samedi 28 février 2015

Le cousin et l'intrus

Communauté de l'Etre vs Société de l'Avoir (source image)
Hier soir se tenait une conférence de Francis Cousin, à l'initiative d'E&R-Rhône-Alpes et non pas du NPA, comme on aurait pu le penser, si on était encore naïf. Francis Cousin. Il nous prévient assez tôt n'avoir aucune originalité, se contentant de passer de transmettre ce qu'il y a chez Guy Debord, chez Marx surtout. Je crois que c'est assez vrai. 

Pour résumer, il existait des communautés de l'Etre où la vie était totale et non pas segmentée déchirée, et qui sont passées à des sociétés de l'Avoir où l'humanité est chosifiée. C'est le premier abruti qui a eu l'idée du troc. Hop! Wall Street était déjà là... en potentialité... en devenir implacable. Alors untel est devenu mécanicien, untel boulanger, untel artiste, etc. Il manquait alors à l'humanité sa totalité, sa communauté et donc la philosophie, l'art, etc. sont né-e-s en compensation de ce manque. Tout était sacral, et tout est devenu : profane vs. sacré. Le capitalisme, l'Argent, ayant pour rôle de faire reculer inexorablement le sacré pour tout transformer en profane. Fétichisme de l'Argent. 

C'est la marche de l'Histoire montrée par Hegel et Marx. La radicalité de Marx, et c'est le cœur du discours du cousin, c'est qu'il critique l'économie politique - c'est en gros : à bas l'Etat, à bas l'économie, à bas l'Argent, à bas la démocratie. Alors que tous les marxistes, eux, ont proposé une autre économie politique... un capitalisme d'Etat. Un peu comme aujourd'hui, on nous bassine sans arrêt avec une auuuuutre Europe. Or, c'est mort! S'il y a Argent, on est foutus. 

Notre cousin s'attache ensuite à montrer, en incluant Debord et le situationnisme à l'affaire, que la baisse tendancielle du taux de profit conduit le capitalisme à aller s'ouvrir des marchés (la colonisation), puis, quand il n'y a plus de marché, à la guerre. Aujourd'hui, et depuis 1945, nous sommes dans la IIIe guerre mondiale. Sa forme est simplement différente. Nous sommes dans le spectacle Etatique du mensonge terroriste. DAECH = CIA. Directement ou dialectiquement - on s'en fout, ça c'est du travail de crétinisme journalistique. Mais pas simplement. Les brigades rouges, Action directe, etc. Dès les attentats anarchistes du XIXe, le terrorisme c'était l'Etat. 

Bon. Que faire? Fausse question! parce que tous les "faire" sont aliénés, digérés par l'Argent. Quand les Républicains prennent le pouvoir, ce sont eux qui fusillent les ouvriers. On ne prend pas le pouvoir. L'alternative, c'est de "courir devant" le capitalisme. Cousin ne croit pas aux luttes de libération nationales (ça leur fera plaisir, à E&R), les nations ayant été liquidées liquéfiées par l'Argent. Ce qui est mort est mort. Pas de retour en arrière. La "Restauration" est une fausse restauration. Ce qui sera possible, c'est de récréer une communauté de l'Etre mais universelle cette fois. 

Comment? Bon... On verra.

Vient alors le temps des questions du public. Un "intrus" s'énerve. Il explique être centralien et venir des "quartiers" et prend mal le terme "racaille" employé un peu plus tôt par son cousin. Il a eu tort de s'énerver, les "racailles" sont une fabrication skyrock donc de l'Argent. Et ça participe à la Grande Division. Justement! le simple fait d'évoquer ce problème suscite de la Division, puisque notre "intrus", se sentant visé, s'énerve et finit par partir. 

Un peu gênant et désespérant, parce que, alors que nous étions en train d'analyser le processus de déchirement de la communauté humaine, nous en avons vécu une illustration sans rien pouvoir y faire. On avait là un cas pratique que le théoricien n'a pas su traiter

Se pose encore la question du comment?

