever tôt pour travailler plus pour gagner... euh... plus). En fait, c'est devenu le running gag de Sarkozy : qu'il veuille faire rire son public, il lui suffit de critiquer La Princesse de Clèves. Alors c'est vrai qu'il y a plus urgent, qu'il y a plus dramatique et qu'il est un peu dérisoire de défendre un vieux livre. Mais Philippe Val a raison de, régulièrement, voler au secours de ce livre, de la littérature, de la culture et du langage en général. Car langage et culture sont les outils avec lesquels il nous est possible de penser et d'imaginer pour améliorer ce que nous pensons devoir l'être. Le mépris qui s'étend pour la culture, la langue, le temps long : est-il cause ou conséquence d'une époque pendant laquelle on expulse 25 000 immigrés (chiffre à atteindre coûte que coûte), on fait passer des lois judiciaires d'inspiration clairement anti-humaniste, etc. ? Plus on maîtrise la langue et la culture, et plus on peut s'écarter de la voie toute tracée, de la pente droitière, celle sur laquelle quiconque est censé glisser, à moins qu'il ne fasse les efforts pour la remonter. Aucun combat, aussi urgent soit-il, ne devrait nous faire abandonner celui de la culture.
Et d'ailleurs, n'est-il pas lui-même devenu urgent ? Voyez comme le cynisme a définitivement tout ravagé sur son passage en récupérant même ce pauvre Baudrillard (notre ami Beigbeder lit La société de consommation). Je vais être court sur cette question, parce que la pub n'est pas un ennemi nouveau bien entendu, et puis cet article publié sur Rue 89 traite très bien des problèmes que soulève cette horrible publicité. Sauf un, peut-être : la version Femme de cette publicité ne montre pas une femme lisant tel ou tel livre d'intello. En effet, il est évident qu'une femme ne pourrait pas être assez intelligente pour cela. Donc, la pub "Femme" ne montre qu'une femme très légèrement vêtue (sois belle et tais-toi). C'est encore une chance que ces ahuris n'aient pas accolé la tête de Simone de Beauvoir sur cette pub, je me demande d'ailleurs bien pourquoi ils n'ont pas osé, ce sont des petits joueurs. Le plus insupportable reste encore l'indifférence générale face à ces crimes contre l'intelligence.

mercredi 23 avril 2008

Retention de sûreté, encore

Voici un film de T. Lacoste pour le site l'autre campagne qui traite de ce sujet.

" Avec Jean Bérard, historien, Université de Paris VIII, membre de l'Observatoire international des prisons (OIP) ; Jean-Pierre Boucher, juge de l'application des peines au Tribunal de Grande Instance de La Rochelle et ancien président du Syndicat de la magistrature ; Christian Charrière-Bournazel, avocat et bâtonnier de Paris ; Sophie Desbruyères, conseillère d'insertion et de probation (CIP), secrétaire nationale du syndicat national de l'ensemble des personnels de l'administration pénitentiaires (Snepap-FSU) ; Claude-Olivier Doron, philosophe, AMN Paris VII (REHSEIS) et secrétaire éditorial des Cahiers du Centre Canguilhem ; Véronique Mao, surveillante pénitentiaire, secrétaire nationale de l’Union générale des syndicats pénitentiaires (UGSP-CGT) ; Emmanuelle Perreux, juge de l'application des peines au Tribunal de Grande Instance de Périgueux et présidente du Syndicat de la magistrature et Daniel Zagury, psychiatre, chef de service au Centre psychiatrique du Bois-de-Bondy, expert auprès de la Cour d'appel de Paris."

vendredi 11 avril 2008

Un aperçu de culture-monde

Il y a de cela un an, j’assistai à un concert d’Interzone (Serge Teyssot-Gay & Khaled Al Jaramani) avec Antiquarks en première partie. Ce fut comme le révélateur des tensions que je connaissais entre idéal de sagesse autarcique d’une part, traversée des frontières et altruisme d’autre part. Comme la découverte qu’il était, pratiquement, possible – car, idéalement, je le savais depuis « toujours » et d’autant plus après avoir lu Edgar Morin, Jean-Pierre Vernant, Spinoza, etc. – de se construire une identité sans marcher sur les autres. Réciter encore la phrase-programme : « Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger, se prolonger dans et par lui. Demeurer enclos dans son identité, c'est se perdre et cesser d'être. On se connaît, on se construit par le contact, l'échange, le commerce avec l'autre. Entre les rives du même et de l'autre, l'homme est un pont. » (J.-P. Vernant, La traversée des frontières).

