dimanche 27 avril 2014

Genève et le Salève

Genève
Bordeaux-Genève à vélo? Ça se fait, apparemment... de la petite "balade"... Ça donne des idées, un peu. Pour plus tard, peut-être. 


froid au bec

un autre marcheur
En attendant, je me contente d'une petite fin de semaine franco-suisse. En route vers la ville de Jean-Jacques... Enfin, de Jean-Jacques... Je passe par les rues basses, celles des manants pour lesquels se vautrait Rousseau, d'après la haute société genevoise. Je passe par "Les Délices". Une partie de St Jean, je crois, renommée par Voltaire, qui n'aurait pas pu supporter habiter un lieu nommé "St Jean". Les honnêtes gens de Genève suivirent Voltaire dans sa haine de Jean-Jacques ; mais, aujourd'hui, on peut voir ici ou là des hommages au philosophe marcheur.






faut m'expliquer
Petite balade au bord du lac avant une fondue suisse, étonnante. Faut être un peu banquier, pour vivre à Genève, quand même.





Et le lendemain, le Salève semble juste sous les nuages. Allez, on y va. Mais arrivés là-haut, c'est raté. Le brouillard se lève, le Salève est dedans. On ne voit rien, pas même la table d'orientation. Un peu de neige est tombé dans la nuit, très peu.



au Salève
débordé par la brume
un bout de lac, quelques millsecondes durant!
première printanière de l'année

lundi 21 avril 2014

Puy de la Vache

Une petite promenade du dimanche avec pascal (?). 




Déjà mis les pieds par là-bas, il y a presque 2 ans, et sans doute plus de 20 ans, aussi : depuis, l'érosion a fait son oeuvre, quand même!

lundi 14 avril 2014

Lepage ne convaincra pas Chouard

J'apprécie autant, je crois, le travail de Franck Lepage et celui d'Etienne Chouard. L'un comme l'autre m'ont été très précieux pour décrypter les lieux communs de la politique d'aujourd'hui. C'est même vraiment emballant, de quoi dépasser par la gauche tout ce qui existe. Bref, une vraie piste!

Lepage parle récemment de diverses choses, dans une émission, et on l'interroge sur Soral. Bon. Je trouve que ce qu'il en dit est ce qu'il dit de plus faible, au sens fort du mot, si j'ose dire. La preuve : il utilise les catégories de l'adversaire, du système, pour discréditer Soral. Lui pourtant si fort, pour le coup, pour dénoncer les catégories imposées par le système pour nous empêcher de penser. C'est bien Lepage qui nous fait remarquer qu'il n'y a plus d'exploités, mais des défavorisés, et qui dévoile les conséquences funestes de ce tour de passe-passe sémantique. Leçon n°1 : refuser les catégories de l'adversaire.

Et alors dans le genre tarte à la crème gratinée : l'antifascisme et l'antiracisme. A titre personnel, je me fous pas mal de savoir si Soral est "facho", "raciste", "antisémite", "voleur de poules", ou encore assassin d'ours polaires. Ce qui m'intéresse est : ce qu'il dit dans ses vidéos est-il vrai ou faux? Point! Après, je suis assez grand pour tirer les conclusions qui s'imposent. Pas besoin de curés pour me dire de ne pas écouter la mauvaise parole parce que... 

D'où Lepage qui dérive sur Chouard. Parce que Chouard, parmi ses milliers de liens sur son site, en a un vers E&R. Lepage raconte qu'ils ont essayé, lui, Friot, Ruffin, de convaincre Chouard d'enlever ce lien. Et on sent qu'il trouve assez logique que Chouard se prenne les antifas en pleines dents (ou à pleines dents). 

C'est très faible. Evidemment, à écrire ce genre d'article, je vais être suspect de soralisme. C'est absurde, mais ma sympathie pour le travail de Dieudonné me condamnera auprès du Saint Tribunal. Toute une série de raisons fait que je suis bien loin d'être soralien, que je n'exposerai pas ici parce qu'il n'y a pas à se justifier et que cette discussion n'a de toute façon pas lieu d'être : Soral ne propose rien, si ce n'est voter Marine Le Pen, ce qui est une absurdité sans nom. En revanche, il amasse, parce que ceux qui devraient proposer ne le font pas.

Etienne Chouard, lui, propose. Et, pour le coup, je veux bien me lancer "citoyen constituant". Ce en quoi, au risque de me répéter, j'ai l'impression de dépasser par la gauche le Front de gauche, qui propose une constituante mais élue, au lieu de celle tirée au sort, que nous souhaitons. Si j'avais été sur Paris ce 12 avril 2014, j'aurais donc pu être chassé d'une manifestation de gauche au cri de : "Les nazis dehors! Les nazis dehors!", au titre que je suis "citoyen constituant" donc chouardien donc visiteur d'un site sur lequel on trouve un lien vers E&R. Mais : C'EST QUOI CE DÉLIRE?!