3 commentaires:

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  2. Salut,
    Sur un plan global de socialisation m'est avis que l'union paradoxal -en fait ligature-de la société "contente pour rien" est bien trop avancé. En effet, la société contemporaine a assujetti la plupart des individualités à son propre fonctionnement qu'est la perversion-perfusion-pressurisation des nécessités de l'avoir pour combler le manque d'une satisfaction d'être jamais retrouvable: le luxe est l'indispensable dont on a pas besoin mais il devient le chameau parfait de toutes les batailles.La perfusion arrachée, l'être, l'individu-électron-libre doit se replacer dans un écosystème naturel et remettre en marche son empreinte dans l'interaction naturelle du réseau trophique: Travailler la terre, s'occuper des bestiaux qui le nourriront plus tard et se contenter du jouir de l'être en l'être.
    La machine ligaturante nous a inculqué de chercher la solution dans la socialisation d'un désir de masse qui est impossible et qui se résume à un avenir prometteur mais jamais présentable sous la forme du moindre échantillon. La solution est donc plus singulière que plurielle: Plusieurs dignités ne pesant pas plus lourd qu'une seule, avancer une solution qui mettrait chacun en accord avec lui-même au temps des puissances égotiques fragmentées est une impasse pour l'être qui lui ne possède pas cette multiplicité des égos( à part les fous et les politiques).
    La personne qui s'éloigne des multiplicités nerveuses de la cité et qui parvient à s'établir dans une oasis rafistolée vivra. Mais toutes les personnes qui passeront par chez elle ne seront pas en mesure d'appliquer son mode de vie essentiellement parce-que l'idée véhiculée par la machine à fragmentation mondiale promet un paradis sur terre que beaucoup de personnes souhaite parvenir à atteindre par le luxe comme valeur de pointe.
    Faites des gosses à vingt ans dans une cité ouvrière ( dont l'expansion principale sont les quartiers pavillonnaires; idem)de la société moderne et vous avez jeté les dés hors de portée pour être vus; Et la machine le savait et fait tout pour que cela continu ainsi.
    Le comment n'est pas multiple, il est singulier. Chaque individu doit parvenir à faire suffisamment le point sur la réalité de ses propres frontières et mettre en place son départ par le chemin de son réel mode de fonctionnement personnel (là sont les points communs de l'humanité).
    La personne qui sort de la conférence s'en va le coeur en bataille et inévitablement va restituer son malaise en le généralisant à d'autres et ainsi pérenniser la multiplicités égotiques des solutions nerveuses de la Cité qui ne sont pas des solutions mais qui sont de fait l'énergie vitale et aliénante, le carburant complexe et égotique du moteur à explosion de la société moderne. La société moderne est une cocotte vapeur, un moteur sous pression continue, qui fabrique sa propre matière-frontière sous la pression qu'elle favorise à l'intérieur d'elle-même.
    Alors Bam? Mais non! Parce-que qu'aujourd'hui les ingénieurs ont foutu des trop-pleins un peu partout: art, religion,divertissement, internet, politique, philo et blablabla...et surtout le crédit, père adoptif de toutes les consommations alourdissantes vers le centre de gravité de la cocotte.

    La vision globale veut enluminer les deux principales matières nécessaires au vital de la société globalisée: le pétrole et l'homme.

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    1. Le pétrole ne peut fuir mais quand il manquera, le sociétal aura déjà tout ligaturé avec une telle force qu'il sera impossible d'entrevoir même son existence...Bientôt.... Sans l'homme plus rien d'elle. L'homme moderne éclairé souhaite fuir tout en restant dans la machine: il vote ou pas mais s'énerve ou baisse les bras. Cela n'a aucun sens à part celui de pérenniser la marche globale existante ou de créer de nouveaux marchés qui lui seront tout dédiés comme le sont les économies parallèles de tous les trafics de l'underground: Quête autant illusoire que purement installée dans la recherche du luxe égotique de la société de l'avoir.
      Une solution?? "Trouve toi toi-même" comme disait l'autre. Mais cette phrase comprise dans le schéma de perception du théâtre de la société marchande peut vite être perçue comme: "Vends toi!". et donc être mère de toutes les prostitutions. Il faut cesser de parlementer et fuir ce complexe militaro-industriel-socialisant. Les vrais gens sont déjà dehors. La solitude est la vitalité de la société moderne, dehors elle n'existe tout simplement pas.

      Mais se dire que l'on s'est fait tout simplement bernés, tous humains que nous sommes, fout notre coeur en bataille!! Au plus haut point!

      Emmagasiner suffisamment de capital pour s'extraire. Le seul moyen.Tous n'y parviendront pas. Et la jubilation de voir son stock enflé nous pousse à profiter de lui dans des plaisirs à la con ( vacances, téléphone,véhicule,alcool, denrées de luxe, tiercé/jeux d'argent...investissement dans des études qui placeront nos gosses au coeur de la cocotte-minutes et de son temps aliénant, économique et fragmenté en marché de consommation...

      Soit tu restes pour sauver le monde faux. Soit tu te casses pour te sauver toi-même et commencer le monde vrai.

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