Loin d’une quête d’exotisme pour l’exotisme ou d’une sorte de tourisme culturel sans quitter sa ville, loin aussi des écueils du relativisme absolu ou de l’universalisme abstrait, c’est au contraire multiplier les points de vue (et « le point de vue fait l’objet » disait Bachelard) sur l’unitas multiplex – le complexe, un et multiple – que je veux mieux connaître et comprendre. C’est dans cet optique que j’ai alors tenté de franchir le pont qui me séparait de cultures autres. C’était franchir le Rubicon, cela s’est avéré pour le moins enrichissant. En effet, alors que Noir Désir est en stand by, tout ou presque de ce dont l’industrie musicale nous abreuve par ici me semble fade, déjà entendu, tournant en rond. Il y en a bien sûr pour rester au-dessus des lignes de flottaison : Björk, The Dandy Warhols, Dead can dance, Brian Jonestown Massacre, PJ Harvey, Emilie Simon ou Godspeed you black emperor ont leur univers, leur originalité, leur individualité. Trop épisodique, à moins que ce ne soit ma hantise de la fermeture et de l’égoïsme de nos sociétés qui biaise mon jugement. Peu importe, car en marchant sur le pont, j’ai découvert plus d’artistes enthousiasmants pour eux-mêmes que je n’aurais pu l’imaginer. D’eux, il sera question ci-dessous, dans ce qui apparaîtra malheureusement comme un catalogue, mais il n’y a qu’à écouter, se faire une idée par soi-même, et éventuellement découvrir plus amplement certains d’entre eux.

Quelques liens, avant tout :

Alter Musica : radio de musiques du monde

Voilà, et maintenant, ce que j'ai particulièrement aimé dans ce que j'ai découvert. Mention spéciale, peut-être, au duo Ali Farka Touré / Toumani Diabaté ; à Ravi Shankar et son sitar ; mais aussi au doudouk arménien (Minassian, Gasparyan), au chant polyphonique mongol (Egschiglen) ; aux inévitables du Buena Vista Social Club (voir le film de Wenders) ; à la beauté des chansons de Geoffrey Oryema ; et enfin, aux chants soufis (Faiz Ali Faiz, Nusrat Fateh Ali Khan) dont la force spirituelle sait se faire ressentir. Enjoy... Rendons grâce, également, à Ry Cooder ou Peter Gabriel qui contribuent parmi d'autres à faire connaitre ces artistes du monde entier.


Ravi et Anoushka Shankar

jeudi 10 avril 2008

La République, sa symbolique, son idéologie


On aura remarqué, ou non, que le modèle républicain et laïque est en crise : c'est, selon les points de vue, du fait de la mondialisation, du multiculturalisme à l'anglo-saxonne, de l'Islam, des néo-républicains eux-mêmes, etc. République laïque s'il en est, elle n'est pourtant pas si éloignée que cela de l'ennemi juré : la "religion civile". Or, sous l'impulsion de Sarkozy (c'est un thème récurrent chez lui, on le retrouve à Latran et à Riyad depuis qu'il a été élu), le modèle risque d'évoluer dans un sens pas vraiment souhaitable. Le problème, c'est qu'évolution il doit y avoir, non pas immobilisme dans l'illusion que la République laïque serait pure, parfaite, éternelle et universelle. Voilà donc, pour mieux comprendre ce qu'est la République laïque, quelques résumés d'ouvrages importants... Puissent-ils servir de base à une réflexion innovante sur laïcité, République et démocratie au XXIe siècle...





PS : je sais, la photo n'a rien à voir, mais c'est pas grave, elle est jolie Norah Jones, et puis il n'y a qu'à écouter sa musique, ça fera passer la lecture plus vite

lundi 7 avril 2008

F. Lang actualisé - part III : La Zona


Il y avait eu La question humaine (N. Klotz) puis Telepolis (E. Sapir) ces derniers mois et j'ai déjà eu l'occasion de les rapprocher par leur dette envers Fritz Lang et ses films de l'entre-deux-guerres notamment. C'est désormais La Zona, premier film prometteur du Mexicain Rodrigo Pla qui s'y colle. En effet, comme dans Metropolis, la ville est coupée en deux et il y a cette idée du médiateur entre les deux parties ; et comme dans M le maudit, une chasse à l'homme impitoyable est menée, à l'intérieur de la Zona.



A ma connaissance, ce film est le premier qui traite de ces gated communities, ces communautés fermées, gardées et surveillées, ghettos de riches qui réinventent la division sociale de l'espace urbain jusqu'à le pousser parfois à la limite du séparatisme. Le phénomène touche l'Amérique latine, la Russie, mais pas seulement et risque de s'étendre comme aboutissement des paradoxes du développement des villes globales que pointait déjà Saskia Sassen en 1991. C'est dire que le cauchemar de La Zona risque de se poser de plus en plus fortement, le temps passant.