J'aimerais demander à Lepage : 
Chouard explique qu'il a mis un lien vers Soral parce que seul Soral parle de certaines choses. 1/ est-ce vrai? je veux dire, ne peut-on pas trouver les mêmes choses chez d'autres auteurs/penseurs/etc.? et 2/ ces choses valent-elles la peine, oui ou non?

Le reste (ces infos viennent d'un "facho"), ne sommes-nous pas assez grands, autonomes (Castoriadis!) pour juger par nous-mêmes du personnage Soral? Je vais très régulièrement sur E&R, et, bizarrement, je ne suis pas devenu raciste... De la même façon, je lis aussi des articles du Figaro, et c'est pas demain la veille que l'UMP aura ma voix. Quant à Libé, on y trouve aussi, parfois, des informations, mais je ne vais pas me mettre à vendre des affiches Apple à 50€ parce que la Société de Consommation c'est trop cool en fait. Asselineau donne des conférences remarquables, mais je n'ai pas fondé le club des nostalgiques de Charles Pasqua. En fait, le discernement, ça existe.

Pas chez les journalistes, pas chez les chiens de garde du système, c'est vrai. Pas chez ceux qui fabriquent des épouvantails - parce que le fascisme n'existe pas en France en 2014, il est uniquement théâtralement monté par le système (Ah! ils l'aiment leur Marine!). Que les "antifas" participent à petit jeu ne me réjouit pas, et j'hésite entre les hypothèses qui expliquent ce qui m’apparaît absurde (et Pasolini ou Baudrillard nous avaient averti de cet antifascisme sans fascisme). Tous ces gens peuplent finalement le camp retranché dont Obamus Golmansaxus est le centurion. D'ailleurs, UMPS et antifas sont systématiquement d'accord pour taper sur toute oreille anti-impérialiste qui dépasse. 

Je ne suis pas plus poutinien que soralien, pas plus assadien que kadhafiste. Mais, je suis anti-impérialiste, ce qui ne me semble pas incongru pour quelqu'un de gauche, mais ce qu'il est impossible d'être, dans ce pays, sans être taxé, en résumé, de "facho". 

Seulement, de plus en plus nombreux nous sommes à ne plus nous tétaniser (grâce aussi à Lordon) quand l'UMPS, les médias ou les antifas nous traitent de nazis. 

Bref, Franck! que ce lien de Chouard l'empêche de passer à Canal+, je le conçois, c'est même une médaille... mais que ça te pose un tel problème!?... Pendant ce temps, les honnêtes gens se marrent : nous nous roulons dans la farine entre nous.

dimanche 6 avril 2014

40 000

Ce blog a été visité 40 000 fois. C'est extraordinaire. Très intéressant...

Tiens, du coup je regarde les stats : l'article sur Dieudonné fait à lui seul 1/10e des visites. 359 articles se répartissent les 9 autres 10e. 


dimanche 30 mars 2014

Le parti de l'abstention - la vraie démocratie

Battre un record sans rien faire, aucun sportif au monde ne l'aurait fait. 

Et pourtant, à chaque élection, ou presque, le record est battu. C'est l'occasion de sempiternelles leçons de maintien sur les droits et les devoirs du citoyen, mon cul sur la commode. Que ces leçons viennent des honnêtes gens, c'est dans l'ordre des choses. Qu'elles viennent, au contraire, des "citoyens", c'est plus triste. 

- "Si tu ne votes pas, tu ne fais rien". 

- "Si tu ne votes pas, tu laisses la droite passer".

- "Si tu ne votes pas, le Croquemitaine FN va passer".

- Et caetera. 


Les morts pour la démocratie

Bon. On entend aussi, et c'est le plus dramatique : "Des gens sont morts pour avoir le droit de vote, et se battent encore pour ça dans d'autres pays." 

Le fait que des homines sapientes sapientes (au moins) se soient battus pour quelque chose ne fait pas la valeur de la chose. Petit point godwin pour plaire aux honnêtes gens : des homines sapientes sapientes (au moins) se sont battus pour l'avènement du nazisme! Devons-nous en conclure que faire entrave au nazisme, c'est une trahison inadmissible envers les amis d'Himmler et les zozos d'aujourd'hui en Ukraine? Même un homo sapiens (tout court) comprendrait l'absurdité de la chose. Alors, pourquoi nous bassine-t-on avec ça?


Bon. L'occasion, aussi, de revenir sur la "démocratie" (résumé complet ici). Ça commence à être rabâché ici, mais l'élection ce n'est pas la démocratie, mais son contraire : l'aristocratie, et de nos jours, l'aristocratie par l'argent soit la ploutocratie. Qu'il est dur de se faire comprendre! Deux siècles de propagande sur ce mot "démocratie". Avant 1789, tout le monde savait ça. En tant que démocrate, je ne vais plus voter. 