La Zona raconte comment un accident ouvre une brèche dans le mur entourant la Zona dans laquelle se faufilent 3 jeunes outsiders qui espèrent pouvoir voler quelques objets précieux : l'affaire tourne mal, 2 d'entre eux sont rapidement tués, et le 3ème parvient à se cacher, pour n'être que mieux pris au piège de la chasse qui lui est menée dans une folie paranoïaque et sécuritariste allant crescendo. On pourrait regretter que le réalisateur n'utilise qu'avec parcimonie le regard issu des omniprésentes caméras de surveillance, qu'il nous plonge davantage dans l'aliénation totalisante, mais à quoi bon tant cela a été traité en long et en large au cinéma ou plus encore dans les romans sur la question. En fait, le propos n'est pas tant porté sur le Surmoi de la société que sur la dialectique entre son Moi et son Ça. En clair : ce qui travaille la société et ses individus, consciemment ou pas, et qui la (les) pousse à sacrifier la liberté sur l'autel de la sécurité. Pour cela, des jeux de miroirs, de contrastes, de contradictions sont le réel cœur du film, comme lors de cette fantastique visite du parcours de golf de la Zona où le premier plan n'a pas le moindre intérêt si l'on ne remarque pas l'arrière-plan qui fait toute la richesse du propos.



Le tableau est certes bien sombre, mais l'est-il exagérément ? Non, et c'est là le drame que pose ce film. Mais à l'absurdité de cette organisation sociale de l'espace urbain créant un nouveau genre d'enfermés dehors, au cynisme sans limite de cette communauté de riches, en bref à tout ce que dénonce violemment R. Pla, est opposé - et c'est là encore une filiation langienne - cette obsession de la lutte contre la fatalité (ici, ce rôle est rempli par quelques personnages, à l'intérieur ou non de la Zona ; mais aussi par les jeux de contrastes qui émaillent le film). Il n'y a rien de naturel ou d'inéluctable à ce que les choses se passent ainsi et il appartient aux individus de se révolter contre l'état de fait qu'ils rencontrent, aussi difficile que cela soit - et cela le sera pour tous nos réfractaires. Si l'on extrapole quelque peu, on pourrait penser que R. Pla considère que c'est à la nouvelle génération de mener cette révolte, que la précédente n'en a plus les moyens. Aux jeunes d'affirmer leurs valeurs, la culture-monde, le web 2.0, que sais-je? pour une régénération démocratique et une réinvention des liens de solidarité puisque les anciens sont mis à mal par l'évolution du monde globalisé ?

samedi 29 mars 2008

Fernand Braudel et l'économie-monde




Aucune réflexion sur la mondialisation ne peut, à mon sens, faire l'économie de la connaissance des travaux de Fernand Braudel. Voilà pourquoi je livre ici une rapide présentation ainsi qu'un résumé plus conséquent des 2500 pages de Civilisation matérielle, économie et capitalisme - XVe-XVIIIe siècle.









1/ En repensant à la vie matérielle et à la vie économique. L’économie européenne entre 1400 et 1800 a du son développement à la qualité de ses institutions (Bourses, formes de crédit) plus performantes que dans les régions non européennes qui pourtant connaissent toutes les instruments de l’échange économique, à des degré divers : Japon, Insulinde et Islam, Inde… et tout en bas, habituée à vivre sur elle-même, la Chine. Mais partout, y compris en Europe, les zones d’auto-consommation sont majoritaires.

2/ Les jeux de l’échange. L’économie de marché progresse, reliant entre eux les différents marchés du monde, au point que l’on croit à la « main invisible » (A. Smith), alors que les liaisons ne sont que partielles. Le monde de l’échange est hiérarchisé, les capitalistes faussent la concurrence. Le capitalisme est conjoncturel, non spécialisé. Il y a 2 types d’échanges donc : l’un concurrentiel (le marché), l’autre dominant – c’est le 2è qui est capitalisme, déterminé par le progrès de l’économie d’échange en soubassement (d’où l’erreur de Weber). Il y a donc des conditions sociales favorisant le capitalisme : ordre social stable, faiblesse de l’État. Ce n’est pas le capitalisme qui provoque cela, il arrive après. Faut-il briser les hiérarchies ? Oui pour Sartre en 1968… Est-ce seulement possible ?

3/ Le temps du monde. Le monde s’unifie entre XVè et XVIIIè sous le signe du capitalisme. Des crises provoquent parfois des changements de polarité de l’économie-monde, en général renforcent au contraire la centralité existante. Les inégalités se font ressentir par rapport à ce centre en cercles concentriques : zones de « libertés », pays intermédiaires, régions marginales (servage). Le capitalisme, s’inscrivant sur cet étagement, est une création de l’inégalité du monde, il lui fallait donc l’ouverture économique internationale (ce qui contredit la thèse successive). Il y a – toujours aujourd’hui - tripartition : vie matérielle, économie de marché, économie capitaliste.





Pour aller plus loin : La dynamique du capitalisme, publié en 1985 et présentant l'ouvrage majeur de Braudel en 3 tomes : Civilisation matérielle, économie et capitalisme, XVè - XVIIIè siècle