Cette position est très rarement comprise. A ceux qui s'étonnent, je suggère de réfléchir à ceci : les bâtisseurs du système "démocratique" avaient en horreur la démocratie (la vraie). Ces Voltairiens, qu'on peut retrouver toute l'histoire de la République durant, ne peuvent pas avoir donné à la canaille ce qui les révulsait! 

Aujourd'hui, l'abstentionniste est accusé d'être un "citoyen passif". Tiens, c'est d'ailleurs ce qu'avait inventé l'abbé Sieyès : distinguer les citoyens actifs des citoyens passifs. Lui, c'était selon leur argent. Et, comme le rappelait Guillemin, c'était un chef-d'oeuvre d'humour noir puisque ceux qu'on appelait passifs, étaient ceux qui n'avaient pas le droit de vote. 

Depuis Sieyès, les honnêtes gens se sont ralliés au suffrage universel, à l'époque de Thiers, parce qu'ils ont compris alors que c'était le meilleur moyen de préserver les grands intérêts. 

Des "citoyens passifs" au référendum de 2005, on voit bien que la ligne directrice, c'est qu'on ne demande pas son avis à la populace. Mais on le lui fait croire. 

Les leçons de morale ne fonctionneront plus.

Faut-il charger la mule?

La MUL, ou Marche Ultra-Légère me revient aux oreilles. L'idée est de marcher le plus léger possible. Soit. L'argument (l'un des) : le poids c'est la peur. 

Ce qu'on emporte reflète nos peurs. C'est tout à fait exact. Mais, la peur est utile, de même que la douleur. 

L'idée est alors de faire le tri entre les bonnes et les mauvaises peurs. De quoi convoquer les Inconnus. 



Bref. J'emporte toujours plus et trop. Donc, j'ai peur. Par exemple, j'ai peur du froid. Ou, de la soif. Je reviens quasiment systématiquement avec 1 litre d'eau encore dans mon sac. J'ai sans doute peur, aussi, de l'oubli, de la confusion... d'où les images et les mots. Mais les mots, eux, ne pèsent rien dans le sac.

Peur aussi, peut-être, de mon ignorance... d'où mes recherches d'informations sur les plantes les animaux les lieux les roches etc. Elles non plus ne pèsent rien. Sauf en pensées. Or, "la pensée pèse" est un pléonasme.

Et le chemin vers l'autonomie? de quoi faut-il se délester? de quels objets? de quelles pensées?

Je crois que je suis encore bien faible. Mais, je chemine. Un passage de Also sprach Zarathustra m'est aussi revenu aux yeux :

Et c'est toujours à contre-cœur que j'ai demandé mon chemin, cela me fut toujours contraire! J'ai toujours préféré interroger et essayer les chemins eux-mêmes.
Essayer et interroger, ce fut là toute ma façon de marcher: et, envérité, il faut aussi apprendre à répondre à de pareilles questions !Car ceci est de mon goût : ce n'est ni un bon, ni un mauvais goût,mais c'est mon goût, dont je n'ai ni à être honteux ni à me cacher.
"Cela est maintenant mon chemin, - où est le vôtre?" Voila ce que je répondais à ceux qui me demandaient "le chemin". Car le chemin - le chemin n'existe pas.
Ainsi parlait Zarathoustra.

Peut-être ne suffit-il pas de cheminer, mais de savoir qu'on chemine et plus encore qu'on chemine sur son propre chemin. Son propre chemin, son chemin boueux vers le cœur (Bernanos). Peut-être?

vendredi 28 mars 2014

La gauche s'unit par le vide

Le PS rêve d'union de la gauche, ce qui est curieux pour un parti de droite. En cette période de déroute électorale, ses membres les plus éminents et distingués multiplient donc les appels au "rassemblement" et même à la "mobilisation des abstentionnistes". 

Michel Sapin, lui, travaille. Et c'est normal, c'est son job, le travail. Et voilà ce que ses communicants ont cru bon de lui faire dire :
1/ "les chiffres du chômage vont dans la mauvaise direction"
2/ "mais il faut maintenir le cap"
3/ "et il faut aller plus rapidement"

C'est une opération rondement menée. La gauche unie!... dans l'abstention! 


C'est la joie des luttes contemporaines. Il y a la "lutte contre la haine", qui renforce de manière admirable la haine ce pays. Et il y a la "lutte contre le chômage", qui renforce tout aussi bien le chômage. C'est magnifique. 


Nous, à gauche, pensons un peu différemment, il faut bien le dire.

La lutte contre le chômage? Non, merci. Mieux vaut penser "le salariat comme classe révolutionnaire" avec Bernard Friot. On aura la décence de ne pas interroger M. Sapin sur ces questions. Le sire est plus responsable.


"Construire le salariat comme classe révolutionnaire" par Bernard Friot from Les Films de l'An 2 on Vimeo.